Les articles des brèves sont indépendants des dossiers. Ils portent
sur des sujets souvent liés
à l'actualité et aux préoccupations
de nos sociétés ou sur des thèmes délimités. Ils pourront
faire l'objet de développements et
d'approfondissements ultérieurs au
sein de dossiers plus complets : voir
l'index
des dossiers thématiques.
Une
vague de chaleur meurtrière : les enseignements
de l'été 2003 en France
(Jean-Pierre Besancenot)
Au début de la deuxième
semaine d'août 2003, les Français
en vacances ont découvert avec stupeur
que la vague de chaleur qui sévissait
de façon discontinue depuis le début
de l'été, et qui s'était
soudain amplifiée, était en
train de provoquer une terrible hécatombe.

Fig.
1. L'hécatombe de l'été
2003 a profondément marqué les
Français
L'incrédulité a rapidement fait
place à un sentiment d'horreur. Presque
chaque jour, le nombre des victimes recensées
était révisé à
la hausse : d'abord une cinquantaine, puis
plusieurs centaines, bientôt 2 000,
puis 5 000, 11 000 et, pour finir,
près de 15 000. Il devenait ainsi
évident qu'un phénomène
météorologique banal dans sa
genèse et sa nature, sinon dans son
intensité, pouvait se transformer en
une catastrophe sans précédent,
semant le deuil dans tout le pays, au point
de faire vaciller le pouvoir politique.
Une vague
de chaleur d'une intensité et d'une
durée exceptionnelles, doublée
d'une forte pollution chimique de l'atmosphère
L'anticyclone
des Açores (ou son prolongement)
s'étant durablement installé
au dessus de l'Europe occidentale, configuration
classique en été, toutes
les perturbations ont été
rejetées vers l'Irlande et le
nord de la Scandinavie, maintenant sur
la France un air sec et stable. De fait,
sur la période du 1er juin au
11 août (figure 2), l'année
2003 se situe en moyenne nationale comme
la plus chaude que la France ait connue
depuis 1950 – voire, en bien des
endroits, depuis le début des
enregistrements météorologiques,
généralement au milieu
du XIXème siècle.
Ainsi, après un mois de juin
qui, en moyenne, avait dépassé
la normale de 4 à 5°C et
un mois de juillet resté plus
proche des dispositions habituelles
(+1,8°C), mais marqué par
un vigoureux pic thermique au cours
de sa deuxième décade,
la première quinzaine d'août
a subi une canicule à caractère
exceptionnel. |
Cliquer
sur l'image ci-dessous pour l'agrandir
Fig. 2 - Moyenne des températures
minimales et maximales, en France,
pour la période du 1er juin
au 11 août, de 1950 à
2003.
Source : Météo-France.
|
Il faut dire que la température était
alors extrêmement basse, à la
fois sur le centre de l'océan Atlantique
(au sud du Groenland) et en Asie centrale.
La conjonction de ces deux centres froids
a dirigé sur nous une masse d'air très
chaud et très sec en provenance du
sud de la Méditerranée. Arrivée
par les Pyrénées, elle a littéralement
enveloppé la France : à près
de 5 000 mètres d'altitude, cette puissante
dorsale a agi comme une "couverture",
empêchant les basses couches de se refroidir
(de jour aussi bien que de nuit) et inhibant
toute convection. Plus de 80 départements
ont alors été exposés
au moins une fois à un maximum dépassant
35°C (figure 3), 61 d'entre eux étant
confrontés à cette situation
pendant au moins 9 jours consécutifs.
 |
Fig. 3 - Nombre de jours où la température maximale
a dépassé 35°C, en
France, entre le 1er et le 18 août
2003. Les pointillés désignent
les régions d'altitude supérieure
à 500 mètres.
Source : Météo-France. |

Des records absolus de température
ont été battus dans plus de
70 des stations de Météo-France,
sur les 180 sites représentatifs des
principales villes françaises. Le seuil
des 40°C a été franchi dans
15% de ces stations, y compris en Bretagne
– ce qui ne s'était encore jamais
produit depuis la mise en place du réseau
météorologique. Auxerre a même
enregistré 8 jours successifs au-delà
de 40°C. Mais c'est finalement dans deux
localités du Gard, Saint-Christol-les-Alès
et Conqueyrac, que le thermomètre a
atteint son niveau le plus élevé,
avec 44,1°C le 12 août.
La
chronologie des températures
maximales à Dijon, une station
assez représentative de l'ensemble
du pays (figure 4), permet de distinguer
trois phases successives :
- une hausse thermique progressive jusqu'au
5 août, avec des chiffres grimpant
d'une valeur proche de la normale (24,9°C
le 31 juillet) jusqu'à 38°C
;
- un maintien de ces températures
entre 38 et 39,5°C du 6 au 13 août
;
- enfin un fléchissement rapide
dans les jours suivants, en liaison
avec la baisse du champ de pression,
la réorientation du flux au Sud-Ouest
et l'arrivée de ciels chaotiques
; dès le 14 août, le thermomètre
ne dépassait plus 29°C, et
c'est seulement à la fin du mois
qu'il remontera très fugitivement
à 32,1°C. |

Fig. 4 -
Températures maximales journalières
de Dijon, du 27 juillet au 1er septembre
2003
Source : données Météo-France,
réalisation J.-P. Besancenot
|
Dans cette période, à un moment
où les effets cumulatifs de la canicule
étaient déjà très
sensibles, les 11 et 12 août ont un
peu partout présenté la situation
la plus critique. Ils ont enregistré
non seulement les températures maximales
les plus élevées, mais aussi
des records absolus de températures
minimales en bien des endroits : c'est ainsi
qu'au moment le plus "frais" de
la nuit, le thermomètre indiquait encore
25,5°C à Paris, ce qui dépasse
de loin le record précédent
de 24,0°C établi en juillet 1976.
