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Veille de l'actualité scientifique et technologique internationale

Cette rubrique est conçue à partir d'une sélection des BE (Bulletins Electroniques), publiés sur www.bulletins-electroniques.com, rédigés par les Services pour la science et la technologie des Ambassades de France et diffusés par l'ADIT.
Les BE sont des publications d'information sur les avancées technologiques et scientifiques dans le monde. Ils sont le fruit du partenariat entre l'ADIT et le Ministère des Affaires étrangères français, via les Services pour la science et la technologie des Ambassades de France à l'étranger : pour en savoir plus consultez www.bulletins-electroniques.com et www.adit.fr

Nous avons retenu les thématiques du développement durable ou apparentées (énergie, environnement, transports, agronomie, etc.) en sélectionnant les informations d'intérêt géographique. Cette veille témoigne des impacts des évolutions climatiques en cours mais aussi des solutions adoptées et des perspectives pour y faire face. Elle témoigne donc des capacités d'adaptation des sociétés d'une manière comparative à travers la planète entière. Cette présentation est régulièrement actualisée selon le principe d'archives glissantes, sur un pas de temps de deux à trois mois environ.

Mise à jour : 14 février 2012. Pour retrouver des archives antérieures :

> septembre et octobre 2011

> juillet et août 2011

> mai et juin 2011

> mars et avril 2011

> janvier et février 2011

> novembre et décembre 2010

> septembre et octobre 2010

> juillet et août 2010

> mai et juin 2010

> mars et avril 2010

    Europe et Proche-Orient

Allemagne, 18 janvier 2012

>> Le défi de l'éolien offshore : le rattachement au réseau

www.bulletins-electroniques.com/actualites/68825.htm

Le Gouvernement fédéral vient de mettre en place un groupe de travail intitulé "accélération de la construction des réseaux offshore", qui s'est réuni pour la première fois le lundi 16 janvier 2012. Coordonné par le syndicat "éolien offshore" [1], son rôle est de lever les difficultés allongeant les délais d'autorisation de construction des turbines et des réseaux. Réunis autour d'une même table par le Ministre de l'économie Philipp Rösler, les constructeurs, les exploitants, les gestionnaires de réseaux, l'Office fédéral pour la navigation et l'hydrographie (BSH), les assureurs, l'agence fédérale des réseaux (BNA) ainsi que les Länder côtiers sont désormais chargés de trouver des solutions rapides et satisfaisantes.

En effet, l'Allemagne s'est fixée l'objectif de produire 25 GW d'électricité en mer du Nord et en mer Baltique d'ici 2030. En 2011, seules 2.000 des 8.000 turbines prévues ont reçu leur autorisation. Les dimensions gigantesques des turbines offshores (150 mètres au dessus de l'eau, rotors de 120 mètres de diamètre) sont un défi pour les constructeurs. Néanmoins, avec des constructions prévues jusqu'à 200 km des côtes, c'est bien le rattachement au réseau terrestre qui présente le plus de difficultés. Le gestionnaire de réseau sur les côtes allemandes, Tenet, avait déjà tiré la sonnette d'alarme auprès des autorités : "la construction de systèmes de connexion des installations offshore n'est plus soutenable à cette vitesse et sous cette forme".

Le BSH, en charge des autorisations d'installations en mer, a parallèlement proposé d'établir un plan annuel des réseaux offshore, afin d'accélérer la mise en place des objectifs gouvernementaux. Ce plan comprendra les tracés de passage des câbles sous-marins et les lieux de connexions au niveau des côtes. Cette planification du territoire sous-marin devrait permettre d'une part de limiter les dommages écologiques (la mer des Wadden en mer du Nord est une zone protégée [2]) et d'autre part de tenir compte des conditions climatiques et océaniques, les courants étant particulièrement forts dans la région, ainsi que des nombreuses épaves gisant dans les fonds marins [3]. Le BSH a mené des recherches sur les impacts environnementaux des installations expérimentales du parc "Alpha Ventus" depuis 2008 et devrait les poursuivre cette année afin de mieux évaluer le passage des oiseaux et des mammifères marins. Pour ces derniers, et notamment les baleines, le BSH impose désormais pour la délivrance de son autorisation que le bruit des éoliennes ne dépasse pas 160 décibels dans un périmètre de 750 mètres.

[3] 2.600 épaves en mer du Nord et en mer Baltique
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] le syndicat "éolien offshore" (allemand) www.offshore-stiftung.com
- [2] Plus d'information sur la mer des Wadden : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_des_Wadden
Sources :
- "Flaute in den Windparks gefährdet Energiewende", die Welt - 12/01/2011
- "Rösler gibt Startschuss für die Arbeitsgruppe Beschleunigung", communiqué de presse du BMWi - 16/01/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/VxmYr

Rédacteurs : Edith Chezel, edith.chezel@diplomatie.gouv.fr - http://www.science-allemagne.fr
Origine : BE Allemagne numéro 555 (18/01/2012) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT

Belgique, 1er décembre 2011

>> Les polluants organiques contaminent les poissons

www.bulletins-electroniques.com/actualites/68374.htm

Aux fines herbes, au fenouil ou à la provençale, le bar est un classique de la gastronomie européenne. Les Méditerranéens le connaissent mieux sous le nom de "loup", car la bête est vorace et engloutit chaque jour bon nombre de petits poissons et autres crustacés. Comme les grands cétacés, le bar est au bout de la chaîne alimentaire marine. Et c'est bien ça son problème... Depuis plusieurs dizaines d'années, l'activité humaine a relâché dans l'environnement des quantités considérables de polluants organiques et inorganiques, comme les PCB naguère utilisé comme isolant électrique, ou le DDT employé comme insecticide pour lutter contre la malaria, sans oublier différents métaux toxiques. Aujourd'hui, la production de ces polluants est interdite ou sévèrement contrôlée, mais le mal est fait car il s'agit de molécules très persistantes. Il faut des dizaines d'années pour qu'elles se dégradent. Avec le ruissellement des eaux, ces polluants se retrouvent dans les rivières, puis dans la mer où ils contaminent d'abord le phytoplancton avant de remonter toute la chaîne alimentaire : zooplancton, petits poissons, gros poissons... comme le bar justement. Plus l'organisme vivant est haut dans la chaîne, plus il est contaminé.

Perturbation du système endocrinien

"Le problème des polluants organiques, explique Joseph Schnitzler, chercheur au laboratoire d'océanologie de l'UL g, c'est qu'ils ressemblent aux hormones. Ils ont donc tendance à perturber le fonctionnement de certaines glandes comme la thyroïde, les ovaires ou les testicules. Les fonctions biologiques menacées sont essentielles : reproduction, régulation de la chaleur, croissance, etc."

Pour étudier l'impact des polluants organiques sur la thyroïde du bar, Joseph Schnitzler a embarqué à bord de plusieurs navires océanographiques, notamment le Thalassa de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), et a plongé ses filets dans cinq estuaires européens : la Gironde, la Charente, la Loire, la Seine et l'Escaut. Après analyse, le chercheur liégeois peut affirmer que le muscle des bars provenant des deux derniers estuaires, qui sont aussi les plus pollués, contient sensiblement plus de PCB que les autres. Mais est-ce à dire que ces poissons sont en moins bonne santé ? Ou à tout le moins que leur thyroïde fonctionne moins bien ? Pour le vérifier, Joseph Schnitzler a regardé des échantillons de thyroïde au microscope. Les différences ne sont pas spectaculaires. Le bar de l'Escaut présente toutefois des follicules de thyroïde plus petits en moyenne que les autres. Ce qui doit entraîner, paradoxalement, une plus grande production d'hormones. " Le paradoxe n'est qu'apparent, estime le chercheur. C'est probablement un effort de compensation de l'organisme car, à cause des polluants organiques, les hormones qui circulent dans le corps sont moins efficaces. Il faut donc en produire plus. "

Pour pousser plus loin les recherches, il a entamé une collaboration avec l'université d'Anvers, où il a eu la possibilité de travailler, non plus avec des poissons prélevés dans un estuaire, mais sur des bars d'élevage. L'expérience consistait à faire varier, dans cinq aquariums séparés, le taux de pollution imposé aux poissons : de nul à très élevé, en passant par des niveaux moyens comparables à ce qu'on trouve actuellement dans l'environnement. " Je m'attendais à retirer des poissons de plus petite taille de l'aquarium le plus pollué, confie l'océanologue. Mais il faut être honnête, ce n'est pas le cas. Pourtant, les thyroïdes sont manifestement atteintes. Plus les aquariums sont pollués, plus les follicules sont de taille et de formes différentes. " L'étape suivante est l'étude de l'effet de ces polluants organiques sur les oeufs de poissons. Car le rôle des hormones, notamment thyroïdiennes, est particulièrement important durant cette période de développement de l'animal.

Modérer sa consommation

Cela dit, il serait imprudent d'attendre les conclusions définitives de ce genre d'étude pour réduire la production de polluants organiques. Certes, nous ne produisons plus de PCB ou même de DDT, mais l'industrie chimique invente chaque jour de nouvelles molécules qui les remplacent et causent le même type de problème.

Et la santé de la mer, indépendamment des équilibres écologiques globaux, cela nous concerne immédiatement. " Si vous consommez trois fois sur un mois du bar provenant des régions côtières de la Seine ou de l'Escaut, a calculé Joseph Schnitzler, vous dépassez la dose de PCB considérée comme nocive pour la santé. Et certains poissons de mer, comme le thon, le saumon ou l'espadon, sont encore plus contaminés. "

Pour en savoir plus, contacts :
- Université de Liège - Le 15e jour du mois n° 208 - Novembre 2011
- Article complet sur le site www.reflexions.ulg.ac.be  (rubrique Terre/océanologie).
Sources :
- Le 15e jour du mois n° 208 - mensuel de l'université de Liège
- Département des relations extérieures et communication - www.ulg.ac.be/le15jour

Rédacteurs : Clément Violet
Origine : BE Belgique numéro 57 (01/12/2011) - Ambassade de France en Belgique / ADIT

Espagne, 17 janvier 2012

>> Changement de position du gouvernement espagnol sur la question du nucléaire

www.bulletins-electroniques.com/actualites/68803.htm

L'arrivée du Partido Popular (PP) de Mariano Rajoy au pouvoir marque un changement de position du gouvernement espagnol sur la question du nucléaire. Le nouvel exécutif a ainsi tranché des questions en suspens depuis des années, et les premiers résultats des tests de résistance des centrales ont orienté de nouvelles décisions concernant le parc nucléaire espagnol. Ces nouvelles dispositions viennent modifier la situation présentée dans un rapport rédigé par notre service en mars 2011 [1].

L'Espagne choisit l'emplacement de son futur centre de stockage de déchets de haute activité

L'Espagne n'est pas encore dotée d'installations de stockage de déchets radioactifs de haute activité. Elle conserve une partie du combustible usé dans les piscines de ses centrales nucléaires et transfère le reste vers les usines de retraitement françaises. Seulement les piscines vont bientôt arriver à saturation, et la France souhaite renvoyer à l'Espagne ses résidus de haute activité. Depuis 2011 la France facture ainsi 60.000 euros par jour au gouvernement ibérique la conservation de ces déchets sur son territoire. Pour des raisons économiques et stratégiques, la création d'un centre unique pour la gestion de ce type de résidus sur le territoire espagnol est donc capital pour la péninsule.

L'ATC, pour Almacén Temporal Centralizado (stockage temporaire centralisé) sera un site dédié aux résidus de haute activité. Le système est prévu pour conserver à sec pendant 60 années tous les déchets de haute activité espagnols via un système d'espaces modulaires. Le Congrès espagnol a approuvé en 2004 l'ouverture des candidatures pour l'emplacement du futur ATC, mais le processus administratif n'a démarré qu'en 2009 et le dossier piétine depuis cette date. Le gouvernement présidé par M. Rajoy a rapidement mis fin au débat en approuvant à l'unanimité la localisation de l'ATC dès son deuxième Conseil des Ministres, le 30 décembre 2011. Efficacité pour certains, précipitation pour d'autres, cette attitude du nouveau gouvernement est un message fort en ce qui concerne la politique nucléaire du pays.

Ainsi, la municipalité de Villar de Cañas (Cuenca) hébergera l'ATC et son centre technologique. Des voix s'élèvent déjà contre ce choix, mais il est peu probable que le gouvernement fasse marche arrière. L'évaluation de Villar de Cañas a obtenu la meilleure qualification parmi des critères comme la topologie, la sismicité, l'hydrologie, mais également des critères socioéconomiques. Pour la région, fortement touchée par le chômage, l'impact économique de l'ATC sera très probablement positif. Le budget total du projet est estimé à 700 millions d'euros, et en moyenne 300 personnes travailleront sur le site pendant les cinq premières années (qui incluent la construction). A terme ce sont environ 150 emplois directs qui seront crées pour permettre le fonctionnement du site de stockage. Le centre technologique pourra quant à lui faciliter l'installation d'entreprises de services liées au secteur nucléaire, dynamisant ainsi le tissu économique local.

La centrale nucléaire de Garoña ne fermera probablement pas en 2013

La centrale nucléaire de Garoña, qui est entrée en service en 1971, entame en 2012 sa quarante et unième année de fonctionnement. C'est la plus vieille centrale nucléaire d'Espagne actuellement en fonctionnement. En Europe, les licences d'exploitation des centrales sont généralement accordées pour 30 ou 40 ans, mais avec la possibilité de les prolonger. En Espagne, un amendement de la Ley de Economia Sostenible (LES, Loi d'Economie Durable) autorise ainsi le renouvellement de la licence d'exploitation au-delà de 40 ans suivant des conditions strictes. C'est ce qui a permis à la centrale nucléaire de Garoña d'obtenir en 2011, sous le gouvernement Zapatero, deux ans de fonctionnement supplémentaires, ce qui reportait sa fermeture à 2013. L'allongement de la durée de vie des centrales nucléaires au-delà de 40 ans avait alors fait débat. Ce débat vient d'être rouvert avec la nouvelle stratégie énergétique du gouvernement Rajoy.

Foro Nuclear (une association des industriels espagnols du secteur nucléaire) a proposé que la licence soit accordée jusqu'à 60 ans, dans le but d'éviter l'émission de gaz à effet de serre. A l'inverse, les écologistes défendent une fermeture échelonnée du parc nucléaire espagnol, en commençant justement par la centrale de Garoña. De son côté, le nouveau gouvernement mené par M. Rajoy serait plutôt favorable à un prolongement de l'exploitation de la centrale de Garoña jusqu'en 2019. Avant de statuer sur cette question le gouvernement consultera le Consejo de Seguridad Nuclear (CSN, Conseil de Sûreté Nucléaire). Le CSN est en effet le seul organisme compétent chargé d'informer sur les conditions techniques et les possibilités d'une prolongation de la vie utile des centrales nucléaires. Aucune décision ne sera prise avant que le CSN ne se prononce via un rapport détaillé, qui constituera sans doute un élément clé du dossier.

