Savoir faire
La Méditerranée,
interface : quelles inégalités
de développement ?
Indices,
indicateurs : compréhension, simulations
(exemple de
l'IDH, de l'IPH)
La gouvernance
: un indicateur pertinent ?
Corrélations
et causalités : les précautions
d'usage
La
gouvernance : un indicateur pertinent ?
- Voir l'entrée
"gouvernance" du glossaire
- Différents
types de mesure de la gouvernances, document
en pop-up
Mais la gouvernance est un concept complexe
et malaisé à évaluer. Pour
le mesurer, les méthodes sont souvent
empiriques, fondées sur des critères
variés : État de droit, lutte
contre la corruption, efficacité du secteur
public, liberté d'opinion, démocratie.
La plupart de ces mesures sont subjectives car
basées sur des perceptions et des opinions
d'experts. En effet, de manière logique,
la gouvernance est difficile à mesurer
de manière objective précisément
là où elle est de mauvaise qualité
! Bien entendu, les indicateurs produits sont
discutables. Par exemple, la perception occidentale
des méditerranéens du Nord peut
les conduire à qualifier de "clientélistes"
et "corrompues" certaines pratiques
de l'Islam traditionnel, ce qui peut alors relever
davantage de l'incompréhension entre
cultures différentes.
Enfin, d'aucuns pourront reprocher à
la Banque mondiale, grande institution internationale,
son approche libérale de la gouvernance.
C'est ainsi que d'autres approches, d'autres
mesures et indicateurs ont été
proposés par différentes organisations
"alternatives".
Bien qu'imparfaits, de tels indicateurs fournissent
néanmoins des éléments
comparatifs à ne pas négliger.
C'est ainsi qu'on pourra mettre en évidence,
pour les pays du pourtour méditerranéen,
des niveaux de gouvernance diversifiés.
À côté d'autres critères,
ces différences peuvent contribuer à
expliquer certains phénomènes
tels que les flux migratoires, les différences
de performances économiques, etc.
La Banque mondiale,
soucieuse d'une meilleure efficacité
de ses financements, propose d'évaluer
et de quantifier la gouvernance à l'aide
d'indicateurs agrégés portant
sur six domaines de gouvernance : participation
et responsabilisation (voice
and accountability) ; instabilité
politique et violence (political stability)
; efficacité des pouvoirs publics (government
effectiveness) ; qualité de la réglementation
(regulatory quality) ; primauté
du droit (rule of law) ; lutte contre
la corruption (control of corruption).
Depuis 1996
une enquête, suivie d'un
rapport, a lieu tous les deux ans. Les indicateurs
de gouvernance sont alors pulbiquement disponibles.
Téléchargement
du document excel (.xls) : les indicateurs
2002 de gouvernance de la Banque mondiale pour
la région Europe - Méditerranée
élargie.
L'intérêt de ces mesures est avant
tout comparatif, mais il est très intéressant
de les croiser avec d'autres indicateurs, d'autres
variables afin de mettre en évidence
d'éventuelles corrélations dont
l'interprétation devra être raisonnée
(voir ci-dessous).
Les indices et faits de
gouvernance de la Banque mondiale : www.worldbank.org/wbi/governance/fra
> Base de données > Indices et
faits de gouvernance > Accéder aux
données sur la gouvernance (en anglais
à partir de là) : www.worldbank.org/wbi/governance/govdata2002/index.html
Le "Governance Research Indicator
Country Snapshot (GRICS)" permet d'accéder
à diverses données graphiques
et statistiques sur les questions de gouvernance,
d'après les études réalisées
par la Banque mondiale depuis 1996. Des fichiers
(format excel) peuvent être téléchargés,
un générateur de cartes interactif
peut être utilisé (Worldwide
comparison of governance and socio-economic
indicators - The Governance & Development
Map Interface Web Tool) :
http://info.worldbank.org/governance/kkz2002.
