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"Quand l’Inde s’urbanise. Entretien avec Marie-Hélène Zerah" à lire dans la Vie des Idées

Publié le 21/02/2019
Un entretien avec Marie-Hélène Zerah paru dans la Vie des idées présente de manière claire et synthétique la situation des villes en Inde. Elle brosse un tableau de la transition urbaine en Inde et des inégalités d’accès aux services publics.
Résumé de l’article :

L’article commence à replacer l’urbanisation indienne dans un contexte mondial. Il rappelle l’ampleur et la très grande disparité spatiale de ce phénomène à l’échelle des États de l’Union indienne, mais aussi la diversité des trajectoires au sein du mouvement de transition urbaine. Les métropoles géantes y ont une grande importance mais l’auteure rappelle qu’un tiers des citadins indiens vivent dans 500 villes secondaires de 100 000 à 1 million d’habitants, et elle insiste aussi sur le maillage des petites villes et des gros bourgs ruraux qui absorbent un tiers de la croissance urbaine du pays.

Les villes indiennes, considérées depuis trente ans comme le moteur de la croissance, ont fait l’objet de mesures de libéralisation de grande ampleur. Pour l’accès à l’eau et aux services essentiels, l’article montre une tendance à la privatisation, mais dans des formes très variables : quelques privatisations des services dans les métropoles concernent des grands groupes, mais le système largement majoritaire est une privatisation « bricolée » en faveur de petits acteurs informels.

Cette privatisation informelle des services publics, éloignée de ce que connaissent les villes européennes, est bien une spécificité indienne, qui illustre les situations locales très variables recouvertes par le « paradigme de la ville néolibérale ».

La chercheuse rappelle l'insuffisance des services publics, car même si les taux d’accès augmentent, les inégalités restent très marquées. L’intégration mondiale et la croissance économique des métropoles indiennes s’est faite sans prise en compte des besoins du plus grand nombre, dans les plus grandes villes comme dans le reste du pays. Le poids des héritages historiques, des habitudes et des pouvoirs locaux officiels et officieux, aggrave les dysfonctionnements et les inégalités d’accès aux services. Il y a plusieurs catégories de populations en Inde qui n’ont pas tous accès au même niveau de services, selon que leur quartier est résidentiel et normalisé ou considéré comme illégal.

La fragmentation caractérise aussi bien la société indienne que le tissu urbain, les bricolages et les arrangements quotidiens étant aussi une réponse à cette fragmentation à plusieurs niveaux et échelles.

Loin des modèles technophiles et hors-sol de la politique des « smart cities », les villes indiennes ont répondu au défi de la croissance urbaine par une réduction importante de la pauvreté. Mais les inégalités sont encore très fortes et se traduisent par un besoin de services publics et d’État, dans un pays où la corruption prend des formes très diverses.

Une attention plus grande, tant des décideurs que des observateurs, doit être accordée aux villes petites et moyennes, qui sont beaucoup moins étudiées que les grandes métropoles alors qu’elles représentent les futurs défis urbains de l’Inde.

>>> Article complet : Jules Naudet, « Quand l’Inde s’urbanise. Entretien avec Marie-Hélène Zerah », La Vie des idées , 1er février 2019. ISSN 2105-3030.

câbles électriques à Delhi

Câbles électriques à Delhi, 2017. Domaine public (source). 

 

 
Pour compléter dans Géoconfluences

 

 

 

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