 |
Brève, n° 4, 2005 |
|
|
|
Les articles des brèves sont indépendants des dossiers. Ils portent
sur des sujets souvent liés
à l'actualité et aux préoccupations
de nos sociétés ou sur des thèmes délimités. Ils pourront
faire l'objet de développements et
d'approfondissements ultérieurs au
sein de dossiers plus complets : voir
l'index
des dossiers thématiques.
Dubaï, territoire
d'un nouveau type dans le monde arabe
(Sylviane Tabarly [1])
Pôle
émergent de l’espace mondial,
l'émirat de Dubaï (ou Doubaï),
qui fait partie de la Fédération
des Émirats arabes unis (EAU), est
une cité-État aux caractères
très spécifiques au sein du
monde arabe. Elle a un rôle de synapse
important dans le fonctionnement régional,
mais ses ambitions s'exercent aussi à
l'échelle internationale. Ce territoire
de 3 885 km² et d'1,2 million d'habitants
pourrait-il devenir un modèle pour
le monde arabe ?
Au début des années 1960, Dubaï
comportait quelques maisons en pisé,
un souk, un port ensablé, accessible
aux seuls boutres à fond plat qui sillonnaient
le Golfe et la mer d'Oman. Les besoins en
eau potable, en électricité
n'étaient pas satisfaits, médecins,
routes, écoles faisaient défaut.
En 2002, avec un PIB de 18,8 milliards d'USD,
Dubaï produit 26,5% de la richesse de
la Fédération, après
Abu Dhabi (57,7%) et le PIB/hab y dépasse
17 000 USD. L'émirat affiche un taux
de croissance réel conséquent,
de 3,8% en 2002, oscillant entre 3 et 9% au
cours des douze dernières années.
Ses ambitions pour le futur multiplient les
superlatifs : la plus haute tour mondiale,
le plus grand mall [2],
etc.
Divers facteurs peuvent expliquer cette réussite
parmi lesquels : le réinvestissement,
sur place, des revenus pétroliers des
émirats de la Fédération
; l'esprit marchand de la famille dirigeante
des Maktoum (le cheikh Mohammed Al-Maktoum
actuellement au pouvoir) qui tient les rênes
de la cité-État depuis l'indépendance
en 1971 ; un esprit d'ouverture et de tolérance
par rapport à son environnement régional ;
des capacités de gestion logistique
et commerciale qui en ont fait un hub régional
essentiel. Dubaï a également pu
et su bénéficier, de manière
opportuniste et réactive, des grandes
crises régionales : la révolution
iranienne et la guerre Iran-Irak de 1979 à
1988, la guerre du Golfe de 1990-1991, la
guerre civile libanaise de 1975 à 1991
qui déclasse Beyrouth, l'effondrement
de l'URSS, les attentats du 11 septembre 2001
aux États-Unis [3].
Présentation
de la Fédération des
Émirats arabes unis (EAU)
Localisations
et contexte géopolitique régional
(Cliquer pour agrandir)
Les Émirats arabes unis (EAU)
sont une fédération
composée de sept émirats
: Abu Dhabi (ou Abou Dabi), Dubaï
(ou Doubaï), Sharjah (ou Chârdjah),
Fujairah (ou Foudjaïrah), Ajman
(ou Adjmân), Ras al Khaïmah
et Oumm al Qaïwaïn.
Pour des informations complémentaires
en relation avec les cartes ci-dessus
:
- Le Conseil de coopération
des États arabes du Golfe (CCEAG)
: www.gcc-sg.org/home_e.html
- La Ligue des États arabes
: www.arableagueonline.org/arableague/index_en.jsp
- L'Organisation de la Conférence
islamique (OCI) : www.oic-oci.org/index_french.asp
- L'Organisation des pays exportateurs
de pétrole (Organization
of the Petroleum Exporting Countries
- OPEC / OPEP) : www.opec.org/home
|
Dubaï, synapse
dans l'espace régional et mondial
L'intégration
géopolitique régionale
À l'heure actuelle, la Fédération
des Émirats arabes unis apparaît
comme un îlot de paix au cœur du
Moyen-Orient. Elle appartient au Conseil
de coopération des États arabes
du Golfe (CCEAG [4]), et elle entretient
des liens étroits
avec les pays de la Ligue arabe. Elle
appartient également à l’Organisation
de la Conférence islamique et elle
est membre à part entière de
l'OPEP. Enfin, les EAU sont membres de l'OMC
depuis 1996. Dans ce contexte, Dubaï
joue un rôle important d'interface.
L’Arabie saoudite a besoin des
possibilités offertes par la Fédération
des EAU, dont Dubaï, pour effectuer des
transactions financières internationales
entravées par la législation
islamique en vigueur dans le Royaume. Certains
ressortissants d'autres États voisins,
pratiquant un Islam rigoureux, apprécient
le contrôle social plus souple de Dubaï
où l'alcool est en vente libre dans
les grands hôtels qui abritent également
des boîtes de nuit. Dubaï joue
ainsi un rôle d'exutoire pour les sociétés
perse et arabe du Golfe.
Les relations avec le sous-continent indien
sont essentielles aussi. Par ses immigrants,
ses transactions commerciales, ses importations
et réexportations, l'émirat
vit à l'heure de Bombay et du Gudjerat,
mais aussi de Karachi, du Kérala ou
de Dhaka. Le recours à la place de
Dubaï permet de contourner les réglementations
tatillonnes et les infrastructures obsolètes
de l'Union indienne.
Capter hommes et
capitaux : des dispositifs attractifs mais
contrôlés
Dubaï, encouragé par l'adhésion
de la Fédération à l'OMC
en 1996, s’est doté d’une
législation favorable aux
investissements et aux activités commerciales
et industrielles ainsi que d’une administration
relativement efficace et honnête, ce
qui constitue un atout décisif pour
les investisseurs étrangers. L’administration,
contrôlée par les nationaux qui
occupent les postes de direction, est composée
de cadres et d’exécutants étrangers
sélectionnés pour leurs compétences
et mieux payés que dans leur pays d’origine.
