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Veille de l'actualité scientifique et technologique internationale
Cette rubrique est conçue à partir d'une sélection des BE (Bulletins Electroniques), publiés sur www.bulletins-electroniques.com, rédigés par les Services pour la science et la technologie des Ambassades de France et diffusés par l'ADIT.
Les BE sont des publications d'information sur les avancées technologiques et scientifiques dans le monde. Ils sont le fruit du partenariat entre l'ADIT et le Ministère des Affaires étrangères français, via les Services pour la science et la technologie des Ambassades de France à l'étranger : pour en savoir plus consultez www.bulletins-electroniques.com et www.adit.fr |
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Nous avons retenu les thématiques du développement durable ou apparentées (énergie, environnement, transports, agronomie, etc.) en sélectionnant les informations d'intérêt géographique. Cette veille témoigne des impacts des évolutions climatiques en cours mais aussi des solutions adoptées et des perspectives pour y faire face. Elle témoigne donc des capacités d'adaptation des sociétés d'une manière comparative à travers la planète entière. Cette présentation est régulièrement actualisée selon le principe d'archives glissantes, sur un pas de temps de deux à trois mois environ.
Mise à jour : 30 novembre 2011. Pour retrouver des archives antérieures :
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juillet et août 2011
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mai et juin 2011
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mars et avril 2011
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janvier et février 2011
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novembre et décembre 2010
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septembre et octobre 2010
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juillet et août 2010
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mai et juin 2010
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mars et avril 2010
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janvier et février 2010
Europe et Proche-Orient
Allemagne, 27 octobre 2011
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La biomasse est la source d'énergie thermique renouvelable la plus significative en Allemagne, www.bulletins-electroniques.com/actualites/68039.htm
La position de l'Allemagne sur l'usage de la biomasse comme source d'énergie a été renforcée à l'occasion du congrès "Production de chaleur issue de la biomasse" organisé le 19 octobre 2011 par le Ministère fédéral de l'Alimentation, de l'agriculture et de la protection des consommateurs (BMELV). A cette occasion, 180 professionnels de l'industrie de l'énergie et experts scientifiques et politiques ont ainsi pu s'informer sur la situation actuelle dans le secteur de l'énergie thermique et discuter de la nécessité d'agir prochainement au regard de la nouvelle loi Energie thermique Renouvelable (EEWärmeG) attendue pour l'année 2012.
En effet, pour atteindre les objectifs énergétiques du gouvernement fédéral, il faudrait augmenter de manière significative la part de l'énergie thermique produite à partir de la biomasse. "La chaleur générée par la biomasse est déjà responsable d'environ 9% de l'ensemble de l'approvisionnement en chaleur de l'Allemagne", a déclaré Peter Bleser, Secrétaire d'Etat Parlementaire auprès de la Ministre fédérale de l'agriculture.
92% de la production renouvelable de chaleur en Allemagne provient de la biomasse brute et en particulier du bois. Le seul remplacement des combustibles fossiles pourrait économiser chaque année environ 36 millions de tonnes de gaz à effet de serre. La biomasse serait ainsi considérée comme la source d'énergie la plus respectueuse du climat. Elle est en outre considérée comme la source d'énergie renouvelable la plus polyvalente, car elle peut être stockée sous forme solide, liquide ou gazeuse et être ainsi disponible tout au long de l'année.
Les effets positifs de l'exploitation de la biomasse à des fins énergétiques devraient également être inscris dans la prochaine loi EEWärmeG. Les chaudières modernes et les systèmes de chauffage à foyer unique utiliseraient la biomasse combustible efficacement tout en respectant le climat dans des zones résidentielles isolées. "C'est une énergie exemplaire à portée de main. Le chauffage produit avec de la biomasse ne peut pas être discriminé dans les conditions générales de la loi Energie Thermique Renouvelable (EEWärmeG) par rapport aux autres technologies d'énergie renouvelable", soutient M. Bleser.
