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Un glossaire pour : questionner, problématiser
; identifier et comprendre des mots-clefs ; faire
des recherches en ligne. En
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des notions générales proposé
sur le site à
partir duquel on poura plus particulièrement
consulter des glossaires spécialisés
relatifs à l'étude des littoraux
et des paysages.
Pour les références bibliographiques
et les ressources évoquées, voir
aussi la
page des ressources
Ce glossaire tient compte
des approches retenues pour traiter ce dossier,
à consulter
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Sigles, abréviations, organisations
(marqués d'un * ci-dessous) :
voir document en pop-up)
Entrées mises à jour le 17 décembre 2008 : Barcelone (processus
de) et partenariat euro-méditerranéen (PEM) ;
Agriculture
L'opposition traditionnelle entre l'agriculture
sèche (le secano espagnol)
et l'agriculture irriguée (le regadio)
marque l'occupation du territoire et les
paysages de l'ensemble du monde méditerranéen.
L'agriculture, si elle ne représente
globalement plus, en termes de création
de richesses, une activité majeure
dans l'économie des pays du Nord
de la Méditerranée, garde
de l'importance dans la production des pays
du Sud et de l'Est ( PSEM*).
Le déclin de l'agriculture traditionnelle,
à dominante agropastorale,
associant céréaliculture et
élevage, est déjà largement
entamé. Cependant, ces agricultures
traditionnelles continuent à jouer
un rôle important dans les PSEM où
elles remplissent une double fonction écologique
et sociale : des pays comme le Maroc ou
la Syrie ont encore 30 à 40% d'actifs
agriculteurs. Mais elles sont peu compétitives
à l’échelle mondiale
et ne permettent pas de nourrir les populations.
Il en va différemment pour les agricultures
intensives irriguées.
Certains secteurs, les fruits et légumes
notamment, travaillent surtout pour l’exportation
vers les marchés de l'Europe continentale
principalement : la tomate marocaine, les
productions maraîchères des
plaines littorales syriennes, les huertas
et les invernaderos (cultures intensives
irriguées sous serres) andalouses,
etc. Les périmètres irrigués
se développent rapidement pour répondre
aux besoins des marchés de l'arrière-pays
méditerranéen : reste de l'Europe,
pays du Golfe persique par exemple. Les
productions agricoles du sud méditerranéen
disposent sur ce point d’un avantage
climatique (précocité) qui
les place en situation de concurrence favorable
face aux productions des "midis"
français par exemple.
La mise en place complète d’une
zone de libre échange euroméditerranéenne
(voir le processus de Barcelone)
en 2010 pourrait avoir des impacts importants
si le secteur agricole devenait partie prenante
des négociations. Les secteurs exportateurs
seraient alors dynamisés, ce qui
en serait pas sans conséquences :
- du point de vue environnemental : pression
sur les ressources en eau,
utilisation de produits phyto-sanitaires
nocifs,
- sur les agricultures méditerranéennes
traditionnelles dont la marginalisation
pourrait être accélérée.
Pour compléter, approfondir
- un document en
pop-up : L'approvisionnement en eau, une
préoccupation partagée
|
| Actions
environnementales régionales
Conscients d'une responsabilité collective
à l'égard des évolutions
environnementales générales,
dans une aire qui leur est commune, les
États riverains de la Méditerranée
ont entrepris un certain nombre d'actions
destinées à assurer l'avenir
dans une perspective de "développement
durable".
Ces actions, si elles veulent être
efficaces, ne peuvent qu’être
multilatérales. Ainsi, en
1975, la Convention de Barcelone
(différente de celle de 1995, voir
ci-dessous), sous l'égide du Programme
des Nations Unies pour l’Environnement
(PNUE), invitait les pays riverains à
adopter un "Plan d'Action
pour la Méditerranée"
(PAM*)
Par ailleurs, les pays méditerranéens
de l’Union Européenne, les
pays en voie d’intégration
(Slovénie, Malte, Chypre) ou qui
souhaitent entrer dans l’UE (Turquie)
sont sous l'influence des Directives européennes
(Habitat, Natura 2000, Directive Cadre sur
l’eau du 23 octobre 2000) |
Artificialisation
Ensemble des transformations dues à
l'homme, plus ou moins volontaires et raisonnées,
qui modifient en tout ou partie la physionomie
et les fonctionnements d'un milieu ou d'un
paysage. De telles mutations paysagères
sont tout particulièrement à
l'oeuvre dans les espaces littoraux méditerranéens.
Au cours des années 1960 - 1970,
des aménagements intensifs (programmes
immobiliers, infrastructures) ont répondu
aux fortes pressions urbaines et touristiques
et aboutirent parfois à "bétonner"
maintes portions des côtes espagnoles,
françaises, italiennes, turques,
tunisiennes, etc.. Dans les 20 dernières
années, une relative prise de conscience
aboutit à l'adoption de mesures de
protection (action du Conservatoire du littoral
en France par exemple) dont l'efficacité
est inégale. |
Barcelone (processus
de) et partenariat euro-méditerranéen (PEM)
La Conférence de Barcelone (1995),
organisée par la présidence
tournante de l’UE détenue
alors par l’Espagne, a réuni
pour la première fois les ministres
des affaires étrangères
des États membres de l’Union
et leurs collègues des pays riverains
de la Méditerranée :
l’Algérie, Chypre, l’Égypte,
Israël, la Jordanie, le Liban, Malte,
le Maroc, la Syrie, la Tunisie, la Turquie,
l’Autorité palestinienne,
et, en qualité d’observateur,
la Mauritanie. Une déclaration
finale a fondé le Processus
de Barcelone, nom couramment
donné au Partenariat
euro-méditerranéen (PEM*) également appelé Euromed. Ses objectifs et ses modalités
s’articulent autour de trois volets :
coopération politique et de sécurité,
coopération économique et
financière, coopération
culturelle et sociale. L’objectif
final est de créer une "zone
de prospérité partagée"
dans une Zone
de libre-échange euro-méditerranéenne
(ZLEM*) engagée à
partir de 2010.
L’instrument financier de cette
politique euro-méditerranéenne
est le programme MEDA*,
remplacé en 1999 par le programme
MEDA II. Entre
1995 et 2001, MEDA a engagé plus
de 5 071 milliards d'euros. L'autre
principale source de financement est la
Banque européenne
d'investissement (BEI*),
qui, depuis 1995, a prêté
7 424 milliards d'euros pour le développement
d'activités chez les partenaires
euro-méditerranéens.
Le processus de Barcelone répondait
à "l’impérieuse
nécessité" d’associer
les pays du Sud de la Méditerranée
à la construction européenne
et il a le mérite d’exister.
Mais il comporte des fragilités
et des insuffisances : excluant de son
champ deux dossiers majeurs, l’agriculture
et les flux de population, il institue
un "échange inégal"
; souple et non contraignant il est, en
conséquence, d'une efficacité
limitée.
Ce processus aurait pu contribuer à infléchir
le cours des évolutions politico–militaires,
économiques, sociales et environnementales
de la Méditerranée.
Le scénario idéal du partenariat
consistant à enclencher une dynamique
vertueuse comparable à celle observée
en Europe centrale et orientale, l'ouverture
commerciale appelant des réformes
institutionnelles d'accompagnement bénéfiques
au développement global.
Mais, plus de dix ans après le lancement de ce partenariat, les derniers rapports
de la Banque mondiale sur le développement
du monde arabe ou les diverses études européennes font un bilan mitigé des progrès de la région. Sur le plan économique, l'aide européenne n'a pas permis le décollage attendu : les revenus par tête au sud et au nord de la Méditerranée ont continué à diverger au lieu de se rapprocher. Sur le plan politique, les perspectives de paix au Proche-Orient ont été déçues et la démocratie n'a pas connu les avancées espérées. Est-ce du fait de la priorité donnée aux questions sécuritaires et migratoires ? Ou parce que d'autres partenaires ont davantage intéressé les pays du Sud méditerranéen ?
Ce processus est en panne, une nouvelle Union pour la Méditerranée (UPM), initiée lors du sommet de Paris, sous la présidence française de l'UE, en juillet 2008, s'efforce de le revitaliser dans une période de sérieuses difficultés économiques qui vont certainement réduire les "marges de manœuvre"
Voir aussi :
- Un dossier de la Documentation française
: "Union européenne et Méditerranée".
Dix ans après le lancement d’une
nouvelle politique méditerranéenne
de l’Union européenne, où
en est-on du partenariat euro-méditerranéen
? (mise à jour nov. 2008) :
www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/europe-mediterranee/index.shtml
- le PNUD a publié (en anglais et en arabe) un premier Rapport
sur le développement humain dans le
monde arabe en 2002 : http://arabstates.undp.org/subpage.php?spid=14
Ces rapports se suivent régulièrement, on peut les retrouver à partir de cette page :
www.arab-hdr.org
- Le partenariat euro-méditerranéen
sur le site de la Commission > Relations extérieures :
http://ec.europa.eu/external_relations/euromed/index_fr.htm
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Biodiversité
Zone refuge au cours des grandes glaciations
quaternaires, la Méditerranée
est une aire de grande biodiversité
: avec 25 000 espèces de phanérogames,
elle abrite 10% des plantes à fleurs
du monde entier, sur moins de 2% de la surface
de la Terre. Le nombre d’espèces
endémiques (environ 13 000, soit
la moitié de la flore totale méditerranéenne)
est très élevé, ce
qui en fait la deuxième région
du monde pour la richesse en plantes à
fleurs endémiques.