Les règles de la propriété
foncière ont progressivement évolué.
La terre appartient à l’émir
et à sa famille dans les zones non
construites ainsi que dans certaines enclaves
dans la ville. L'émir doit les gérer
comme un bien public. Le reste de la ville
est partagé entre ceux qui ont acheté
leur terrain ou qui l’ont reçu
en cadeau. Les individus ou les sociétés
étrangères ont le droit de posséder
de la terre, et il existe un marché
immobilier actif. C'est ainsi que Dubaï
est devenu un territoire attractif.
Mais les droits et les devoirs des
différentes catégories d'habitants
obéissent à une stricte hiérarchie.
Le "watani", citoyen dubaïote,
et par extension émirien, est le seul
à disposer d’un droit d’expression
et de citoyenneté pleine et entière.
La citoyenneté dubaïote, et donc
la nationalité émirienne, donne
accès à tous les privilèges
offerts par la Fédération des
EAU. Au sommet de l'édifice se trouve
l'émir, sa famille, son entourage immédiat
ainsi que les grandes familles négociantes
implantées de longue date, arabes de
souche (d’origine locale ou du Hadramaout,
un district côtier du sud-est de la
péninsule arabique).
Ensuite, des descendants des commerçants
persans, arrivés au début du
XXe siècle, présents dans la
région depuis plusieurs générations,
sont très représentés
dans le souk (boutiquiers, marchands) et dominent
la corporation des boulangers. Les grandes
familles de cette catégorie détiennent
des passeports arabes. Mais leur nationalité
émirienne, acquise au cours du siècle,
ne leur permet pas de participer aux affaires
de la cité à même hauteur
que les autochtones dubaïotes "de
souche".
Nombre d'étrangers sont soumis
au système de la kafala
(ou sponsorship). Ils sont placés
sous la responsabilité et la protection
d’un kafil, citoyen dubaïote,
qui opère en échange un prélèvement
sur leurs revenus. Privilège essentiel
de la citoyenneté, la kafala
réserve 51% de la propriété
de toute entreprise à un partenaire
émirati. Les droits de propriété
sur un bien immobilier ou sur une entreprise
détenus par l'étranger s'apparentent
alors plutôt à des concessions.
Les étrangers soumis à la kafala
peuvent, à tout moment, être
expulsés. Leur intérêt
est donc de se cantonner strictement à
leur activité professionnelle. Notons
que le système de la kafala
est contesté par l’OMC et pourrait
donc être réformé.
Les membres de professions libérales
ou les cadres venus du Proche-Orient pour
exercer leur métier durant quelques
années, avant de retourner avec leurs
économies s’installer dans leur
pays d’origine, sont utiles à
l’émirat. Ils jouissent donc
d’une situation économique et
sociale moins précaire : contrats négociés
de gré à gré, de longue
durée, possibilité de faire
venir leur famille, etc.. Cette population
reste cependant vulnérable, à
la merci d’une faute professionnelle,
d’une maladresse d'expression, ou de
la dégradation des relations entre
leur pays d’origine et l’émirat.
Cela avait été le cas à
l'occasion de la guerre du Golfe en 1990 :
Palestiniens et Jordaniens avaient souffert
de la position pro-irakienne de leurs dirigeants.
Au bas de l'échelle, une population
immigrée a remplacé
l'esclavage statutaire aboli dans les années
1950. Main d'œuvre assez peu qualifiée,
"importée" par des intermédiaires
ou par les entreprises elles-mêmes,
elle assure le fonctionnement, au quotidien,
de l’économie domestique, industrielle
et des services. On la retrouve sur tous les
grands chantiers de l'émirat. Recrutée
sous contrat à durée déterminée
dans la plupart des cas, sa condition se réduit
à la valeur de son travail. Il s'agit
principalement d'hommes venus en célibataires (la
population de l'émirat est masculine
à 71%), d’Asie du Sud et du Sud-Est.
Ils sont souvent très dépendants
de leurs employeurs ou de leurs sponsors,
qui ont avancé les frais de voyage
et de séjour et qui conservent leur
passeport. En fin de contrat, ces immigrants
peuvent passer à la clandestinité.
C'est ainsi que l'on peut voir coexister,
sur les nombreux chantiers BTP de l'émirat,
une main d'œuvre
pakistanaise peu qualifiée, des ouvriers
indiens qualifiés, des contremaîtres
sikhs, des ingénieurs et cadres dirigeants
arabes, perses ou occidentaux.
Importations et
réexportations : un système
de comptoir
Dubaï est devenu un grand centre mondial
de réexportation après Hongkong
et Singapour.
|
Les
réexportations depuis Dubaï
(en millions d'USD)
| |
2001 |
2002 |
2003
|
Évolution
2001/2003 |
| Iran |
2
279 |
3
252 |
4
573 |
100,7 |
| Arabie saoudite |
1
391 |
1
691 |
1
496 |
7,5 |
| Inde |
738 |
983 |
1
218 |
65 |
| Irak |
388 |
789 |
963 |
148,2 |
| Koweit |
635 |
707 |
855 |
34,6 |
| Pakistan |
479 |
576 |
779 |
62,6 |
| Suisse |
260 |
336 |
652 |
150,8 |
| Hong-Kong |
554 |
688 |
558 |
0,7 |
| États-Unis |
395 |
501 |
513 |
29,9 |
| Jebel Ali Free
Zone |
254 |
307 |
432 |
70,1 |
Source
: Department of ports and customs
(2004)
www.dxbcustoms.gov.ae/index_frame.asp
|
La majeure partie des produits manufacturés sont importés
d’Asie et du sous-continent indien.
En 2003, la Chine est devenue le premier
fournisseur de l’émirat
(5 230 M d'USD en valeur), suivie
par l’Inde (4 099 M d'USD)
et le Japon (3 998 M d'USD).