C'est pourquoi le BMELV, dans le cadre de sa stratégie de la durabilité, subventionne à hauteur de 50 millions d'euros par an la recherche, le développement et la commercialisation de matières premières renouvelables. Il a de plus mis en place un centre de recherche allemand sur la biomasse (DBFZ) à Leipzig [1]. Des plans d'actions pour la consommation énergétique et en matière première durable ont été élaborés comme par exemple l'amélioration du bilan CO2 des biocarburants [2].
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] www.dbfz.de/web
- [2] Informations du BMELV dans le domaine de l'utilisation énergétique des matières premières renouvelables (en allemand) : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/u2Ckv
Sources :
"Biomasse ist Deutschlands bedeutendste regenerative Wärmequelle", communiqué de presse du BMELV - 20/10/11 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/3XsuE
Rédacteurs :
Marie-Laetitia Catta, catta@afast-dfgwt.eu
Origine : BE Allemagne numéro 545 (27/10/2011) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT
Allemagne, 27 octobre 2011
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Inauguration de la centrale hybride de Prenzlau
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68042.htm
Dix-huit mois après que la Chancelière Angela Merkel a posé la première pierre de cette centrale prometteuse pour le stockage d'énergie [1], le prototype devient opérationnel.
Le 25 octobre 2011, la société Enertrag, responsable de l'exploitation, a inauguré la centrale en présence de ces partenaires : Total, Vattenfall et la Deutsche Bank. La centrale comprend une installation de biogaz, trois éoliennes et un système simple d'électrolyse de l'eau pour produire de l'hydrogène. Celui-ci fonctionne lorsque l'électricité des éoliennes ne peut être absorbée par le réseau. Il peut ensuite être stocké puis distribué pour alimenter des stations d'hydrogène à Hambourg et à Berlin (respectivement une et deux stations actuellement), et par suite des voitures à hydrogène. Ces voitures ont actuellement un système d'autonomie de plus de 300km, et la recherche pour leur amélioration se poursuit (les invités présents à l'inauguration ont pu tester les modèles développés par Toyota, Mercedes, Audi et Honda).
A l'heure de l'accélération de la transition énergétique de l'Allemagne, la symbolique de l'inauguration était très forte. La présence du Ministre Président du Land de Brandebourg, Matthias Platzeck, ainsi que de très nombreux participants à la visite, montre l'engouement et l'enjeu pour cette centrale, la première au monde de ce genre.
Pour en savoir plus, contacts :
[1] Voir "Une centrale hybride à Prenzlau", BE Allemagne 433 - 22/04/2009 -
www.bulletins-electroniques.com/actualites/58746.htm
Sources :
Participation à l'inauguration de la centrale hybride de Prenzlau, le 25/10/2011
Rédacteurs :
Edith Chezel, edith.chezel@diplomatie.gouv.fr - www.science-allemagne.fr
Origine : BE Allemagne numéro 545 (27/10/2011) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT
Allemagne, 20 otobre 2011
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Nouvelles denrées alimentaires développées à partir de plantes locales
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67963.htm
La Ministre fédéral de l'alimentation, de l'agriculture et de la protection du consommateur (BMELV), Ilse Aigner, soutient à hauteur de 2,1 millions d'euros un projet de recherche innovant qui aura pour objectif de développer et produire de nouvelles denrées et ingrédients alimentaires à partir de protéagineux (groupe botanique des légumineuses) locaux, comme le pois et la fève. L'Allemagne est plus particulièrement le nord-ouest du pays sont des zones géographiques bien adaptées à la production de ces denrées.
Les pois et les fèves sont particulièrement riches en protéines et métabolites (composés organiques) essentiels. Avec ce nouveau projet de recherche, le Gouvernement fédéral prévoit d'augmenter les possibilités de commercialisation des aliments produits à base de pois et de fèves, et ainsi faire revivre la production et les récoltes de protéagineux en déclin en Allemagne depuis quelques années, comme l'a expliqué la Ministre de l'agriculture lors de l'annonce des financements pour ces projets le 13 octobre 2011 à Berlin. Cette initiative s'inscrit dans un concept innovant de création de richesses dans le domaine de l'alimentation basées sur les légumineuses à grain du pays, allant de la plantation à l'utilisation de ces dernières.