Néanmoins, la fragmentation voire
la disparition de certains habitats, constitue
aujourd’hui une sérieuse menace
pour la survie de beaucoup d’espèces.
Environ 5 000 espèces de plantes
méditerranéennes (17% de la
flore totale) sont classées comme
menacées, rares ou vulnérables
par l’ Union mondiale pour la conservation
de la nature (IUCN) et sont inscrites
sur la liste rouge des plantes en voie de
disparition.
Dans l’UE, 80% des plantes d’intérêt
communautaire concernées par la Directive
Habitats sont présentes dans
les pays méditerranéens. Les
écosystèmes formés
par les milieux aquatiques, les zones humides,
les espaces deltaïques, y sont particulièrement
fragiles, surtout au sud : longtemps
considérés comme des zones
insalubres, leur valeur écologique
est davantage reconnue aujourd’hui.
Les richesses faunistique et floristique
de la Mer Méditerranée sont
menacées par les effets de la pollution
et par la pression sur les ressources. Ainsi,
ne subsistent plus que
quelques individus de phoques moines (Monachus
monachus), dans la mer Égée
et sur les côtes du Maghreb
où ils étaient autrefois trè s
fréquents. Les peuplements de dauphin
et de marsouin communs ont connu de sensibles
régressions. Les pollutions et, surtout,
la pêche des espèces pélagiques
au filet dérivant, entraînent
une régression sensible des peuplements
naturels qu’il faut désormais
strictement protéger pour en assurer
la survie.
Notons enfin que de nombreuses espèces
tropicales de la Mer Rouge ont envahi la
Méditerranée depuis l’ouverture
du canal de Suez : l’atlas des espèces
exotiques publié par la Commission
internationale pour l’exploration
scientifique en Méditerranée
(CIESM) a répertorié
400 espèces tropicales inconnues
au début du XXe siècle. Le
réchauffement des eaux de la planète
et l’augmentation du trafic maritime
ont entraîné une accélération
des introductions : de nouvelles espèces,
venant aussi des eaux caribéennes
via le détroit de Gibraltar, amènent
des transformations de la biodiversité
en Méditerranée : les espèces
introduites peuvent dominer, voire supplanter,
les résidentes.
Pour compléter, prolonger :
- Glossaire du dossier : " Les
espaces littoraux : gestion, protection,
aménagement".
- Site de la Convention des Nations
Unies sur la diversité biologique
: www.biodiv.org
- Union Mondiale pour la Conservation de
la Nature ( World Conservation Union
- IUCN :
www.iucn.org)
- Commission internationale pour l’exploration
scientifique en Méditerranée
(CIESM)
www.ciesm.org
et www.ciesm.org/atlas |
Climat
méditerranéen
Seule mer à avoir
donné son nom à un type climatique
régional, la Méditerranée,
dans son extension spatiale habituellement
retenue, ne se confond toutefois pas complètement
avec l'aire du climat méditerranéen
: des nuances, désertiques sur sa
partie méridionale, continentales
dans sa partie nord (Adriatique), ou relatives
aux effets du relief, en complexifient la
réalité.
Le climat méditerranéen s'insère
dans le groupe des climats tempérés.
Ses principaux caractères résultent,
en été, de l’extension
vers les pôles d'anticyclones subtropicaux
(d'où la chaleur et la sécheresse
estivales), qui s'effacent en automne et
en hiver pour laisser passer le flux des
perturbations tempérées venues
d'Atlantique dans sa partie ouest ou de
coulées d'air polaire dans sa partie
nord-orientale. En conséquence, les
caractères moyens des différents
climats méditerranéens sont
les suivants : un rythme à quatre
saisons bien contrastées ; un
été chaud et sec ; un hiver
marqué, bien que doux (la moyenne
mensuelle n’est jamais inférieure
à 0°C) ; un printemps et un automne
parfois très pluvieux, avec un net
avantage à l’automne.
Le climat de type méditerranéen
a ainsi comme particularité la coïncidence
entre le minimum pluviométrique et
le maximum thermique annuels, ce dont rendent
bien compte les diagrammes ombrothermiques.
La sécheresse estivale correspond,
selon la méthode proposée
par H. Gaussen, aux périodes où
les précipitations moyennes sont
inférieures au double des températures
moyennes (P<2T)
Les quantités annuelles de précipitations
sont rarement négligeables : 765 mm/an
à Alger, 862 mm à Nice,
et même 2 000 mm sur les
Cévennes. Elles peuvent, par leur
concentration dans le temps (quelques semaines,
voire, quelques jours), avoir des conséquences
spectaculaires si ce n'est catastrophiques
: c'est le cas, en France, des "épisodes
cévenols" susceptibles de provoquer
des crues dévastatrices.
Au delà de ces paramètres
pluvio-thermiques, le climat méditerranéen
se distingue par la qualité de sa
lumière, par ses durées d'ensoleillement
généreuses : 2 400 heures
minimum au nord-ouest du bassin, 3 500
heures sur le littoral libyen. Ce qui explique
largement l'attractivité de la région.
Notons enfin que la variabilité interannuelle
du climat est très forte ce qui n'est
pas sans conséquences pour la gestion
des ressources en eau et
des risques.
Rechercher des stations climatiques en Méditerranée
(site de MétéoFrance) :
www.meteo.fr/temps/monde/climats/3-2.htm |
Clivages, contrastes
Le nouveau programme
en classe de terminale (mise en oeuvre à
la rentrée 2004) stipule que "la
Méditerranée constitue un
espace de clivage en même temps que
de contacts entre les pays du Nord et ceux
du Sud" et propose d'en examiner les
"écarts de développement".
En effet, les écarts entre les pays
du Nord et ceux du Sud et de l’Est
sont multiples.
Ainsi, en termes de richesse globale, le
PIB/PPA par habitant est quelque huit fois
plus élevé en France (23 390
USD*) qu’en Égypte (3 250
USD*), six fois plus en Italie (24 670
USD*) qu’au Liban (4 170 USD*).
Les capacités nationales d’investissement
sont très contrastées et les
États les plus pauvres dépendent
de bailleurs de fonds extérieurs.
D'une manière générale,
les investissements étrangers dans
les pays du Sud méditerranéen
sont faibles et tendent à décroître
: ils ne représentent, en 2000, que
2% du total mondial de l'investissements
direct à l'étranger (IDE).
Le contraste démographique,
corollaire du contraste économique
Nord-Sud, est également marqué.
Au demeurant, divers contrastes et disparités
sont aussi perceptibles entre les pays du
Nord méditerranéen d'une part,
entre ceux du Sud et de l'Est d'autre part
: ils nuancent et complexifient une opposition
Nord/Sud qui peut alors paraître trop
simplificatrice.
* : données du PNUD (rapport annuel
sur le développement humain 2003
:
http://www.undp.org/hdr2003/francais
Pour compléter et approfondir
- dans la
partie "savoir-faire" du dossier
(nouvelle fenêtre) : Comment évaluer
les inégalités ?
- quels indices, indicateurs
utiliser ? certains
de ces indicateurs sont présentés
dans le document ci-joint en pop-up)
- autres entrées du glossaire : démographie,
échanges, intégration régionale
et mondiale |
| Cultures
et civilisations
La Méditerranée,
aire et carrefour
En tant qu’aire culturelle, la Méditerranée
est marquée par l’épaisseur,
la densité historique. Ce qui en
fait un domaine source, un domaine référence,
un domaine patrimonial pour plusieurs civilisations.
En tant que carrefour , la Méditerranée
est un lieu de rencontre des ces différentes
civilisations. Cette dialectique des contacts
dans leurs différentes expressions
(échanges, affrontements, enrichissement
mutuel) est au coeur d’un des thèmes
du programme d’histoire de seconde.
Une identité culturelle méditerranéenne
peut-elle être identifiée et
de quelle manière ?
Une
identité culturelle méditerranéenne
peut-elle être identifiée et
de quelle manière ?
Suffit-il de partager des modes de vie,
des pans communs historiques et patrimoniaux
pour partager un sentiment d'identité
commune ? Ou faut-il plutôt voir l'espace
méditerranéen avant tout comme
une zone de fractures concentrant toutes
les formes d'affrontement de notre planète
: Occident et Orient, Nord et Sud, islam
et judéo-chrétienté,
laïcité et religion, individualisme
et communautarisme, modèles familiaux
endogames et exogames, à forte domination
masculine ou non ?
La référence à des
religions principalement monothéistes
participe tout à la fois de l'identité
commune et de la différence, la ville
de Jérusalem en étant le symbole.
Si l'on considère que le religieux
n'est qu'une composante du culturel, les
grands domaines linguistiques modèlent
aussi la Méditerranée : langues
chamino-sémitiques, indo-européennes,
ouralo-altaïques. Certains conflits
de valeur se cristallisent autour de la
conception anthropologique de l'individu,
de la famille, de la communauté.
Ainsi, la structure de la communauté
des croyants dans l'Islam (Umma)
s'oppose à l'idée européenne
de la nation, collection d'individus plutôt
que de familles (E. Todd, 1999).