Or, toujours selon le CSN, la centrale de Garoña a passé les tests de résistance avec succès. Ainsi, même si des mises à niveau techniques doivent être conduites, a priori le CSN ne devrait pas s'opposer à un prolongement de son exploitation. Quelle qu'elle soit, la décision qui sera prise pour la centrale de Garoña est très attendue car elle fera en quelque sorte jurisprudence. En effet, avec une moyenne d'âge de 26,5 années, le parc nucléaire espagnol sera chaque fois plus confronté à la problématique de la durée de vie de ses centrales.

Les centrales nucléaires espagnoles passent les tests de résistance avec succès

Après la catastrophe de Fukushima au Japon, les autorités de régulation de l'énergie nucléaire se sont engagées à réaliser des tests permettant d'apporter des réponses en ce qui concerne la fiabilité et la résistance des centrales nucléaires européennes. L'Association des Régulateurs du Nucléaire en Europe Occidentale (WENRA en anglais), a élaboré une liste de sept points qui doivent être pris en compte pour tester les centrales. Tous ces points sont en relation avec des évènements extrêmes, naturels ou non : tremblements de terre, inondations, perte du système de réfrigération etc. Après que le mode opératoire ait été définitivement adopté, les centrales ont eu six mois pour mener à bien ces tests et en tirer les conclusions nécessaires.

Toutes les centrales nucléaires espagnoles ont passé les tests avec succès, c'est-à-dire que pour faire face aux scenari extrêmes envisagés, aucun problème urgent n'a été détecté. L'ensemble du parc nucléaire espagnol répond ainsi aux exigences de l'Union Européenne, mais des améliorations sont possibles. Celles-ci seront développées en trois phases. Le CSN devrait tout d'abord présenter d'ici quelques semaines un document intitulé Instrucciones Técnicas Complementarias (Instructions Techniques Complémentaires) qui servira de base aux travaux d'amélioration. Entre juin et décembre 2012 les mesures légères et des études complémentaires seront menées. Puis entre 2013 et 2014 des modifications plus profondes de la conception des systèmes de sécurité seront effectuées. Enfin à long terme, les opérateurs des centrales devront réaliser entre 2015 et 2016 tous les travaux nécessitant une construction ou une modification complète des systèmes de sécurité.

Parmi les équipements déjà prévus on recense : des groupes électrogènes et pompes diesel, un bâtiment de gestion de crise propre à chaque centrale, un centre de gestion des urgences nucléaires basé à Madrid, doté en matériel et en personnel pour intervenir sur n'importe quel réacteur en 24 heures. Quel sera le coût de toutes ces mesures ? Aucun montant n'a pour l'instant été annoncé. En se basant sur l'exemple de la France, chaque réacteur nécessitera au moins plusieurs dizaines de millions d'euros d'investissement. Sachant que huit réacteurs sont en fonctionnement en Espagne, des sommes de l'ordre de 500 millions d'euros sont à prévoir. La présidente du CSN, Carmen Martinez Ten a indiqué que les exploitants n'auraient pas le choix : soit ils réalisent les améliorations indiquées, quel que soit leur coût, soit la centrale ferme. Un scénario que veut justement éviter le gouvernement.

Conclusion

La position du gouvernement Rajoy en ce qui concerne le nucléaire marque un choix clairement assumé : l'Espagne ne peut se passer de l'énergie nucléaire. Ainsi, même si la construction de nouveaux réacteurs n'est à priori pas envisagée, comme l'a encore rappelé récemment le nouveau ministre de l'industrie M. Jose Manuel Soria, des investissements importants seront effectués pour exploiter le parc existant pendant encore plusieurs dizaines d'années. D'où la nécessité du fameux ATC dont l'emplacement a enfin été choisi après sept ans d'hésitation. Mais les écologistes craignent que ces investissements grèvent le secteur des énergies renouvelables, fortement dépendant des primes aux énergies " propres ".

Pour en savoir plus, contacts :
[1] Rapport d'Ambassade : L'industrie nucléaire en Espagne, Philippe Chabarot, mars 2011 -
www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm11_011.htm

Sources :
- El Almacén Temporal Centralizado se construirá en Villar de Cañas, Plataforma SINC, 30/12/2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/Dryi3
- El Gobierno pedirá un informe sobre la prolongación de la vida útil de Garoña, EuropaPress, 05/01/2012 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/VL7T1
- Las centrales nucleares aprueban los test de resistencia, Europa Press, 22/12/2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/gXpF0

Rédacteurs : Philippe Chabarot, Chargé de Mission au SST - service.scientifique@sst-bcn.com
Origine : BE Espagne numéro 111 (17/01/2012) - Ambassade de France en Espagne / ADIT

Espagne, 16 novembre 2011

>> Les nouvelles règlementations pour l'éolien espagnol perturbent le développement du secteur
, www.bulletins-electroniques.com/actualites/68185.htm

L'Espagne est le quatrième producteur mondial d'énergie éolienne derrière la Chine, les Etats-Unis et l'Allemagne. La péninsule vient d'ailleurs de battre son record de couverture de la demande électrique grâce à ses aérogénérateurs. Des doutes apparaissent cependant, à l'échelle nationale comme locale, quant au déploiement de nouveaux parcs.

Record de couverture de la demande électrique

Le dimanche 6 novembre à 2h du matin, l'énergie éolienne a battu un record historique en Espagne en assurant la couverture de 59,6% de la demande électrique de la péninsule. Mais que signifient réellement ces chiffres ? Cela signifie d'abord que l'éolien a assuré la production de près de 60% de l'énergie consommée à un instant donné (quelques minutes) : c'est insuffisant pour évaluer la part de l'éolien dans le mix énergétique. On préfèrera des échelles de temps plus significatives, comme le mois ou l'année. Attention donc à l'interprétation qui pourrait être faite de ce record certes encourageant. On retiendra plutôt qu'en 2010, selon le Ministère de l'Environnement, les énergies renouvelables ont été la principale source d'électricité avec 32,3% de la production, devant les centrales thermiques à gaz (32%) et le nucléaire (20,6%).

Un autre facteur fondamental à prendre en compte est la variabilité de la ressource éolienne. Actuellement en Espagne, les statistiques montrent que les éoliennes produisent par exemple plus d'électricité de nuit que de jour. Un reflet supplémentaire de la fluctuation de cette énergie pour laquelle le pays dispose de peu d'outils de régulation. Ainsi avec 21.000 MW installés, les aérogénérateurs peuvent produire de 150 MW à 15.000 MW d'électricité. Et en termes de couverture de la demande cela varie de 1% à 59,6%. Une fourchette large et difficilement contrôlable. Pour satisfaire la demande de base, le réseau doit certes exploiter au maximum les énergies renouvelables mais il doit pouvoir aussi assurer à tout instant la demande sans leur contribution. C'est là tout le défi du développement des smart-grids par exemple, qui doivent permettre une meilleure intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique.

La carte éolienne catalane

Avec 851 MW au 31 décembre 2010, la Catalogne représente 4% de la puissance éolienne installée en Espagne, tandis que le Plan d'Energie de Catalogne fixe un objectif de 3.500 MW à l'horizon 2015. Cet objectif ambitieux (puissance installée multipliée par 4 en 5 ans), doit s'accompagner de projets éoliens de grande envergure, dont le premier parc éolien offshore d'Espagne qui verra le jour au large de Tarragone.

Mais ces projets doivent s'inscrire dans ce qui est couramment appelé en Catalogne " la carte éolienne ", qui définit les zones autorisées pour l'implantation de sites de production d'énergie éolienne. La nouvelle carte qui aurait ainsi dû permettre un déploiement massif de l'éolien n'a toujours pas été approuvée car le tribunal supérieur de justice catalan a suspendu les accords d'implantation. En cause, l'absence d'étude d'impact environnemental, pourtant indispensable dès que l'on aborde le thème de la durabilité. Le gouvernement autonome cherche donc à conclure cette étude avant la fin de l'année en même temps qu'il a fait appel de la décision du tribunal.

Le débat autour du Decreto Eolico

En septembre dernier la Comisión Nacional de Energia (CNE) a reçu de la part du Ministerio de Industria, Comercio y Turismo (MICYT) une proposition de décret quant au cadre légal qui régule le secteur éolien. C'est ce décret qui fixera la rétribution des parcs éoliens qui entreront en fonctionnement à partir de 2013. Le conseil consultatif du CNE, composé d'entreprises, associations et représentants de gouvernements autonomes s'est majoritairement déclaré contre cette proposition. En cause, la rentabilité des projets qui se voit affectée et qui rendrait la construction de nouveaux parcs non viable. En conséquence, il se produirait un gel du secteur et l'impossibilité de remplir les objectifs de l'Union Européenne en ce qui concerne la production d'énergies renouvelables à l'horizon 2020.

Pour favoriser l'implantation et le développement des énergies renouvelables il existe en effet des primes qui " rémunèrent " la production électrique éolienne : seulement il y a un plafond horaire annuel et un nombre d'années maximum pendant lequel un parc de production peut recevoir des primes. D'autre part il existe un tarif de rachat minimum du kWh produit. Ce sont tous ces paramètres qui sont révisés à la baisse dans la proposition de décret du MICYT (jusqu'à 44% pour les primes) et qui font gronder les professionnels du secteur. De plus le nouveau décret prévoit de retirer le contrôle des parcs aux communautés autonomes, en faveur de l'administration centrale. Afin de trouver un consensus, la CNE a proposé le 7 novembre un décret modifié, suivi de peu par une contre-proposition du MYTIC, accompagnée d'une déclaration du Ministre affirmant que le décret ne serait pas voté sans l'approbation de l'Asociación Empresarial Eólica (Association Patronale de l'Eolien, AEE).

Mais les professionnels du secteur éolien se sont à nouveau prononcés contre le décret, et il incombe désormais au nouveau gouvernement qui sera élu la semaine prochaine de décider du sort du nouveau décret de régulation 2013-2020. L'AEE craint désormais de se retrouver sans cadre régulateur pour janvier 2013, à l'heure où les stratégies et les investissements se décident déjà pour ces horizons.

Le Plan de Energias Renovables (PER) déçoit

Le Plan de Energias Renovables 2011-2020 a enfin été approuvé par le gouvernement lors du Conseil des Ministres le 11 novembre dernier. Avec 11 mois de retard, à une semaine des élections donc dans l'impossibilité de l'appliquer, cette annonce a déçu les acteurs du secteur. On relève notamment que ce plan révise à la baisse l'objectif relatif à la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie par rapport à celui communiqué à l'été 2010 (22,7% contre 20,8% pour le nouveau PER). Des orientations qui semblent contradictoires au bon développement des énergies renouvelables en Espagne qui ont fait du pays un bon élève (voire un leader) européen en la matière.

Sources :
- Iberdrola apoya el decreto eólico que critican sus competidores, Cinco Dias, 17/10/2011
- El decreto del "apagón" eólico, La Voz de Galicia, 14/11/2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/3MQpF
- El PER aprobado por el Gobierno va contra las recomendaciones de la Agencia Internacional de la Energia, Ecoticias, 14/11/2011 - www.ecoticias.com/imprimir_noticia.php?id_noticia=57101
- El PER, un plan "decepcionante" para la fotovoltaica : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/huU6N
- Fundación Renovables: "El PER nace mal y tarde" : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/KBJVG

Rédacteurs : Philippe Chabarot, Chargé de mission - service.scientifique@sst-bcn.com
Origine : BE Espagne numéro 109 (16/11/2011) - Ambassade de France en Espagne / ADIT

Italie, 7 février 2012

>> L'Italie premier pays au monde dans le photovoltaïque

www.bulletins-electroniques.com/actualites/69049.htm

Il existe au moins un domaine où l'Italie est plus forte que l'Allemagne, et ce domaine c'est le photovoltaïque. Selon un rapport de l'IHS, centre californien spécialisé dans les énergies renouvelables, en 2011 l'Italie a pris la tête de la production d'électricité photovoltaïque, devant l'Allemagne. Dans son rapport "I-Supply Market Brief", l'IHS estime que le total de nouvelles installations photovoltaïques en Allemagne pour l'année 2011 atteind 5,9 GW (GigaWatt) ce qui représente une chute de 20% part rapport à 2010. Dans le même temps, l'Italie a presque doublé le nombre de nouvelles installations, ce qui représente 6,9 GW en 2011.

Production d'électricité d'origine photovoltaïque en Italie
Crédits : GSE

Les raisons de ce changement de position sont d'une part la saturation du marché allemand, et d'autre part, les fortes incitations de la part du gouvernement italien. " Depuis 2009, l'Allemagne était le numéro un mondiale - explique Henning Wicht, directeur de recherche sur le marché photovoltaïque, dans le rapport californien - grâce à la forte demande des citoyens allemands pour les panneaux solaires domestiques, et des investisseurs public. Mais alors que la demande allemande stagnait durant la première moitié de 2011, les subventions publiques offertes en Italie se sont démontrées attrayantes, et ont encouragé l'installation d'équipements solaires, en donnant la première place à l'Italie ". L'Allemagne occupe donc la deuxième place du classement en 2011, suivie des Etats-Unis (2,7 GW de photovoltaïque installé en en 2011), de la Chine (1,7 GW), du Japon (1,3GW) et de la France (1GW). Le nombre total de nouvelles installations photovoltaïques dans le monde, représente une capacité de 24 GW, ce qui est en forte augmentation (+34%) par rapport à l'année précédente, et ce malgré une conjoncture économique plutôt défavorable.

L'exploit Italien est d'autant plus considérable que les Etats-Unis et la Chine ont un territoire beaucoup plus vaste, une population respectivement 5 fois et 20 fois supérieure à celle de l'Italie, et un PIB plus important (les Etats-Unis sont la première puissance économique, et la Chine la deuxième). Au niveau régional, la Toscane a enregistré le nombre record de 8347 nouvelles installations que l'électricien ENEL a raccordé aux réseaux en 2011, soit deux fois plus qu'en 2010, ce qui correspond à 337 MW installés en 2011, et qui équivaut à quatre fois plus qu'en 2010. Autres régions remarquables, la région des Pouilles est la région où la puissance installée est la plus importante (2188,8MW pour 22949 installations) et la Lombardie est la région qui comptabilise le plus d'installations (1317MW pour 48523 installations).