Encore s'agit-il là des températures
enregistrées dans des endroits bien
dégagés, en l'occurrence des
stations météorologiques ; il
ne fait aucun doute que les quartiers densément
bâtis ont souffert de minima beaucoup
plus élevés encore. L'absence
presque totale de vent (rarement plus de 1
à 2 m/s de 06 à 14 heures) a
pu avoir un caractère aggravant, en
accentuant l'inconfort thermique et l'impression
de fournaise. En revanche, il n'y a pas lieu
de s'attarder sur l'humidité relative,
souvent reconnue comme facteur péjoratif
de la canicule, mais restée généralement
faible en 2003 (12% le 9 août à
Dijon !), si ce n'est localement en façade
atlantique. Ce qui suggère que les
choses auraient pu être pires encore,
en présence d'une vague de chaleur
humide.
La
situation aérologique à
l'origine de cette canicule a également
contribué à créer
et à entretenir une forte pollution
de l'atmosphère. D'une part,
en effet, l'importance de la radiation
solaire était propice à
la formation dans les basses couches
de grandes quantités d'ozone,
à partir des oxydes d'azote,
des composés organiques volatils
et de divers autres précurseurs,
à partir notamment des oxydes
d'azote et des composés organiques
volatils. D'autre part, la persistance
d'un puissant anticyclone a amené
la stagnation des polluants, l'absence
de vent s'opposant à toute dispersion
horizontale tandis que la forte subsidence
faisait obstacle à la moindre
dispersion verticale. Des records de
teneurs de l'air en polluants et de
nombre de jours pollués ont été
dépassés début
août dans de nombreuses régions,
et ils l'avaient souvent déjà
été en juillet. Pour l'ozone,
la procédure d'information des
populations (que la réglementation
impose au seuil de 180 µg/m³
sur une heure) a été activée
près de 50 jours dans la région
Provence-Alpes-Côte-d'Azur, et
une trentaine de jours aussi bien en
Alsace qu'en Île-de-France ; elle
l'a été pour la première
fois dans bien des localités
de l'Ouest (figure 5). |
Fig.
5 - Nombre de jours de dépassement
du seuil de 180 µg/m³ (seuil
d'information) pour l'ozone entre juin
et septembre 2003.
Source
: données ADEME |
Cliquer
sur l'image ci-dessous pour l'agrandir

|
En outre, un
maximum horaire de 417 µg/m³
(supérieur au seuil d'alerte
à l'époque fixé
à 360 µg/m³, et
ramené depuis lors à
240) a été relevé
dans les Bouches-du-Rhône. Là
encore, les 11 et 12 août (figure
6) ont presque partout représenté
la situation la plus critique. La
durée et l'extension spatiale
de la pollution (notamment par l'ozone)
ont finalement été plus
exceptionnelles que son intensité.
Un pic de dioxyde d'azote (NO²)
a également été
noté les 11 et 12 août
en de nombreux endroits, tout spécialement
à Paris.
Fig.
6 (ci-contre à gauche) - La
teneur de l'air en ozone en France
le 12 août 2003
Source : INERIS/
CNRS/Ademe PREV'AIR
|
L'impact
sanitaire de cette canicule, révélé
par la surmortalité
Comme dans la plupart des
épisodes caniculaires récents,
les fortes températures et la mauvaise
qualité de l'air ont combiné
leurs effets pour entraîner une élévation
brutale et majeure de la mortalité
(figure 7), sans que l'on soit encore capable
de quantifier la responsabilité respective
de la chaleur et de la pollution. La confrontation
des diverses sources de données disponibles
permet d'évaluer à un peu plus
de 56 500 le nombre des décès
survenus au cours du mois d'août 2003.
Par rapport à la mortalité attendue
(définie comme la moyenne de la période
correspondante des trois années précédentes),
cela représente un excédent
de 14 802 décès, chiffre ultérieurement
relevé à 14 947 (+55% par rapport
à la mortalité attendue). L'espérance
de vie moyenne de la population française
s'en est trouvé réduit de deux
mois.

Fig. 7
- Nombres journaliers de décès
d'août 2003, comparés à
ceux des trois mois d'août antérieurs
(France entière)
Source : données
INSEE
La surmortalité
a été remarquablement synchrone
de l'évolution des températures
(figure 8). Elle a débuté
le 4 août, avec près de 300 décès
surnuméraires, alors que la marge normale
de variation interjournalière pour
les mois d'été n'excède
pas 150. Le nombre quotidien de décès
en surnombre s'est ensuite régulièrement
et massivement accru jusqu'à atteindre
1 200 le 8 août et près de 2
200 le 12. Le brutal décrochement de
la courbe de la mortalité les 11 et
12 août doit être lié au
niveau très élevé des
températures nocturnes.