Si les autres émirats de la Fédération
ont longtemps été les
premiers clients de Dubaï, ce cercle
s’est aujourd’hui élargi
pour englober l’ensemble des six
pays membres du CCEAG [4],
puis progressivement, l'Asie, la Russie
et l'Europe. Les premiers marchés
de réexportation de l’émirat
sont ses puissants voisins du Golfe.
Tout d'abord l’Iran : plus
de 2 000 maisons de commerce iraniennes
s'y sont installées. Puis, l'Arabie saoudite, l'Inde, d'autres États
voisins du Golfe et de l'océan
Indien. On notera la place de la Suisse
devenue une importante destination des
réexportations de Dubaï.
Dubaï rayonne aussi de plus en
plus vers l’Asie centrale ex-soviétique,
la Transcaucasie et même au-delà.
Les Républiques musulmanes ont
redécouvert les antiques routes
caravanières et les réseaux
qui les reliaient au monde arabe. |
L'organisation
d'un territoire voué à la gestion
de flux
L’avantage de Dubaï repose non
seulement sur ses réseaux de commerçants,
mais aussi sur l’étendue et la
rapidité de ses liaisons avec le monde
extérieur, sur l’efficacité
de son hub aéroportuaire. Les moyens
de transport utilisés sont diversifiés,
en fonction des besoins : des dhows [5]
qui relient rapidement Dubaï à
Qishm ou à Bandas Abbas sur la côte
iranienne, aux avions gros porteurs qui desservent
les villes les plus lointaines de l'arrière-pays
aérien de Dubaï, en passant par
les navires venus déverser leurs conteneurs
sur les quais de Jebel Ali.
Ainsi, différents aménagements
assurent la gestion des flux de marchandises
et de passagers à l'échelle
régionale et mondiale. Leurs développements
programmés témoignent des ambitions
de Dubaï.
L’aéroport (Dubai International
Airport) est devenu une plaque
tournante du trafic aérien international
: deuxième aéroport du Moyen-Orient
et deuxième du monde pour le nombre
de passagers en transit, après celui
de Narita à Tokyo. Son
trafic a atteint, en 2004, 21,7 millions de
passagers, transit compris (contre 18 millions
en 2003, déjà en croissance
de 13% par rapport à 2002). Il
est desservi par de nombreuses compagnies
internationales, qui le relient à environ
140 destinations (2002). L'aéroport
dispose d'un vaste centre commercial (Duty
free shopping centre). Un troisième
terminal est actuellement en construction
et devrait ouvrir en 2006, doublant ainsi
la capacité de l'aéroport. Il
pourra accueillir les futurs Airbus A380
et pourrait gérer 60 millions de passagers
en 2010.
Par ailleurs, un second aéroport international
(Jebel Ali International Airport
- JXB), localisé à Jebel Ali
(ou Djebel Ali), à 30 minutes au nord
du centre-ville de Dubaï, est en construction
depuis janvier 2005. Une plate-forme multi-modale
intégrée (air - mer - route),
la Dubai Logistics City (DLC) associera
ainsi le port (Jebel Ali Port) et
sa zone franche (la Free Zone) au
futur aéroport. Son ambition est de
devenir un carrefour logistique de dimension
mondiale, plaque tournante essentielle à
l'échelle du Golfe et du Moyen-Orient.
À terme, le complexe devrait s'étendre
sur 140 km². Le programme est développé
par une joint-venture associant Dar
Al-Handasah (groupe libanais basé à
Beyrouth) et Aéroports de Paris. Il
est prévu que, d'ici 20 ans, cet aéroport
puisse accueillir 40 millions de passagers
par an.
|
L’émirat
s’est doté, en 1985, d’une
compagnie aérienne, Emirates
Airlines, qui appartient à
l’État . Elle est vite
devenue emblématique de Dubaï,
par son dynamisme et sa rentabilité.
Le nombre de passagers transportés
est passé de 2,25 millions sur
l'exercice 1994-95 à 10,4 millions
sur l'exercice de 2003 - 2004. La compagnie
dubaïote dessert 70 destinations
en 2005 : le tableau ci-contre témoigne
de leur diversité à une
échelle mondiale, de l'importance
des destinations asiatiques et de la
modestie des destinations africaines.
Emirates est une grosse consommatrice
d'Airbus et a, d'ores et déjà,
commandé 43 Airbus
A380.
La zone aéroportuaire internationale
a aussi une importante dimension fret
avec un espace de stockage concentré
dans un Cargo village capable
de traiter 500 000 t/an et directement
connecté aux zones industrielles
avoisinantes, aux États et aux
ports du voisinage, grâce à
sept quais de fret combiné air-mer.
Ainsi ne faut-il que quatre heures pour
transférer un colis du porte-conteneur
à l’avion cargo. |
|
En dépit de conditions naturelles peu
propices et d’une situation peu
favorable à l’intérieur
du Golfe arabo-persique, Dubaï a rapidement
développé ses infrastructures
portuaires. Quatre ports aux rôles complémentaires
s’échelonnent du nord au sud
de la ville. Les anciens ports de Hamriya
et de la Crique ont été approfondis
et modernisés. Le port de la Crique
accueille, au pied des tours de verre et d’acier,
des dhows [5] qui
assurent les réexportations vers l’Iran.
Depuis le début des années 1970,
deux ports commerciaux modernes ont été
aménagés : Jebel Ali et Port
Rachid (ou Port Rashid).
Mis en service en 1972, Port Rachid est situé
juste au sud de l’embouchure de la Crique,
à proximité immédiate
de la ville et de l’aéroport.
Il offre 7 km de quais de déchargement
et plus de 167 000 m² d’entrepôts
couverts. Le port est tout entier gagné
sur la mer et ses môles enserrent un
vaste plan d’eau. Il se prolonge au
sud par des bassins de radoub et une cale
sèche pour pétroliers géants.
De son côté, le port de Jebel
Ali, creusé dans les sables littoraux
à 40 km au sud de la ville, a, dès
l’origine, été destiné
à pallier l’épuisement
programmé des ressources pétrolières.