En analysant les données entre début 2010 et début 2012, il est possible de remarquer que la puissance installée en début d'été 2011 atteignait une valeur 8 fois supérieure par rapport à début 2010, avec un rythme qui n'est pas amené à ralentir en 2012. Les prévisions de REF-E (Recherches pour l'Economie et la Finance - observatoire indépendant dans les domaines de l'économie, l'ingénierie, les énergies et l'environnement) sont un doublement de la puissance installée avant la fin 2012, avec une puissance installée de près de 15000MW en décembre 2012.
De quoi ensoleiller l'Italie !

Pour en savoir plus, contacts :
- www.gse.it
- www.ref-e.com

Sources :
- http://redirectix.bulletins-electroniques.com/jZbiz
- www.mercatoelettrico.org/Newsletter/20120119newsletter.pdf
- GSE - Rapporto statistico 2010 - Solare fotovoltaico

Rédacteurs : Romain TRICARD
Origine : BE Italie numéro 100 (7/02/2012) - Ambassade de France en Italie / ADIT

Norvège, 21 novembre 2011

>> Un rapport sur l'impact environnemental de la pisciculture

www.bulletins-electroniques.com/actualites/68248.htm

Un rapport publié récemment par l'IMR (Institut de Recherche Marine) [1] pour le compte du Ministère de la Pêche et des Affaires Côtières [2] montre que la pisciculture, notamment du saumon, aurait, dans plusieurs comtés, des impacts très négatifs sur l'environnement.

Le Finnmark, le comté le plus septentrional du pays, a une concentration d'élevages très faible et a longtemps été épargné par l'impact négatif de l'aquaculture. Ce comté a dorénavant de sérieux problèmes de poux de mer (petits crustacés qui se nourrissent de la chair du poisson) et de modifications génétiques sur la population sauvage de saumon et de truite (dus à l'évasion de poissons d'élevage, qui se reproduisent avec des poissons sauvages) [3].

Depuis 2009, le gouvernement norvégien a inscrit la pisciculture dans une stratégie de développement durable fixant des objectifs concernant son impact sur l'environnement et le poisson sauvage, et précisant notamment l'impact des maladies diverses, des évasions et de la pollution engendrée sur les populations de poisson sauvage. Le rapport de l'IMR déclare clairement " [...] il est très probable que les effets sur l'environnement de l'aquaculture soient en conflit avec les objectifs de la stratégie de développement durable [...]". Cette conclusion est identique à celle d'un précédent rapport datant de janvier 2011, qui avait pour objectif de réaliser une première évaluation de ce type de risque. "Le rapport fournit de nouvelles données sur les poux de mer et le nombre d'évasions de poissons de culture. La situation a empiré depuis l'année dernière.", annonce Geir Lasse Taranger, un des auteurs du rapport et chercheur à l'IMR [4]. Les chercheurs ont classé chaque comté en trois catégories (vert, jaune et rouge), en fonction de la probabilité que l'impact de la pisciculture soit en désaccord avec les objectifs de durabilité fixés par le gouvernement. Le Finnmark est classé dans la catégorie jaune. Il était vert en janvier. Rogaland a eu une tendance positive en passant de jaune à vert, tandis que Hordaland reste classé dans la catégorie rouge.

La proportion de saumons sauvages et truites de mer attaqués par les poux de mer est un bon indicateur de l'impact environnemental de la pisciculture à l'échelle régionale. Le risque est considéré comme modéré quand plus de 10% des poissons sauvages sont infectés par les poux de mer. Il est considéré comme élevé quand les 30% sont dépassés. "Il y a une connexion entre l'importance de la pisciculture dans un comté et la quantité de poux de mer trouvée sur les poissons sauvages, mais un lien direct entre ces deux faits n'est pas encore avéré.", précise Geir Lasse Taranger. "Nous avons trouvé beaucoup de poux de mer sur les poissons sauvages en 2008 et en 2011, surtout dans les régions de Hardanger et de Hordaland. Cela ne signifie pas qu'il y avait plus de poux dans les élevages, mais que les conditions pour la propagation ont été favorables.", ajoute-t-il.

Il existe un certain nombre de mesures contre les poux de mer. Dans certaines régions, ces mesures semblent avoir bien fonctionné en début de saison, en mai et juin. Cela correspond à la période durant laquelle le saumon sauvage retourne dans l'océan, une contamination importante a donc été évitée. Cependant, une forte concentration, plus tard dans l'été, a touché les populations de truite de mer, qui restent proches de la côte durant toute la saison.

Le rapport souligne un certain nombre de lacunes dans la connaissance des poux de mer, notamment concernant la propagation de maladies propres aux poissons d'élevage vers les populations de poissons sauvages.

Pour en savoir plus, contacts :
- [1] Rapport de l'IMR (norvégien) : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/gHAz8
- [2] Ministère de la Pêche et des Affaires Côtières : www.regjeringen.no/en/dep/fkd.html?id=257
- [3] Article Forskning.no modifications génétiques saumons sauvages :
www.forskning.no/artikler/2011/august/295798
- [4] Dr. Geir Lasse Taranger : geirt@imr.no
Sources : Article Forskning.no : www.forskning.no/artikler/2011/oktober/300607

Rédacteurs : Stanislas MERLET, Mission Scientifique, Ambassade de France en Norvège, smerlet@france.no
Origine : BE Norvège numéro 103 (21/11/2011) - Ambassade de France en Norvège / ADIT

Royaume-Uni, 23 janvier 2012

>> Métaux stratégiquement importants : rapport de la House of Commons

www.bulletins-electroniques.com/actualites/68870.htm

Lors de l'installation, le 30 mars 2011, du Comité pour les métaux stratégiques (COMES), Eric Besson, ministre chargé de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, a rappelé que "le fonctionnement dit en flux tendu de l'industrie fait qu'une ressource manquante, fut-elle accessoire, déstabilise toute une chaîne de production [...] Sécuriser l'approvisionnement en métaux stratégiques des industriels français est donc une priorité pour le gouvernement". La même préoccupation est tangible au Royaume-Uni, et le Select Committee de la House of Commons a publié le 17 mai 2011 un rapport i...

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Notes:
1. Voir "Science et Technologie au Royaume-Uni", janvier-février 2011, p. 28
2. Quantité de métal présente dans des minéraux en concentration suffisamment élevée pour rendre son extraction économiquement viable.
3. Ensemble de documents légaux établis par le Parlement et réglementant les entreprises britanniques.
4. Source : Wikipédia.

Pour en savoir plus, contacts :
- Strategically important metals, House of Commons Science and Technology Committee, 4 May 2011
- Strategically important metals: Government response to the committee's fifth report of session 2010-12, 7 September 2011

Rédacteurs : Maggy Heintz
Origine : BE Royaume-Uni numéro 113 (23/01/2012) - Ambassade de France au Royaume-Uni / ADIT


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   Amériques

Etats-Unis, 27 janvier 2012

>> Le changement climatique, enjeu majeur pour la sécurité mondiale

www.bulletins-electroniques.com/actualites/68928.htm

La 12ème conférence annuelle du National Council for Science and the Environment (NCSE) - un réseau de 500 organisations, universités, ONG, "think tanks" et industries, avec pour mission de faciliter l'interaction entre scientifiques et décideurs politiques - s'est tenue du 18 au 20 janvier 2012 à Washington. Intitulée "Environnement et Sécurité", cette conférence a permis de rassembler près de 1000 participants afin d'explorer différents aspects du sujet et de tenter d'en fournir une synthèse.

Si les scientifiques figuraient en bon nombre parmi les intervenants, la conférence faisait également la part belle aux militaires et aux représentants du ministère de la défense américain (DoD). Ces dernières années, les forces armées américaines se sont progressivement intéressées à l'impact négatif que le changement climatique pourrait avoir sur leurs missions, et les conséquences possibles en termes de sécurité pour les Etats-Unis. Ainsi, le changement climatique a été reconnu comme priorité dans la "Stratégie pour la Sécurité Nationale" (document-cadre définissant les priorités stratégiques des Etats-Unis) en 2010 [1], et les forces armées - notamment l'US Navy [2] et les Marines [3] - ont adopté des objectifs ambitieux pour réduire leur dépendance aux énergies fossiles, identifiée comme une vulnérabilité majeure.

Des membres éminents de l'administration Obama, comme Nancy Sutley, présidente du Conseil sur la Qualité Environnementale de la Maison Blanche (CEQ), Lisa Jackson, administratrice de l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA) ou encore Steve Koonin, jusqu'à récemment sous-secrétaire à l'Energie (Department of Energy), étaient également venus présenter la position du gouvernement et son action dans ce domaine. Les débats ont principalement portés sur l'impact du changement climatique en termes de sécurité et les solutions à envisager.

Nancy Sutley, présidente du CEQ
Crédits : MS&T

Un problème multithématique

Les participants s'accordent à dire que des thématiques aussi diverses que l'énergie, la nourriture, l'eau, la santé, ou le développement sont étroitement liées ; par conséquent, le changement climatique aura des conséquences profondes et multiples. Il convient également de prêter attention aux conséquences imprévues qui peuvent découler des décisions publiques. A titre d'exemple, Geoff Dabelko, directeur du programme "changement environnemental et sécurité" au Woodrow Wilson International Center for Scholars, cite l'objectif de l'Union Européenne (UE) d'utiliser 10% de biocarburants pour le secteur des transports d'ici 2020. Cette décision, prise dans le but de réduire la dépendance énergétique de l'UE au pétrole, a également eu comme effet indésirable d'augmenter la déforestation en Asie du Sud-Est afin d'augmenter la production de biocarburant à base d'huile de palme [4].

La croissance importante de la population mondiale est également une préoccupation partagée par de nombreux intervenants. Ils préviennent que s'il est techniquement possible de supporter une population de 9 ou 10 milliards d'habitants à l'horizon 2050, la qualité de vie en sera fortement affectée et les inégalités s'accroisseront. Ainsi, réduire la croissance de la population devrait être un objectif prioritaire, et passe obligatoirement par l'éducation des filles, notamment dans les pays en voie de développement.

Lutter contre le changement climatique, d'abord un problème de communication ?

Selon de nombreux intervenants, le message de l'urgence de la situation n'est pas encore bien assimilé par le public. "Les gens ne perçoivent [réellement] les changements environnementaux que lorsqu'ils concernent leur environnement immédiat" déclare Nancy Sutley ; un constat confirmé par les enquêtes d'opinion auprès du public américain [5]. Pour le vice-amiral Neil Morisetti, Ambassadeur itinérant "Changement Climatique et Sécurité" de la Royal Navy britannique, aborder le changement climatique comme une question de sécurité nationale permettrait de mieux toucher le public et de lui faire comprendre la gravité de la situation.

A l'instar des efforts du DoD en la matière, le changement climatique et ses conséquences doivent être systémiquement pris en compte au sein du processus de décision, non seulement par les pouvoirs publics, mais également par le secteur privé et la société civile, souligne Nancy Sutley. En outre, il est également nécessaire de permettre une meilleure coopération aussi bien au sein du gouvernement qu'avec les pays étrangers, puisque "personne ne peut régler ces problèmes tout seul", déclare Sherri Goodman, vice-présidente du Center for Naval Analysis (CNA).

Selon Mme. Goodman, le changement climatique est un "facteur aggravant" et amplifie les dangers déjà existants, prenant comme exemple le lien constaté entre les inondations exceptionnelles au Pakistan en 2010 et une recrudescence du terrorisme dans la région. Soulignant l'importance des "points de basculement" dans l'évolution du climat [6], susceptible d'entraîner une dégradation très rapide du climat passé un certain seuil, elle prévient que les Etats-Unis devraient se préparer au changement climatique de la même façon qu'ils ont fait face au risque de bombardement nucléaire pendant la guerre froide, en décrétant une mobilisation nationale pour contrer un événement distant mais catastrophique.

Sherri Goodman, vice-présidente du CNA
Crédits : MS&T

Un facteur de division et de tensions diplomatiques

L'ambassadeur Peter Wittig, représentant permanent de l'Allemagne aux Nations-Unies, explique qu'il existe un certain consensus aux Nations-Unies sur le fait que le changement climatique présente un risque pour la sécurité mondiale. En revanche, les tentatives d'amener le Conseil de Sécurité à prendre en compte cette notion se sont pour l'instant révélées vaines, en raison d'une conception traditionnelle de la sécurité et de la crainte de voir se développer des accusations de responsabilité entre pays développés et en voie de développement ("blame game"), une tendance constatée lors des négociations internationales sur le climat. En effet, "la question du changement climatique est souvent vue comme un instrument de l'Occident", déplore l'ambassadeur Wittig, alors que les pays les plus pauvres et les plus fragiles sont souvent les plus à risque face au changement climatique. "Il existe une ligne de fracture diplomatique sur cette question".

Dans cette optique, l'exemple du Bangladesh a été abondement étudié et commenté par les intervenants, dont le Major Général Muniruzzaman, ancien officier de l'armée de terre du Bangladesh. Ce dernier a rappelé que les conséquences du changement climatique seront particulièrement dramatiques dans ce pays situé principalement au niveau de la mer. Ainsi, la montée du niveau de la mer pourrait réduire de 28% le territoire du pays d'ici la fin du siècle. Le Major Général Muniruzzaman souligne également l'aggravation des problèmes d'approvisionnement en eau potable dont souffrira la région, et évoque les incidents régionaux qui risquent d'émerger face aux déplacements des nombreux "réfugiés climatiques". Tous ces facteurs peuvent conduire à un accroissement des tensions et une déstabilisation des pays de la région du Sud-Ouest asiatique, une perspective préoccupante puisque certains sont dotés de l'arme nucléaire.

"L'Inde est déjà en train d'entourer le Bangladesh d'une barrière, et prévoit de l'électrifier. Qu'arrivera-t-il lorsque des milliers de réfugiés tenteront de passer ?" interpelle-t-il.