Fig. 8 - Surmortalité
d'août 2003 en France et températures
extrêmes journalières
Source : Institut de Veille Sanitaire
C'est en effet un constat que l'on peut faire
lors de toutes les périodes caniculaires,
en Europe comme en Amérique du Nord,
que la chaleur de l'après-midi, si
forte soit-elle, est relativement bien supportée
tant que les nuits permettent de "récupérer"
dans de bonnes conditions ; dans le cas contraire,
en présence de nuits étouffantes,
l'hécatombe s'installe. La mortalité
a ensuite amorcé une discrète
régression (environ 2 000 décès)
le 13 août, parallèlement à
la courbe des températures, le recul
s'amplifiant le lendemain (environ 1 000 décès
le 14) pour retrouver une valeur quasi normale
à partir du 19. La surmortalité
observée est ainsi entièrement
comprise entre le 1er et le 20 août.
Toutefois, la vague de chaleur n'a pas frappé
indistinctement les populations exposées.
Les diverses classes d'âge ont été
inégalement affectées. L'élévation
de la mortalité, restée insignifiante
au-dessous de 45 ans, a été
importante au-delà : +23% entre 45
et 54 ans, +29% entre 55 et 74 ans, +70% entre
75 et 94 ans, voire +122% à 95 ans
et plus. À la fragilité de la
personne âgée, souvent polypathologique,
et à son incapacité progressive
à assurer sa constance thermique interne,
s'ajoute le fait que le vieillard n'éprouve
de sensation de chaleur et ne ressent le besoin
de se protéger que pour une élévation
proche de 5°C de sa température
cutanée, contre 0,5°C chez l'adulte.
Le besoin de boire est, lui aussi, de moins
en moins perçu avec l'âge, une
déshydratation modérée
n'entraînant guère de sensation
de soif au-delà de 70 ou 75 ans.
Si les deux sexes ont été touchés,
la surmortalité observée chez
les femmes (+73,5%) a été presque
double de celle qui frappait les hommes (+38%).
Ce différentiel, habituel en Europe,
tient en partie à la féminisation
croissante de la population âgée,
mais il subsiste après standardisation
des taux. Il est vrai qu'à partir de
la soixantaine, les femmes présentent
une plus forte occurrence de troubles de la
régulation thermique, notamment de
troubles de la sudation. Elles sont également
plus nombreuses à vivre seules avec
de faibles revenus, ce qui constitue un important
facteur de risque.
La surmortalité a concerné l'ensemble
du territoire métropolitain, mais avec
une intensité inégale que confirment
des taux s'échelonnant de 17 à
plus de 130% (figure 9).

Fig. 9 - Surmortalité
(%) en France métropolitaine du 1er
au 20 août 2003. Répartition
départementale
Source : Institut de Veille Sanitaire
Les régions à
composante côtière de Basse-Normandie,
Bretagne et Nord-Pas-de-Calais ont été
les moins touchées. Les régions
habituellement les plus chaudes (Languedoc-Roussillon,
Corse, Midi-Pyrénées) ont également
enregistré une augmentation inférieure
à la moyenne nationale. Les plus fortes
surmortalités ont été
observées en Île-de-France (+134%)
et dans la région Centre (+103%). À
elle seule, avec 18,7% de la population, la
région parisienne a contribué
pour un tiers à l'ensemble de la surmortalité.
Le nombre de décès en Île-de-France
est allé jusqu'à dépasser
six fois sa valeur habituelle le 12 août.
Au sein d'un même département,
il a pu y avoir des variations importantes.
Ainsi, en Côte d'Or, l'arrondissement
de Dijon a enregistré une surmortalité
de 87%, contre 14% pour celui de Beaune (petites
villes et campagnes) et 9% pour celui de Montbard
(rural profond).

L'influence urbaine est généralement
bien marquée, du fait de l'action conjuguée
de la pollution atmosphérique et des
modifications imprimées au climat local
par la présence de la ville (îlot
de chaleur). Mais ce n'est guère qu'à
partir de 200 000 habitants que le phénomène
devient sensible (figure 10) et, de toute
manière, de fortes disparités
peuvent être mises en évidence
d'une ville à l'autre.

Fig. 10 - Surmortalité
(%) du 1er au 20 août 2003 en fonction
de la taille des communes (ou des unités
urbaines)
Source : Jean-Pierre Besancenot
Ainsi, mise à part l'agglomération
parisienne déjà évoquée,
c'est sans doute Dijon qui a connu le pic
de surmortalité le plus proéminent
(+93%). Ce pic a été très
fort également pour les villes du Mans
(+82%), de Lyon (+80%) et de Poitiers (+79%).
Il n'a pas dépassé la moyenne
nationale à Nice (+53%, alors que l'on
aurait pu craindre davantage en raison de
la forte proportion de personnes âgées)
et à Strasbourg (+51%). Enfin, on n'a
constaté qu'un pic assez modéré
à Bordeaux (+43%), à Rennes
et à Toulouse (+36%), à Grenoble
(+28%), à Marseille (+25%, probablement
grâce à une efficace campagne
locale de prévention) et, surtout,
à Lille (+3 à 4%, un peu à
l'écart de l'épicentre de la
vague de chaleur).