Un
monde de diversité
Mais, dans tous les cas, il ne s'agit pas
de blocs homogènes. L'histoire, le
brassage des populations, les diasporas,
ayant brouillé les cartes, l'analyse
du fait culturel dépendra des niveaux
d'échelle étudiés :
à plus grande échelle, il
conviendra d'analyser les lieux et les formes
de mixités ou de coexistences culturelles
(communautés musulmanes en Europe,
communautés chrétiennes dans
les PSEM).
Pour développer,
approfondir, un article
de Vincent Clément (nouvelle fenêtre)
:
Unité ou fracture en Méditerranée,
d'un mythe à l'autre

|
Démographie
La dynamique des populations
est un aspect essentiel de la situation
globale dans l'espace méditerranéen.
D'après les données collectées
par le Plan Bleu*,
la population totale des 22 États
et territoires riverains de la Méditerranée
atteint 427 millions d’habitants
en 2000 (soit 7% de la population mondiale).
Elle était de 285 millions en 1970,
ce qui signifie que l'augmentation a été
de 142 millions en trente ans. Les dernières
projections démographiques effectuées
pour le Plan Bleu donnent pour 2025 une
population de 523,7 millions d’habitants,
ce qui montre une décélération
certaine de la croissance avec un peu
moins de 97 millions d’habitants
supplémentaires en 25 ans.
La population
des pays du Maghreb a enregistré
une croissance très rapide, de
2,2% l'an en moyenne entre 1990 et 2000
(2,8% de 1980-2000), contrairement aux
populations de la rive nord de la Méditerranée
qui sont restées relativement stables
avec une croissance globale d'environ
0,3% l'an en moyenne pour la même
période. On observe depuis peu
un fléchissement du taux de croissance
démographique des pays du Maghreb.
Ces derniers ont enregistré un
ralentissement net de leur taux de croissance
annuel depuis 1995 revenu à 1,9%
en Tunisie et au Maroc, 2,3% en Algérie,
2% en Libye. L'abaissement de la fécondité
est particulièrement net en Turquie
: de plus de 6 enfants par femme dans
les années 1960 à 2,2 en
2000.
L’Europe vieillit inexorablement
: l’âge médian de la
population des Quinze, qui est, en 2000,
de 38,5 ans, pourrait être de 48,5
ans en 2050.
On se trouve donc en présence de
deux dynamiques distinctes. Une population
jeune et encore en croissance dans les
pays du Sud et de l’Est et une population
vieillissante et en faible croissance
dans le Nord, avec même un plafonnement
et une décroissance dans certains
pays comme l’Italie et l'Espagne.
Ces évolutions ont des conséquences
majeures en matière socio-économique,
environnementale, elles contribuent à
fonder les mouvements migratoires
et ceci d’autant qu’elles
se superposent largement aux gradients
de richesse/développement.
Au demeurant, notons que l'évolution
démographique observée dans
les PSEM au cours des dix dernières
années fait apparaître une
rapide baisse de leur fécondité
et que ces pays accélèrent
leur transition démographique.
Pour compléter et approfondir
- un article
de Gérard-François Dumont
(nouvelle fenêtre) : Situations
démographiques et logiques migratoires
trans-méditerranéennes
- les données statistiques, à
partir des bases onusiennes : www.un.org/esa/population/unpop.htm
- les données du Plan Bleu : www.planbleu.org/first.htm
|
Détroits
et ports
Les principaux synapses de l'espace maritime
méditerranéen organisent ses
relations avec ses avants et arrières-pays.
Les passages naturels (Bosphore, détroit
de Gibraltar) ou artificiels (canal de Suez)
assurent la relation avec l'espace océanique
mondial (Océan Indien par la Mer
Rouge, Océan Atlantique).
De grands ports structurent les échanges
maritimes. Ils peuvent avoir un rôle
de gateway, interface de rupture
de charge et de liaison avec l'arrière-pays
ou hinterland. Ils peuvent aussi
servir de hubs qui, à l'image
du transport aérien, servent d'éclatement
au trafic : la cargaison des navires de
grande capacité est alors transférés
dans des unités plus petites. On
relève ainsi quelques principaux
ports aux fonctions de hubs en
Méditerranée : Algésiras,
Marsaxlokk, Gioia Tauro en Calabre (également
gateway vers l'Europe continentale), Le
Pirée, Port Saïd.
|
Développement
De revenus, de croissance
et de mode de développement fort
contrastés, les pays du pourtour
méditerranéen affichent
également des indicateurs socio-politiques
très différents.
- Critères et indicateurs de comparaisons
internationales :
lesquels retenir ? Voir le document ci-joint
en pop-up)
- En rubrique "savoir-faire",
La Méditerranée, interface
:
quelles inégalités de développement ?
(nouvelle fenêtre)
|
| Développement durable en Méditerranée
Inquiets de voir se
dégrader la mer qui constitue leur
lien naturel et leur bien commun, les
États méditerranéens,
signèrent, en 1975, la Convention
de Barcelone (distincte de celle de 1995,
voir ci-dessus) et adoptèrent un
"Plan d'Action pour la
Méditerranée" (PAM*)
sous l'égide du Programme
des Nations Unies pour l’Environnement
(PNUE).
Le PAM comprend un volet d'étude
et d'exploration afin d’aider à
la décision, c'est le Plan
Bleu : il se consacre
à l’analyse et à la
prospective des rapports entre environnement
et développement dans l’ensemble
de la région et il élabore
des propositions à l’intention
des pays riverains et de la Commission
Européenne. C'est ainsi qu'ont
pu être précisés des
"indicateurs du développement
durable" adaptés à
cet ensemble régional.
Voir en ligne le site du Plan Bleu : www.planbleu.org/
Fiches indicateurs
: www.planbleu.org/vfrancaise/3-5b1.htm
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Eau (ressource,
gestion, consommation)
Les régions du pourtour méditerranéen
sont confrontées à la question
des approvisionnements en eau rendue délicate
du fait :
- du régime des précipitations
marqué par une saison estivale
sèche (à variabilité
inter-annuelle importante), leur concentration
automnale ou hivernale,
- de la pluralité des usages (besoins
domestiques de populations de plus en
plus nombreuses, agriculture, tourisme
en saison estivale, etc.).
Mais, d'une rive à l'autre, d'un
type d'arrière-pays à l'autre,
les difficultés seront de nature
et d’intensité différentes
Pour compléter, approfondir
- un document en
pop-up : L'approvisionnement en eau, une
préoccupation partagée
- un article
de Laurent Carroué (nouvelle
fenêtre): Gestion de l'eau en
Espagne, les canaux de la discorde
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Échanges
(économiques, financiers, culturels)
Les "échanges
économiques, financiers et culturels" sont une des composantes majeures
de l'étude de l'espace méditerranéen
en tant qu' interface. Mais
ces échanges entrent souvent dans
des logiques qui dépassent l'espace
régional méditerranéen
qui, alors, est surtout un espace de transit.
Il est connecté à des arrières-pays
continentaux (continents africain, eurasiatique)
ou maritimes (Mer Noire et Mer Caspienne,
Mer Rouge et Océan Indien, Océan
Atlantique) qui en débordent les
limites physiques. La Méditerranée
est un espace névralgique d'échanges
de productions sensibles : productions pétrolières
de la Caspienne ou du golfe persique, transit
de produits illicites par exemple. Mais
la faiblesse des processus d 'intégration
régionale transméditerranéens
constitue un frein sérieux au dynamisme
des échanges intérieurs.
Au delà de sa diversité et
des lignes de partage qui la traversent,
la Méditerranée a, de tout
temps, été une aire d'échange
ou de transit des richesses : produits agricoles,
énergétiques,
productions de biens manufacturés.
De tels échanges pourraient se trouver
dynamisés par l'adoption de règles
de libre-échange élargies
(voir le processus de Barcelone)
et par les effets de délocalisations
d'entreprises du Nord vers le Sud.
Les échanges de capitaux cependant
n'obéissent pas toujours à
des logiques de proximité mais plutôt
d'appartenance à des aires culturelles
et/ou politiques. Ainsi, les capitaux des
pays du Nord ne s'investissent que relativement
peu au Sud à l'exception, notable
il est vrai, des revenus de transfert des
émigrants.
Les échanges culturels ne sont pas
négligeables. Ils résultent
largement, à l'échelle des
deux derniers siècles, des effets
de la colonisation (francophonie et anglophonie
par exemple) puis des flux migratoires qui
ont contribué à établir
des ponts de part et d'autre de la Méditerranée.
Pour compléter : voir la page "corpus
documentaire"
|
Énergie
Espace essentiel de production et de transit
de ressources énergétiques,
la Méditerranée présente
deux inégalités majeures :
- la dotation en ressources énergétiques
est très fortement concentrée
sur trois pays du Sud, l’Algérie,
la Libye et l’Égypte, qui détiennent
environ 5% des réserves mondiales
de gaz naturel et 3% des réserves
de pétrole.
- les pays du Nord sont plus riches et consomment
beaucoup plus d’énergie que
ceux du Sud.
Les pays de l'UE sont presque tous très
dépendants en matière d'approvisionnements
en hydrocarbures. Les nouveaux membres entrant
dans l'UE en 2004 couvrent une partie de
leurs besoins énergétiques
à partir de gaz russe importé.
Tous sont susceptibles de recourrir davantage
aux ressources des pays du Sud méditerranéen.