L'adaptation au changement climatique, indispensable mais délicate

Une session était dédiée à la résilience au changement climatique, soit la capacité d'une société à s'adapter et à survivre aux modifications de son environnement. Les intervenants ont souligné l'importance de mettre en place au plus vite des politiques d'adaptation afin d'anticiper certaines conséquences inévitables du changement climatique. Pour développer la résilience de la société, il convient d'envisager l'impact du changement climatique à l'échelle d'écosystèmes entiers et placer l'innovation au centre des politiques publiques, déclare Heather Grady, vice-présidente de la fondation Rockefeller. Il est également possible de concevoir des politiques publiques présentant des synergies. Ainsi, Andrew Steer, envoyé spécial pour le changement climatique de la Banque Mondiale, évoque l'exemple de l'adoption de cultures plus adaptées au climat en Afrique, une mesure combinant aide au développement et séquestration du carbone dans les sols. Enfin, David Orr, professeur à l'université du Vermont, précise que les obstacles aux politiques d'adaptation sont moins d'ordre financier que culturel. "Nous ne sommes pas un pays pauvre, mais nous utilisons [nos ressources] de façon inadéquate."

Cependant, certains mettent en garde contre le fait de donner trop d'importance à l'adaptation. "L'adaptation permet atténuer les conséquences néfastes du changement climatique, mais elle n'est pas une solution [durable]" prévient le Major Général Muniruzzaman, en désaccord avec d'autres panelistes. "C'est une solution à court terme pour un problème à long terme".

La question de la géo-ingénierie comme solution pour combattre le changement climatique a brièvement été évoqué par l'assemblée. Pour les scientifiques, la discipline manque cruellement de recherche, non seulement sur les conséquences, mais aussi sur la faisabilité technique des solutions théorisées, comme la pulvérisation d'aérosols en haute atmosphère ou la fertilisation des océans en fer [7] [8]. Et la question même d'envisager la géo-ingénierie fait débat. "Le simple fait d'en parler fait penser à certaines personnes qu'il s'agit d'une solution envisageable, d'une bouée de sauvetage [...] alors qu'en fait nous n'en savons rien" met en garde Margaret Lienen, directrice de l'institut océanographique de Harbor Branch à l'université de Floride Atlantique.

D'autres sessions de la conférence NCSE ont permis d'aborder les questions de sécurité énergétique, alimentaire et sanitaire, elles feront l'objet d'un second article à paraître dans le prochain numéro du Bulletin Electronique Etats-Unis.

Pour en savoir plus, contacts :
- [1] "Obama redefines national security strategy, looks beyond military might" - The Washington Post - DeYOUNG Karen - 27/05/2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/JSaeP
- [2] "U.S. Navy Places World's Largest Biofuel Order" - Earth911.com - MAZZONI Mary - 07/12/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/y3Fyt
- [3] "Afghanistan's Green Marines Cut Fuel Use by 90 Percent" - Wired.com - ACKERMAN Spencer - 13/01/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/QYjir
- [4] "European Biofuels Are as Carbon Intensive as Petrol, New Study Suggests" - ScienceDaily - 03/11/2011 - www.sciencedaily.com/releases/2011/11/111103212157.htm
- [5] "L'opinion publique américaine prend (un peu) conscience du changement climatique" - Bulletins Electroniques Etats-Unis n°272 - MARTY Gabriel - 06/01/2012 -
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68712.htm

- [6] "Climat : vers le point de rupture ?" - Greenpeace - Paris - Avril 2009 - 12 pp. -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/OGIEX
- [7] "Géoingénierie: quatre traitements de choc pour sauver la planète" - Slate.fr - SOLLETTY Marion - 31/03/2010, mis à jour le 04/10/2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/pacnZ
- [8] "Climat : la géo-ingénierie n'est plus un concept stratosphérique" - Bulletins Electroniques Etats-Unis n°225 - MAGAUD Marc - 05/11/2010 - www.bulletins-electroniques.com/actualites/65013.htm
Sources : Conférence NCSE "Environment and Security" du 18 au 20 janvier 2012, Washington. Site internet de la conférence : www.environmentandsecurity.org

Rédacteurs : Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambascience-us.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 275 (27/01/2012) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT

Etats-Unis, 27 janvier 2012

>> Les biocarburants : état des lieux et perspectives

www.bulletins-electroniques.com/actualites/68934.htm

Depuis près de cinq ans, les avancées concernant les nouvelles sources d'énergies renouvelables représentent la priorité la priorité de recherche pour les chercheurs et les industriels du secteur. Les biocarburants sont mis au premier plan avec la diversité des matières premières permettant leur production, ainsi que leur caractère "durable". Les Etats-Unis représentent la deuxième production mondiale de biocarburants après le Brésil. Tous deux sont les principaux producteurs mondiaux d'éthanol, avec près de 50 milliards de litres produits en 2010 par les Etats-Unis.

Le programme Renewable Fuel Standard (RFS)

L'agence de protection de l'environnement américaine (EPA) a lancé en 2007 le programme nommé Renewable Fuel Standard (RSF1), établissant les règles et les chiffres clés concernant la production de biocarburants. Ce programme a été établi dans le cadre de la loi Energie de 2005 (Energy Policy Act of 2005). L'objectif d'utilisation d'un volume minimum de biocarburant dans les transports avait été fixé à 33 milliards de litres d'ici 2012.

Depuis mai 2009, l'EPA a revu son programme près de trois fois pour éditer le RFS2. Ce nouveau programme a pour objectif de développer le secteur des biocarburants en vue de diminuer les importations et d'assurer la sécurité énergétique du pays. Il a été établi en cohérence avec les objectifs fixés dans la loi de sécurité et de l'énergie de 2007 (Energy Independence and Security Act of 2007) qui sont d'intégrer du biocarburant dans le diesel, d'atteindre les 158 milliards de litres de biocarburants en 2022, de définir des catégories selon le type de matière première utilisée et de prendre en compte les émissions de gaz à effet de serre. D'autres actions, énoncées dans ce programme, permettront de lister tous les producteurs de biocarburants et de gérer plus efficacement les RIN (Renewable Identification Number) ou les D-code qui définissent les types de biocarburants.

Les biocarburants sont classés en 4 catégories, dont chacune est affectée d'un objectif en termes de volumes à produire:
- le biocarburant cellulosique (cellulosic biofuel) produit à partir de bois, d'herbes, ou de parties non comestibles des plantes (cellulose, hemicellulose, lignine)
- le diesel produit à partir de biomasse (biomass based diesel) qui est un substitut du diesel produit à partir de déchets d'origine animale (graisses de volaille, déchets de volailles et autres) ou à partir de déchets solides municipaux, des boues et des huiles dérivées du traitement des eaux usées;
- les biocarburants dits "avancés" (advanced biofuel) issus de tout type de biomasse (déchets agricoles ou forestiers ou d'autres sources de biomasse durable, y compris les algues) à l'exception de maïs . Cette catégorie inclut le biocarburant cellulosique et le diesel produit à partir de biomasse;
- les biocarburants (renewable fuel) - toutes catégories confondues - qui représentent la quantité totale de biocarburant utilisable dans les transports venant de sources dites "renouvelables" incluant l'éthanol de maïs.

L'évolution de la production de biocarburant entre 2011 et 2012 est présentée dans le tableau ci-dessous :

Crédits :

Les prévisions de production de biocarburants sont en hausse pour 2012. L'objectif est que 9% du carburant utilisé dans les transports soient issus de sources renouvelables en 2012. Cependant, selon les prévisions de l'institut Pike Research, il persistera un écart entre la production de biocarburants aux Etats-Unis et la demande en biocarburants dès 2012.

Crédits :

Afin d'atteindre les objectifs de production du RFS2, des investissements conséquents sont nécessaires. L'USDA prévoit la nécessité de construire 527 raffineries supplémentaires qui permettraient de produire 151 millions de litres de biocarburants par an, pour un coût total de construction d'environ 168 milliards de dollars [1].

Concernant les objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le RFS2 prévoit une diminution globale de 20% des émissions pour les biocarburants totaux, avec une diminution de 50% pour le diesel produit à partir de biomasse et pour les biocarburants dits "avancés", et de 60% pour le biocarburant cellulosique. Selon les sources spécifiques de biocarburant, la diminution d'émission de gaz à effet de serre est prévue à 20% pour l'éthanol produit à partir de maïs, 40% pour le biocarburant produit à partir de soja et de colza, et 60% pour l'éthanol produit à partir de canne à sucre.

Les investissements dans les projets de recherche

La communauté scientifique est notamment mobilisée sur le thème des biocarburants, en particulier de seconde et troisième générations. Comme nous l'évoquions dans de précédents articles, le département de l'agriculture américain (USDA) va prochainement débloquer 44,6 millions de dollars supplémentaires pour subventionner de nouveaux projets relatifs au développement de biocarburants [2].

Dans le MidWest, les équipes de recherche sont mobilisées, sous forme de consortia, avec l'appui de subventions importantes provenant notamment de l'USDA ou du département de l'énergie américain (DOE). Ces équipes, telles que le centre de recherches en bioénergie Great Lake qui regroupe plusieurs états du MidWest, travaillent en collaboration avec les laboratoires du DOE ou le laboratoire national de Berkeley en Californie. Les travaux concernent les procédés de transformation mais également la diversification des sources de matières premières. Des études ont ainsi été réalisées pour optimiser la production de biocarburants à partir de cameline et de switchgrass avec la bactérie E. Coli par exemple [3,4]. La production de biocarburant à base d'algues semble également offrir des opportunités pour les années à venir [5].

Les actions, études et investissements récents

Les principales avancées à ce jour concernent les secteurs aéronautique et naval.

La Navy (marine nationale américaine) a effectué plusieurs essais prometteurs avec des carburants contenant un mélange d'essence et de biocarburant. Le dernier essai date de décembre dernier avec une péniche de débarquement sur coussin d'air (landing craft air cushion) utilisant un mélange à 50% de biocarburant produit à partir d'algues. Les essais réalisés avec les avions de la Navy se sont également avérés concluants [6]. La Navy a signé, en janvier 2010, un accord de partenariat avec l'USDA pour développer la production et l'utilisation des biocarburants et de toutes sources d'énergies renouvelables. Les prochains essais ne sont pas encore programmés, mais la Navy prévoit déjà l'achat d'un volume de près de 2 millions de litres de biocarburants pour 2012.

L'administration d'Obama va débloquer 510 millions de dollars supplémentaires dans les trois années à venir pour soutenir les projets de recherche et de développement de biocarburants pour l'aviation et la flotte navale. Par ailleurs, l'USDA, dans le cadre de son programme pour l'énergie rurale américaine (Rural Energy for America Program), a subventionné à hauteur de 4,2 millions de dollars, l'installation de 266 pompes à essence mélangeant éthanol et essence dans 30 états différents [7].

Selon une étude menée par la société Cardno-Entrix en 2011, l'ensemble de ces investissements a conduit à la création de plus de 31.000 emplois en 2011, généré des revenus de près de 1.7 milliards de dollars dans l'écosystème économique, et créé 628 millions de dollars de taxes fiscales tant au niveau fédéral, des états que dans les communes. Cependant, certaines aides pour le développement de biocarburants disparaissent. Pour favoriser le développement de biocarburant dit "avancés", en 2004, il avait été mis en place un crédit d'impôt pour l'éthanol de maïs (Volumetric Ethanol Excise Tax Credit) d'un montant de 45 cents par gallon. Cette aide vient de prendre fin le 31 décembre 2011 [8]. Des répercussions sont à prévoir sur les prix du marché des biocarburants.

Le coût d'achat du biocarburant chez le producteur est aujourd'hui trois fois plus élevé que le carburant classique. Tom Vilsack, secrétaire de l'agriculture, a annoncé lundi 16 janvier que l'administration d'Obama poursuivrait ses efforts pour aider les exploitants et les entreprises à augmenter les volumes de production. Cela se fera au travers de subventions, de prêts et d'allègements fiscaux pour la construction de raffineries de biocarburants et de centres de recherche. Le soutien financier devrait s'élever à 1 milliard de dollars. L'administration soutiendra aussi les agriculteurs, financièrement mais également dans le cadre de programmes d'accompagnement, afin qu'ils utilisent leurs ressources non alimentaires pour la production de biocarburants.

Malgré toutes ces aides, il n'est pas certain que les biocarburants deviennent économiquement viables et ce même pour le secteur de l'aviation qui devrait représenter 20% du marché des biocarburants à l'horizon 2020. Des efforts restent à fournir en termes d'optimisation du coût de production, du rendement et du prix de vente.

Selon l'institut Pike Research, la marché mondial des carburants devrait représenter 1 400 milliards de litres par an d'ici 2021. La demande en diesel pour les transports terrestres serait de 1 600 milliards de litres par an, et celle pour l'aviation et la marine de 750 milliards de litres par an. En estimant la production de biocarburant à 158 milliards de litre en 2022, cela ne représentera que 4% du marché totale des carburants utilisés pour les transports.

Les objectifs, les capacités et les moyens de production des biocarburants seront des éléments clés pour les prochaines années aux Etats-Unis s'ils veulent devenir indépendant énergétiquement et les tendances montrent qu'ils vont devoir continuer à importer !

Pour en savoir plus, contacts :
- [1] A USDA Regional Roadmap to Meeting the Biofuels Goals of the Renewable Fuels Standard by 2022 - USDA - 23/06/2010 - www.usda.gov/documents/USDA_Biofuels_Report_6232010.pdf
- [2] Le département américain de l'agriculture poursuit les subventions pour des projets relatifs aux biocarburants - 04/11/2011 - www.bulletins-electroniques.com/actualites/68078.htm
- [3] La promotion de la cameline comme source de biocarburant : l'USDA s'engage pour établir une filière intégrée - 16/12/2011 - www.bulletins-electroniques.com/actualites/68576.htm
- [4] Le switchgrass : une source de biocarburant efficiente - 06/01/2012 -
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68706.htm

- [5] Biocarburants à base d'algues : poursuite des recherches malgré un contexte économique défavorable - 28/10/2011 - www.bulletins-electroniques.com/actualites/68055.htm
- [6] LCAC 91 Achieves Navy's Fastest Maritime Surface Craft Speed on Algal Fuel Blend - 09/12/2011 - www.navy.mil/search/display.asp?story_id=64290
- [7] USDA Helps Install Ethanol Blender Pumps - Ann Marie Edwards - 17/12/2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/AZKz3
- [8] End of ethanol tax credit may impact gas prices, Wisconsin's economy - 13/01/2012 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/TVNMC
Sources :
- National Renewable Fuel Standard Program : Overview - EPA - 15/04/2010 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/kaYE5
- Renewable Fuel Standard (RFS) - EPA - 21/11/2011 -
www.epa.gov/otaq/fuels/renewablefuels/index.htm
- EPA Finalizes 2012 Renewable Fuel Standards - EPA - Dec 2011 -
www.epa.gov/otaq/fuels/renewablefuels/documents/420f11044.pdf
- Biodiesel is not Biomass-based Diesel - www.betalabservices.com/biofuels/biomass-based-diesel.html
- Truly Sustainable Renewable Future - Admin - 17/03/2009 -
http://advancedbiofuelsusa.info/truly-sustainable-renewable-future
- Vilsack highlights U.S. Navy biofuels partnership - Biofuels Business Staff - 11/01/2012 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/nryVe
- Federal Legislation - American Coalition for ethanol - 2012 - www.ethanol.org/index.php?id=78
- Biofuels will fly high, U.S. officials predict - 17/01/2012 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/lELMm
- Biodiesel industry cranking out record volume in 2011 - National Biodiesel Board - 18/08/2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/uepZW
- Biofuels markets and technologies - Mackinnon Lawrence & Clint Wheelock - 2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/PzPDM

Rédacteurs : Cécile Camerlynck, deputy-agro.mst @consulfrance-chicago.org ; Adèle Martial, attache-agro.mst@consulfrance-chicago.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 275 (27/01/2012) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT

Etats-Unis, 13 janvier 2012

>> Le Département de l'Energie met à jour sa stratégie pour les matériaux stratégiques

www.bulletins-electroniques.com/actualites/68791.htm

Le 22 décembre dernier, le Département de l'Energie (DoE) publiait une mise à jour de sa Stratégie pour les Matériaux Critiques [1]. Ce rapport, qui fait suite à la première édition parue en décembre 2010, entend évaluer la criticité de matériaux-clés - notamment les terres rares - pour le développement de technologies "vertes", telles que les éoliennes, les véhicules électriques ou les ampoules électriques à basse consommation, à l'instar de ce qu'à déjà fait l'Union Européenne [2].