Il comporte une cale sèche pour supertankers
faisant de Dubaï la rivale de Bahrein
comme station-service de la région,
avec 15 km de quais, 42 500 m³ d'entrepôts
frigorifiques. C’est devenu le grand
port de transbordement de la péninsule
arabique et des pays riverains du Golfe. Il
dessert aussi la mer Rouge et l’océan
Indien. Le port de Jebel Ali est associé
à une immense zone franche où
de nombreuses multinationales (General Motors,
Siemens, Schneider, etc.) ont ouvert des succursales.
Des marchandises venues du monde entier y
sont entreposées, conditionnées,
parfois transformées, puis réexpédiées
Un système de zones franches
thématiques diversifiées
accompagne ces infrastructures. On en dénombre
actuellement neuf. Jebel Ali, la première
zone franche en date établie dans la
Fédération des EAU est la plus
étendue et enregistre le plus grand
nombre d’entreprises.
Les spécialisations
fonctionnelles du territoire : aménagement
et artificialisation du milieu
Des fonctions touristiques
et commerciales étroitement imbriquées
[6]
Le tourisme est devenu un secteur prioritaire
pour diversifier les ressources de l'émirat,
ce qui contraste avec bon nombre de pays de
la région qui ont fermé leurs
frontières aux touristes occidentaux.
Les voyagistes de la destination, soutenus
par les autorités, ont ciblé
une clientèle européenne de
rang moyen, en se fondant sur ses atouts réels
(la mer, le soleil, le désert, le shopping,
la capacité hôtelière)
et en créant de toutes pièces
le "produit" Dubaï avec un
décor artificiel. Mais les visiteurs
proviennent aussi du voisinage régional
: ainsi, le souk de l’or attire une
nombreuse clientèle féminine
venue d’Iran.
L'activité commerciale est stimulée
par le Dubai Duty Free de l’aéroport
international, par le Dubai Shopping Festival
qui a lieu chaque année en mars depuis
1996. Les mall [2]
de Dubaï sont peut-être les seuls
lieux où se côtoient les différentes
populations résidentes ou de passage
dans l'émirat. Leurs vastes et luxueuses
galeries sont un lieu de promenade pour les
habitants, tous sexes, âges et origines
confondus.
Le nombre de touristes s'est élevé
à 4,9 millions en 2003, auxquels
il faut ajouter les quelques 16 millions de
passagers en transit. Et la croissance est
très rapide puisque, selon les statistiques
de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT),
on en dénombrait 3,6 millions en 2001
et 1,6 millions en 1995. D'ici à 2010,
l'émirat a l'ambition d'accueillir
15 millions de visiteurs par an, davantage
encore après l'ouverture du nouvel
aéroport de Jebel Ali, ce qui en ferait
une des toutes premières destination
de la planète. En 2002, l'origine des
touristes se décomposait ainsi : 41%
d'arabes, 26% d'européens et 22% d'asiatiques.
Ce secteur fournit 16% du PIB (2002)
et il faut aussi tenir compte des effets induits
(commerce hors taxes, revenus de la compagnie
Emirates, etc.) pour en mesurer l’impact
d’ensemble. Avec 64 salons internationaux
en 2003, Dubaï envisage aussi de devenir
une place de référence pour
la tenue de grands événements
internationaux.
Des projets à leur réalisation
: le monde des superlatifs
Des projets, tous plus ambitieux les uns que
les autres, leur réalisation s'enchaînent
à un rythme soutenu. Ce mouvement devrait
se poursuivre, voire s'accélérer
si les revenus pétroliers se maintiennent
à un niveau élevé.
Le
Burj Al-Arab, hôtel
en forme de voile tendue vers le large,
réputé le plus cher
du monde, a longtemps symbolisé
l'émirat, sa modernité
et son ouverture sur le monde.
On distingue aussi, sur la côte
à proximité du Burj
Al-Arab, le Jumeirah Beach
Hotel en forme de vague ainsi qu'une
petite marina. Une large route littorale
dessert ces complexes touristiques.
Source
: Corporate Brochure - www.dubailand.ae
|
Cliquer sur l'image pour
l'agrandir
Source : image Ikonos
(2000) disponible sur le site de M.
M. Yagoub - UAE University, College
of Humanities and Social Sciences,
Geography Program
http://faculty.uaeu.ac.ae/myagoub/index.html
|
Le promoteur d'État, Emaar, joue un
rôle essentiel dans ces réalisations
futuristes telles que : le complexe immobilier
de Dubai Marina ; l'immeuble de Burj
Dubai, qui, avec ses quelques 800 mètres,
se voudrait le "plus haut de la planète"
; le Dubai Mall qui serait le "plus grand
centre commercial du monde". Mais la
concurrence mondiale sur le front des superlatifs
est engagée !
De son côté, la Nakheel Corporation,
firme du Sultan Ben Sulayem, une des personnalités
riche et influente de l'émirat, a engagé
les programmes d'artificialisation du littoral
les plus osés. À terme, Dubaï
devrait se doter d'un ensemble d'îles
(les programmes The Palm et The
World) comportant hôtels, zones
résidentielles, marinas, etc.
Projets
et programmes d'aménagement à
Dubaï
Palm Islands,
les îles palmiers

D'après le site officiel
du projet des Palm Islands :
www.thepalm.ae
|
Trois
Palm islands
(ou îles palmiers, le
nom venant de leur forme de
palmier géant) vont être
édifiées successivement.
Chacune sera protégée
par un récif-barrière
de 15 km. Les deux premières,
Palm Jumeirah (déjà
très avancée,
voir les images spatiales ci-dessous)
et Palm Jebel Ali ajouteront
240 km de plages à l'émirat.
Une troisième "île-palmier",
Palm Deira est également
programmée.
Cliquer sur l'image
ci-contre pour l'agrandir
|
 |
The World
comportera 250 à 300 îlots
de 2 à 8 hectares, inscrits
dans un carré de 5,5 km de
côté, situé à
4 km du littoral, à mi-chemin
entre le fameux hôtel Burj Al-Arab
et port Rachid. Les îlots, séparés
les uns des autres par des chenaux
larges de 50 à 100 m, seront
occupés par un hôtel,
un lotissement ou une maison individuelle.