La canicule a fortement modifié la
répartition habituelle de la mortalité
par causes, mais une exploitation de ces données
n'a encore pu être réalisée
que pour la région Centre, région
il est vrai particulièrement touchée
puisque l'on y a constaté, selon les
départements, 70 à 130% de décès
excédentaires. Dans 28,9% des cas,
surtout au-delà de 75-80 ans, l'élévation
de la chaleur a été la cause
initiale du décès, par débordement
des défenses naturelles du sujet, incapable
de préserver la constance thermique
de son organisme : c'est le tableau classique
du "coup de chaleur", avec atteinte
du système nerveux central. Quoi qu'il
en soit, sept sur dix des décès
surnuméraires n'ont pas résulté
directement d'une mise en échec des
mécanismes thermorégulateurs.
La chaleur peut aussi aggraver une maladie
déjà installée ou contribuer
à la déclencher. Viennent en
tête de ces causes de décès
surreprésentées pendant la canicule
les pathologies de l'appareil génito-urinaire
(au total, +240%) et les maladies de l'appareil
respiratoire (+180%). Ont également
été nettement plus fréquents
que les années précédentes
les décès par maladies cardiovasculaires
(+110%, par exemple, pour l'infarctus du myocarde),
par maladie métabolique (diabète,
notamment), ainsi que par trouble mental et
décompensation d'état démentiel
(+140%, surtout en cas de maladie d'Alzheimer).
La plupart des autres causes de décès
ont, elles aussi, été surreprésentées
pendant les jours les plus chauds, mais avec
des progressions moins marquées (+44%
pour les noyades, +20% pour les cancers et
les suicides, +10% pour les accidents de la
route).
Une question capitale, encore incomplètement
résolue, est de savoir quel sera le
bilan net de cette canicule. Dans quelle mesure
les personnes décédées
auraient-elles survécu durablement
en l'absence d'un tel excès météorologique
? Après une vague de chaleur meurtrière,
on peut assister à une sous-mortalité
compensatrice (ce fut le cas à Bruxelles
durant l'été 1994, les décès
observés lors du pic de chaleur devant
alors être interprétés
comme de simples anticipations d'issues fatales
inéluctables chez des personnes très
vulnérables). Mais il arrive aussi
que l'on constate le maintien durable d'un
excédent de décès, comme
à Marseille, durant les six mois qui
ont suivi le pic thermique de juillet 1983,
de nombreuses personnes fragilisées
par la canicule ne s'étant jamais remises
du fait de capacités physiologiques
limites. Il est encore tôt pour se prononcer.
Si septembre, octobre et novembre ont enregistré
des mortalités égalant celle
des années précédentes,
décembre a été marqué
par un nouveau pic de décès,
notamment par grippe, chez des personnes âgées
qui avaient été fragilisées
par la canicule. Au total, sur l'année
2003, les décès ont augmenté
de 3% par rapport à 2002 : 550 000
en France métropolitaine, contre 534
000 l'année précédente.
Il y a donc eu un réel surcroît
de décès et non une simple concentration
sur les jours les plus chauds de l'été
de disparitions de personnes à l'état
de santé très précaire,
qui devaient de toute façon mourir
à bref délai... Sinon, la période
post-estivale aurait été marquée
par une légère baisse du nombre
de décès.
En guise
de conclusion
Un bilan aussi lourd que celui
de l'été 2003 ne peut s'expliquer
que par le caractère sans précédent
de la vague de chaleur qui y a sévi.
Sans précédent, bien sûr,
par son intensité. Sans précédent,
aussi, par sa durée puisque les premières
températures anormalement élevées
remontent au 25 mai et que des jours très
chauds ont été enregistrés
en juin, dans l'ensemble bien supportés
malgré un pic très saillant
de morbidité et de mortalité
le 17, passé sur le moment totalement
inaperçu. Sans précédent,
encore, par la date à laquelle s'est
produit le paroxysme thermique : en août,
mois où la France vit au ralenti et
où les personnes âgées
sont plus isolées que jamais, la famille
et les voisins étant en vacances. Sans
précédent, on l'a peut-être
un peu trop négligé, par son
extension spatiale : c'est sans doute la première
fois que l'ensemble du territoire national
était touché de façon
presque homogène (la période
caniculaire de 24 juin au 7 juillet 1976 avait
surtout frappé le Sud-Ouest et l'Ouest,
puis l'Île-de-France et la Champagne
; on y avait dénombré quelque
6 000 décès en surnombre, soit
+30% en moyenne nationale, mais déjà
+71% à Paris et dans son agglomération).
Sans précédent, enfin, par la
vulnérabilité de la population
concernée, du fait du pourcentage de
plus en plus élevé de personnes
âgées et très âgées
: par rapport à l'été
1976, le nombre des plus de 85 ans a été
multiplié par plus de 4.