Les deux principaux gazoducs existants à
ce jour sont le Transmed (Algérie,Tunisie,
Sicile, Italie) et le gazoduc Maghreb-Europe
(Algérie, Maroc, Espagne, Portugal)
et de nombreuses liaisons sont à
l’étude ou en projet pour des
échanges Nord-Sud ou Est-Ouest. Or,
les gazoducs créent interdépendances
et solidarités.
Le renforcement des interconnexions électriques
Nord-Sud et Est-Ouest peuvent avoir les
mêmes effets. Il existe déjà
une interconnexion électrique entre
le Maroc et l’Espagne qui bénéficie
aux deux réseaux. La boucle méditerranéenne
n’est pas encore complète mais
elle est inscrite depuis longtemps parmi
les projets des entreprises électriques
de la région. Des travaux du Comité
maghrébin de l’électricité
(Comelec) tendent à montrer
que sa réalisation pourrait entraîner
des réductions sensibles de coût
par décalage des courbes de charge
et réduction des marges de réserve
nécessaires.
En ce qui concerne les approvisionnements
pétroliers, l’augmentation
des exportations de la Russie et le développement
des grands gisements de la Caspienne (Kazakhstan
et Azerbaïdjan) impliquent de développer
des capacités d’acheminement
et d'évacuation vers la Méditerranée,
soit en passant par le Bosphore (en 2002,
7 400 pétroliers ont transporté
122 millions de tonnes de pétrole
brut à travers le Bosphore), soit
en rejoignant directement la Méditerranée
par la Turquie. Ces perspectives d'intensification
des échanges ne sont pas sans risques
pour l’écologie de la zone.
Il s'agit par ailleurs de questions d'importance
stratégique dans la donne géopolitique
de la région.
Notons enfin que tous les pays de l'aire
méditerranéenne possèdent
d’importants potentiels d'énergie
renouvelable solaire et éolienne
encore largement sous-exploités.
Pour en savoir plus :
- le World Energy Council (WEC
- Conseil mondial de l'énergie),
avec des informations par pays ou région,
par type d'énergie : www.worldenergy.org/wec-geis/edc/default.asp
- l'I nternational Energy Agency (IEA,
agence autonome associée à
l'OECD - OCDE) :
www.eia.doe.gov/emeu/cabs/contents.html
|
Flux
et flottes maritimes
Les grandes lignes maritimes de la Méditerranée
sont à peu près celles des
échanges mondiaux : lignes "tour
du monde" reliant les grands pôles
de la triade, lignes spécialisées
du transport pétrolier par exemple.
Que ce soit pour des échanges
exogènes (majoritairement) ou endogènes
à la région, 220 000 navires
marchands de plus de 100 tonnes traversent
la Méditerranée chaque année,
soit 30% du volume mondial de transport
maritime commercial, et 28% du trafic mondial
de transport pétrolier maritime.
Selon les experts, le transport prévisible
de fret, tous produits confondus, va quasiment
quadrupler d'ici 2025. La plus grande part
de ce transit s'effectue de Suez à
Gibraltar, passe entre la Sicile et Malte,
longe les côtes de la Tunisie, de
l'Algérie et du Maroc : 370 millions
de tonnes d'hydrocarbures y transitent par
an, avec, en moyenne, 250 à 300 passages
de pétroliers par jour. Le trafic
des porte-conteneurs se développe
en Méditerranée comme ailleurs
dans le monde mais on peut malgré
tout noter un retard certain comparé
à d'autres façades maritimes
portuaires dans le monde (Asie du sud-est
par exemple), tout particulièrement
pour la rive sud méditerranéenne.
Le transport des voyageurs est actif, dynamisé
par les flux touristiques, mais il reste
en deça du potentiel : on ne dénombre
que 100 millions de passagers par an en
Méditerranée, à comparer
aux 160 millions de la Baltique, aux 120
millions de Manche et Mer du Nord (données
2000).
La tradition maritime de la Méditerranée
est toujours très vivante et les
pavillons de certains pays riverains comptent
parmi les tout premiers dans le monde. Mais
ces positions sont largement dues au développement
de registres de libre immatriculation (dits
"pavillons de complaisance") qui
consistent à découpler l'insciption
des navires (dont dépendent la fiscalité,
le droit des sociétés, le
régime des contrats de travail) de
leur propriété et de leur
armement. Il s'agit, plus particulièrement,
des pavillons de Chypre, Malte, longtemps
montrés du doigt, désormais
tenus de respecter certains engagements
(sécurité, modernisation,
respect des normes) pris dans la perspective
de leur adhésion à l'UE en
2004. Quant à Gibraltar, il s'agit
plutôt d'un registre parallèle
(ou registre bis) du Royaume Uni.
Pour préciser et compléter,
voir la partie
"corpus documentaire" du dossier |
|
Formations
végétales méditerranéennes
Le sentiment d'unité dans le monde
méditerranéen provient largement
des formes d'adaptation de la végétation
à la sécheresse estivale (xéromorphie
et thermophilie des végétaux)
qui confère à ces régions
son ambiance particulière.
La flore méditerranéenne
se caractérise par sa xérophilie
et sa thermophilie
Les arbres ou les arbustes ont des feuilles
coriaces, en général persistantes,
présentant des dispositifs de lutte
contre la transpiration excessive de l’été
(membranes épaisses, stomates protégés
du soleil, concentration particulière
des sucs cellulaires) : le pin parasol,
le chêne vert, le chêne-liège,
l'oléastre, le chêne zéen,
en sont des exemples. Il faut encore citer
des arbres curieux comme le pistachier de
l’Atlas, qui a des feuilles caduques
en hiver et qui, bien que ses feuilles soient
peu coriaces, supporte la sécheresse
estivale là où le sol, profond,
reste assez humide pendant l’été.
La structure succulente, plus rare, est
représentée par quelques euphorbes
indigènes et surtout par des plantes
"grasses" d’origine américaine :
cactus et agaves, qui sont devenues très
abondantes et souvent considérées,
à tort, comme les plantes caractéristiques
des pays méditerranéens.
La forêt
méditerranéenne
Occupant plus de 37% des terres au nord
de la Méditerranée, les espaces
boisés n’en couvrent que 14%
au sud et 5% à l’est. Ces écarts
s’expliquent naturellement par les
différences des conditions climatiques,
mais ils sont également liés
aux différences de contexte socio-économique.
Au nord de la Méditerranée,
l’exode des anciennes populations
rurales vers les villes, la concentration
des zones de production vers les zones les
plus fertiles et les plus accessibles, ont
provoqué l'abandon d'anciens terrains
de parcours recolonisés par la végétation
forestière.
Au sud et à l’est de la Méditerranée,
les communautés rurales sont encore
nombreuses et certaines continuent de croître.
Les espaces boisés, qui ont de tout
temps été intégrés
dans des systèmes agro-pastoraux,
sont trop souvent, aujourd’hui, surexploités.
Ainsi, au Maghreb, le nombre de moutons
et de chèvres est estimé à
50 millions, ce qui conduit au surpâturage.
La consommation de bois de feu par les populations
locales y est estimée à 0,35
m3 par habitant et par an. La croissance
continue de ces besoins est souvent source
de déséquilibres et de spirales
de dégradations.
Quoique le feu puisse constituer un mode
de régénération des
forêts méditerranéennes,
à condition de rester peu fréquent,
la multiplication des incendies est devenue
localement une grave cause de régression
des forêts. Dans les pays méditerranéens
du nord, la progression de l’embroussaillement
dans les espaces abandonnés a augmenté
les risques d’éclosion et d’extension
des incendies.
Les formations
basses
Mais ce qui caractérise le mieux
la végétation méditerranéenne
est la richesse en arbustes, arbrisseaux
et sous-arbrisseaux dont l’ensemble
forme ce que les Espagnols appellent
matorral. Il se divise
en plusieurs types de paysages dont les
noms locaux sont devenus classiques :
maquis, garrigues, phryganes.
Le maquis, sur
substrat siliceux, contient des arbousiers,
la bruyère en arbre, des calycotomes,
des lentisques, parfois du buis, des daphnés
(le garou), des ajoncs, le tout enchevêtré
de salsepareille (Smilax) le rendant
impénétrable. La
garrigue, généralement
sur substrat calcaire, est formée
de buis, de chêne kermès (Q.
coccifera), de genévrier oxycèdre,
et de plantes odorantes (romarin, thym,
lavande).
La dégradation maximale donne une
apparence de steppe, qu’on appelle
"erme"
en Provence. Les phryganes
en Grèce ont une physionomie analogue
à celle des garrigues. |
| Frontières,
espaces frontaliers
Les frontières entre les États
riverains du pourtour méditerranéen
ont été remaniées à
maintes reprises au gré de l'écroulement
des grands empires (dernier quart du XIXe
et premier quart du XXe), des deux guerres
mondiales, des conflits plus récents
des Balkans, du Proche-Orient, de la situation
de fait à Chypre par exemple. Le
statut de certaines frontières peut
être encore incertain.
On peut ainsi songer aux remises en cause
récurrentes, au fil des situations
géopolitiques du moment, d'"enclaves"
telles que celles de Gibraltar (dont les
habitants doivent se prononcer, le 7 novembre
2004, pour ou contre une souveraineté
partagée de l'Espagne et de la Grande-Bretagne
sur leur territoire), de Ceuta et Melilla
par exemple. Les tensions peuvent brutalement
rejaillir. Ainsi, en 2002, Rabat "occupe"
militairement l’îlot
de Persil (Perejil pour les espagnols ou
Lela pour les marocains). Cet îlot,
désert, est revendiqué par
Madrid qui a alors reçu l'appui de
l’Union européenne et de l’OTAN.