L'ensemble simulera un planisphère,
symbolisant des pays ou des lieux
repères dans le monde.
|
The
World, un "projet monde"
dont
le pavage insulaire symbolise la planète
The
World, programme symbolisant
un planisphère : www.theworld.ae
|
|
Au total, ces programmes,
une fois achevés, devraient représenter
environ 800 km (500 miles) de front de mer
artificiel, augmentant d'autant le linéaire
côtier de l'émirat.
Pour les autorités de Dubaï, ces
réalisations exceptionnelles doivent
faire de l’émirat un haut lieu
du tourisme mondial.
Observé depuis l'espace :
un littoral artificialisé
(Cliquer
pour agrandir les images et pour avoir
des éléments de localisation)
Les
photographies ou les images de provenance
spatiale sont précieuses pour
pouvoir observer ce littoral en évolution
que la cartographie traditionnelle
peut difficilement suivre.
Leurs sources sont diverses : images
des capteurs de satellites à
défilement (programme Spot
européen, Landsat américain,
Ikonos russe, etc.) ou photographies
prises à l'occasion de diverses
missions spatiales ou depuis la Station
spatiale internationale (ISS). Voir
la partie "Ressources en ligne"
en bas de page.
Palm
Jumeirah, la plus avancée des
îles du projet The Palm
: en septembre 2003
Source : le
site de M. M. Yagoub
http://faculty.uaeu.ac.ae/myagoub/
main_satellite_gallery.htm
Une version très précise
(mais de 2,8 Mo) permet de faire une
véritable "visite virtuelle"
du chantier
(Dubai-Detailed Palm Island) :
http://faculty.uaeu.ac.ae/myagoub/
Remote2/palm_island_sept9_2003_dg.jpg
|
Des îles
émergent des eaux du Golfe
On
peut constater l'état d'avancement
de Palm Jumeirah et de The World
dont la silhouette, représentant
la planète, commence à
apparaître.
Observées
en janvier 2004 par
la mission ISS 006
Par
la mission ISS 011 (été
2005)
Les deux
images ci-dessous proviennent des photographies
prises à partir de la Station
spatiale internationale :
The Gateway to Astronaut Photography
of Earth- Image Science and
Analysis Laboratory, NASA-Johnson Space
Center :
http://eol.jsc.nasa.gov/default.htm
|
De nouveaux supports documentaires,
tels que la mosaïque d'images proposée
par Google Earth, ne rendent pas encore
compte, à ce jour du moins, de
l'évolution de la bande littorale
des EAU.
Voir : http://earth.google.com
(> Free version / Coordonnées
: 25°12'26 N et 55°05'07 E)
L'impact environnemental de tels travaux
en zone littorale sera certainement
conséquent. À l'initiative
de la municipalité de Dubaï,
un programme scientifique observe les
évolutions hydrologiques et géomorphologiques
de la bande littorale ( Dubai Coastal
Zone Monitoring Programme). On
y trouve divers éléments
d'information (méthodes d'observation,
des mesures, etc.), des webcams,
une image de la bande côtière
mais les effets de ces nouveaux édifices
ne sont pas clairement abordés.
www.dubaicoast.org
|
Les
vulnérabilités d'un territoire
en rapide mutation
Une métropolisation
en devenir
Souvent comparée à Singapour
et à Hongkong, la cité-État
relève-t-elle du modèle de la
"ville globale", métropole
d’envergure planétaire structurant
les réseaux à l'échelle
mondiale ? On peut s’interroger sur
le degré de la métropolisation
engagée et certaines réserves
peuvent être émises. (Lavergne,
[1])
Dubaï jouit d’un statut de quasi-capitale
: elle est le siège d’un émirat
fédéré au sein de la
Fédération des EAU et elle abrite
un nombre important de consulats qui fonctionnent
comme des quasi-ambassades. Au niveau fédéral
son émir, Cheikh Maktoum bin Rachid
al-Maktoum, est vice-président et premier
ministre de la Fédération. Mais
toutes les fonctions d’autorité
sont monopolisées par la famille régnante
d'Abu Dhabi dont le prince héritier
détient le portefeuille de la défense.
La puissance économique de l'émirat
doit être relativisée car, on
l'a vu, les activités de stockage,
de transit et de réexportation l’emportent
encore sur la véritable production
manufacturière : 35% des entreprises
seulement se consacrent à la production
industrielle. La place de Dubaï apparaît
avant tout spécialisée dans
ses fonctions logistiques, immobilières,
commerciales et touristiques.
Par ailleurs, Dubaï n'est pas une place
financière de rang international. Le
pôle financier de la Fédération
est plutôt localisé à
Abu Dhabi. Les fonctions dirigeantes à
rayonnement international y sont rares et
les représentations des multinationales
qui s'y sont implantées ont surtout
une fonction régionale. Leur autonomie
par rapport au siège ou à la
maison-mère est limitée.
On a également vu que, si la diversité
des nationalités des populations travaillant
dans l'émirat donne réellement
l'image d'une ville composite et cosmopolite,
l'absence de lien social entre les différentes
catégories socio-professionnelles,
les différences de statut, le caractère
transitoire des séjours qui sont souvent
des parenthèses, ne font pas de Dubaï
un creuset humain. Ils ne permettent pas l'émergence
d'une citadinité métropolitaine
telle qu'on peut l'observer à Hong-Kong
ou à Singapour. La question de l’enracinement
de la population et de sa participation à
la conception et à la gestion de cet
ensemble urbain est posée. Rarement
la citadinité n’a été
aussi dissociée de la citoyenneté.
Les lieux de socialisation sont rarement mixtes.
Seuls les fameux mall [2]
favorisent le côtoiement, mais pas les
rencontres.
Donc, Dubaï ne jouit pas de tous les
attributs d'une métropole et son rôle
est plus celui d'une place relais dans l'espace
mondial qu'un centre d'impulsion majeur.