Or, force est de constater que l'on éprouve
toujours les pires difficultés à
gérer un risque auquel on n'a jamais
été confronté. Une crise
de cette ampleur ne se gère pas dans
l'urgence, elle n'a de chances d'être
efficacement surmontée que si elle
est anticipée, à différentes
échelles de temps. À très
court terme, d'abord, ce qui souligne la nécessité
de mettre en place des dispositifs d'alerte,
capables d'informer en temps réel de
la survenue d'une élévation
anormale des appels aux services d'urgence
et de la mortalité. À court
terme, ensuite, ce qui implique que l'on dispose
de prévisions médico-météorologiques
fiables, permettant d'annoncer plusieurs jours
à l'avance l'éventualité
d'une vague de chaleur meurtrière.
À moyen et long terme, enfin, avec
l'élaboration d'un système performant
(ci-dessous en annexe) visant à identifier
les dangers pour la santé et la sécurité
et à en préciser les contours
(nature, existence actuelle ou prévisible,
probabilité de survenue, ampleur des
effets néfastes possibles).
À défaut
de pouvoir les contrôler complètement,
il faut apprendre à vivre avec de tels
risques, dont on peut craindre qu'ils ne deviennent
de plus en plus fréquents, du triple
fait du vieillissement de la population, de
sa concentration croissante dans de grandes
agglomérations et d'un possible dérèglement
climatique lié à un effet de
serre additionnel d'origine anthropique.
Annexe
- Le Plan canicule
Le
Plan canicule comprend quatre niveaux
d’action, fondés sur
des seuils biométéorologiques
régionaux qui les activent
ou les désactivent et qui entraînent
des réponses graduées.
Niveau 1 : vigilance.
Du 1er juin au 30 septembre de chaque
année, l’Institut de
Veille Sanitaire et Météo-France
mettent en place leur procédure
de veille climatique et sanitaire.
Tous les services concernés,
au niveau national, départemental
et communal vérifient que les
dispositifs d’alerte sont opérationnels.
Les coordonnées des personnes
vulnérables sont vérifiées.
Des messages de recommandations sanitaires
sont diffusés.
Niveau 2 : alerte.
Il est activé dans une région
quand Météo-France prévoit
trois jours à l’avance
dans au moins un site de cette région
le dépassement pendant trois
jours consécutifs des seuils
biométéorologiques.
Le ministre de la Santé et
de la protection sociale saisit alors
le PC Santé et informe les
préfets. Ces derniers pilotent
les cellules de crise.
Cliquer
sur l'image ci-dessous pour l'agrandir

Fig. 11 - Le niveau 3 du Plan National
Canicule
Niveau 3 : intervention.
Il est activé sur la base du
bulletin d’alerte de l’Institut
de Veille Sanitaire ou d’autres
éléments disponibles
(constat d’un excès de
mortalité humaine ou animale
en relation avec de fortes chaleurs…).
Le ministre de la Santé et
de la protection sociale demande alors
aux préfets le passage de l’Alerte
à l’Intervention : le
Centre opérationnel
de gestion interministérielle
des crises (COGIC),
sous la responsabilité du ministre
de l’Intérieur, centralise
les informations et diffuse les instructions
dans les zones de défense et
les départements concernés.
Les préfets actionnent le plan
Blanc de mobilisation des hôpitaux
et des services d’urgence, le
plan Rouge de mobilisation de la sécurité
civile et des pompiers et s’appuient
sur les plans Bleu de mobilisation
des maisons de retraite. Parallèlement,
ils activent le plan Vermeil à
destination des personnes âgées
isolées et mobilisent les associations
de bénévoles. Enfin,
ils s’assurent de la permanence
des soins auprès des médecins
de ville.
Niveau 4 : réquisition.
Il est activé principalement
quand les indicateurs biométéorologiques
prévus pour les prochaines
24 heures dépassent les seuils
critiques dans plusieurs régions
sur une longue durée, avec
apparition d’effets collatéraux
(black-out, saturation des
hôpitaux…). Si les ministres
de l’Intérieur et de
la Défense estiment que les
risques sont susceptibles de porter
atteinte à l’ordre public,
ils en informent le ministre de la
Santé et de la protection sociale.
Ensemble, ils saisissent le Premier
ministre qui décide, le cas
échéant, de réquisitionner
tous les moyens adaptés à
la gestion de la catastrophe : moyens
de transport (avions, trains, autocars),
médias, armée. Le COGIC
commande également la mise
en œuvre renforcée des
plans Bleu, Blanc, Rouge, Vermeil.
Les élus locaux sont informés
et communiquent au COGIC les informations
dont ils disposent sur le terrain.
|

Des
ressources pour aller plus loin, une sélection
Quelques mots-clés
(pour des recherches documentaires autonomes)
Français :
vague de chaleur, canicule, santé,
épidémiologie, mortalité,
surmortalité, coup de chaleur, risque
climatique, catastrophe climatique, facteur
de risque, qualité de l'air, pollution
atmosphérique, pollution photochimique,
ozone, îlot de chaleur urbain, personnes
âgées, gestion de crise, système
d'alerte, dispositif de surveillance, plan
de prévention, France
Anglais : heat wave, scorching
heat, health, epidemiology, mortality, comparatively
high death rate, heat stroke, climatic risk,
climatic disaster, risk factor, air quality,
atmospheric pollution, photochemical pollution,
ozone, urban heat island, elderly, crisis
management, warning system, monitoring system,
prevention plan, France
Espagnol : ola de calor,
canícula, salud, epidemiología,
mortalidad, exceso de mortalidad, insolación,
riesgo climático, catástrofe
climatica, factor de riesgo, cualidad del
aire, contaminación atmosférica,
polución fotoquímica, ozono,
isla de calor urbana, personas de edad, gestión
de crisis, sistema de alertas, sistema de
vigilancia, plano de prevención, Francia
Des informations scientifiques.