Au cours du projet, des études seront menées sur la croissance des plantations lors de la culture, la transformation des plantes et le développement de produits, de même que sur l'acceptation par le consommateur de ces nouvelles denrées. Des analyses économiques seront également réalisées en parallèle. Sept instituts de recherche, neuf entreprises et la Communauté de soutien aux sélectionneurs privés en Allemagne (GFP) sont impliqués dans ce projet. Son financement total s'élèvera à près de 3 millions d'euros, dont 2, 1 du BMELV. Ce projet, qui fait partie d'un plan de relance global autour des protéagineux, a été lancé ce mois-ci pour une durée de trois ans.
Sources :
"Aigner: Neue Lebensmittel sollen verstärkt aus heimischen Pflanzen entwickelt werden", communiqué du BMELV - 13/10/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/MjNpS
Rédacteurs :
Myrina Meunier, myrina.meunier@diplomatie.gouv.fr - www.science-allemagne.fr
Origine : BE Allemagne numéro 544 (20/10/2011) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT
Allemagne, 20 octobre 2011
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L'Allemagne ambitionne de devenir "championne du monde" en termes d'efficacité des ressources,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67967.htm
Le Ministre fédéral de l'environnement (BMU), Norbert Röttgen, a déposé le 12 octobre 2011 l'ébauche d'un programme national sur l'efficacité des ressources, entrant dans le cadre de la stratégie sur les matières premières présentée le 20 octobre 2010. Le programme vise à rendre l'économie allemande indépendante de la consommation de nouvelles matières premières et à réduire les impacts environnementaux associés à l'utilisation des ressources.
"Un usage efficace des ressources renforce la compétitivité, promeut l'innovation, assure des emplois et allège les pressions environnementales", a déclaré Röttgen, ajoutant : "Partout dans le monde la consommation de ressources naturelles et la concurrence pour les maigres matières premières augmentent rapidement. Une utilisation efficace et prudente des ressources naturelles est l'un des plus grands défis économiques, sociaux et environnementaux de notre temps. C'est aussi une question de responsabilité envers les générations futures. Ainsi, j'estime que l'efficacité des ressources tient un rôle clé pour les sociétés durables et qu'elle est en même temps un avantage concurrentiel décisif".
L'Allemagne présente de bonnes conditions pour être la plus efficace au monde en termes de ressources : une économie innovante forte, de nombreuses avancées technologiques pour l'efficacité et le recyclage, des normes environnementales exigeantes : le terme "made in Germany" pourrait ainsi être synonyme d'efficacité des ressources.
Le texte décrit les défis et le potentiel de l'efficacité des ressources et désigne pour chaque étape de la chaîne de valeur ajoutée - de l'approvisionnement durable en matières premières jusqu'au recyclage en passant par la production, l'utilisation, et la consommation - des approches et des mesures concrètes pour accroître l'efficacité des ressources. Y sont également abordés tous les domaines relatifs à l'environnement comme le sol, l'eau, l'air, la biodiversité, la matière organique comme source alimentaire ou énergétique.
Le programme met particulièrement l'accent sur l'information, le conseil, la formation et la recherche, ainsi que le renforcement des mesures et initiatives volontaires dans l'économie et la société, comme par exemple : le conseil en efficacité auprès de petites et moyennes entreprises, le soutien aux systèmes de gestion environnementale, l'incorporation de l'efficacité des ressources dans la normalisation technique et les achats publics, le renforcement de l'étiquetage des produits et de la certification des systèmes de manière volontaire et le développement du recyclage.