Par ailleurs, frontières et espaces
frontaliers, peuvent être plus ou
moins perméables, être plutôt
des barrières ou plutôt des
synapses d'échanges et de contact.
Les frontières des États intégrés
à l'UE tendent à se dissoudre
dans l'entité communautaire et à
se déplacer vers des frontières
différentes : celles de l'espace
Schengen, de la zone euro, etc. Par contre,
au Proche-Orient, les frontières
se "durcissent" dans le contexte
conflictuel régional du début
du XXIe siècle : la construction,
controversée, d'un mur de partage
des territoires en témoigne.
Les frontières qui partagent l'espace
maritime de la Méditerranée
sont, elles aussi, sujettes à contestations
et à revendications. Compte tenu
de l'étroitesse relative du bassin
méditerranéen et de la fragmentation
politique en de nombreux États, la
règle internationale des "200
milles" nautiques délimitant
des Zones d'exclusivité économique
(ZEE) ne peut s'appliquer. La seule
règle applicable à ce jour
est celle des 12 milles nautiques qui définissent
les eaux territoriales de chaque pays. En
mer Égée, du fait de la proximité
immédiate entre les îles grecques
et les rivages turcs, la délimitation
des eaux territoriales a été
ramenée à 6 milles. Mais les
questions relatives aux droits d'exploitation
économiques des ressources halieutiques
ou des richesses potentielles ou prouvées
des fonds sous-marins alimentent largement
les tensions gréco-turques.
Pour compléter
-
dans le dossier "La frontière, discontinuités et dynamiques" :
> Jeux de frontières à Chypre :
quels impacts sur les flux migratoires en Méditerranée orientale ? (Olivier Clochard)
> L'Europe, une "forteresse" ? La gestion des politiques migratoires. Objectifs et activités de l'agence Frontex.
- sur le web, un dossier de la BBC : http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/2131636.stm |
|
Géopolitiques (alliances et armements)
La Méditerranée est une
zone géopolitique particulièrement
sensible, et à forte conflictualité.
Les dépenses militaires s'y élèvent,
au début du XXIe siècle,
à environ 5,9% du PIB de l'ensemble
des pays riverains (la moyenne mondiale
est de 3,4%).
Parmi les sources de tension, on peut
tout particulièrement relever :
l'instabilité récurrente
dans les Balkans et leur périphérie
; l'instrumentalisation de l'islam à
des fins politiques et/ou militaires ;
la question des relations intercommmunautaires
(palestiniens et israéliens, serbes,
croates et albanais par exemple) ; les
disparités Nord/Sud des niveaux
de développement et leurs conséquences
; les déficits de gouvernance dans
les PSEM* ;
les rivalités et tensions au sein
même du monde
arabe ; la pression induite par la production
ou le transit de certaines matières
premières et denrées particulièrement
"sensibles" (pétrole,
drogue, etc.).
Différents systèmes d'alliances,
aux compétences variables (domaines
politiques, militaires, économiques),
traversent et divisent les pays de la
région :
les principales organisations régionales
(document en pop-up)
Pour en savoir davantage sur l'ensemble
des politiques de défense et d'armement,
consulter la base de données "Facts
on International Relations and Security
Trends" (FIRST) du Stockholm
International Peace Research Institute
(SIPRI) : http://first.sipri.org
|
Gouvernance
(des États)
La notion de gouvernance est à
la mode et, à l'instar de celle
de "développement
durable", elle court le risque de
devenir un simple mot-valise galvaudé
et sans signification précise.
Pourtant, on la perçoit déjà
chez les philosophes de l’Antiquité.
Au quinzième siècle un juriste
anglais écrit un livre intitulé
The governance of England dans
lequel ce mot avait déjà
un sens proche du sens actuel. Qu’est-ce
qui fait, de nos jours, l’actualité
et la pertinence d'un concept que l'on
retrouve dans les programmes de travail
de presque toutes les organisations internationales
(Nations Unies, OCDE, Union européenne)
et dans de nombreux séminaires
et autres colloques ?
À l'époque contemporaine,
la notion de gouvernance fait son apparition
à la fin des années 1980
dans le champ des relations internationales.
Le terme de "good governance"
est employé par les institutions
financières internationales pour
définir les critères d'une
bonne administration publique. La Banque
mondiale définit la gouvernance
comme l'ensemble des traditions et des
institutions exerçant l'autorité
sur un pays ce qui inclut : les processus
par lesquels les gouvernements sont désignés,
contrôlés et remplacés
; la capacité du gouvernement à
formuler et à adopter des politiques
de fond ; le respect des citoyens
; la capacité des institutions
à piloter les interactions économiques
et sociales.
Des typologies des mécanismes de
la gouvernance, en tant que systèmes
régulateurs, prennent en compte
les dimensions suivantes : relations entre
les dirigeants et les dirigés,
notamment les relations entre l'État
et la société civile ; mode
de coordination de diverses activités
et/ou relations entre acteurs ; mode d'allocation
des ressources entre ces activités
ou ces acteurs ; structuration des conflits
(prévention, résolution).
Mais la gouvernance est un concept complexe
et malaisé à évaluer.
Pour le mesurer, les méthodes sont
souvent empiriques, fondées sur
des critères variés : État
de droit, lutte contre la corruption,
efficacité du secteur public, liberté
d'opinion, démocratie. La plupart
de ces mesures sont subjectives car basées
sur des perceptions et des opinions d'experts.
En effet, la gouvernance est difficile
à mesurer de manière objective
précisément là où
elle est de mauvaise qualité !
Bien entendu, les indicateurs produits
sont discutables. Par exemple, la perception
occidentale des méditerranéens
du Nord peut les conduire à qualifier
de "clientélistes" et
"corrompues" certaines pratiques
de l'Islam traditionnel, ce qui peut alors
relever davantage de l'incompréhension
entre cultures. Enfin,
d'aucuns pourront reprocher à la
Banque mondiale, grande institution internationale,
son approche libérale de la gouvernance.
C'est ainsi que d'autres approches, d'autres
mesures et indicateurs ont été
proposés par différentes
organisations "alternatives".
Bien qu'imparfaits, de tels indicateurs
fournissent néanmoins des éléments
comparatifs à ne pas négliger.
C'est ainsi qu'on pourra mettre en évidence,
pour les pays du pourtour méditerranéen,
des niveaux de gouvernance diversifiés.
À côté d'autres critères,
ces différences peuvent contribuer
à expliquer certains phénomènes
tels que les flux migratoires, les différences
de performances économiques, etc.
Pour prolonger, développer, approfondir
:
-Différents
types de mesure de la gouvernances, document
en pop-up : indices
de la Banque mondiale, indice de "perception
de la corruption" proposé
par l'organisation Transparency International,
indice des libertés, etc.
- la rubrique
"savoir-faire" du dossier
- L'approche de la
gouvernance
des métropoles dans le dossier
correspondant. Quant à la question
de la gouvernance des entreprises (corporate
governance), bien qu'elle ne soit
pas sans rapport avec la gouvernance des
États, elle est néanmoins
davantage située dans le champ
des préoccupations socio-économiques.
- L'article "gouvernance" dans
: Lévy J. et Lussault M. (dir.)
- Dictionnaire de géographie
et des sciences de l'espace social -
Belin - 2003
|
|
Inégalités
voir clivages
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| Insularité
Les îles couvrent environ 4% de la
Méditerranée et sont inégalement
réparties : poussières insulaires
des mers Egée, Ionienne, de Dalmatie,
ou pavages plus importants représentés
par les grandes îles telles que Chypre,
la Sicile, la Crête, la Sardaigne,
la Corse.
Les îles participent pleinement aux
images et aux mythes de la Méditerranée.
Mais, de nos jours, l'insularité
méditerranéenne renvoie à
une double caricature. D'un côté
les images idylliques des voyagistes avec
la mer bleu azur, les plages ensoleillées,
le pittoresque des lieux (ruines antiques,
criques secrètes, villages de pêcheurs,
etc.). D'un autre côté, des
réalités qui sont souvent
celles de toute insularité : l'éloignement
et l'isolement relatifs, le particularisme
culturel qui peut confiner à l'archaïsme,
l'exigüité des lieux, la rareté
de certaines ressources. A la croisée
de ces deux réalités, le choc
peut être brutal avec son cortège
de dénaturation des paysages, de
spéculation foncière sur fond
de dépeuplement des populations permanentes,
de déstructuration des sociétés
traditionnelles, etc.
Les îles contribuent fortement à
articuler l'espace méditerranéen,
à créer des liens, des ponts
entre ses différents rivages. Elles
sont parfois aussi des enjeux disputés
: de l'îlot du Persil (voir l'entrée
frontières) à
l'île de Chypre, elles cristallisent
les tensions et les rivalités.
|
Intégration
régionale et mondiale
Les pays riverains de la Méditerranée
appartiennent en général
à une ou plusieurs organisations
régionales, mais aucune n'est spécifiquement
méditerranéenne. Le manque
d'intégration régionale
peut aussi être constaté
en considérant la nature des échanges économiques
et financiers.