Sites experts, sites institutionnels
La canicule de l'été
2003 pourra être replacée dans
le contexte des grandes vagues de chaleur
qui frappent périodiquement l'Europe
et l'Amérique du Nord en consultant
l'article de R. Basu et J.M. Samet ("Relation
between elevated ambient temperature and mortality:
a review of the epidemiologic evidence".
Epidemiological Review, vol. XXIV,
2002, n° 2, pp. 190-202) ou celui de J.P.
Besancenot ("Vagues de chaleur et mortalité
dans les grandes agglomérations urbaines".
Environnement, Risques et Santé, vol.
I, 2002, n° 4, pp. 229-240), également
accessible en ligne :
www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/sante_pub/ers/e-docs/00/01/FB/EF/article.md
Deux livres relatent au jour le jour le déroulement
des faits, que leurs auteurs ont vécu
"de l'intérieur", et ils
en proposent une interprétation (parfois
divergente). Le premier a été
rédigé par le Directeur Général
de la Santé, en charge de la sécurité
sanitaire, qui a démissionné
de son poste le 18 août 2003 (L. Abenhaim,
Canicules. La santé publique en question.
Paris : Fayard, 2003, 267 p.) ; le second
est l'œuvre du bouillant président
de l'Association des médecins urgentistes
hospitaliers de France, qui a "sonné
l'alarme" (P. Pelloux, Urgentiste. Paris
: Fayard, 2003, 260 p.).
La situation météorologique
de l'été 2003 pourra être
approfondie à l'aide d'un article bien
illustré de P. Bessemoulin, N. Bourdette,
P. Courtier et J. Manach ("La canicule
d'août 2003 en France et en Europe".
La Météorologie, n° 46,
2004, pp. 25-33).
Les aspects météorologiques
sont détaillés sur le site de
Météo-France :
www.meteo.fr/meteonet/actu/archives/dossiers/canicule/canicule2003.htm
On trouvera quelques indications complémentaires
sur le site de la Cité des Sciences
et de l'Industrie et du Programme des Nations
Unies pour l'Environnement (PNUE), respectivement
:
www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/.../article=1503
et www.grid.unep.ch/product/publication/download/ew_heat_wave.fr.pdf
Sur un sujet plus particulier, la difficulté
des prévisions au-delà de cinq
ou sept jours, des indications intéressantes
seront à glaner auprès du Centre
Européen pour la Prévision Météorologique
à Moyen Terme (en anglais) : www.ecmwf.int
Sur la pollution, on trouvera
sur le site de l'Agence de l'Environnement
et de la Maîtrise de l'Énergie
(ADEME) (www.ademe.fr)
le communiqué du 13 août sur
les records de pollution en France :
(www.ademe.fr/presse/Communiques/cp_2003_08_13.htm)
ainsi que des cartes sur la concentration
en ozone. Celles du 8 août, particulièrement
intéressantes, pourront être
consultées par exemple sur le site
du Ministère de l'Écologie et
du Développement Durable : www1.environnement.gouv.fr/IMG/pdf/Note-bilan-ete2003-ozone.pdf
Le cas de l'Île-de-France est détaillé
par AIRPARIF, pour l'ensemble de l'année
2003 :
www.airparif.asso.fr/airparif/pdf/NUMERO22.pdf
ou pour la seule pollution par l'ozone : www.airparif.asso.fr/airparif/pdf/NUMERO20.pdf
et www.airparif.asso.fr/actualites/pdf/actu_O3_3.pdf
Pour la mortalité,
on consultera en premier les sites de l'Institut
National de la Statistique et des études
économiques (INSEE), pour les nombres
mensuels de décès : www.indices.insee.fr
et pour le bilan démographique de l'année
2003 : www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP948.pdf,
à compléter par le site de l'Institut
National d'Études Démographiques
(INED) :
www.ined.fr/canicule
et www.ined.fr/publications/pop_et_soc/pes399/399.pdf
Mais les sources essentielles sont dans les
deux rapports de l'Institut de Veille Sanitaire
(InVS) (Impact sanitaire de la vague de chaleur
d'août 2003 en France. Bilan et perspectives.
Saint-Maurice : Institut de Veille Sanitaire,
Département des Maladies Chroniques
et Traumatismes, Département Santé
Environnement, 120 p.), disponible en ligne
:
www.invs.sante.fr/publications/2003/bilan_chaleur_1103/vf_invs_canicule.pdf
[on préférera cette version
définitive au rapport d'étape]
et de l'Institut National de la Santé
et des Études Médicales (INSERM)
(D. Hémon, E. Jougla, Surmortalité
liée à la canicule d'août
2003. Rapport d'étape. I. Estimation
de la surmortalité et principales
caractéristiques épidémiologiques.