Un avenir incertain
Les orientations volontaristes de l'émirat
en direction des fonctions commerciales et
touristiques sont destinées à
préparer le temps, désormais
en vue, de l'après-pétrole.
Il reste cependant dépendant des capitaux
fournis par le marché pétrolier
pour financer des projets qui peuvent sembler
"pharaoniques". Mais, dans l'immédiat,
le renchérissement probablement durable
du prix des hydrocarbures peut aider à
cette transition.
Les évolutions et les incertitudes
géopolitiques du Moyen-Orient pourraient
également peser sur l'avenir de Dubaï.
On peut imaginer différents scénarios.
Tout d'abord celui d'une normalisation progressive
de la région et de son ouverture aux
marchés mondiaux. Dans ce cas, la place
de Dubaï pourrait être en concurrence
avec d'autres localisations du Moyen-Orient.
Elle bénéficierait moins de
son rôle de synapse culturel, de porte
d'entrée et de sortie des marchandises.
Par exemple, l’Iran cherche aujourd’hui
à rapatrier une partie des activités
de zone franche commerciale et industrielle
sur son sol, en développant l’île
de Qishm (ou de Qeshm). Le sultanat d'Oman
s'est doté, en 1999, du hub de Mina
Raysut à Salalah où il exploite
aussi le concept de port d’éclatement
régional, offrant de plus l’avantage
de se trouver en eaux libres directement sur
l’océan Indien.
Le scénario inverse d'une déstabilisation
croissante de la région n'est pas à
exclure. Si, jusqu'à présent,
l'émirat a su profiter des différentes
crises régionales, une insécurité
plus grave, susceptible d'entraver les flux
d'échange par voies maritime et aérienne,
remettrait fondamentalement en cause son modèle
qui s'efforce de donner l'image d'un hâvre
de tranquillité à l'écart
des risques de la région.
Les problèmes identitaires
pourraient aussi devenir des freins au développement
de l'émirat. Avec une population
résidente composée à
84% d'expatriés (sans compter les clandestins),
soit quelque 140 nationalités, à
71% masculine, des tensions pourraient se
manifester. La minorité autochtone
dubaïote (officiellement 16% de la population
donc), pourrait être submergée
par son propre succès, contrainte de
confier l'essentiel de son organisation à
des "technocrates" immigrés.
Comment alors pourra-t-elle conserver durablement
sa prééminence dans la gouvernance
du territoire ? Que restera-t-il de l'identité
dubaïote ?
Les réformes qui s'imposeraient
pour engager une meilleure intégration
des expatriés, comme une réforme
de la kafala [7]
par exemple, pourraient induire des réactions
de rejet de la part des nationaux dont les
revenus et le pouvoir en dépendent.
Ainsi, Marc Lavergne [1]
fait-il remarquer qu'une partie importante
de la population dubaïote "préférerait
jouir en paix de ses pétrodollars,
dont la masse, même relativement modeste
par rapport à celle que reçoit
Abu Dhabi, suffirait à assurer, sous
forme de placements, un revenu confortable
à l’ensemble des citoyens en
leur épargnant cette dépossession
de soi dont ils sont victimes".
Mais, pour combien de temps ?
Si Dubaï s'inscrit dans son environnement
culturel et religieux arabo-musulman, la relative
permissivité qui y règne (consommation
d'alcool, rôle des femmes dans la société,
poids des occidentaux) est placée sous
la vigilance de l’Arabie saoudite et
de l’Iran, qui utilisent cette "soupape
de sécurité", mais qui
en craignent aussi la contagion. Les dubaïotes
eux-mêmes pourraient s'inquiéter
de l'érosion de leurs propres valeurs.
S'ils y répondent, jusqu'à présent,
en édifiant des cloisonnements stricts
entre les populations [6]
vivant dans l'émirat, ce procédé
peut-il être durable à plus long
terme ?
L'engagement dans la mondialisation
à la mode dubaïote assure une
croissance certaine. Mais elle comporte aussi
ses zones d'ombre. Traditionnellement,
la contrebande entre Karachi et Dubaï
ou l’Iran, utilisait des dhows [5]
arabes ou d’autres petites embarcations,
puis des avions charters jusqu’à
Khartoum. L'émirat, plaque tournante
de métaux précieux (le souk
de l'or) est aussi celle de financements divers
et parfois obscurs, dans le secteur du BTP
notamment. Elle offre ainsi une place particulièrement
propice à des dérives de toute
sorte. L'investissement de fonds douteux,
résultat de divers trafics (drogue,
armes), en provenance de l’ex-Union
soviétique, d’Inde, du Pakistan
et d'Afghanistan par exemple, y est attesté.
Certains pays s'en alarment d'autant que Dubaï
ne fait pas toujours preuve de zèle
pour exécuter les mandats d'arrêt
internationaux relatifs à la délinquance
financière. L'émirat craint
que cela ne nuise à ses activités.
Sous la pression du Groupe
d’action financière sur le blanchiment
de capitaux (GAFI) [8], une loi contre
le blanchiment d’argent a été
adoptée début 2002 par la Fédération
des EAU. Cependant son application paraît
encore insuffisante. Enfin, la hawala
[9] fonctionnant
entre Dubaï, l’Asie du Sud et le
reste du monde, a pu servir à financer
certaines opérations terroristes [10].
En conclusion, il apparaît
difficile de faire de Dubaï un modèle
de développement territorial facilement
transposable. L'émirat vit largement
sur la rente pétrolière tout
d'abord, puis sur l'aubaine de sa situation
de tête de réseaux et d'interface
dans un environnement régional spécifique
dont il dépend largement, malgré
son engagement dans la mondialisation, enfin
sur la présence d'une main d'œuvre
bon marché. Le modèle de développement
de ce petit territoire peut fasciner, toutefois,
il a ses vulnérabilités. L'engagement,
à marche forcée, dans la voie
de l'immobilier de tourisme a certainement
de l'avenir, à condition que l'environnement
régional garde une stabilité
suffisante, que l'offre n'excède pas
trop la demande mondiale potentielle.
