Territoires européens : régions, États, Union

Le cycle du produit

Publié le 15/06/2008
Auteur(s) : Jacques Fache - Institut de Géographie de l'Université de Nantes (IGARUN)
Marion Gobin - Institut de Géographie de l'Université de Nantes (IGARUN)

Le cycle du produit

La théorie du cycle du produit de Vernon est désormais un classique des localisations à une échelle internationale (Vernon, 1966, Mucchielli 1998). Le pays qui initie un cycle de produit se trouve avantagé, avec un stade initial au cours duquel il est en situation de monopole, et exporte dans le monde. Les effets à tous les niveaux sont donc maximums pour le territoire du départ, et décroissent pour ceux qui arrivent tard dans la production de ce bien ou service, concurrencés qu'ils sont par les producteurs initiaux.

Le cycle du produit classique se décompose en quatre phases, effectuant le lien entre le degré de technologie du produit, les quantités produites et le temps. En phase initiale, le produit lancé intègre les coûts de recherche et de mise au point. En avançant dans le temps, le produit se banalise et il est produit de plus en plus largement, jusqu'à devenir obsolète et disparaitre progressivement au profit de produits nouveaux. Pour les hautes technologies, le cycle se raccourcit. Les besoins de la recherche et la compétition font que les entreprises tentent de trouver des nouveautés en permanence, et d'enchainer les cycles.

Cette théorie est transposable à une échelle régionale en termes de morphologie et de logique spatiale. En effet, moyennant certaines adaptations, il est possible de discerner centres et périphéries selon des paramètres liés à l'innovation dans les grandes régions métropolitaines (Fache, 2002 ; 2003). Croisé avec l'économie de la connaissance, le cycle du produit induit une structuration de l'espace de l'innovation par quelques centres importants, qui diffusent ensuite leurs activités banalisées dans leur région, mais aussi plus loin, en fonction des possibilités de transports des biens physiques et de l'information.

 

Jacques Fache et Marion Gobin,

Institut de Géographie de l'Université de Nantes (IGARUN),

pour Géoconfluences le 15 juin 2008

Actions sur le document