Paris : INSERM, 2003, 59 p.), accessible sur
le Web : www.sante.gouv.fr/htm/actu/surmort_canicule/rapport_complet.pdf
ou :
www.inserm.fr/servcom/servcom.nsf/0/1e4c3585397d860b80256dac004426cc/$FILE/rapport%20canicule.pdf
Une excellente synthèse est fournie
par un numéro spécial du Bulletin
épidémiologique hebdomadaire
BEH n° 45-46 du 25 novembre 2003 ("Impact
sanitaire de la vague de chaleur d'août
2003 : premiers résultats et travaux
à mener", pp. 217-228), accessible
en ligne :
www.invs.sante.fr/beh/2003/45_46/beh_45_46_2003.pdf
On pourra également consulter de bonnes
mises au point à l'échelle régionale,
par exemple sur le site de l'Observatoire
Régional de la Santé d'Île-de-France
(ORSIF), Conséquences sanitaires de
la canicule d'août 2003 en Île-de-France,
2003, 8 p. : www.ors-idf.org/etudes/Pdf/4_pages2002/8pagescani.pdf
Le cas des personnes âgées est
analysé finement sur le site de l'Université
de Genève :
http://cig.unige.ch/canicule04/doc15.pdf
Quatre autres rapports méritent
d'être consultés :
- celui de l'Inspection Générale
des Affaires Sociales (IGAS) (F. Lalande,
S. Legrain, A.J. Valleron, D. Meyniel, M.
Fourcade, Mission d’expertise et d’évaluation
du système de santé pendant
la canicule 2003, 57 p.) : www.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/034000558/0000.pdf
ou :
www.ladocfrancaise.gouv.fr/BRP/034000558/0000.pdf
; on prendra garde, toutefois, au fait que
ce rapport, publié dès le 8
septembre 2003, donc dans les suites immédiates
de l'événement, formulait certaines
hypothèses que les investigations ultérieures
n'ont pas confirmées ; avec le recul,
certain passages sont à utiliser avec
prudence ;
- celui de la Mission commune d’information
du Sénat (J. Pelletier, V. Létard,
H. Flandre, S. Lepeltier, La France et
les Français face à la canicule
: les leçons d’une crise. Paris,
Sénat, 2003-2004, Rapport n° 195,
405 p.), accessible en ligne avec une pagination
légèrement différente
www.senat.fr/rap/r03-195/r03-1951.pdf
ou www.senat.fr/rap/r03-195/r03-1951.html
;
- celui de la Commission des Affaires Culturelles,
Familiales et Sociales de l'Assemblée
Nationale (D. Jacquat, Rapport d'information
sur la crise sanitaire et sociale déclenchée
par la canicule, Paris, Assemblée Nationale,
2003, Rapport n° 1091, 3 vol., 59 + 580
+ 581 p.) :
www.assemblee-nat.fr/12/dossiers/canicule.asp
;
- et celui de la commission d'enquête
de l'Assemblée Nationale (C. Evin,
F. d'Aubert, Le drame de la canicule : une
gestion déficiente révélatrice
d'une crise structurelle. Paris : Assemblée
Nationale, 2004, Rapport n° 1455, 2 vol.,
233 + 575 p.) :
www.assemblee-nat.fr/12/pdf/rap-enq/r1455-t1.pdf
et www.assemblee-nat.fr/12/pdf/rap-enq/r1455-t2.pdf
Cette canicule de 2003 a inspiré à
P. Caseau d'utiles réflexions
sur les notions d'aléa et de vulnérabilité
("A propos de la canicule…",
Cybergeo : revue européenne de géographie,
12/09/ 2003) : http://193.55.107.45/ptchaud/canicule1.pdf.
On trouvera dans la même revue une importante
contribution d'un spécialiste de science
politique, que chacun devrait lire, sur l'attitude
de la société française
et des pouvoirs publics face à cette
crise (J.P. Gaudin, "Une canicule politique",
24/11/2003) :
http://193.55.107.45/ptchaud/canicule2.htm.
Enfin, le système d'alerte mis au point
en 2004 est présenté en détail
dans plusieurs publications de l'Institut
de Veille Sanitaire (InVS), notamment Système
d’alerte canicule et santé 2004.
Rapport opérationnel. (Saint-Maurice
: Institut de Veille Sanitaire, 2004, 34 p.)
:
www.invs.sante.fr/publications/2004/syst_alerte_canicule/rapport_SACS_2004.pdf
à compléter par un numéro
spécial du Bulletin épidémiologique
hebdomadaire BEH n° 30-31 du 6 juillet
2004 ("Plan National Canicule",
pp. 133-140), accessible en ligne : www.invs.sante.fr/beh/2004/30_31/beh_30_31_2004.pdf
Quant au détail du dispositif de prévention
(Actions nationales et locales à mettre
en œuvre par les pouvoirs publics afin
de prévenir et réduire les conséquences
sanitaires d’une canicule, Paris, 2004,
208 p.), il figure notamment sur le site du
Ministère de la Santé et de
la Protection Sociale :
www.sante.gouv.fr/canicule/doc/plan_canicule.pdf.