D'une manière générale,
les investissements régionaux croisés
sont réduits. Les Pays du Sud et
de l'Est méditerranéen ( PSEM*)
sont des parents pauvres de l'investissement
international : non seulement leur
intégration économique est
très faible par rapport aux autres
zones, mais elle a plutôt tendance
à stagner. En moyenne, ils n’attirent
que 2% de l'investissement direct à
l'étranger (IDE) européen.
Si l’Union européenne a mobilisé
730 milliards de USD pour la réunification
allemande, si elle a consacré,
directement ou indirectement, 60 milliards
de USD aux PECO, les pays de la zone Moyen-Orient
/ Afrique du Nord (dont la population
est presque le double de celle de la zone
PECO) n’ont bénéficié
de concours européens qu’à
hauteur de 15 milliards de USD. Toutes
origines confondues, l'IDE n'assure qu'une
faible part du PIB des PSEM (données
2000) : 0,01% du PIB de l’Algérie,
0,21% de celui de la Jordanie, 0,84% au
Maroc, 0,94% en Égypte, 1,64% en
Tunisie.
L'intégration régionale
Sud-Sud est également très
limitée : moins de 5% des échanges
des pays de la zone Moyen-Orient / Afrique
du Nord ( Middle East and North Africa
- MENA*) se
font sur une base régionale, contre
plus de 50% pour l’UE (données
2002). Or, il apparaît que, dans
un contexte général de mondialisation,
l’intégration régionale
constitue un atout pour chacun des pays
qui y participent.
Cette question de l'intégration
régionale doit également
tenir compte des projets initiés
par l'UE à travers le processus
de Barcelone ou par les États-Unis
dans le cadre d'une initiative globale
pour le "Grand Moyen-Orient".
Inventaire des
principales
organisations régionales (document
en pop-up)
agissant dans les
domaines diplomatiques, militaires et/ou
économiques et concernant les États
du pourtour méditerranéen.
L'insertion
régionale des pays impliqués
dans la zone méditerranéenne
(une sélection) |
Interface
La Méditerranée constitue
un espace de clivage
en même temps que de contacts entre
les pays du Nord et ceux du Sud. Clivage
lorsqu'on y considère les écarts
de développement, les différenciations
culturelles, les tensions géopolitiques.
Contacts à travers la mobilité
des hommes (migrations, déplacements
touristiques), les échanges économiques,
financiers et culturels entre les pays
riverains.
Patrimoine maritime commun de l’ensemble
de ses pays riverains, la Méditerranée
est également un héritage
partagé. Pendant environ quatre
siècles de son histoire, elle fut
même unifiée politiquement
par l’Empire romain qui a laissé
des ruines architecturales semblables
sur tout son pourtour. L’Empire
forma alors une sorte de "marché
commun", après la victoire
de Pompée dans sa lutte contre
la piraterie pour assurer la sécurité
de la Méditerranée. Les
Romains utilisèrent alors l’expression
mare nostrum, faisant de la Méditerranée
une mer intérieure, concept autant
politique qu’économique,
mais également démographique.
Au cours des siècles suivants les
dynamiques d'éclatement l'emportent,
la Méditerranée est le théâtre
de divisions successives : partage après
la dislocation de l'Empire romain, entre
l'Ouest latin, catholique et l'Est grec,
orthodoxe ; puis islamisation de la rive
Sud. C'est donc une entité complexe
et diversifiée que Fernand Braudel
étudie lorsqu'il se penche sur
la "Méditerranée et
le monde méditerranéen à
l'époque de Philippe II".
Le mouvement colonial des XIXe et XXe
siècles, avec ses conséquences,
poursuit cette problématique du
contact et de la division.
La Méditerranée des années
2000 peut apparaître comme un monde
divisé, interface entre un Nord,
au niveau de développement élevé
et un Sud (en fait Sud et Est) en retard
de développement. Dualité
économique qui se double d'une
dualité politique entre la plupart
des pays du Nord, aux institutions démocratiques,
assurant les libertés publiques,
et, de nombreux pays du Sud et de l'Est
où ces mêmes libertés
publiques sont moindres et dont les régimes
politiques sont, à des degrés
variables, autoritaires.
Mais cette Méditerranée
n'est pas une interface fermée
: elle est aussi un espace essentiel d'échanges
et de passages .
Pour prolonger, approfondir :
un article
de Vincent Clément (nouvelle fenêtre)
:
Unité ou fracture en Méditerranée,
d'un mythe à l'autre
- un article
de Gérard-François Dumont
(nouvelle fenêtre) : Situations
démographiques et logiques migratoires
trans-méditerranéennes
|
Irrigation
Voir :
- un document en
pop-up : L'approvisionnement en eau, une préoccupation
partagée
- un article
de Laurent Carroué (nouvelle fenêtre):
Gestion de l'eau en Espagne, les canaux
de la discorde |
Limites
(du domaine, de l'aire, du monde méditerranéen)
Les limites de l'aire ou du domaine
méditerranéen sont couramment
fondées sur des critères bio-climatiques.
L'olivier
est ainsi tout à la fois symbole
et limite du domaine méditerranéen
vers le nord. Dans l'Antiquité, à
travers les textes sacrés (Ancien
Testament, Coran), il occupe une place de
choix en représentant à la
fois la justice et la paix. Les géographes
du XIXe siècle font de l'"aire
de l'olivier" le critère définissant
le mieux le monde méditerranéen.
Arbre cultivé dérivé
de l'oléastre, l'olivier a longtemps
joué un rôle essentiel dans
les économies traditionnelles. Mais
son extension, si elle convient assez bien
pour définir le domaine méditerranéen
au nord pour les plaines et les basses pentes,
ne convient pas toujours dans les cas suivants
: montagnes et hautes terres (plateaux de
la meseta ibérique par exemple) ;
limites méridionales du domaine marquées
par l'apparition du palmier-dattier fructifère
dont les premières plantations annoncent
le début du domaine désertique
avec une sécheresse estivale qui
se dilate sur la plus grande partie de l'année.
Qu'ils soient biologiques (aires du chêne
vert, du pin d'Alep, etc.) ou climatiques
(régions ayant au moins deux mois
de sécheresse estivale, isotherme
de 10°C pour le mois de janvier, etc.),
aucun critère ne suffit à
lui seul pour définir un milieu dont
les diversités font aussi la richesse.
L'élévation en altitude dans
les espaces montagnards, ou la proximité
de régions désertiques, atténuent
ou aggravent les contraintes du climat méditerranéen.
Dans ces conditions, la question de savoir
où s'arrête le milieu méditerranéen
est délicate, ses marges montagnardes
ou désertiques ne forment pas une
ligne continue aisément repérable.
Adapté de : La Méditerranée
- Hachette Université - 2002
Mais l'étude du monde méditerranéen
dans sa globalité n'est
pas réductible à de telles
limites bio-climatiques. Pour en étudier
les dynamiques territoriales, socio-économiques,
géopolitiques, on pourra juger pertinent
de prendre en compte, en profondeur, les
arrières-pays et de considérer
l'ensemble des territoires des États
riverains, avec leurs principaux systèmes
d'échange et de communication vers
l'intérieur des continents auxquels
ils sont rattachés.
Au niveau international, le monde méditerranéen
ne fait que rarement l'objet d'une identification
régionale unique, le Plan
Bleu (associé au Plan
d'action pour la Méditerranée,
le PAM*) étant,
à ce titre, original et intéressant.
Les ensembles couramment étudiés
sont : le Proche-Orient, le Maghreb et/ou
le Makrech, les pays de l'UE, les PECO (avant
l'élargissement), l'Afrique du Nord,
le Monde arabe, la zone Middle East
North Africa (MENA) pour la Banque
mondiale, etc. Il convient donc de rassembler,
dans ces différents sous-ensembles
régionaux, les informations exhaustives
nécessaires.
Inventaire des principales
organisations régionales (document
en pop-up)
|
Littoral, littoralisation
Les caractères morphologiques des
littoraux du pourtour méditerranéen
résultent de différentes
dynamiques, parfois cumulatives, parfois
antagonistes :
- accrétions, progradations aux
embouchures de grands fleuves qui peuvent
ainsi former de vastes zones humides plus
ou moins deltaïques : Ebre, Guadalquivir,
Nil, Po, Rhône par exemple,
- apports ou amaigrissements sédimentaires
au gré des dérives littorales,
- déplacements verticaux des masses
continentales entraînées
par les effets de la tectonique des plaques
: ainsi la plaque africaine tend à
s'enfoncer sous la plaque eurasiatique
en se déplaçant de 2,3 cm
par an environ vers le Nord-Ouest.
D'une manière générale,
les espaces littoraux du pourtour méditerranéen,
sont soumis à des contraintes variées,
par exemple : les grands abats d'eau (épisodes
cévenols), et les crues aux effets
parfois dévastateurs ; l'exigüité
des plaines côtières lorsque
plateaux et massifs montagneux s'élèvent
à proxim ité
du trait de côte. Et quels pourraient
être les effets, sur les espaces
littoraux méditerranéens,
d'évolutions géomorphologiques
et climatiques globales ? Certains
lieux, mythiques et sensibles peuvent
faire l'objet de surveillance particulière,
voire de plans de sauvetage : la lagune
de Venise par exemple.