Pour en savoir plus, contacts :
Programme national sur l'efficacité des ressources (Ressourceneffizienzprogramm - ProgRess) du BMU : www.bmu.de/wirtschaft_und_umwelt/downloads/doc/47843.php
Sources :
"Röttgen: Deutschland soll Weltmeister der Ressourceneffizienz werden", communiqué de presse du Ministre fédéral de l'environnement - 12/10/2001 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/wNxJh
Rédacteurs :
Marie-Laetitia Catta , catta@afst-dfgwt.eu - www.science-allemagne.fr
Origine : BE Allemagne numéro 544 (20/10/2011) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT
Allemagne, 1er septembre 2011
>> Bientôt la première réunion d'experts internationaux autour des aires marines protégées en haute mer :
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67577.htm
L'année prochaine devrait être mis en place un réseau mondial d'aires marines protégées (AMP), qui recouvrera toutes les zones biogéographiques [1] significatives en haute mer ainsi que leurs faunes et habitats. Le nombre d'AMP est en constante augmentation. Néanmoins, l'objectif pour 2012 ne sera probablement pas atteint, les difficultés se multiplient lorsqu'il s'agit de la haute mer. En ce qui concerne par exemple les "aires marines protégées de Méditerranée", seuls 0,5% de la surface marine sont d'ores et déjà classés, alors que 10% sont prévus par la Convention sur la biodiversité (CBD) d'ici à 2012. La question de savoir comment et qui doit décider de ce qui doit être protégé reste souvent ouverte dans ce cas de figure. La législation ne semble pas encore tout à fait claire à ce sujet.
La Convention sur la biodiversité (CBD) se tourne désormais vers la zone de l'Atlantique du nord-est. Elle a convenu d'identifier écologiquement et biologiquement des zones marines de haute importance. La première réunion d'experts sur ce sujet se tiendra les 8 et 9 septembre 2011 à Hyères (France), et permettra de sélectionner des scientifiques pour clarifier la situation dans l'Atlantique nord-est. Pour cette occasion, NeFo, le réseau de recherche allemand sur la Biodiversité, présentera un projet de recherche et laissera la parole aux experts allemands du domaine.
Il est particulièrement difficile de faire reconnaître une aire marine protégée en haute mer. En effet, cette zone s'étend au-delà d'une zone économique exclusive (ZEE), l'espace maritime sur lequel un Etat côtier exerce des droits souverains en matière d'exploration et d'usage des ressources, et qui s'étend de la mer territoriale de l'Etat à 200 milles marins de ses côtes. Les Etats membres de la commission OSPAR [2], ceux de la Commission des pêches de l'Atlantique du Nord-Est (NEAFC) et ce de la CBD vont tenter lors de cette rencontre d'experts d'identifier des aires d'intérêt écologique ou biologique (EBSA en anglais). Lors de la rencontre d'experts de Hyères se tiendra une réunion avec la participation de l'Office fédéral allemand pour la protection de la nature (BfN), où près de 30 experts européens auront la possibilité de mettre en commun leurs différentes compétences pour identifier de futures aires marines protégées dans la zone de l'Atlantique du nord-est.
[1] Zones biogéographiques : une zone biogéographique désigne en biogéographie une zone géographique climatiquement et écologiquement relativement homogène du point de vue des formations végétales et des températures.
[2] La commission OSPAR : OSPAR est le mécanisme par lequel quinze gouvernements des côtes et îles occidentales d'Europe, avec la Communauté européenne, coopèrent pour protéger l'environnement marin de l'Atlantique du nord-est. Cette coopération a débuté en 1972 avec la Convention d'Oslo sur les immersions.
Pour en savoir plus, contacts :
Sebastian Tilch - Service presse du réseau NeFo - tél. : +49 341-235-1062- email : sebastian.tilch@ufz.de, www.biodiversity.de
Source :
"Weltweit erstes Expertentreffen für globales Netzwerk von Meeresschutzgebieten auf der Hohen See", dépêche idw, communiqué du réseau NeFo - 29/08/2011 http://idw-online.de/pages/en/news438125
Rédacteur :
Myrina Meunier, myrina.meunier@diplomatie.gouv.fr - www.science-allemagne.fr
Origine : BE Allemagne numéro 537 (1/09/2011) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT
Autriche, 20 septembre 2011
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Le sud-est de la Styrie, un point chaud du réchauffement climatique
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67732.htm
Une étude [1] menée par le centre Wegener de l'Université de Graz conclut que, au cours des dernières décennies, la température moyenne a augmenté trois fois plus vite dans le sud-est de la Styrie que la moyenne mondiale.
Les contreforts alpins, particulièrement touchés par le réchauffement?
