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Pollution, environnement et santé : "Contamination", une série d'été à voir dans Le Monde

Publié le 13/09/2018

Cet été, le journal Le Monde a publié une série de reportages sur l'environnement qui sont autant d'études de cas sur les relations entre nature et sociétés humaines et sur les changements globaux. Ils sont réservés aux abonnés du quotidien vespéral mais nous vous livrons un résumé de chaque reportage ci-dessous.

Parallèlement, « Contaminations » est aussi une exposition du photographe Samuel Bollendorff présentée à Visa pour l’image, festival international du photojournalisme à Perpignan, du 1er au 16 septembre 2018. Voir le site de l'exposition.

1. À Anniston, les fantômes de Monsanto

Anniston (Alabama), située dans le piémont méridional des Appalaches (la carte du Monde situe le point 200 km trop à l'ouest), abrite depuis 1929 une usine, rachetée en 1935 par Monsanto, produisant des PCB, une substance hautement toxique. Les rejets chimiques massifs dans les eaux et les sols ont entraîné une épidémie de cancers et de malformations congénitales, qui touchent plus particulièrement les populations pauvres et noires, dans cette région du Vieux Sud socialement défavorisée.

2. En Russie, les stigmates de Dzerjinsk, ex-capitale soviétique de l’industrie chimique

Dzerjinsk, dans l'oblast de Nijni Novgorod, à mi-distance entre Moscou et Kazan, a été pendant tout le XXème siècle le centre de l'industrie chimique russe, en particulier à usage militaire. Les armes chimiques destinées au régime syrien y seraient toujours produites aujourd'hui. Un trou noir nauséabond et un lac blanchâtre de 54 km² forment le plus important site de pollution chimique du monde, et les autorités ignorent comment dépolluer le site. La population de la ville, mal informée, subit des concentrations hors-norme de substances toxiques.

3. Au Brésil, la boue toxique a tué le fleuve Rio Doce

En novembre 2015, dans le Minas Gerais, un barrage retenant les déchets d'une mine de fer a cédé, provoquant le déferlement d'un tsunami de boue dans la vallée du fleuve côtier Rio Doce et dans l'ensemble de son bassin versant. Plusieurs villages sont engloutis et toute l'eau douce de la région est contaminée par les boues saturées de métaux lourds. La fermeture de la mine et la mort de l'activité touristique sur le littoral ont fait exploser le taux de chômage, et le gouvernement de l'État cherche à relancer l'activité minière plutôt qu'à accélérer le dédommagement des habitants par l'exploitant de la mine et du barrage, le groupe Samarco, né de la fusion des géants miniers BHP Billiton et Vale.

4. Au Japon, les enfances volées de Fukushima après la catastrophe nucléaire

Les retombées des catastrophes de mars 2011 dans le département de Fukushima n'en finissent plus d'empoisonner la vie de ceux qui sont restés comme de ceux qui sont partis : les réfugiés délaissés par l'État qui ne sont plus chez eux nulle part. Les autorités japonaises n'ont de cesse de vouloir réouvrir la zone pour faire oublier l'accident, mais de vastes superficies resteront contaminées et inhabitables pour des décennies, et parfois des siècles. 

Lire aussi :
— Cécile Asanuma-Brice, « Les migrants du nucléaire », Géoconfluences, octobre 2017.
— Rémi Scoccimarro, « La reconstruction du Tôhoku (nord-est du Japon) après les catastrophes du 11 mars 2011 », Géoconfluences, octobre 2017.

Contamination
Sacs de déchets radioactifs dans le département de Fukushima, photographie de Rémi Scoccimarro, 2017 (source
 

5. Au Canada, troisième réserve pétrolière mondiale, le poison de l’or noir de l’Alberta

L'extraction de pétrole des sables bitumineux dans la région de Fort McMurray a fait de l'Alberta l'une des plus grandes réserves d'hydrocarbures du monde. En aval des sites de production à ciel ouvert, les contaminations aux métaux lourds touchent les cours d'eau et détériorent la qualité de vie et la santé des habitants, en particulier les communautés amérindiennes. Les juteuses retombées économiques du pétrole rendent difficiles les tentatives des populations locales pour faire reconnaître le préjudice sanitaire et environnemental.

Pour compléter, un jeu sérieux proposé par Arte : Fort McMoney

6. À Naples, les damnés de la « Terre des feux »

En Campanie, les communes périurbaines des provinces de Naples et de Caserte subissent le déversement des déchets résidentiels et industriels de toute l'agglomération napolitaine. La « crise des déchets », en réalité une incurie structurelle dans le retraitement des ordures et des eaux usées qui dure depuis une quinzaine d'années, est le fruit conjoint de l'incompétence des autorités locales et de l'implication criminelle de la Camorra.

Géoconfluences a abordé ce sujet dès 2008 :
— Fabrizio Maccaglia, « Gouvernance territoriale et gestion des déchets : l'exemple de la Campanie (Italie) », 2008
— Sylviane Tabarly, « Quelles images pour sensibiliser aux grands débats environnementaux ? », 2008

7. L’océan Pacifique, cimetière de milliards de microplastiques

Le surnom de « continent de plastique » est trompeur, pour désigner en fait une soupe de plastique qui forme un vaste gyre dans l'Océan pacifique. Elle est difficile à photographier ou à représenter, car la plupart des déchets qui la composent sont fragmentés en morceaux microscopiques. Ils n'en sont pas moins dangereux pour les organismes marins qui, en les colonisant ou en les ingèrant, absorbent des composants chimiques dont la concentration augmente au fil de la chaîne alimentaire.

Lire aussi, dans le glossaire de Géoconfluences : Soupe (de plastiques).

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