Par ailleurs, les
principales logiques d'attractivité
des littoraux - logiques de production
et d'échanges des biens, logiques
de recherche d'aménités
(tourisme notamment) - y sont bien souvent
à l'oeuvre. Elles provoquent la
densification des aménagements
et la concurrence croissante entre activités
et acteurs et/ou usagers. Ce
"désir de rivages" est
un phénomène récent,
les zones basses littorales ayant été,
jusqu'au XXe siècle, celles de
l'insalubrité et de l'insécurité.
Ainsi, les 46 000 km de côtes méditerranéennes
sont en proie à une forte urbanisation
et tendent à s’ artificialiser
de plus en plus. Le tropisme vers les régions côtières
s'est renforcé au cours des trente
dernières années : en l'an
2000, 34% de la population des pays méditerranéens
vivent dans les régions côtières
contre 27% en 1970. Entre 1970 et 2000,
la population des régions côtières
de la rive nord est passée de 58
à 69 millions et, dans la même
période, le chiffre a plus que
doublé pour les pays de la rive
sud et du Levant, en passant de 32 à
75 millions d'habitants. Dans les régions
côtières méditerranéennes,
la densité moyenne de population
est passée de 100 hab/km2 en 1970
à 150 hab/km2 en 2000. Elle pourrait
dépasser 180 hab/km2 en 2025. De
surcroît, la population
urbaine de l’ensemble des pays riverains,
de 274,5 millions en 2000, comptera 379
millions d’individus en 2025. Les
urbains supplémentaires représentent
à cette date 104,5 millions de
personnes, dont plus de 98 millions au
Sud et à l’Est (données
du Plan Bleu*)
Pour compléter,
prolonger :
- Un dossier
de Géoconfluences : " Les
espaces littoraux : gestion, protection,
aménagement"
- un exemple, la pression sur le littoral
français, un document des " Données
de l'environnement" - de l'Ifen
(Institut francais pour l'environnement)
- www.ifen.fr/pages/depdf.htm - n°55, Juin 2000 : La pression
de la construction ne se relâche
pas sur le littoral métropolitain
www.ifen.fr/pages/de55.pdf
|
Maillages et
statistiques
L'étude des régions du pourtour
méditerranéen pose le problème
des maillages à prendre en considération,
de l'homogénéité,
de la disponibilité des statistiques
sur ces unités spatiales.
Dans son ensemble, la région méditerranéenne
comprend 25 pays ou territoires en grande
partie riverains de la mer Méditerranée.
Il est possible de les répartir
en trois sous-régions, pour faciliter
les analyses comparatives (Plan
Bleu*) : le Nord ou l’Europe
élargie (Portugal, Espagne, France
et Monaco, Italie, Malte, Bosnie-Herzégovine,
Croatie, Slovénie, R.F. de Yougoslavie,
Albanie, Grèce) ; l’Est
(Turquie, Chypre, Syrie, Liban, Israël,
Territoires Palestiniens de Gaza, et Cisjordanie,
Jordanie) ; le Sud (Égypte, Libye,
Tunisie, Algérie, Maroc).
L'Union Européenne, dans le cadre
de sa Nomenclature des Unités
Territoriales Statistiques (NUTS), définit
différents niveaux de régions
administratives équivalentes :
NUTS 0 pour les États ; NUTS
1 pour les ZEAT (Zone d’étude
et d’aménagement du territoire)
; NUTS 2, équivalent des régions
; NUTS 3, équivalent des départements
français jusqu'à NUTS 5
les communes.
Le Plan Bleu, pour les besoins de ses
travaux sur les régions côtières
méditerranéennes, a pris
en considération les unités
NUTS 3 littorales de l'UE. Pour les autres
pays hors UE, une demande officielle a
été formulée afin
que chaque pays propose des unités
administratives littorales "comparables"
aux NUTS 3 européens. Il en est
résulté un ensemble de 221
unités administratives littorales
correspondant aux NUTS 3 (wilayas en Algérie
par exemple).
Mais ce niveau NUTS 3 méditerranéen,
souvent suffisant pour montrer les disparités
de développement entre le littoral
méditerranéen et le reste
du territoire des États, ne permet
pas toujours de montrer les différences,
au sein même d’une NUTS 3,
entre la "bande littorale" et
l’arrière-pays. Dans ce cas,
il est nécessaire de considérer
le niveau communal (NUTS 5 ou équivalent)
pour étudier les différences
entre les communes littorales et les communes
de l’arrière-pays.
Pour compléter
:
inventaire des principales
organisations régionales (document
en pop-up) |
Méditerranée
Méditerranée, mer au milieu
des terres : le vaste bassin maritime de
la Méditerranée est encadré
de montagnes souvent omniprésentes
(chaînes alpines, Atlas), à
l'exception de son secteur sud-oriental.
Ces reliefs d'arrière-pays atteignent
souvent ou même dépassent les
3 000 mètres. Entre ces reliefs
et les rivages, les plaines littorales sont
plus ou moins exigües. Elles ne se
développent surtout qu'à l'embouchure
des fleuves (le Nil, le Pô, le Rhône,
l'Ebre, la Medjerda) ou en arrière
des côtes
à lido (cordon dunaire séparant
une lagune de la mer) du
Languedoc ou de la façade
italienne de l'Adriatique.
La Méditerranée est l’une
des frontières séparant dans
le monde deux zones contiguës aux caractéristiques
démographiques différenciées
et aux niveaux de développement contrastés.
Cette région, dans sa diversité,
est représentative de l’ensemble
de la planète et constitue ainsi
un laboratoire grandeur nature de la confrontation
Nord/Sud, avec ses nuances et ses complexités.
Pour approfondir :
- les articles
de Vincent Clément
- les entrées interface,
frontières, limites, du
glossaire |
Mer Méditerranée
La Méditerranée a une super ficie
de 2,5 millions de km2. Étirée sur environ 4 000 km d'est en ouest
depuis Tanger jusqu'à Beyrouth,
elle est divisée en deux bassins
par le seuil sicilo-tunisien, un seuil
de 138 km entre le cap Bon et Marsala
avec des profondeurs n'excédant
pas 400 m. Ce cloisonnement entre
l’est et l’ouest est accentué
par les avances des plates-formes de Malte
et de la Tunisie orientale. Le plus grand
écart entre les deux rives de la
Méditerranée n'est que de
800 km entre les ports de Gênes
et de Bizerte.
Le trait le plus marquant de la géomorphologie
de la mer Méditerranée est
la brusque plongée des côtes
vers les grands fonds de 2 500 à
5 000 mètres, disposés sous
forme de plaines abyssales au centre des
principaux bassins. En conséquence,
les plateaux continentaux sont rares et
exigüs : parmi eux, celui
du golfe du Lion, celui des Baléares
entre cet archipel et la côte espagnole,
celui de Tunisie-Sicile entre l’Italie
et la Tunisie, celui des Cyclades, très
accidenté, qui porte l’archipel
du même nom et s’étend
des côtes helléniques aux
côtes turques.
Du point de vue hydrologique, la Méditerranée
est une mer presque fermée : le
détroit de Gibraltar qui la met
en communication avec l'océan Atlantique
a une largeur variant entre 13 et 39 km
; le Bosphore qui établit la communication
avec la Mer Noire est un passage de 30
km de longueur par seulement 1 km de largeur
à son point le plus étroit
; quant au canal de Suez, qui permet l'accès
à la Mer Rouge, il mesure approximativement
163 km de long, la largeur minimale de
son lit est de 60 m et les navires de
16 m de tirant d’eau peuvent l'emprunter.
Elle est soumise à une forte évaporation
très supérieure aux précipitations
et aux apports fluviaux. La
différence est donc compensée
par les entrées d’eau atlantique
par le détroit de Gibraltar (70 000
m3/s), et d’eau de la mer Noire,
par la mer de Marmara (6 500 m3/s
au Bosphore). On estime que 36 400
km3 d'eaux sont renouvelés annuellement,
soit un renouvellement complet en 90 ans,
ce qui est très lent et très
long d'où la rémanence de
la pollution.
La température des eaux de surface
est très élevée en
été du fait du fort ensoleillement.
Mais les contrastes thermiques annuels
sont importants : la température
de l'eau en surface est variable suivant
la saison (entre 21 et 30° l'été
et entre 10 et 15° l'hiver) et elle
augmente d'ouest en est. Enfin la teneur
en sels y est élevée : de
38 à 39 g/l contre 35 g/l
en moyenne pour les mers et océans
du globe.
L'exigüité du plateau continental,
l'absence de grands marnages donc de brassage
des eaux, explique, en partie, que la
biomasse produite soit relativement faible
: les eaux méditerranéennes
ont une productivité très
inférieure à celle des eaux
océaniques, ce qui a des répercussions
sur le potentiel halieutique. On y pêche
surtou t des espèces
pélagiques mais certains stocks
ont fortement tendance à s'épuiser.
Le recours à l'aquaculture tend
à se développer, avec les
problèmes d'écologie et
de pression sur l'occupation de
l'espace afférents.
Pour compléter, approfondir :
- les entrées "détroits
et ports", "flux maritimes"
du glossaire
- l' article
de Vincent Clément : La
Méditerranée, un modèle
spatial de référence ?
- le Plan Bleu : www.planbleu.org/first.htm |
Migrations,
migratoire
Les flux migratoires, à travers
l'espace méditerranéen,
sont de toutes les époques. De
nos jours, ils résultent de
différentiels, de gradients
de toute nature, démographiques,
socio-économiques, politiques.