Les cartes, à l'échelle mondiale,
portent, au choix :
- d'une part sur les six indicateurs agrégés
de gouvernance évoqués ci-dessus,
plus l'indicateur composite calculé à
partir des classements pour ces six indicateurs,
- d'autre part sur les quatre années
de calcul par la Banque mondiale de ces indicateurs
(1996, 1998, 2000, 2002), ce qui permet de faire
des comparaisons et d'apprécier des évolutions.
Quelques
exemples des cartes produites à
partir du générateur de
cartes de la Banque mondiale : primauté
du droit (rule of law) ; participation
et responsabilisation (voice and
accountability)
; indicateur composite de gouvernance
(Composite Governance Indicator)
À partir
de l'image (capturée sur écran,
ses fonctions sont non actives) ci-dessous,
faire défiler le cartorama pour
consulter la série
|
|
L'échelle
est conçue d'après
les deux déciles extrêmes
et les quartiles de tous les pays
analysés par la Banque
mondiale (échelle mondiale)
|
D'après
le Governance & Development
Map Interface Web Tool
:
http://info.worldbank.org/governance/kkz2002
|
Corrélations
et causalités : les précautions
d'usage
Il est tentant
de rechercher, à travers ces différants
indices ou indicateurs, des relations de causalité
: tel déficit de gouvernance provoquerait
telle diminution de l'espérance de vie
par exemple. Les racines du mal-développement
ainsi identifiées, on aimerait pouvoir
passer directement du diagnostic au remède.
Mais les réalités sont souvent
complexes. Il conviendra donc d'être particulièrement
vigilant lorsque, constatant des corrélations,
on se pose la question des relations de causalité
qu'elles induisent.
Établir une corrélation
c'est constater la variation simultanée
de deux phénomènes sans en déduire,
a priori, aucune interprétation. Cette
corrélation peut être directe :
les deux variables observées évoluent
dans le même sens, croissant ou décroissant.
Ou inverse : les deux variables observées
évoluent en sens opposé, l'une
croissant, l'autre décroissant.
Lorsqu'une corrélation est constatée,
différentes hypothèses peuvent
être formulées :
- s'agit-il d'une simple coïncidence ?
- peut-il y avoir relation de dépendance,
relation de "cause à effet",
dans l'évolution des différentes
variables observées ?
- et si oui, est-ce l'évolution de la
variable "a" qui détermine
celle de la variable "b" ? Est-ce
l'inverse ? Ou l'évolution de ces deux
variables n'est-elle pas la conséquence
d'une ou de plusieurs autres variables ?
Le géographe utilise couramment des cartes
pour établir les corrélations
: la représentation cartographique permet
de croiser visuellement et efficacement différentes
variables. Mais on peut aussi recourir à
des représentations graphiques plus souvent
utilisées par les économistes
par exemple.
Pour
pouvoir associer les cartes deux à deux,
ouvrir deux fois le cartorama
en pop-up (ils sont alors disponibles dans la
barre d'outils) et les placer sur l'écran
de manière à pouvoir les juxtaposer,
horizontalement ou verticalement en fonction
de la définition de l'écran.
La série comporte les thèmes
suivants, dans l'ordre de défilement
du cartorama : IDH, PIB/hab, taux
d'analphabétisme des adultes, taux brut
de scolarisation, espérance de vie à
la naissance, indice synthétique de fécondité,
nombre de médecins / 100 000 hab.,
accès à l'eau, taux de croissance
démographique annuel, taux de mortalité
infantile, indice de perception de la corruption.
Série
cartographique sous forme de cartorama (pop-up)
Exemple de disposition
sur écran de deux fenêtres ouvertes
avec des sélections cartographiques différentes
:
Note : il est
également possible d'ouvrir plus de deux
fois la fenêtre de visualisation du cartorama,
la seule limite étant celle de l'encombrement
visuel sur l'écran.
Pour utiliser les données en
autonomie : téléchargement
(fichier excel)
Documentation
proposée et mise en page web par Sylviane
Tabarly

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