Par
Jean-Pierre Besancenot, Directeur de recherche
au CNRS,
Laboratoire "Climat et santé",
Dijon
Des
ressources générales autour
du thème "géographie et
santé", une sélection
Par exemple :
- La Documentation photographique, Santé
et territoires, n° 8015 de juin 2000.
- Les Actes du Festival international de géographie,
Géographie et santé, 2000
:
http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2000/default.htm
Sur le web,
de très nombreuses sources sont
disponibles, souvent riches en données
spatialisées, en cartes parfois interactives.
- L'Institut
de veille sanitaire (InVS) : www.invs.sante.fr
- L'Institut de recherche et documentation
en économie de la santé (IRDES,
ex CREDES) produit des données et des
analyses en économie de la santé,
il observe et analyse l'évolution des
comportements des consommateurs et des producteurs
de soins à la fois sous l'angle médical,
économique, géographique et
sociologique. On y trouvera des données
chiffrées sur l'état de la santé
et une typologie des "paysages"
de la santé : www.irdes.fr
- La Direction de la recherche, des
études, de l’évaluation
et des statistiques (DREES) du Ministère
de la santé propose des statistiques
et des cartes sur la mortalité et l'équipement
médical. STATISS 2000 fournit des cartes
et statistiques par départements. Les
cartographies permettent d'aborder les thèmes
des différenciations spatiales : www.sante.gouv.fr/drees/statiss/default.htm
- Développé par l'Institut
national de la santé et de la recherche
médicale (INSERM) -
www.inserm.fr/servcom/servcom.nsf
- Sentiweb, ou "réseau Sentinelles",
est un système de surveillance nationale
qui permet, depuis novembre 1984, le recueil,
l'analyse et la redistribution en temps réel
de données épidémiologiques
issues de l'activité des médecins
généralistes libéraux.
Il s'intègre au dispositif mis en place
par l'Institut de veille sanitaire (InVS).
Cette surveillance hebdomadaire concerne les
pathologies transmissibles fréquentes
en médecine de ville. Les données
recueillies concernent aussi l'asthme, les
tentatives de suicide et le recours à
l'hospitalisation. Elles permettent d'élaborer
: des systèmes d'information géographique
et temporelle qui donnent aux médecins
généralistes un état
des lieux de l'activité hebdomadaire
nationale et régionale des maladies
surveillées ; des modèles de
détection, d'alerte et de prévisions
des épidémies avec une simulation
de leur propagation géographique sur
les 3 semaines à venir ; des enquêtes
épidémiologiques transversales.
http://rhone.b3e.jussieu.fr/senti/php/navigation/accueil
- Une importante base de données
(Matisse) sur les causes de décès
en France, établie par J. Vallin
et F. Meslé selon la nomenclature internationale
de l'OMS (Classification Internationale des
Maladies, Traumatismes et Causes de Décès
- CIM) de 1925 à 1994. Les procédures
de requête sont très précises
: www-causfra.ined.fr
- Ou aussi, les données sur la
mortalité en France métropolitaine,
par sexe et âge, suivant la cause, depuis
1950, ont leur source dans la statistique
annuelle des décès selon la
cause initiale produite par l'INSEE (1950-1967)
et par l'INSERM (depuis 1968). Les causes
retenues regroupent les rubriques détaillées
de la CIM). Depuis 1950, divers changements
sont intervenus dans la CIM, mais la variation
du contenu de chacune des causes retenues
a été aussi limitée que
possible. Au total 240 causes (ou groupes
de causes) sont disponibles, mais certaines
ne recouvrent qu'une partie de la période
1950-1994. La base comprend 163 causes relativement
détaillées, dont 111 se rapportent
à toute la période. Les causes
sont ordonnées en 14 chapitres, correspondant
généralement aux chapitres de
la CIM : www-deces.ined.fr/intro.html
- Les Observatoires régionaux de
la santé (ORS) et leur fédération
nationale, la FNORS, www.fnors.org
On y trouve la base de données Score
: indicateurs qui permettent des comparaisons
régionales entre niveaux d'accès
aux soins, d'équipement, sous forme
de tableaux, par région (9 thèmes
eux-mêmes déclinés en
sous-thèmes). www.fnors.org/Score/accueil.htm
Accès à la base SCORE par mots-clefs
:
www.fnors.org/Base/Indic/Index/Index.htm
- Le site du "Centre technique d'appui
et de formation" (CETAF) des Centres
d'examens de santé (CES), créé
à l'initiative de la Caisse nationale
de l'assurance maladie des travailleurs salariés
(CNAMTS). Tableaux de bord cartographiques
de la santé à partir d'indicateurs
:
www.cetaf.asso.fr/index.htm
- Parhtage, portail des Agences
régionales de l'hospitalisation
: www.parhtage.sante.fr
- L'Observatoire des réseaux de
télésanté : www.observatoire-telesante.sante.gouv.fr
- L'Union régionale des caisses
d'assurance maladie (URCAM). Des cartes
interactives sur l'offre de soin régionale)
: www.rhone-alpes.assurance-maladie.fr
- Les pages de l'Organisation mondiale
de la santé (OMS - WHO), donnent
accès à des bases de données
internationales : www.who.int/fr/index.html
Sélection web complémentaire
établie par Sylviane Tabarly
Première
mise en ligne le 10/09/2004