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L'intégration régionale et continentale en Amérique Latine et en Eurasie, deux articles dans Diploweb

Publié le 28/02/2018

Deux articles parus dans Diploweb en février 2018 font la lumière sur deux modalités d’intégration régionale à l’échelle continentale : en Amérique Latine et en Eurasie.

En Amérique Latine : l’Unasul


Idées développées :

L’Unasul, Union Sud-Américaine des nations, créée en 2008, englobe la plupart des dispositifs préexistants, notamment l’Alba, la Communauté Andine (Can), l’Alliance du Pacifique et le Mercosul. Elle regroupe l’ensemble des États du continent, à l’exception du seul territoire de la Guyane française.

Extrait : « En mettant un important accent sur la poursuite de la réduction des asymétries régionales, sur l’alignement avec les pays aux conditions socio-économiques relativement similaires dans les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et sur les nouveaux rapports Sud-Sud, l’UNASUL voit évoluer les concepts géopolitiques de l’Amérique du Sud. L’Union a reconnu l’importance du commerce, des facteurs stratégiques tels que la sécurité, la résolution de conflits, la protection des droits de l’homme, l’application des principes de la démocratie, le développement socio-économique, la protection de l’environnement et l’intégration physique et énergétique qui en dérive. »

L’article insiste ensuite sur les disparités de développement entre la locomotive brésilienne (essoufflée par la dépression mondiale) et des États beaucoup plus pauvres comme la Bolivie. Ces disparités se traduisent par des mouvements migratoires : 150 000 boliviens ont migré vers le Brésil en 6 ans (2008-2014).

L’intégration passe aussi par les transports. 50 % des routes du continent ne sont pas asphaltées et des goulets d’étranglements existent encore. Les deux priorités sont l’amélioration des communications est-ouest et le désenclavement du plateau des Guyanes.

On trouvera une carte des couloirs bi-océaniques entre côté pacifique du Chili et de la Bolivie et côte atlantique du Brésil

La fin de l’article rappelle aussi le contexte d’incertitude post-crise économique et la question des crises politiques au Brésil, au Venezuela, ou au Pérou. Les auteurs soulignent également le rôle des États-Unis qui cherchent à retrouver une présence économique et militaire dans la région en profitant de la fin d’une décennie de gouvernements de gauche et de la présence au pouvoir, dans plusieurs pays, de partis néo-libéraux.

Extrait : « Les États-Unis ont graduellement étendu leur influence sur le Paraguay, le Suriname, la Colombie et l’Argentine avec des coopérations ou la présence de bases militaires faisant de la région une arène de conflits commerciaux et politiques avec la Chine […] Le gouvernement brésilien a signé, en mars 2017, un accord de partenariat technologique avec les États-Unis pour stimuler l’industrie de la défense nationale. L’accord, selon la déclaration de l’agence de nouvelles financières Bloomberg, est le « dernier signe d’un changement de politique étrangère » dans la plus grande économie de l’Amérique Latine et marque la fin de plus de dix ans de gouvernements de gauche avec la destitution de Dilma Roussef. (Adghirni, 2017). »

intégration régionale en Amérique latine

Carte de Camilo P. Carneiro, L’ Amérique du Sud : un projet de région géopolitique, pour Diploweb, 2017. Cliquez sur l'image pour accéder à la page d'origine de l'image et la voir en meilleure définition

 
En Eurasie : les routes de la Soie


L’article montre comment le projet de couloirs de transports continentaux entre la Chine et l’Europe, baptisé de manière évocatrice et programmatique « Nouvelles routes de la soie », sont un instrument au service d’une géopolitique continentale, et non un simple outil économique.

Après avoir rappelé la dimension fortement historique du projet, l’auteur montre qu’il doit s’agir pour la Chine du « projet du siècle ». Ce souci qu’a la Chine depuis quatre décennies d’élargir son influence économique (et d’élargir sa puissance) par cercles « déconcentriques », est ce qui fait dire à l’auteur qu’elle mène une « politique de desserrement, précautionneuse mais de grande envergure, et déterminée. »

Nouvelles Routes de la soie Chine Eurasie

Carte de Florent Amat, conception T. Garcin avec F. Amat et P. Verluise : Ambitions et contraintes pour les Routes de la soie portées par la Chine. Cliquez sur l'image pour accéder à la page d'origine de l'image et la voir en meilleure définition

 

 

L’auteur montre également les difficultés qui se posent à la réalisation du projet, malgré le volontarisme chinois : faible densité démographique et contraintes naturelles des régions traversées, complexité culturelle et historique de la mosaïque des pays traversés, contrôle de passages-clés par des puissances régionales comme l’Iran ou la Russie… Pour l’auteur, le défi est davantage géopolitique que technique.

 

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