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La Russie : des territoires en recomposition

Structures économiques de l'exploitation pétrolière de la Fédération de Russie

Publié le 04/01/2005

La configuration du secteur pétrolier en Russie diffère de celle des principaux autres pays producteurs où, en règle générale, il n'existe qu'une seule grande compagnie nationale publique. La production est assurée aujourd'hui par une petite dizaine d'entreprises restées sous contrôle russe, issues pour la plupart des privatisations menées entre 1992 et 1996. Le gouvernement Tchernomyrdine avait cru trouver, en 1996, dans la privatisation des principales entreprises pétrolières la solution à ses difficultés financières. Le schéma retenu aboutit à la privatisation de la majorité de ces entreprises dans des conditions extrêmement favorables aux acquéreurs, qui ont ainsi pu constituer les principaux groupes industriels et financiers du pays (Menatep pour Ioukos, Oneximbank pour Sidanko et Surgutneftegaz, Logovaz pour Sibneft et Vossibneftegaz, Alfa group pour Tioumen Oil Company). La visibilité médiatique et l'ampleur de l'influence économique et politique des personnalités ayant profité de ces privatisations ont été telles qu'ils sont depuis lors communément désignés par le terme d' "oligarques".

Les remous provoqués par ces privatisations se sont finalement concrétisés par le limogeage du Premier ministre en mars 1998, au moment où il projetait de privatiser la dernière entreprise importante du secteur pétrolier, Rosneft. Depuis, l'une des raisons majeures de la popularité de l'actuel chef de l'État, Vladimir Poutine, est sa lutte proclamée contre la toute-puissance des oligarques. Quelles que soient les réserves que l'on puisse formuler à propos de l'efficacité réelle de telles intentions, le dernier effet de cette ligne politique est le démantèlement, fin 2004, de Ioukos, dont les actifs industriels les plus rentables ont été rachetés indirectement par Rosneft, restée sous contrôle de l'État. Le rapprochement, initié courant 2004, entre Rosneft et Gazprom viserait à édifier un ensemble pétrolier et gazier de premier plan mondial, capable de rivaliser avec les majors internationales, mais à capitaux publics.

Julien Vercueil, IUT Jean Moulin - Lyon III,

Centre d'Études des Modes d'Industrialisation, EHESS, Paris.

Pour Géoconfluences le 4 janvier 2005

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