La température moyenne mesurée depuis les années 1950 montre que le sud-est de la Styrie, partie relativement plate localisée au pied des Alpes d'une région elle-même située au sud-est de l'Autriche, constitue un véritable point chaud réchauffement climatique. Il s'est avéré, suite à l'analyse des températures et des précipitations, que cette zone subit, surtout en été, une forte hausse des températures - en particulier depuis les années 1970 : entre cette période et 2007, l'augmentation a été de 2,5° C. Les précipitations diminuent en été comme en hiver, favorisant l'apparition de sécheresses. Les chercheurs soulignent que l'augmentation des températures et la baisse des précipitations n'ont rien d'une surprise, mais il n'y avait jusqu'à présent pas d'analyse détaillée de données de qualité contrôlée montrant aussi clairement l'ampleur du changement climatique. L'ensemble de l'Europe du Sud méditerranéenne est considérée comme une zone chaude du réchauffement climatique ; l'étude du cas de la Styrie montre que cette situation s'étend jusqu'aux contreforts alpins.
Depuis environ cinq ans, 150 stations climatiques sont en service dans la région de Feldbach, toujours en Styrie, afin de mesurer avec précision les conditions météorologiques : elles permettront d'améliorer la précision des données futures.
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] "Seasonal and Annual Trends of Temperature and Precipitation within 1951/1971-2007 in South-Eastern Styria, Austria", Meteorologische Zeitschrift, Volume 20, Number 3, June 2011 , pp. 277-289[13] :
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/Ckjse
- Contact : Thomas Kabas, centre Wegener de l'Université de Graz et co-auteur de l'étude, thomas.kabas@uni-graz.at
Sources :
"Südoststeiermark erlebt deutlichen Temperaturanstieg", APA, 25 août 2011
Rédacteurs :
Maxime Enderli
Origine : BE Autriche numéro 139 (20/09/2011) - Ambassade de France en Autriche / ADIT
Espagne, 16 novembre 2011
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Les nouvelles règlementations pour l'éolien espagnol perturbent le développement du secteur,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68185.htm
L'Espagne est le quatrième producteur mondial d'énergie éolienne derrière la Chine, les Etats-Unis et l'Allemagne. La péninsule vient d'ailleurs de battre son record de couverture de la demande électrique grâce à ses aérogénérateurs. Des doutes apparaissent cependant, à l'échelle nationale comme locale, quant au déploiement de nouveaux parcs.
Record de couverture de la demande électrique
Le dimanche 6 novembre à 2h du matin, l'énergie éolienne a battu un record historique en Espagne en assurant la couverture de 59,6% de la demande électrique de la péninsule. Mais que signifient réellement ces chiffres ? Cela signifie d'abord que l'éolien a assuré la production de près de 60% de l'énergie consommée à un instant donné (quelques minutes) : c'est insuffisant pour évaluer la part de l'éolien dans le mix énergétique. On préfèrera des échelles de temps plus significatives, comme le mois ou l'année. Attention donc à l'interprétation qui pourrait être faite de ce record certes encourageant. On retiendra plutôt qu'en 2010, selon le Ministère de l'Environnement, les énergies renouvelables ont été la principale source d'électricité avec 32,3% de la production, devant les centrales thermiques à gaz (32%) et le nucléaire (20,6%).
Un autre facteur fondamental à prendre en compte est la variabilité de la ressource éolienne. Actuellement en Espagne, les statistiques montrent que les éoliennes produisent par exemple plus d'électricité de nuit que de jour. Un reflet supplémentaire de la fluctuation de cette énergie pour laquelle le pays dispose de peu d'outils de régulation. Ainsi avec 21.000 MW installés, les aérogénérateurs peuvent produire de 150 MW à 15.000 MW d'électricité. Et en termes de couverture de la demande cela varie de 1% à 59,6%. Une fourchette large et difficilement contrôlable. Pour satisfaire la demande de base, le réseau doit certes exploiter au maximum les énergies renouvelables mais il doit pouvoir aussi assurer à tout instant la demande sans leur contribution. C'est là tout le défi du développement des smart-grids par exemple, qui doivent permettre une meilleure intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique.