Notes
[1] Ce
travail de synthèse et d'adaptation
s'appuie sur les principales sources suivantes
ainsi que sur les autres ressources en ligne
sélectionnées au bas de cette
page.
> Marc Lavergne - Dubaï
ou la métropolisation incomplète
d’un pôle en relais de l’économie
monde - Cahiers de la Méditerranée
; vol 64 Les enjeux de la métropolisation
en Méditerranée - Juin
2002
http://revel.unice.fr/cmedi/sommaire.html?id=166
et
http://revel.unice.fr/cmedi/document.html?id=80
> Les autres documents proposés
à partir du site de Marc Lavergne (Géopolitique
du monde arabe) :
www.marc-lavergne.com
> Les pages de la Mission
économique de l'Ambassade de France
auprès de la Fédération
des EAU :
www.missioneco.org/emirats/index.asp
> Jean-Christophe Gay - Les îles
artificielles de Dubaï - Mappemonde,
n°76 (4-2004)
http://mappemonde.mgm.fr/num4/lieux/lieux04402.html
[2]
Le principe
et l'aménagement de shopping mall
(simplifié en mall)
ou centre commercial (peut aussi
être traduit par galerie marchande),
vient des États-Unis puis s'est largement
répandu à travers le monde.
Les malls occupent une superficie
importante, comportent des espaces piétonniers
couverts et permettent d'accéder à
une offre commerciale diversifiée.
[3] Les attentats du 11 septembre
2001 ont incité nombre de ressortissants
arabes d'Amérique du Nord à
regagner le Moyen-Orient, avec leurs capitaux.
[4] Le
Conseil de coopération des États
arabes du Golfe (CCEAG), anciennement Conseil
de coopération du Golfe (CCG), a été
fondé en 1981 à Abu Dhabi, avant
tout dans un but de défense collective
face à la menace iranienne. Il regroupe,
aux côtés des États membres
de la Fédération des EAU, l’Arabie
saoudite, le Qatar, Oman, Bahreïn et
le Koweït.
[5]
À l'origine, dhow et le terme
générique donné à
tous les voiliers, gréés de
voiles latines et rapides, faisant du cabotage
dans le Golfe arabo-persique. En français,
on peut le traduire par boutre. De nos jours,
les voiles sont surtout réservées
aux effets de carte postale et aux attractions
touristiques. Les dhows contemporains les
ont souvent remplacées
par de puissants moteurs qui permettent, éventuellement,
de déjouer la vigilance de gardes-côtes
ou autres douaniers.
[6] Les intitulés
des ministères de Dubaï sont évocateurs
: Department of tourism and commerce marketing
(DTMC), Department of Naturalization and
Residency (créé en 1971).
Voir ci-dessous dans la partie "Ressources
en ligne".
[7]
Le système de la kafala (ou
sponsorship) place les étrangers
sous la responsabilité et la protection
d’un kafil, citoyen dubaïote,
qui opère en échange un prélèvement
sur leurs revenus. Privilège essentiel
de la citoyenneté, la kafala
réserve 51% de la propriété
de toute entreprise à un partenaire
émirati. Les droits de propriété
sur un bien immobilier ou sur une entreprise
de l'étranger s'apparentent ainsi plutôt
à des concessions.
[8]
Le Groupe d'action financière
sur le blanchiment des capitaux (GAFI) est
un organisme intergouvernemental qui a pour
objectif de concevoir et de promouvoir, aussi
bien à l'échelon national qu'international,
des stratégies de lutte contre le blanchiment
de capitaux et le financement du terrorisme
:
www.fatf-gafi.org/document/43/.../1,00.html
Le GAFI avait menacé de placer les
EAU sur sa liste noire mais il y a renoncé
en tenant compte de la promulgation d'une
loi de lutte contre le recyclage financier
et le renforcement du contrôle de la
Banque centrale.
[9]
En arabe, le mot hawala signifie
confiance et il désigne un système
de transfert de fonds informel. Les modes
de financement hawala sont pratiqués
dans toute l'Asie : hundi en Inde,
padala aux Philippines, fei ch'ien
en Chine (littéralement "argent
qui vole"), ou flying money
ou chop system, etc.. Apparus de
longue date, ils protégeaient les marchands
trop souvent attaqués par les brigands,
sur la "Route de la soie" par exemple,
et ils permettaient de réduire les
frais de courtier. Plus récemment,
ce système s'est développé
à la faveur des mouvements migratoires
et de diverses diasporas asiatiques et moyen-orientales.
Les travailleurs immigrés peuvent avoir
recours aux hawaladars plutôt
qu'à la Western Union pour transférer
leurs gains à la famille restée
au pays. Il convient donc de distinguer les
"hawalas blanches" (selon
une dénomination reprise par Interpol),
utilisées à des fins licites,
des "hawalas noires" liées
à des activités illégales
ou terroristes.
[10] Interpol
-
www.interpol.int
- propose deux textes qui évoquent
le fonctionnement de la hawala et
le rôle de Dubaï dans certains
mécanismes de financement international
d'activités illégales :
> The hawala alternative remittance
system and its role in money laundering
- Secrétariat Général
d'Interpol, Lyon, Janv. 2000) : www.interpol.int/Public/FinancialCrime/MoneyLaundering/hawala/default.asp
> The links between intellectual property
crime and terrorist financing - Audition
publique de Ronald K.
