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La Chine entre espaces domestiques et espace mondial

Quelle reconnaissance internationale pour le régime de Taipei ?

Publié le 15/07/2006

Taiwan n'est pas un État souverain du point de vue de l'ONU et le nom de "Republic of China" ou ROC que se donne officiellement Taiwan n'est pas reconnu sur la scène internationale. Taiwan est souvent, au mieux, ignorée, au pire, mise au ban de la communauté internationale. Seize États seulement étaient représentés à la cérémonie d'investiture du président taiwanais Chen Shui-bian en 2000. Légalement, les Nations unies et la plupart des États s'en tiennent à la position de Pékin, pour résumer : Taiwan est une province de la Chine - RPC. Tentons de faire le point de la situation.

En 2006, seuls 26 États* (liste infra en bas de page) dans le monde entretenaient des relations diplomatiques formelles avec Taiwan, et il s'agit souvent de "micro-États", dont le Saint-Siège. À partir de 1989 (répression de Tienanmen en RPC), Taipei a redoublé ses efforts pour sortir un peu plus de l'isolement diplomatique que Pékin cherche à lui imposer. De nombreux petits pays d'Afrique, des Caraïbes ou d'Amérique latine (notons le soutien régulièrement réaffirmé du gouvernement paraguayen en faveur de la reconnaissance internationale de Taïwan) ont noué des relations diplomatiques avec la RDC, le plus souvent en échange d'une politique d'aide au développement de la part de Taipei. Par exemple : le Lesotho (avril 1990), la Guinée-Bissau (mai 1990), le Centrafrique (juillet 1991), le Niger (juin 1992), le Burkina Faso (février 1994), la Gambie (juillet 1995), le Sénégal (janvier 1996), São Tomé-et-Principe (mai 1997) et le Tchad (août 1997).
Toutefois, certains de ces pays sont ensuite repassés du côté de Pékin : le Lesotho en 1994, le Niger en 1996, le Centrafrique, la Guinée-Bissau et l'Afrique du Sud (qui auparavant n'avait jamais reconnu la RPC) en 1998. La Macédoine, seul État européen, en dehors du Vatican, à avoir reconnu Taiwan (en 1998) a emprunté le même chemin en 2001.
Plus récemment, la montée en puissance de la RPC sur la scène internationale, son clientélisme et ses besoins considérables en matières premières et en énergie, ont conduit Pékin à accentuer les pressions sur ses partenaires pour les inciter à rompre avec Taiwan.
Le cas du Vatican est particulier mais il pèse symboliquement fort dans la balance. Depuis la défection de la Macédoine en 2001, le Saint-Siège est le dernier État européen entretenant des relations officielles avec Taiwan. Pékin aimerait normaliser ses liens avec le Vatican ce qui isolerait davantage Taiwan mais les papes qui se sont succédé ces cinquante dernières années s'y sont toujours opposés tant que les libertés religieuses ne sont pas garanties en RPC. Le président Chen Shui-bian a pu assister aux funérailles de Jean Paul II, première visite en Europe d'un président taiwanais en exercice.

En raison de cette situation particulière, Taiwan n'est pas membre des organisations des Nations unies et n'est pas signataire des principaux traités internationaux postérieurs à 1971, date d'admission de la RPC à l'ONU. Cependant son entrée à l'OMC le 1er janvier 2002 a été perçue par les Taiwanais comme un signe de reconnaissance internationale. Plus de 150 pays dans le monde, qui n'ont aucune relation diplomatique avec l'île, entretiennent tout de même avec elle une coopération économique et technique.
Sans reconnaître diplomatiquement Taiwan (par l'ouverture d'une Ambassade par exemple), de nombreux pays ont noué des relations, commerciales et culturelles, plus ou moins étroites avec Taiwan. Le rôle de représentation diplomatique de la France à Taiwan est dévolu à l'Institut français de Taipei (IFT) qui a tout de l'ambassade sauf le nom.

Comme chaque année au moment de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies, Taiwan (République de Chine) essaie d'attirer l'attention sur le fait que ses 23 millions d'habitants sont toujours au ban de l'ONU et de sa galaxie d'organisations et d'agences. Sa mise à l'écart de l'Organisation mondiale de la santé (OMS / WHO), même avec un simple statut d'observateur, pose des problèmes concrets réels dans des contextes de crises sanitaires majeures comme celle du SRAS (début 2003). Cette publicité officielle parue dans la presse française (quotidien Le Monde, 15 mai 2004) s'en faisait l'écho.

Sur Internet :
> des informations à ce propos  : http://english.www.gov.tw/UN/index.jsp
> Bureau de représentation de Taipei en France : www.roc-taiwan-fr.com

* Les 26 États entretenant des relations diplomatiques formelles (Ambassade, visites officielles, etc.) avec Taiwan :
- Europe (1) : le Saint-Siège
- Afrique (6) : Burkina Faso, Tchad, Malawi, Sao Tome et Principe, Swaziland, Gambie
- Asie orientale et Pacifique (6) : Palau, Tuvalu, îles Marshall, îles Salomon, Kiribati, Nauru
- Amérique centrale et méridionale (12) : Costa Rica, Guatemala, Paraguay, Saint-Vincent et Grenadines, Belize, Salvador, Haïti, Nicaragua, République dominicaine, Honduras, Panama, St Kitts et Nevis
- Amérique du Nord (1) : États-Unis

Synthèse documentaire : Sylviane Tabarly, le 15 juillet 2006

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