"Ce rapport fournit des éléments afin de faciliter la transition vers les énergies "propres" [et] d'identifier des stratégies pour pouvoir faire face à de possibles pénuries de matériaux critiques dans les années à venir" déclare le secrétaire à l'énergie Steven Chu.

Les terres rares, un sujet d'inquiétude pour les autorités américaines

Parmi ces matériaux stratégiques, les terres rares sont souvent présentées comme particulièrement problématiques. Les terres rares constituent un groupe de 17 éléments chimiques comme le néodyme, le samarium ou le terbium, indispensables à la fabrication de nombreux composants électroniques de pointe, en particulier dans le domaine de l'armement et des technologies vertes [3].

En matière de production des terres rares, la Chine se trouve en position "quasi-monopolistique" en contrôlant 95% de la production mondiale. Dans le but de relancer la production de terres rares hors de Chine, plusieurs mines sont actuellement en développement, la plus avancée étant celle de Mountain Pass en Californie, qui devrait atteindre 20000 tonnes en 2012. Cependant, les analystes prédisent qu'il faudra 5 à 10 ans avant que ces installations soient capables de rivaliser avec leurs concurrents chinois.

Les pays développés craignent que cette situation ne fasse peser à court terme des risques importants sur leurs approvisionnements. La décision de la Chine de réduire significativement les exportations de terres rares (-40% en 2010) a amené les autorités américaines à prendre conscience de la précarité de leur situation.

En conséquence, celles-ci ont pris des mesures afin d'évaluer précisément la portée du risque et d'envisager plusieurs solutions pour tenter de remédier au problème. Au Congrès, où cette question fait l'objet d'un certain consensus, l'approvisionnement en terres rares a fait l'objet de plusieurs propositions de lois depuis 2010. L'administration Obama a également chargé le Département de la Défense et celui de l'Energie d'établir des stratégies pour les domaines militaires et civils.

Une analyse de marché détaillé

Le rapport du DoE présente une analyse de marché détaillée des matériaux stratégiques, avec une estimation de la production et de différents scénarios d'évolution de la demande pour chaque matériau étudié.

Au cours de la dernière décennie, les prix ont été très volatils, et la croissance de la demande a été très rapide, tirée par le développement des énergies propres et par celui des appareils électroniques grands publics (télévision écran plat, téléphone portable...). Par contraste, l'offre n'a pas suivi l'évolution de la demande. Malgré une volonté politique forte, de nombreux facteurs s'opposent à une diversification de la production, notamment le manque de compétitivité économique et de main-d'oeuvre compétente pour relancer la production en dehors de Chine.

Certains matériaux plus critiques que d'autres

Parmi les résultats présentés dans le rapport, ceux de l'analyse de criticité permettent de distinguer aisément quels matériaux stratégiques sont susceptibles de poser des problèmes. Réalisée sur 16 matériaux jugés essentiels au développement des technologies vertes - terres rares ou autres, l'analyse note de 1 à 4 le risque sur l''approvisionnement et l'importance au secteur des énergies propres, afin de déterminer le "niveau de criticité" de chaque matériau. Les résultats sont présentés sous forme de "matrices de criticité" du risque à court terme et à moyen terme (cf. ci-dessous).

Matrice de criticité à court terme (présent-2015). Abscisse : risque à l'approvisionnement. Ordonnée : Importance au secteur des énergies propres.
Crédits : 2011 Critical Materials Strategy, U.S. Department of Energy

Matrice de criticité à moyen terme (2015-2025). Abscisse : risque à l'approvisionnement. Ordonnée : Importance au secteur des énergies propres.
Crédits : 2011 Critical Materials Strategy, U.S. Department of Energy

5 matériaux - dysprosium, terbium, europium, yttrium et néodyme - sont considérés comme "critiques" à court et à moyen terme; ce sont les mêmes qui ont été identifiés lors de l'étude de 2010 (moins l'indium). Si le risque est également jugé important pour d'autres matériaux comme le cérium, le lanthane ou le tellure, il a tendance à décroitre au fil du temps.

Les aimants permanents et l'éclairage efficient, deux technologies menacées

Le rapport se focalise sur 3 secteurs technologiques particuliers, afin d'évaluer précisément leur vulnérabilité à un risque de rupture d'approvisionnement en matériaux stratégiques :
- Les terres rares jouent un rôle important dans le raffinage du pétrole : le lanthane est utilisé comme catalyseur pour le craquage des produits pétroliers, et sert ainsi à augmenter le rendement du raffinage du pétrole en carburant. Cependant, au vu de la capacité d'ajustement des raffineries et du moindre risque de rupture de l'approvisionnement, le risque reste limité.
- Le néodyme et le dysprosium sont utilisés dans la fabrication d'aimants permanents, composants indispensables des moteurs des éoliennes et des véhicules électriques. Le risque important qui pèse sur ces matériaux pousse les constructeurs à minimiser l'emploi d'aimants permanents et influence la conception de leurs produits. Ainsi, les fabricants de véhicules électriques ont désormais tendance à privilégier l'utilisation de moteurs à induction ou à reluctance variable plutôt que les moteurs à aimants permanents.
- Le secteur de l'éclairage efficient est en forte croissance, une tendance renforcée par la disparation programmée de l'éclairage à incandescence dans plusieurs pays, notamment en Europe et aux Etats-Unis à partir de 2012 [4]. Cependant, cette demande risque d'impacter négativement les ressources en europium, terbium et yttrium - utilisés notamment dans les lampes fluoro-compactes (CFL) - dans des proportions significatives, particulièrement à court terme. A moyen terme, les lampes à technologie LED - contenant une quantité bien plus faible de terres rares - devraient prendre plus d'importance sur le marché, et limiter les risques liés à l'approvisionnement.

Les priorités de la stratégie : diversifier, substituer, recycler

Le rapport permet également au DoE de présenter son "plan recherche et développement" (R&D) pour répondre aux problèmes d'approvisionnement en matériaux stratégiques. Celui-ci repose sur 3 piliers : diversifier les approvisionnements, développer des substituts et encourager le recyclage et la réutilisation.

Si la R&D n'est pas un facteur déterminant pour la diversification de la production, elle permet néanmoins d'améliorer les processus d'extraction et de séparation du minerai, afin de les rendre plus efficaces, plus compétitifs et plus respectueux de l'environnement. En revanche, la R&D joue un rôle primordial lorsqu'il s'agit de développer des substituts aux matériaux les plus critiques, comme les terres rares lourdes.

De par les quantités importantes de déchets électriques et électroniques (DEEE) produites chaque année, les Etats-Unis disposent de ressources potentielles considérables en matériaux stratégiques, qu'il est cependant difficile d'exploiter à l'heure actuelle. Afin de développer le recyclage et le réemploi de ces ressources actuellement gaspillées, un robuste programme de R&D est essentiel aussi bien en amont de la production (concevoir des produits avec moins de ressources) qu'en aval (développer des procédés plus efficaces pour recycler les produits).

A travers différents groupes de travail organisés au cours de l'année 2011, le DoE a mis l'accent sur la coopération internationale avec des pays dans une situation similaire (Union Européenne, Japon) ou qui cherchent à devenir producteur de terres rares (Canada, Australie).

Les efforts de R&D en matière de substitution progressent

La diversification des sources de production prendra nécessairement plusieurs années et le recyclage pose des problèmes aussi bien logistiques que techniques - il est pour l'heure difficile de recycler efficacement les terres rares présentes en faibles quantités dans les CFL. Mais la recherche pour trouver des éléments de substitution aux terres rares est en bonne voie.

Des chercheurs de l'université de Northeastern (Boston, Massachussets) ont récemment annoncé être parvenus à fabriquer un aimant permanent sans utiliser de terres rares. En place du dysprosium habituellement utilisé, l'équipe du professeur Don Heiman, professeur de physique à Northeastern, a réalisé un alliage nanoscopique de manganèse-gallium arrangé de telle manière à produire un champ magnétique suffisamment puissant pour pouvoir rivaliser avec celui des aimants à base de terres rares [5].

La plupart des programmes de recherche du DoE se concentrent sur la création d'aimants permanents avec peu ou pas de terres rares. Ainsi, par l'intermédiaire de son Agence pour la Recherche Avancée dans l'Energie (ARPA-E) et son programme REACT, le DoE finance 14 projets de recherche dans ce domaine pour un total de 31,6 millions de dollars (30 millions d'euros) [6].

Pour en savoir plus, contacts :
- [1] "US Department of Energy Critical Materials Strategy" - 22/12/2011 - 197 pp. -
http://energy.gov/sites/prod/files/DOE_CMS_2011.pdf
- [2] "Critical raw materials for the EU" - European Commission - 30/07/2010 - 84 pp. -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/B2ir4
- [3] ""Terres rares et humanum est" : les Etats-Unis inquiets de leur dépendance envers la Chine" - Bulletins Electroniques Etats-Unis 221 - MARTY Gabriel, MAGAUD Marc - 01/10/2010 -
www.bulletins-electroniques.com/actualites/64638.htm
- [4] "New lighting Standards Begins in 2012" - US Department of Energy -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/EQCC2

- [5] "Large coercivity in nanostructured rare-earth-free MnxGa films" - Applied Physics Letters n°99 - NUMMY, T.J., BENNETT S.P., CARDINAL T., HEIMAN D. - 22/12/2011 - 3 pp. -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/6LO4Y  (payant) - accessible gratuitement en pré-publication : http://arxiv.org/ftp/arxiv/papers/1111/1111.6267.pdf
- [6] Liste des projets de recherché finances par ARPA-E -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/2Tg3d  (mise à jour le 16/11/2011)
Sources :
- "Department of Energy Releases its 2011 Critical Materials Strategy" - US Department of Energy - 22/11/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/9N6Fz
- Présentation de David Sandalow, Assistant Secretary for Policy & International Affairs au Center for Strategic & International Studies, le 5 Janvier 2012. Vidéo disponible à :
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/MJqnu
- "Magnetic breakthrough may have significant pull" - Northeastern University News - 19/12/2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/HVST9
- "Researchers Develop Ultra Strong Non-Rare Earth Magnet" - CleanTechnica - BROWN Nicholas -
04/01/2012 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/kr9Qe
- "CRITICAL MATERIALS: DOE warns of short-term supply disruptions" - E&E News PM - QUINONES Manuel -
22/12/2011 - www.eenews.net/eenewspm/rss/2011/12/22/2  (par abonnement)

Rédacteurs : Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 273 (13/01/2012) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT

Etats-Unis, 6 janvier 2012

>> L'opinion publique américaine prend (un peu) conscience du changement climatique

www.bulletins-electroniques.com/actualites/68712.htm

Alors que la récente conférence de Durban a révélé le manque d'ambition des négociateurs américains et que s'ouvre une campagne présidentielle où la question du changement climatique n'occupe pas une place primordiale, quelle est la position du public américain par rapport au changement climatique ? Deux récentes études du"Yale Project on Climate Change Communication", parues à la fin 2011, permettent de fournir des éléments de réponse [1] [2].

La perception du changement climatique dans l'opinion s'accroît

La perception de la réalité du changement climatique reste globalement inchangée depuis mai 2011, avec 63% des personnes interrogées déclarant croire que le changement climatique existe, contre 17% qui déclarent le contraire.

Evolution des résultats à la question "Croyez-vous à la réalité du changement climatique ?"
Crédits : Mission pour la Science et la Technologie (MS&T), Ambassade de France aux Etats-Unis

Début 2010, cet indicateur avait enregistré une baisse de 14 points par rapport à 2008 mais il est partiellement remonté depuis. Cette baisse s'explique notamment par la crise économique et le retour au premier plan de considérations qui y sont liées (emploi, pouvoir d'achat...) au sein de l'opinion, mais aussi à cause d'une couverture médiatique moindre du sujet : en 2011, celle-ci représentait seulement un tiers de ce qu'elle était en 2007.

Cependant, interrogés sur l'origine du changement climatique, seuls 50% des sondés considèrent qu'il est principalement la conséquence de l'activité humaine, soit une progression de 3 points depuis mai 2011.

Répartition des résultats à la question "Pensez-vous que le changement climatique..." (Novembre 2011)
Crédits : MS&T

S'ils reconnaissent que le changement climatique existe, prés d'un tiers des sondés considèrent néanmoins que l'activité humaine n'est pas la principale responsable de ce phénomène. Ce résultat laisse entendre que la position dominante au sein du parti républicain - le changement climatique existe peut-être mais l'humain n'est pas responsable et a d'autres priorités - peut rencontrer une certaine résonance dans l'opinion.

Une majorité d'américains (57%) sont en désaccord avec l'affirmation "Avec le mauvais état de l'économie, les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre de combattre le changement climatique", une progression de 8 points depuis mai 2011.