La carte éolienne catalane
Avec 851 MW au 31 décembre 2010, la Catalogne représente 4% de la puissance éolienne installée en Espagne, tandis que le Plan d'Energie de Catalogne fixe un objectif de 3.500 MW à l'horizon 2015. Cet objectif ambitieux (puissance installée multipliée par 4 en 5 ans), doit s'accompagner de projets éoliens de grande envergure, dont le premier parc éolien offshore d'Espagne qui verra le jour au large de Tarragone.
Mais ces projets doivent s'inscrire dans ce qui est couramment appelé en Catalogne " la carte éolienne ", qui définit les zones autorisées pour l'implantation de sites de production d'énergie éolienne. La nouvelle carte qui aurait ainsi dû permettre un déploiement massif de l'éolien n'a toujours pas été approuvée car le tribunal supérieur de justice catalan a suspendu les accords d'implantation. En cause, l'absence d'étude d'impact environnemental, pourtant indispensable dès que l'on aborde le thème de la durabilité. Le gouvernement autonome cherche donc à conclure cette étude avant la fin de l'année en même temps qu'il a fait appel de la décision du tribunal.
Le débat autour du Decreto Eolico
En septembre dernier la Comisión Nacional de Energia (CNE) a reçu de la part du Ministerio de Industria, Comercio y Turismo (MICYT) une proposition de décret quant au cadre légal qui régule le secteur éolien. C'est ce décret qui fixera la rétribution des parcs éoliens qui entreront en fonctionnement à partir de 2013. Le conseil consultatif du CNE, composé d'entreprises, associations et représentants de gouvernements autonomes s'est majoritairement déclaré contre cette proposition. En cause, la rentabilité des projets qui se voit affectée et qui rendrait la construction de nouveaux parcs non viable. En conséquence, il se produirait un gel du secteur et l'impossibilité de remplir les objectifs de l'Union Européenne en ce qui concerne la production d'énergies renouvelables à l'horizon 2020.
Pour favoriser l'implantation et le développement des énergies renouvelables il existe en effet des primes qui " rémunèrent " la production électrique éolienne : seulement il y a un plafond horaire annuel et un nombre d'années maximum pendant lequel un parc de production peut recevoir des primes. D'autre part il existe un tarif de rachat minimum du kWh produit. Ce sont tous ces paramètres qui sont révisés à la baisse dans la proposition de décret du MICYT (jusqu'à 44% pour les primes) et qui font gronder les professionnels du secteur. De plus le nouveau décret prévoit de retirer le contrôle des parcs aux communautés autonomes, en faveur de l'administration centrale. Afin de trouver un consensus, la CNE a proposé le 7 novembre un décret modifié, suivi de peu par une contre-proposition du MYTIC, accompagnée d'une déclaration du Ministre affirmant que le décret ne serait pas voté sans l'approbation de l'Asociación Empresarial Eólica (Association Patronale de l'Eolien, AEE).
Mais les professionnels du secteur éolien se sont à nouveau prononcés contre le décret, et il incombe désormais au nouveau gouvernement qui sera élu la semaine prochaine de décider du sort du nouveau décret de régulation 2013-2020. L'AEE craint désormais de se retrouver sans cadre régulateur pour janvier 2013, à l'heure où les stratégies et les investissements se décident déjà pour ces horizons.
Le Plan de Energias Renovables (PER) déçoit
Le Plan de Energias Renovables 2011-2020 a enfin été approuvé par le gouvernement lors du Conseil des Ministres le 11 novembre dernier. Avec 11 mois de retard, à une semaine des élections donc dans l'impossibilité de l'appliquer, cette annonce a déçu les acteurs du secteur. On relève notamment que ce plan révise à la baisse l'objectif relatif à la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie par rapport à celui communiqué à l'été 2010 (22,7% contre 20,8% pour le nouveau PER). Des orientations qui semblent contradictoires au bon développement des énergies renouvelables en Espagne qui ont fait du pays un bon élève (voire un leader) européen en la matière.
