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Parution : Atlas de la mondialisation, aux éditions Autrement

Publié le 14/02/2018

La parution de l'Atlas de la mondialisation paru aux éditions Autrement contribue à renouveler l'analyse de la mondialisation par les géographes. En se fixant trois objectifs (scientifique, civique et éducatif), cet ouvrage mobilise les concepts et les démarches de la recherche tout en s’inscrivant dans un traitement des principaux programmes scolaires (collèges, lycées et classes préparatoires) et des premiers cycles universitaires. Il arrive en particulier à l’heure d’une importante réforme des lycées (organisation, programmes) et du projet de création d’un possible module d’histoire, géographie et géopolitique.

Dans un texte annonçant la publication de l’ouvrage, l’auteur précise : « cet atlas s'attache d'abord à démonter certains mythes. La mondialisation n’est pas réductible à la seule échelle mondiale. Le couple mondial/local (ou glocal) est un leurre car chaque échelle spatiale, loin d'être invalidée, joue son rôle (mondiale, continentale, nationale, régionale et locale). La mondialisation n‘est ni automatique, ni mécanique mais le fruit de rapports de forces et de jeux de puissances entre États. C'est une construction systémique, la fois géohistorique, géoéconomique, géopolitique, sociale et culturelle. Elle n’abolit ni l’histoire, ni le temps, ni la mémoire des faits d’un côté, ni l’espace, ni les distances, ni les territoires, ni les sociétés et cultures de l’autre.

La mondialisation contemporaine n’est en rien mondiale, c'est à dire universelle. Tant de peuples et d'États sont exclus de sa définition et de ses bénéfices. Si notre planète est unique, elle juxtapose en son sein plusieurs mondes. La mondialisation est un système – dual et polarisé – produisant tensions et crises. Loin d'aplanir et d'homogénéiser, elle survalorise au contraire systématiquement les moindres différences territoriales, qu’elles soient naturelles, sociales, économiques et culturelles (cf. accès aux ressources, coûts salariaux et protections sociales, niveaux d’équipement, stabilité et crises…).

Si pour certains notre monde n’est qu’incertitude, désordre ou chaos, la responsabilité du géographe est bien d’identifier les dynamiques et de dégager les enjeux d’avenir.

En particulier, une très étroite oligarchie accapare l’essentiel de la richesse mondiale : seulement 400 millions de personnes (8 % de la population mondiale) disposent de 86 % de la richesse mondiale, et en son sein une super-élite (0,7 % de la population) de 45,6 % de la richesse. A l’opposé, 73 % de la population mondiale se contente des miettes (2,4 %). Ainsi, alors que la valeur des actifs financiers bat des records historiques en atteignant 128 500 milliards d’euros en décembre 2016, les 10 % des personnes les plus riches en détiennent 79 %, contre 1 % seulement pour les 50 % les plus pauvres.

En ce début de XXIe siècle, notre globe a donc des structures archaïques d’Ancien Régime. Comment s’étonner dans ces conditions des énormes tensions sociales, migratoires et politiques qui structurent l’espace mondial, et ce à toutes les échelles. Entre le « modèle Trump » et le « modèle Daech », il y a sans doute des alternatives à trouver pour l'avenir de la jeunesse du monde. D'autant que notre mode de croissance – largement extensif, spéculatif et non durable – se heurte aujourd'hui à la « finitude du monde ».

La définition et la promotion d’un nouvel ordre mondial – géographiquement plus juste et équilibré, économiquement plus efficace, socialement plus solidaire et environnementalement plus durable – devient un enjeu majeur de civilisation. Dans ces débats qui touchent à l’essence même de l’organisation de nos sociétés et territoires, les géographes doivent tenir toute leur place. »

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