Evolution des résultats à la question "Avec le mauvais état de l'économie, les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre de combattre le changement climatique"
Crédits : MS&T

"Les américains commencent à réfléchir à ce sujet sous un angle différent" déclare Anthony Leiserowitz, directeur du "Yale Project on Climate Change Communication". "Le réchauffement climatique est traditionnellement perçu comme un problème lointain dans le temps [...] et dans l'espace, dont les effets ne seront ressentis que dans une génération ou plus et qui concerneront principalement les ours polaires et les gens pauvres du Bangladesh. Les américains commencent à penser que le changement climatique peut nous affecter ici et dès maintenant."

65% des sondés estiment que le changement climatique affecte la météo aux Etats-Unis. Une majorité de sondés se disent convaincus que le changement climatique a aggravé des événements météorologiques récents comme les sécheresses au Texas et en Oklahoma, les inondations du fleuve Mississippi, les températures records enregistrées en 2011, ou encore l'ouragan Irène. "La plupart des gens n'ont pas une compréhension précise du changement climatique, des causes et des conséquences, de quels sont les impacts, ainsi il n'est pas surprenant qu'il le confonde avec d'autres choses" précise Leiserowitz. "Par exemple, nous savons que beaucoup de gens confondent [le changement climatique] avec le trou dans la couche d'ozone."

Le développement des énergies propres plus urgent que la lutte contre le changement climatique

85% des personnes interrogées déclarent que la protection de l'environnement a un effet bénéfique sur l'économie et la création d'emplois ou pas d'effet négatif. Ce résultat est en nette opposition avec le discours dominant le paysage politique, où les politiques publiques en faveur de l'environnement sont souvent perçues comme destructrices d'emploi.

Si les américains sont peu nombreux à désigner la lutte contre le changement climatique comme une priorité - seuls 38% souhaite qu'elle soit une priorité "très haute" ou "haute" pour les pouvoirs publics -, ils sont en revanche nettement plus nombreux à plébisciter le développement des énergies "propres" : 67% estiment qu'il devrait s'agir d'une priorité "très haute" ou "haute" pour les pouvoirs publics, et seuls 10% estiment qu'il s'agit d'une priorité "faible".

Répartition des résultats à la question "Pensez-vous que Changement Climatique/Développement des Energies propres devrait être une priorité basse/moyenne/haute/très haute pour le président et le Congrès ?"
Crédits : MS&T

En matière de politiques publiques, les sondés ont tendance à se montrer plutôt favorables à des mesures imposées par la loi s'il s'agit de développer les "énergies propres". Par exemple, une obligation légale pour les fournisseurs d'électricité d'assurer 20% de leur production aux moyens de sources d'énergies renouvelables est soutenue à 63% par l'opinion. Même dans le domaine fiscal, souvent politiquement sensible, 65% des personnes interrogées déclarent soutenir l'idée d'une taxe carbone qui "contribuerait à la création d'emplois et à diminuer la pollution", à condition qu'elle soit fiscalement neutre. Ce soutien se vérifie à la fois chez les démocrates (77%), les indépendants (69%) et les républicains (51%).

Cependant, les sondés s'opposent majoritairement aux subventions à une source d'énergie ou un secteur industriel particulier : 69% des personnes interrogées se déclarent opposées aux subventions fédérales aux énergies fossiles et 54% aux subventions à l'industrie du bioéthanol à partir de maïs.

L'analyse de l'opinion publique proposée par le "Yale Project on Climate Change Communication" révèle une mosaïque d'avis bien plus complexe que celle issue des sondages annuels conduits par les grands instituts spécialisés. S'ils restent encore peu convaincus que la lutte contre le changement climatique doit devenir une priorité nationale, les américains perçoivent désormais la problématique comme ayant un impact réel et sont très majoritairement favorables à des mesures qui réduiraient cet impact.

Pour en savoir plus, contacts :
- [1] "Climate Change in the American Mind" - Yale Project on Climate Change Communication - 07/12/11 - 23 pp. - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/cBPKM
- [2] "Public Support for Climate & Energy Policies in November 2011" - Yale Project on Climate Change Communication - 21/11/2011 - 25 pp. - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/Xewg8
Sources :
- "A Talk With Tony Leiserowitz on Public Attitudes Toward Climate Science and Policy" - Science Progress - POOL Sean, LIGHT Andrew - 29/06/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/WCsSA
- "Most Americans Link Bad Weather to Climate Change" - LiveScience - PAPPAS Stephanie - 13/12/2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/n31CC
- "Climate coverage down again in 2011" The Daily Climate - FISCHER Douglas - 03/01/2012 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/UuZ88

Rédacteurs : Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 272 (6/01/2012) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT

Etats-Unis, 2 décembre 2011

>> Les travaux de l'université de Wisconsin-Madison pour l'amélioration du "système alimentaire global"
, http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/68405.htm

On estime aujourd'hui à un milliard le nombre de personnes qui ne mangent pas à leur faim dans le monde, sachant que par ailleurs un milliard de personnes sont suralimentées. Tous les spécialistes sont d'accord pour affirmer que d'ici 2042 avec 9 milliards d'habitants, les problèmes actuels ne feront que s'accentuer : le changement climatique, l'épuisement des ressources actuelles, la croissance de la demande en énergie et l'augmentation des besoins alimentaires pour la population et également pour le bétail. Tous ces éléments impactent la production, la distribution et la consommation alimentaire.

L'insécurité alimentaire, tant au niveau de la quantité que de la qualité, est constatée dans toutes les régions du monde. Ces problèmes de sécurité alimentaire engendrent en parallèle une dégradation et une diminution des ressources naturelles, liées essentiellement à une mauvaise gestion humaine, une migration accrue de la population vers les zones urbaines et aux abords des frontières, et une instabilité économique et politique.

Paradoxalement, on estime aujourd'hui que 12 millions d'hectares de terres agricoles, qui pourraient produire près de 20 millions de tonnes de céréales ou d'autres matières premières, ne sont pas utilisés car elles ne sont pas cultivables du fait principalement de leur pauvreté en oligo-éléments essentiels, indispensable à la croissance des plantes. Et par ailleurs, on évalue, à travers le système alimentaire global, la perte ou le gâchis alimentaire à un tiers de la production alimentaire actuelle.

L'agriculture est au coeur de ces préoccupations. Située en amont de la chaîne alimentaire, elle est donc la première à avoir un impact sur la biodiversité et les ressources naturelles, notamment avec les rejets de gaz à effet de serre et la diminution de la fertilité des sols surexploités et aspergés de pesticides ou autres composés chimiques.

Ces préoccupations, qui sont reconnues aujourd'hui comme des priorités d'action au sein de la communauté scientifique aux Etats-Unis, donnent lieu à de nombreux travaux de recherches et études. Ainsi, dans le Wisconsin, l'université de Wisconsin-Madison s'est engagée dans le développement de projets destinés à améliorer et sécuriser le système alimentaire global.

La collaboration de l'université de Wisconsin-Madison pour la mise en place de nouvelles recommandations pour la sécurité du système alimentaire global

La commission internationale de l'agriculture durable et du changement climatique a été créée au début de l'année 2011 à l'initiative du groupe consultatif sur la recherche agricole internationale (CGIAR) dans son programme de recherche sur les changements climatiques, l'agriculture et la sécurité alimentaire (CCAFS). La création de cette commission est financée par la plateforme mondiale des donateurs pour le développement rural.

Cette commission est constituée de 13 éminents scientifiques de 13 nationalités différentes tel que le Pr. Sir John Beddington, exerçant au Royaume-Uni et président de la commission, le Dr Marion Guillou, présidente de l'INRA en France et, pour les Etats-Unis, le Pr. Molly Jahn, de l'université de Wisconsin-Madison [1] Le Pr. Molly Jahn a intégré la commission principalement pour apporter son expertise dans le domaine de la génétique des cultures, en particulier sur les résistances aux maladies, et sur les aspects économiques de ce domaine.

La commission a pour objectif de proposer des solutions pour sécuriser le système alimentaire actuel en associant les besoins humains aux ressources naturelles mondiales, au travers d'actions locales et internationales. Les objectifs de ce projet sont d'assurer la sécurité alimentaire, de promouvoir une agriculture raisonnée et de fournir des ressources alimentaires en quantité et en qualité suffisantes pour les populations concernées. Afin d'optimiser la mise en place de leurs actions et d'atteindre ces objectifs, la commission devra encore étudier et déterminer les régions prioritaires, présentant le plus de difficultés notamment avec la gestion des ressources naturelles, pour agir en premier lieu dans ces localités.

La commission compte se pencher sur 7 types de contraintes qui relèvent des politiques publiques, des investissements, du développement durable, des mesures de sécurité à mettre en place, du modèle de consommation, des déchets alimentaires et des systèmes de connaissances. Afin d'améliorer la mise en place des actions, la commission travaille à mobiliser les institutions suivantes : les gouvernements, les institutions internationales, les investisseurs, les producteurs/exploitants agricoles, les consommateurs, les entreprises du secteur agroalimentaire et les chercheurs et experts scientifiques internationaux. L'étude portera également sur l'aspect financier de la mise en place de ces actions, afin que tous les agriculteurs/producteurs, y compris les petites structures, aient les moyens d'instaurer ces changements dans leurs exploitations.

Les recommandations seront énoncées le 3 décembre prochain lors de la journée de l'agriculture et du développement durable à Durban, en Afrique du Sud ; et en 2012 au travers des différentes manifestations organisées sur cette question. Le rapport final de la commission sera publié au début de l'année 2012.

Travaux de recherche sur les pratiques agricoles à l'université de Wisconsin-Madison

Le Pr. Molly Jahn, professeur du département d'agriculture et des sciences de la vie, et directrice de la station expérimentale agricole à l'université de Wisconsin-Madison, est également sous-secrétaire de la recherche, de l'éducation et de l'économie au département de l'agriculture (USDA) depuis novembre 2009. Comme évoqué précédemment, le Pr. Molly Jahn et son équipe travaillent essentiellement sur la génétique, la génomique et la reproduction des plantes cultivées. Plus de 24 variétés de plantes développées par le Pr. Molly Jahn sont commercialisées actuellement dans le monde entier. Elle a également mené des projets en Afrique, en Asie et en Amérique latine pour déterminer les liens entre les variétés de plantes, mais elle s'est également investie sur des problématiques telles que l'amélioration de la nutrition humaine et l'augmentation des revenus agricoles. Afin d'améliorer les pratiques agricoles pour obtenir un système alimentaire global sécurisé, le Pr Molly Jahn s'est faite remarquée pour ses études sur l'identification de stratégies de recherche spécifiques à mettre en place. Le projet portait plus précisément sur le développement de la biodiversité des cultures, et les liens possibles entre la nutrition animale et les bénéfices pour la santé humaine. L'approche transversale entre les recherches agricoles, environnementales et sociétales a été mise en avant lors de cette étude. Le Pr. Molly Jahn a présenté ses recherches lors de la conférence du Collège d'Afrique sur la sécurité alimentaire, la santé et les connaissances actuelles qui s'est déroulée du 22 au 24 juin dernier.

Mobilisation au niveau fédéral pour un système alimentaire global

Le département de l'agriculture américain soutient et réalise différents types de recherches, études et programmes en vue d'améliorer le système alimentaire qui est une priorité actuelle. Les programmes d'aide alimentaire, notamment, visent les actions suivantes :
- L'alimentation dans le système alimentaire communautaire : promotion de la cuisine locale et saisonnière, introduction des exploitations agricoles dans les écoles et les collèges, présentation d'outils de recherche permettant de trouver des lieux de vente directement dans les fermes, support à l'agriculture durable [2] ;
- L'alimentation entrepreneuriale : élaboration d'un guide des ressources alimentaires industrielles, et promotion du développement économique durable pour les communes rurales [3] ;
- Les recherches sur le système alimentaire communautaire : présentation d'une analyse économique du système alimentaire actuel, programme pédagogique sur les actions à mener pour améliorer le système alimentaire, présentation des recommandations américaines pour assurer la sécurité alimentaire [4] ;
- Autres ressources : présentation des alternatives agricoles et des ressources pour développer une agriculture durable, communication sur les recherches favorisant le développement durable dans le monde agricole [5].

Exemple de projet porté à l'échelle locale par l'université de Wisconsin-Madison

Le département de l'agriculture a subventionné, en avril dernier, pour un montant de 5 millions de dollars le projet de développement d'un système alimentaire régional et local durable mené par Stephen Ventura, professeur en sciences des terres agricoles et environnement à l'université de Wisconsin-Madison. Le projet est mené en collaboration avec l'université du Michigan et l'entreprise Growing Power, qui soutient les collectivités pour développer des circuits d'alimentation accessibles aux populations défavorisées. Etablissant à 17 millions le nombre d'américains qui n'ont pas accès à une alimentation en quantité suffisante en 2009, ce projet a pour but de comprendre les besoins de ces personnes à faible revenu afin de leur facilité l'accès à une alimentation en quantité suffisante et à profil nutritionnel équilibré. Les recherches seront réalisées, en premier lieu, dans les villes de Milwaukee, Chicago et Détroit où l'insécurité alimentaire est un enjeu majeur. De telles actions visent à promouvoir le développement d'une agriculture durable et également celui du commerce de proximité afin de soutenir les populations à faible revenue afin d'accéder à une alimentation à profil nutritionnel équilibré et en quantité suffisante pour les générations actuelles et futures.

La sécurité alimentaire est aujourd'hui une préoccupation mondiale car tous les pays, développés ou non, y sont confrontés à plus ou moins large échelle. Les actions sont menées à différents niveaux, selon le type de population, les ressources des pays et les habitudes alimentaires régionales, sans oublier la prise en compte des contextes économiques et politiques.