Ils peuvent être entièrement
endogènes à l'espace méditerranéen
ou d'origine exogène : migrants
d'origine sub-saharienne, du sud ou de
l'orient asiatique par exemple.
Le processus migratoire est multifactoriel
et multiforme : il exprime les disparités
économiques et politiques qui caractérisent
les deux rives ; il répond à
des besoins en main-d'oeuvre des pays
du Nord ; il obéit à des
logiques de regroupement familial ou communautaire.
Les migrations peuvent se faire dans un
cadre légal, encadré, mais
elles ne constituent qu'une partie du
phénomène. Les migrations
clandestines, par leur nature même,
sont difficilement quantifiables. L'arrivée
des clandestins, lorsqu'elle donne lieu
à des drames, est fortement médiatisée.
Ainsi, en Espagne, estime-t-on à
85% le nombre de migrants clandestins
rentrant dans le pays par les ports et
les aéroports et à 15% (8 000
à 10 000 par an selon les
estimations du Ministère de l'Intérieur
espagnol). Les drames répétés
des pateras et de ce que la presse
espagnole appelle "las espaldas
mojadas" (littéralement
"les épaules mouillées",
expression semblable à celle des wet-backs de la frontière
du Rio Grande) suscitent l'émotion.
Selon l’ Association des Amis
et Familles des Victimes de l’Immigration
Clandestine, le nombre de noyés
entre 1997 et le 15 novembre 2001 s’est
élevéà 3 286
victimes. On retrouve les mêmes
situations dramatiques à l'arrivée
sur les côtes italiennes, voire
françaises par exemple. Notons
enfin qu'on relève récemment
l'apparition de flux migratoires d'un
nouveau type : celui d'enfants mineurs
non accompagnés.
L'accroissement des flux migratoires entre
les deux rives de la Méditerranée
ne va pas sans poser des problèmes
socio-politiques autant qu’économiques.
Mais l’exemple des États-Unis
donne des éléments de comparaison
: avec 56 millions d’immigrés
et d’enfants d’immigrés,
soit un cinquième de la population
américaine, ils ont un taux d’immigration
deux fois supérieur à celui
de l'Europe (6,6% contre 3,5%).
Pour compléter, approfondir
- dans ce dossier :
> une page du corpus documentaire, Un
espace sous tensions, flux migratoires et situation de l'Espagne
> un article
de Gérard-François Dumont : Situations démographiques et
logiques migratoires trans-méditerranéennes
> d'autres entrées du glossaire
( tourisme, démographie,
etc.)
- dans le dossier "La frontière, discontinuités et dynamiques" :
> Jeux de frontières à Chypre :
quels impacts sur les flux migratoires en Méditerranée orientale ? (Olivier Clochard)
> L'Europe, une "forteresse" ? La gestion des politiques migratoires. Objectifs et activités de l'agence Frontex.
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Patrimoine
Les pourtours méditerranéens,
chargés d'histoire multi-millénaire,
bénéficient d'un exceptionnel
patrimoine qui contribue à en encourager
l'intense fréquentation touristique.
On trouvera, sur le site de l'UNESCO, les
sites méditerranéens inscrits
au patrimoine mondial. Ils peuvent être
menacés par des phénomènes
naturels (activité volcanique ou
sismique, dégâts des eaux,
phénomènes de submersion,
etc.) ou humains (pillages, conflits, déterriorations
volontaires ou involontaires) justifiant
des opérations de préservation
et de sauvetage.
Voir la liste des sites inscrits au patrimoine
mondial de l'Unesco :
http://whc.unesco.org/nwhc.fr/pages/home/pages/homepage.htm
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Périphéries
et finistères
Du point de vue du "cœur"
de l’Europe continentale, les territoires
méditerranéens sont globalement
"périphériques".
Cette notion de périphérie
recouvre à la fois l’idée
d’éloignement en distance
kilométrique, qui peut être
d’ailleurs fortement réduit
en distance temps (trains rapides, voie
aérienne), et l’idée
de moindre degré de développement.
Au demeurant, certaines de ces périphéries
enregistrent des retards de développement
qui leur ont valu de bénéficier
longtemps des fonds structurels européens.
Ceux-ci seront certainement moins conséquents
dans les années à venir
compte tenu de la réforme des mécanismes
des aides et de la concurrence que représente
l'effort fait pour intégrer les
nouveaux venus de l'élargissement
de 2004.
Certains territoires méditerranéens
de l'UE sont des "finistères"
dont l'isolement est atténué
par la proximité d'autres rivages,
à la différence des finistères
atlantiques par exemple. Si finistères
et périphéries coïncident
souvent, la notion de finistère
signale en général une singularité
territoriale plus marquée liée
à la situation de projection dans
la mer et d’isolement relatif qui
en découle (cf. à titre
d’exemple le Magne au sud du Péloponèse).
|
Risques
("naturels")
La Méditerranée concentre
un certain nombre de risques d'origine naturelle.
On y trouve les types de risques suivants
:
1 - Les risques sismiques et volcaniques
engendrés par la convergence entre
les plaques africaine et eurasienne. La
plaque Africaine se déplace en effet
actuellement de 2,3 cm par an vers le Nord-Ouest
et plonge sous l'Europe.
2 - Les risques liés aux conditions
climatiques, à la
forte variabilité annuelle et inter-annuelle
des précipitations :
- les inondations d'automne ou d'hiver peuvent
y prendre des proportions catastrophiques
pour les biens, voire pour les hommes.
- les sécheresses conjoncturelles
ont, en région méditerranéenne,
des conséquences particulièrement
sévères. Des sécheresses
assez sévères ont une fréquence
au moins décennale et des années
de sécheresse consécutives
ne sont pas rares en Méditerranée.
En voici quelques exemples récents
: 1980 – 85 au Maroc ; 1982-83 en
Grèce, Espagne, Italie du Sud, Tunisie
; 1985-1989 en Tunisie ; 1990-95 en Espagne,
au Maroc.
Voir
la brève : Méditerranée,
rivages à risques |
|
Sécheresse
estivale
Le climat méditerranéen est
caractérisé par une situation
unique : la saison sèche coïncide
avec celle des plus fortes températures.
La sécheresse estivale n'a pas partout
la même durée : de 2 à
3 mois sur la rive nord de la Méditerranée
occidentale (Gênes, Barcelone), elle
s'étale sur 6 à 7 mois sur
les côtes du Levant (Beyrouth, Jaffa). |
Tourisme
(littoral, méditerranéen)
Le bassin méditerranéen
est, de loin, la première région
touristique du monde. Le tourisme d'hiver
des origines, réservé aux
élites européennes, a évolué
vers un tourisme estival de masse. Occasion
de contact entre les populations des différents
rivages de la Méditerranée,
le fait touristique est aussi une manifestation
du différentiel Nord/Sud lorsque
le "système touristique"
fait appel aux capitaux, à l'impulsion
et aux migrations saisonnières du
Nord investissant le Sud.
Les chiffres montrent l’importance
économique majeure du tourisme pour
la Méditerranée, devenu, dans
de nombreuses régions, la véritable
"force motrice" du développement.
Les données de l'Organisation
mondiale du tourisme (OMT) montrent
cependant que le tourisme international
est essentiellement concentré dans
les trois pays du nord-ouest du bassin :
la France, l'Espagne et l'Italie ont respectivement
11%, 7,4% et 5,7% du total mondial, ce qui
représente un total cumulé
de 168,5 millions d'arrivées de touristes
internationaux. Par comparaison, l'Afrique
du Nord et le Moyen Orient, considérés
dans leur ensemble (donc y compris les lieux
saints du Proche et Moyen Orient), ont respectivement
1,5% et 3,9% du total mondial des arrivées
de touristes internationaux, soit 37,9 millions.
Les pays du Sud et de l'Est méditerranéens,
confrontés à de fortes croissances
démographiques, bénéficient
donc relativement peu des retombées
du tourisme international qui pourrait contribuer
à leur développement.
Le tourisme en Méditerranée
reste essentiellement concentré sur
les bandes côtières et pénètre
assez peu en profondeur. Il contribue donc
largement à alimenter la pression
sur les littoraux et à provoquer
leur artificialisation. Par exemple, on
compte environ un port de plaisance tous
les 3 km sur la Côte d’Azur
et leur création s’accompagne
bien souvent d’opérations immobilières
(marinas par exemple). Les communes d'accueil
touristique doivent aussi faire face à
des problèmes de gestion environnementale
spécifiques : gestion des déchets,
approvisionnements en eau concentrés
en pleine période de sécheresse
estivale par exemple.
Pour compléter, prolonger :
- Le Plan Bleu : www.planbleu.org/first.htm et
www.planbleu.org/vfrancaise/5-514.htm
- L'Organisation mondiale du tourisme :
www.world-tourism.org/francais/index.htm
et les "faits et chiffres" (facts
& figures) : www.world-tourism.org/market_research/facts/menu.html |
Principales
sources : voir la partie "ressources"
de ce dossier ainsi que la page consacrée
aux notions
générales .
CODED - La base de données de concepts
et de définitions d'Eurostat :
http://forum.europa.eu.int/irc/dsis/coded/info/data/coded/fr.htm
Glossaire
proposé par Jean-Louis Carnat, Vincent
Clément, G.F. Dumont et Sylviane Tabarly

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| Mise
à jour partielle : 30-11-2005
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