Noble, Secrétaire général
d'Interpol devant la Commission des affaires
étrangères de la Chambre des
représentants (16 juillet 2003)
: www.interpol.org/public/ICPO/speeches/SG20030716.asp
Ressources
en ligne (dont un certain nombre sont en anglais)
Sur Géoconfluences, les dossiers
et les articles suivants :
- De
villes en métropoles : voir le
glossaire du dossier
- Mobilités,
flux et transports : voir, entre autre,
les pages de Nathalie Fau consacrées
au détroit de Malacca
Sources scientifiques, expertises,
sources éducatives
-
Marc Lavergne - Dubaï
ou la métropolisation incomplète
d’un pôle en relais de l’économie
monde - Cahiers de la Méditerranée
; vol 64 Les enjeux de la métropolisation
en Méditerranée - Juin
2002
http://revel.unice.fr/cmedi/sommaire.html?id=166
et
http://revel.unice.fr/cmedi/document.html?id=80
- Ainsi que les autres documents proposés
à partir du site de Marc Lavergne (Géopolitique
du monde arabe) : www.marc-lavergne.com
-
Jean-Christophe Gay - Les îles artificielles
de Dubaï - Mappemonde, n°76 (4-2004)
http://mappemonde.mgm.fr/num4/lieux/lieux04402.html
- Fariba Adelkhah - Transformation sociale
et recomposition identitaire dans le Golfe
: parfois malgré eux, toujours entre
deux - Cemoti, n° 22 - Arabes et Iraniens
- 4 mars 2005 :
http://cemoti.revues.org/document136.html
- Un programme scientifique de suivi des évolutions
hydrologiques et géomorphologiques
de la bande littorale (Dubai Coastal Zone
Monitoring Programme). Diverses données
intéressantes sur le milieu littoral,
des webcams : www.dubaicoast.org
Sites institutionnels, organismes
publics ou consulaires
- Par le Ministère des affaires étrangères,
la Fédération des Émirats
arabes unis :
www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/emirats-arabes-unis_428/index.html
-
Les pages de la Mission économique
de l'Ambassade de France auprès de
la Fédération des EAU :
www.missioneco.org/emirats/index.asp
- La Chambre de commerce et d'industrie d'Abu
Dhabi : www.abudhabichamber.ae/user/default.aspx
- Le French business council
: www.fbcdubai.com
- La Dubai ports authority : www.dpa.co.ae/index.html
- Ministère du plan de la Fédération
des EAU (statistiques et données variées)
:
www.uae.gov.ae/mop/E_home.htm
- Ministère du développement
économique de Dubaï (des données
statistiques) :
www.dubaided.gov.ae/main/gn/Home
- Ministère du tourisme (Department
of tourism and commerce marketing / DTMC),
en différentes langues dont le français
: http://dubaitourism.ae/fr_default.asp
- Ministère de la naturalisation et
de la résidence (Department of
Naturalization and Residency, créé
en 1971) : www.dnrd.gov.ae/dnrd/default.htm
- Ministères des ports et de la douane
( Department of ports and customs) :
www.dxbcustoms.gov.ae/index_frame.asp
- UAE Interact, site officiel d'information
ministériel de la Fédération
des EAU, met à disposition divers documents
cartographiques, photographiques, des fiches
éducatives (économie, infrastructures,
etc.) sur les émirats : www.uaeinteract.com
Ainsi qu'un Yearbook en version
française (différentes unités
à télécharger en .pdf)
: www.uaeinteract.com/uaeint_misc/pdf_2005/index.asp
- Le Conseil de coopération des États
arabes du Golfe (CCEAG) : www.gcc-sg.org/home_e.html
- La Ligue des États arabes : www.arableagueonline.org/arableague/index_en.jsp
- L'Organisation de la conférence islamique
: www.oic-oci.org/index_french.asp
- L'Organisation des pays exportateurs de
pétrole (Organization of the Petroleum
Exporting Countries - OPEC / OPEP) :
www.opec.org/home
Divers (sites informatifs, promotionnels,
etc.)
- Dubaï présentée
par l'Encyclopédie coopérative
Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Dubai
- Un dossier avec diaporama sur L'Internaute
:
www.linternaute.com/savoir/diaporama/dubai/en-savoir-plus.shtml
- Reportage du Guide du routard : www.routard.com/mag_reportage/57/les_mirages_de_dubai.htm
- The Emirates Network (TEN), agence
d'information spécialisée (>
Living Here) :
http://guide.theemiratesnetwork.com
- Site d'informations touristiques et diverses,
avec webcams : www.visitdubai.info
- Les aménagements littoraux artificiels
des Palm Islands :
www.thepalm.ae et The World,
programme symbolisant une planisphère
: www.theworld.ae
- Le site du projet d’hôtel sous-marin
dont l'ouverture est prévue en décembre
2006 :
www.hydropolis.com (en anglais).
- Le futur aéroport de Jebel Ali :
www.dubailogisticscity.net/Default.aspx
- Des promoteurs opérant à Dubaï,
le promoteur d'État Emaar : www.emaar.ae
et la Nakheel Corporation : www.nakheel.ae
- Des agences immobilières :
> www.palmsales.ca/apartments/index.html
> www.oryxrealestate.com/developments/the_palm_jebel_ali/index.php
Ressources en imagerie
Il convient de s'assurer des droits relatifs
à l'utilisation de ces images.
- De nombreuses images (satellitale et autres)
sont proposées sur le site de M. Yagoub,
géographe émirati, spécialiste
de l'information spatiale et des systèmes
d'information géographique. On peut
les découvrir à partir de ce
site : http://faculty.uaeu.ac.ae/myagoub
(Note : "The material included in
this site is for educational purposes only")
- Des images mises à disposition par
la NASA, constituées
des photographies prises par les astronautes
des missions américaines (missions
spatiales, navette et Station
spatiale internationale) depuis les
missions Mercury du début des années
1960 (The Gateway to Astronaut
Photography of Earth) :
http://eol.jsc.nasa.gov/default.htm
La banque de données comporte un total
de 619 746 vues dont 176 148 proviennent
de la station spatiale. Pour interroger la
banque d'image : http://eol.jsc.nasa.gov/sseop/sql.htm
- Les Palm Islands par la société
Spot Image : www.spotimage.fr/html/_66_156_558_.php
- La mosaïque d'images proposée
par Google Earth : http://earth.google.com
Conception, rédaction, mise en page
web : Sylviane Tabarly,
Première
mise en ligne le 20 septembre 2005

Retour haut de page
| Mise
à jour : 20-09-2005

|
|
|
|
|
|
|
|
|