Pour en savoir plus, contacts :
- [1] The commissioners - CCAFS Coordinating Unit -
http://ccafs.cgiar.org/commission/the-commissioners
- [2] Eating in a community food system - USDA - 24/08/2010 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/SCSFB
- [3] Food Entrepreneurship - USDA - 24/08/2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/lfjGW
- [4] Community food system research - USDA - 26/08/2010 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/dObdd

- [5] Additional Resources - USDA - 24/08/2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/SzWgC
Sources :
- Achieving food security in the face of climate change - CGIAR Research Program on Climate Change, Agriculture and Food Security (CCAFS) - Novembre 2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/HGPjg

- Reflecting the Wisconsin Idea: Working with Companies to Safeguard Foods - Nicole Miller - 21/09/2009 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/oihwS
- UW-Madison expert to discuss role of research in global food security - Jill Sakai - 21/06/2011 -
http://www.news.wisc.edu/19490
- Global commission delivers food security policy recommendations - Jill Sakai - 16/11/2011 -
http://www.news.wisc.edu/20040
- Community and regional food systems study gets a boost from USDA - Terry Devitt - 11/04/2011 -
http://www.news.wisc.edu/19252
- Molly Jahn - USDA - 2010 - www.usda.gov/oce/forum/bios/2010/Jahn.doc

Rédacteurs : Cécile Camerlynck, deputy-agro@ambascience-usa.org ; Adèle Martial, attache-agro.mst@consulfrance-chicago.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 269 (2/12/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT

Etats-Unis, 29 novembre 2011

>> Le milieu agricole soumis à une "pression réglementaire"
,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68330.htm

L'Agence pour la Protection de l'Environnement (EPA) a annoncé la publication d'une nouvelle réglementation relative aux poussières émises par les exploitations agricoles qui peuvent avoir un impact sur la santé humaine et/ou sur l'environnement. Ces poussières, de dimensions variables selon leur origine, sont par exemple issues des lieux de stockage comme les silos, émises par les camions de transport à coffre ouvert, les projections de pesticides, ou encore, produites par la combustion sur les champs de culture. Cette réglementation s'ajoutera aux nouvelles règles déjà publiées en décembre 2010 concernant la définition de critères pour les niveaux de pollutions des gaz à effet de serre, tels que le dioxyde de carbone, le protoxyde d'azote, des particules (plomb, ...), et d'autres composés chimiques tels que l'ozone et l'hexafluorure de soufre. L'eau, quant-à-elle, évoquée dans la loi "Eau Propre" (Clean Water Act), devrait également être revisitée quant à la concentration en pesticides; un recueil des données provenant des fermes d'élevages sera également constitué. Avec toutes ces réglementations, l'EPA se retrouve actuellement au premier plan des interactions avec le monde agricole.

L'EPA, organisation créée le 2 décembre 1970, élabore et fait respecter la règlementation sur l'environnement, gère les allocations budgétaires qui appuient les programmes environnementaux, effectue la recherche relative aux questions environnementales en créant des partenariats avec d'autres institutions telles que le département de l'agriculture américain. Il a également pour mission d'informer le public américain sur ses travaux et les questions relatives à l'environnement. La stratégie de l'EPA pour les années 2011-2015 comporte cinq objectifs. Le budget estimé pour l'année 2012 est de 8 973 millions de dollars [1], réparti comme suit:
1- Mettre en place des actions pour lutter contre les changements climatiques et améliorer la qualité de l'air (12,5%);
2- Protéger les ressources en eau (48,1%);
3- Favoriser le développement durable (22,4%);
4- Assurer la sécurité vis à vis des produits chimiques et la prévention de la pollution (7,8%);
5- Proposer des mesures, des procédures, des directives visant à renforcer les lois environnementales (9,2%).

Réduction des gaz à effet de serre émis par le milieu agricole

Basée sur la loi "Air Propre" (Clean Air Act) de 1990, qui promeut la protection et l'amélioration de la qualité de l'air sur le territoire américain ainsi que la protection de la couche d'ozone [2], la première réglementation relatives aux émissions de gaz à effet de serre concernant le secteur des transports (voitures, camions, ...) a été promulguée le 1 avril 2010. La seconde concernant la définition des critères polluants, publiée en décembre 2010, a pour objectif d'évaluer les quantités de gaz émis et de proposer des stratégies pour limiter les émissions. Cependant, cette réglementation s'ajoute aux 26 lois de l'EPA existantes et aux nombreux décrets et règles d'application transposés dans chacun des états. C'est pourquoi, les organisations professionnelles représentant les exploitants américains contestent cette nouvelle loi considérant que l'EPA fait de la sur-réglementation.

Le Bureau Fédéral des Exploitations Agricoles Américaines, rejoint par le Bureau des Exploitations Agricoles de Pennsylvanie, intentent un procès à l'EPA porté à la Cour Fédérale. Bob Stallman, président du Bureau Fédéral des Exploitations Agricoles Américaines, critique cette "surenchère" de l'EPA qui, selon lui, risque de nuire à la profession principalement pour des raisons budgétaires (achat de nouveaux matériels, coûts de production, ...). L'inquiétude se porte sur la rentabilité de l'activité si ces réglementations ne cessent de se multiplier. Selon Bob Stallman, ces dispositions sans précédent vont avoir de sévères répercussions sur la structure et la compétitivité de l'agriculture aux Etats-Unis. Le procès est toujours en cours mais le Bureau des Exploitations Agricoles de Pennsylvanie s'est retiré de celui-ci en septembre dernier.

Une nouvelle loi sur les poussières agricoles relance le débat de la sur-réglementation de l'EPA

Alors qu'en avril dernier, l'EPA disait ne pas vouloir mettre en place de réglementation concernant les poussières agricoles, celle-ci devrait pourtant être publiée prochainement. Philip Nelson, président du Bureau des Exploitations Agricoles de l'Illinois, au cours d'une audition publique a rappelé que les mesures citées dans la loi fédérale relative aux insecticides, fongicides et rodenticides, publiée en 1947, sont déjà très complètes, compréhensibles et efficaces. Cette loi détermine les règles d'enregistrement et d'étiquetage des pesticides. Elle a été réécrite en 1972 suite à la publication de la loi fédérale sur le contrôle des pesticides environnementaux. La loi fédérale de 1947 régule désormais également la commercialisation et l'usage des pesticides [3].

L'EPA vient de renforcer la loi "Eau Propre" existante avec une nouvelle réglementation générale sur les pesticides, qui a pris effet le 1er novembre dernier. Selon Philip Nelson, cette nouvelle réglementation risque d'engendrer un coût de près de 50 millions de dollars alors que les résultats n'amélioreraient ni la qualité de l'eau, ni la santé humaine.

Concernant l'émission des poussières par les exploitations agricoles, la loi sur la prévention de la régulation de la poussière est elle-aussi très complète et opérationnelle d'après Philip Nelson, et ne nécessiterait pas de nouvelle réglementation spécifique.

Le département de l'agriculture américain travaille sur l'amélioration de la qualité de l'air

Le département de l'agriculture américain ne ménage pas ses efforts au côté de l'EPA pour améliorer les performances environnementales du secteur agricole avec l'adoption d'une série de bonnes pratiques de protection et de mesures environnementales.

L'EPA et le département de l'agriculture américain ont établi un protocole d'entente (Memorandum of Understanding) entre leurs deux institutions afin de travailler ensemble pour préserver l'environnement et les ressources naturelles. Les deux institutions se sont mises d'accord pour un partage d'expérience (activités de recherche du département de l'agriculture américain, ...) et l'établissement d'un système participatif qui permet d'intégrer la communauté agricole à leurs travaux.

Le département de l'agriculture américain a mis en place, en 1996, un groupe de travail sur la qualité de l'air pour le milieu agricole, qui est en charge d'identifier les priorités en matière de recherche et de donner son avis sur les projets à mener dans ce domaine. Deux agences du département de l'agriculture américain, l'Institut National de l'Alimentation et de l'Agriculture (NIFA) et le Service de Recherche sur l'Agriculture (ARS), participent à la mise en place et au financement de projets liés à la qualité de l'air. Par exemple, l'ARS participe au développement d'une base de données qui permettrait de standardiser les mesures des gaz à effet de serre afin d'améliorer leur réduction.

Les inquiétudes à long terme de cette sur-réglementation de l'EPA concernent au final les emplois. Si les fermiers ont des coûts de fonctionnement croissants, cela va limiter considérablement leur capacité d'embauche. Ceci pourrait aller à l'encontre des objectifs que s'est fixés le département de l'agriculture américain pour l'année 2012 en matière de création d'emplois dans le milieu agricole pour les années à venir [4].

En France, les réglementations relatives à l'agriculture et l'air sont décrites dans la loi "Grenelle II" ou loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement, basée sur des critères environnementaux définis par l'Union Européenne. Les gaz à effet de serre, qualité de l'air et pesticides sont repris dans cette loi [5]. D'autres plans, tel que le plan Climat France 2004-2012 qui définit des actions nationales de prévention du changement climatique, sont également mis en place.
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] FY 2012 EPA budget in brief - EPA - Février 2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/sfoOE
- [2] Clean Air Act - EPA - 01/03/2011 - www.epa.gov/air/caa
- [3] Federal Insecticide, Fungicide, and Rodenticide Act (FIFRA) - EPA - 20/10/2011,
www.epa.gov/agriculture/lfra.html
- [4] Projet de loi sur les priorités agricoles pour l'année 2012,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68171.htm
- [5] Projet de loi portant engagement national pour l'environnement - Assemblée Nationale - 29/06/2010,
www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/ta/ta0504.pdf
Sources :
- EPA regulations suffocating U.S. agriculture - American Farm Bureau Federation - 18/11/2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/qqz4R
- Major Existing EPA Laws and Programs That Could Affect Agricultural Producers - EPA - Juin 2007,
www.epa.gov/agriculture/agmatrix.pdf
- EPA pollution rules threaten agriculture says American farming bureau - Marianna Keen - 11/01/2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/qNwe9
- EPA "pollution diet" starves agriculture: farm group - Charles Abbott - 09/01/2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/ffLkN
- EPA's Global Warming Regulations: A Threat to American Agriculture - Ben Lieberman - 01/04/2010,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/S5Oxz
- Gingrich: EPA denial about agricultural dust regulation is a lie - Jason Clayworth - 15/11/2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/8hkV9
- FY 2011-2015 EPA Strategic Plan - EPA - 31/11/2011, www.epa.gov/planandbudget/strategicplan.html
- Agricultural Air Quality - USDA - Juillet 2011, www.nifa.usda.gov/nea/nre/pdfs/knighton.pdf
- Actualisation du plan climat France 2004-2012 - 06/05/2007,
www.euractiv.fr/actualisation-plan-climat-france-2004-2012
- Agricultural burning - EPA - 23/03/2011, www.epa.gov/agriculture/tburn.html
- In Testimony, Nelson Warns of EPA "Creep" - Adam Nielsen - 18/11/2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/vkCX5

Rédacteurs : Cécile Camerlynck, deputy-agro@ambascience-usa.org ; Adèle Martial, attache-agro.mst@consulfrance-chicago.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 268 (29/11/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT


Etats-Unis, 4 novembre 2011

>> Le département américain de l'agriculture poursuit les subventions pour des projets relatifs aux biocarburants,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68078.htm

Le 31 octobre 2011, Tom Vilsack, secrétaire du département américain de l'agriculture (USDA), a annoncé que 44,6 millions de dollars ont été débloqués pour financer des projets relatifs aux recherches sur les biocarburants aux Etats-Unis. Cette aide entre dans le cadre du programme bioénergie et biocarburant du département américain de l'agriculture.

Ce financement aidera les producteurs locaux à accroître leur production. Avec une plus grande quantité de biomasse produite, les recherches sur les énergies renouvelables pourront se poursuivre afin d'engager davantage les Etats-Unis vers la voie de l'indépendance énergétique. Ce programme de soutien a aussi pour but de développer les industries du biocarburant et de créer de nouveaux emplois dans ce domaine.

C'est au total, 156 entreprises américaines (producteurs et entrepreneurs) qui ont obtenu une subvention dont 65 entreprises situées dans le Middle West. Cinq types de projet ont bénéficié de subvention :
- La production de biocarburant à partir de déchets (8 projets, 11,4% de la subvention totale) ;
- La production de biodiesel à partir d'estérification d'acide gras trans (21 projets, 30,4% de la subvention totale);
- La production d'éthanol (11 projets, 17,4% de la subvention totale);
- La production via une digestion anaérobie (19 projets, 3,4% de la subvention totale);
- La production à partir de granulés de composés cellulosiques, notamment le bois (5 projets, 0,23% de la subvention totale).

La répartition des projets de développement de biocarburants pour les états du Middle West est la suivante :

Nombre de projets par états du Middle West ayant obtenu des subventions
Crédits : MS&T à partir de données USDA

Parmi les projets subventionnés, certains sont étudiés dans presque tous les états du Middle West, tel que la production de biodiesel à partir d'estérification d'acide gras trans, et d'autres ne sont proposés que par deux ou trois états, tel que la production de biocarburant à partir de granulés. On observe également que le Kansas travaille principalement sur des projets de développement d'éthanol (8 projets sur 14) et que le Wisconsin possède les compétences pour travailler notamment sur des projets de production de biocarburants via la digestion anaérobie (12 projets sur 83).

Les états du Middle West ont reçu 63% de la globalité de la subvention allouée au niveau fédéral. Ce financement a été réparti différemment selon les états :

Répartition des financements des projets par Etats
Crédits : MS&T à partir de données USDA

Les projets de production de biodiesel à partir d'estérification d'acide gras trans ont reçu les subventions les plus importantes en somme totale allouée. La production de biodiesel ne cesse de croître aux Etats-Unis depuis ces dix dernières années. La production mondiale sur l'année 2008 était de 10,9 milliards de litres dont 2,6 milliards produits par les Etats-Unis. L'estimation de la production aux Etats-Unis en 2022 est de 79,5 milliards de litres soit 30 fois plus qu'en 2008. La production de biodiesel, en 2022, devrait être supérieure à celle des biocarburants de première génération (production estimée à 56,8 milliards de litres).

Les entreprises de l'état du Kansas, quant à elles, ont obtenu un niveau de financement très important par rapport aux autres états du Midwest. D'autres états se font remarquer par le nombre de projets retenus pour financement. L'entreprise Louis Dreyfus Agricultural Industries, de l'état de l'Indiana qui travaille sur 6 projets, a eu la subvention la plus importante d'un montant de 2 394 192,13 dollars pour son projet de développement de biocarburant à partir de déchets. Par ailleurs, de nombreux projets dans l'état du Wisconsin ont obtenu, quant à eux, des niveaux de financement très modestes. Dans l'Iowa, la société Western Dubuque Biodiesel, LLC a reçu une subvention de 487 871 dollars. Cette société fabrique 30 millions de gallons de biodiesel par an en utilisant de l'huile de soja, de canola et des esters de suif. Avec ce financement, la société Western Dubuque Biodiesel, LLC espère créer 18 emplois et participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

En comparaison avec les états de la Californie (nombre important de projets) et du Texas, qui ont obtenu respectivement 1% et 12% de la subvention totale allouée au niveau fédéral, les projets se concentrent principalement sur la production de biodiesel à partir d'estérification d'acide gras trans. L'éthanol reste également un projet important en terme de développement.

Ce programme a également pour but d'améliorer les conditions de vie des personnes habitantes dans les zones rurales des Etats-Unis en leur offrant la possibilité de travailler sur de nouveaux types de projets, d'optimiser leur production et d'augmenter leur ressources financières. Le développement rural est une des priorités du gouvernement du Président Obama.

Pour en savoir plus, contacts :
USDA announces $44.6 million for advanced biofuels - Biofuels Business Staff - 01/11/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/1AD7V
Sources :
- Agriculture Secretary Vilsack Announces Funding to Expand the Production and Availability of Advanced Biofuels - USDA Office of Communications - 31/10/2011 -
http://content.govdelivery.com/bulletins/gd/USDAOC-17f342
- Vers une production massive de biodiesel aux Etats-Unis - Juliette Imbach - 10/03/2010 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/gj6ex

Rédacteurs : Cécile Camerlynck, deputy-agro.mst@consulfrance-chicago.org ; Adèle Martial, attache-agro.mst@consulfrance-chicago.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 265 (4/11/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT

Etats-Unis, 4 novembre 2011

>> Le gaz de schiste, meilleur pour le climat que le charbon ? Une nouvelle étude relance la polémique,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68082.htm

L'exploitation du gaz de schiste, en plein essor au Etats-Unis, émettrait-elle plus de gaz à effet de serre (GES) que celle du charbon ? Alors que le gaz de schiste reçoit de plus en plus d'intérêt de la part des industriels et des pouvoirs publics, cette question taraude la communauté scientifique, puisqu'elle pourrait remettre en cause un des principaux arguments en faveur du développement du gaz de schiste : la perspective d'avoir une source d'énergie moins carbonée pour diminuer la part du charbon dans la production d'électricité [1].

Dans une étude parue le 25 Octobre dans la revue Environmental Research Letters, l'équipe du Dr. Nathan Hultman de l'université du Maryland apporte sa contribution à cette question en évaluant l'impact climatique de l'exploitation du gaz de schiste destiné à la production électrique sur l'ensemble de son cycle de vie [2). D'après leurs résultats, les émissions de GES du gaz de schiste ne représenteraient que 56% de celles résultant de l'exploitation du charbon, un résultat conforme à l'ordre de grandeur régulièrement évoqué. Par ailleurs, les émissions de GES en provenance du gaz de schiste seraient également légèrement plus importantes que celles du gaz naturel conventionnel (+11%), principalement en raison des fuites de méthane plus importantes au cours de la vie d'un puits de gaz non-conventionnel.

"Evalué sur le seul critère des émissions de gaz à effet de serre [...], le gaz de schiste n'est pas susceptible d'être significativement plus polluant que le gaz conventionnel" peut-on lire dans l'étude. "L'argumentation selon laquelle le gaz de schiste serait plus polluant que le charbon est largement infondé."

Cette étude fait suite à plusieurs travaux dans ce domaine publiés au cours de l'année 2011. En particulier, elle s'oppose frontalement à une étude de l'université de Cornell (New York), publiée en avril 2011 [3]. L'équipe du professeur Robert Howarth, auteur principal de ladite étude, estimait qu'en raison des nombreuses fuites ayant lieu lors de l'exploitation d'un puits et de l'impact climatique important à court terme du méthane (puissant GES), l'impact climatique du gaz de schiste pouvait être comparable voir supérieur à celui du charbon. La méthodologie de l'étude a été très critiquée par les industriels et les scientifiques car elle attribuait une valeur fixe et jugée trop élevée au pouvoir de réchauffement global (PRG) du méthane, et parce qu'elle limitait le cadre de l'étude à 20 ans, surestimant les impacts à court terme "sans raison évidente" selon ses critiques.

L'équipe du Dr. Hultman reconnait que le manque de données de terrain disponibles - notamment sur les émissions "fugitives" de méthane - limite la portée de leurs conclusions. Ainsi, les chercheurs appellent les pouvoirs publics à exiger dans leurs politiques publiques une collecte systématique et transparente de données de terrain, se faisant ainsi l'écho d'autres recommandations similaires formulées auparavant, notamment par le conseil consultatif du secrétaire à l'énergie Steve Chu dans son rapport intérimaire paru cet été [3]. Cependant, de nombreux spécialistes estiment que l'adoption par les exploitants des puits de meilleures pratiques de captage et de torchage du méthane ainsi que l'évolution de la technologie diminueront à l'avenir l'intensité carbone de l'exploitation du gaz de schiste.

Pour en savoir plus, contacts :
- [1] "L'exploitation des gaz de schistes : entre promesses économiques et conséquences environnementales" - Bulletins Electroniques - MARTY Gabriel, MAGAUD Marc - 01/07/2011 - 39 pp. -
www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm11_023.htm
- [2] "The greenhouse impact of unconventional gas for electricity generation" - Environmental Research Letters 6 - HULTMAN N., REBOIS D., RAMIG C. - 25/10/2011 - 9 pp. -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/H6LlZ
- [3] "Methane and the greenhouse-gas footprint of natural gas from shale formations" - Climate Change Letters vol. 106 n°4 - HOWARTH Robert W., SANTORO R., INGRAFFEA A. - 12/04/2011 - pp. 679-690 -
www.springerlink.com/content/e384226wr4160653/fulltext.pdf
- [4] "Gaz de schistes : répondre aux inquiétudes du public, un impératif pour le secteur" - Bulletins Electroniques - MARTY Gabriel - 23/09/2011 - www.bulletins-electroniques.com/actualites/67778.htm
Sources :
"NATURAL GAS: Shale emissions better than coal - study" - E&E News PM - VOOSEN Paul - 25/10/2011 -
www.eenews.net/eenewspm/rss/2011/10/25/3  (par abonnement)

Rédacteurs : Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 265 (4/11/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT





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   Asie et Océanie

Chine, 9 février 2012

>> Vers une plus grande transparence des données sur la pollution atmosphérique particulaire à Pékin
, www.bulletins-electroniques.com/actualites/69084.htm

Selon des sources officielles, entre 2000 et 2010, la concentration moyenne annuelle en PM 2,5 (particules en suspension dans l'air dont le diamètre aérodynamique est inférieur à 2,5 micro-m) dans l'air ambiant de la ville de Pékin est passée de 100 micro-g/m3 à 70 micro-g/m3, restant toujours supérieur à la norme de 35 micro-g/m3 fixée par le Ministère chinois pour la protection de l'environnement [1]. En comparaison, la concentration moyenne annuelle en PM 2,5 de la ville de Shanghai aurait varié de 44 à 53 micro-g/m3 entre 2006 et 2010.

Bien que les autorités de la ville de Pékin aient déjà collectée de nombreuses données sur la pollution aux PM 2,5 au cours des cinq dernières années, aucune communication publique régulière n'avait été réalisée jusqu'à présent. La municipalité de la capitale chinoise envisage désormais de rendre cette information accessible à l'ensemble de ces citoyens. Cette décision a été prise suite aux annonces faites fin 2011 par le Ministère de la protection de l'environnement en réponse aux fortes critiques émanant de l'opinion publique concernant l'indice de la qualité de l'air et la pollution atmosphérique urbaine dans les agglomérations chinoises, en particulier dans la ville de Pékin fréquemment recouverte d'un épais smog.

La municipalité de Pékin diffuse donc depuis le 23 janvier 2012 les données concernant les particules PM 2,5 détectées dans l'air ambiant via le site internet du Beijing municipal environmental monitoring center (www.bjmemc.com.cn) dans le cadre du projet pilote de révision du calcul de l'indice de qualité de l'air ambiant prenant nouvellement en compte la concentration en particules PM 2,5 ainsi que la concentration en ozone troposphérique (O3). Ce nouvel indice de surveillance de la qualité de l'air devrait être complètement opérationnel au niveau national à partir de 2016.

Parallèlement, la ville de Pékin devrait améliorer la qualité de son air extérieur en réduisant la pollution automobile (Pékin compte plus de 5 millions de voitures) par l'interdiction à la circulation des véhicules trop polluants, en incitant à l'utilisation de sources d'énergies plus respectueuses de l'environnement (l'usage de chaudières à charbon étant déjà banni du centre de la capitale), en verbalisant les chantiers de construction fortement émetteur en poussières et en imposant un contrôle plus strict des émissions de polluants du secteur industriel. Le gouvernement municipal devrait allouer au total 2,1 milliards de yuans (soit 253 millions d'euro) pour lutter contre la pollution atmosphérique et mener des travaux liés à la conservation de l'énergie et à la réduction des émissions industrielles.

[1] L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une valeur guide moyenne annuelle de 10micro-g/m3 (2005) et l'agence étasunienne de protection de l'environnement (US EPA) une valeur limite de 15 micro-g/m3 (1997) en moyenne annuelle.

Sources :
- Gouvernement de Pékin, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/R621q
- China Daily, http://usa.chinadaily.com.cn/china/2012-01/09/content_14402482.htm
- French.china.org.cn, http://french.china.org.cn/china/txt/2011-11/17/content_23943163.htm
- China.org.cn, http://www.china.org.cn/environment/2012-01/13/content_24397221.htm
- Ministère du Travail, de l'emploi et de la santé,
http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/etud_impact/q54.pdf

Rédacteurs : Thomas Etesse, thomas.etesse@diplomatie.gouv.fr
Origine : BE Chine numéro 113 (9/02/2012) - Ambassade de France en Chine / ADIT

Chine, 9 janvier 2012

>> Champ d'éolienne en haute altitude
, www.bulletins-electroniques.com/actualites/68726.htm

Un champ d'éoliennes de 49,5 mégawatts (MW) a été récemment construit près de la ville de Fengtun située dans la province du Yunnan au Sud-ouest de la Chine. Il aura fallu 15 mois et un investissement de 483 millions de yuans (soit 59 millions d'euros) pour que la société China Guangdong Nuclear Power Group achève la construction de ce parc éolien de haute altitude. Le parc est en effet localisé sur la montagne Dajianfeng du plateau Yunnan-Guizhou dont l'altitude varie entre 2000 et 2500 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La société Xinjiang Goldwind Science and Technology Co. Ltd. (voir aussi Goldwind) a fourni les 33 éoliennes de 1,5 MW que compte le parc. Sur le plan technique, il s'agit d'éoliennes type PMDD (Permanent Magnet Direct Drive) spécialement conçues pour résister aux conditions climatiques des plateaux montagneux. Ces éoliennes présentent notamment des pales plus larges ainsi que de meilleures performances d'isolation, de dissipation thermique et de protection contre la foudre et les fortes radiations du soleil.

Au printemps dernier, cette même société avait déjà procédé à la construction de deux prototypes aux caractéristiques techniques semblables dans les montagnes de Tie Xi à environ 3000 m d'altitude, situées dans la province du Qinghai. Selon les simulations réalisées à partir des premières données chaque éolienne serait en mesure de générer de 2,8 GWh par an, avec une densité de l'air de l'ordre de 0,88 kg/m3 et une vitesse moyenne de vent de 6,5 m/s. Ces deux prototypes ont depuis leur installation maintenu une disponibilité moyenne voire supérieure de 98,5%.

La construction de champs d'éoliennes dans les zones de haute altitude est devenue une des priorités des compagnies d'électricité et des fabricants d'éoliennes en Chine. Ceux-ci cherchent en effet à exploiter les importantes ressources en vent sur les plateaux du pays. D'autres fabricants chinois d'éoliennes sont également intéressés par le développement d'éoliennes de haute altitude.

En novembre, l'entreprise CSR Zhuzhou a annoncé avoir connecté au réseau électrique les éoliennes de haute altitude d'un champ implanté dans le Yunnan. Le constructeur a ajouté avoir reçu un nombre record de 400 commandes pour ces éoliennes spécialement adaptées. Les sociétés Longyuan Power et Huaneng Renewables, deux des plus grands promoteurs de parcs éoliens du pays, se concentrent quant à eux sur la province du Guizhou. Cette province envisage de se doter d'une capacité éolienne de 9 gigawatts (GW) d'ici 2020.

L'électricité éolienne s'est développée de manière considérable en Chine ces dernières années, le gouvernement chinois s'étant engagé à augmenter à 15% d'ici 2015 la part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie primaire du pays. Selon un rapport diffusé sur le site de la télévision d'état citant des données du National Wind Power Information Management Centre, la capacité de production d'énergie éolienne connectée au réseau électrique de la Chine a augmenté de plus de 14 GW, soit environ 45% de plus par rapport à 2010, passant à plus de 45 GW à la fin de l'année 2011. La Chine projette d'avoir 100 GW de capacité éolienne d'ici à 2015. Actuellement, il y a près de 490 éoliennes réparties dans 29 provinces, municipalités et régions autonomes du pays.

Sources :
- http://redirectix.bulletins-electroniques.com/j4qpx
- http://redirectix.bulletins-electroniques.com/grPJW

Rédacteurs : Thomas Etesse - thomas.etesse@diplomatie.gouv.fr
Origine : BE Chine numéro 111 (9/01/2012) - Ambassade de France en Chine / ADIT

Chine, 14 novembre 2011

>> Pékin alimentée d'ici cinq ans en eau désalinisée

www.bulletins-electroniques.com/actualites/68182.htm

Pour faire face à la demande croissante en eau de sa population, la Chine a annoncé la création d'un centre de désalinisation de l'eau de mer à Caofeidian, dans le Hebei, pour alimenter d'ici cinq ans Pékin en eau de mer désalinisée.

230 kilomètres de canalisations relieront la capitale chinoise et la station de désalinisation située dans la zone de développement économique de Caofeidian, dans la baie de Bohai. Actuellement, Pékin peut assurer à sa population un approvisionnement en eau de 3 millions de mètres cubes par jour alors que la demande moyenne était de 2,9 millions de mètres cubes en 2010. La station de désalinisation, qui coûtera 430 millions de yuans (48,9 millions d'euros), devrait permettre de produire 100.000 mètres cubes d'eau potable par jour en 2012 et plus d'un million de mètres cubes d'ici 2015.

Depuis octobre 2010, la Chine a construit 65 unités de dessalement d'eau de mer, avec une capacité cumulée journalière de plus de 600.000 mètres cubes. Le pays souhaite atteindre l'objectif journalier des 2 millions de mètres cubes d'ici 2015.

Sources :
China daily, 21/10/2011, www.china.org.cn/environment/2011-10/21/content_23685248.htm

Rédacteurs : Thomas Palychata, thomas.palychata@diplomatie.gouv.fr
Origine : BE Chine numéro 108 (14/11/2011) - Ambassade de France en Chine / ADIT


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Mise à jour :  15-02-2012

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