Sources :
- Iberdrola apoya el decreto eólico que critican sus competidores, Cinco Dias, 17/10/2011
- El decreto del "apagón" eólico, La Voz de Galicia, 14/11/2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/3MQpF
- El PER aprobado por el Gobierno va contra las recomendaciones de la Agencia Internacional de la Energia, Ecoticias, 14/11/2011 - www.ecoticias.com/imprimir_noticia.php?id_noticia=57101
- El PER, un plan "decepcionante" para la fotovoltaica : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/huU6N
- Fundación Renovables: "El PER nace mal y tarde" : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/KBJVG
Rédacteurs :
Philippe Chabarot, Chargé de mission - service.scientifique@sst-bcn.com
Origine : BE Espagne numéro 109 (16/11/2011) - Ambassade de France en Espagne / ADIT
Espagne, 15 septembre 2011
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Un rapport qui fait le point sur les énergies renouvelables en Espagne
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67672.htm
L'approvisionnement en énergie est plus que jamais au coeur des questions géopolitiques mondiales. Les révolutions arabes questionnent l'approvisionnement en pétrole et gaz, l'accident de Fukushima au Japon relance le débat sur le nucléaire et ses risques...
Les énergies renouvelables malgré leur coût élevé dans un contexte de crise économique, en tireront-elles profit ? On peut raisonnablement le penser. Au delà de la bonne image dont elles jouissent auprès de l'opinion publique, les investissements mondiaux en leur faveur ont par exemple été en 2010 comme en 2009 supérieurs aux investissements dans les énergies conventionnelles. Au delà des contingences du moment, l'objectif de l'Union Européenne est de limiter au maximum le réchauffement climatique en contraignant les pays membres à des efforts chiffrés et mesurables : pour 2020, 20% d'émission de CO2 en moins, 20% d'efficacité énergétique en plus et 20% de la consommation énergétique provenant de sources renouvelables.
Pour y arriver, chaque pays se fixe ses propres objectifs intermédiaires. L'Espagne est arrivée en 2010 au terme de son premier Plan Energies Renouvelables (PER). 2010-2011 est donc une période charnière pour le gouvernement espagnol, période de bilan et de réflexion pour l'élaboration d'un nouveau plan 2011-2020 dans un contexte de crise économique.
Ce rapport fait le point sur la situation en Espagne, un pays qui continue à émettre beaucoup plus de gaz à effet de serre que ne l'en autorise le protocole de Kyoto, un pays qui présente une efficacité énergétique plutôt faible mais un pays qui a fortement parié sur le développement des énergies renouvelables, à tel point que celles-ci ont représenté en 2010 près d'un tiers de sa source d'électricité.
Rapport téléchargeable gratuitement sur bulletins-electroniques.com :
www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm11_021.htm
Pour en savoir plus, contacts : www.bulletins-electroniques.com
Rédacteurs : Laure Denos, chargée de mission, sst@ambafrance-es.org
Origine : BE Espagne numéro 107 (15/09/2011) - Ambassade de France en Espagne / ADIT
Norvège, 21 novembre 2011
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Un rapport sur l'impact environnemental de la pisciculture
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68248.htm
Un rapport publié récemment par l'IMR (Institut de Recherche Marine) [1] pour le compte du Ministère de la Pêche et des Affaires Côtières [2] montre que la pisciculture, notamment du saumon, aurait, dans plusieurs comtés, des impacts très négatifs sur l'environnement.
Le Finnmark, le comté le plus septentrional du pays, a une concentration d'élevages très faible et a longtemps été épargné par l'impact négatif de l'aquaculture. Ce comté a dorénavant de sérieux problèmes de poux de mer (petits crustacés qui se nourrissent de la chair du poisson) et de modifications génétiques sur la population sauvage de saumon et de truite (dus à l'évasion de poissons d'élevage, qui se reproduisent avec des poissons sauvages) [3].
Depuis 2009, le gouvernement norvégien a inscrit la pisciculture dans une stratégie de développement durable fixant des objectifs concernant son impact sur l'environnement et le poisson sauvage, et précisant notamment l'impact des maladies diverses, des évasions et de la pollution engendrée sur les populations de poisson sauvage. Le rapport de l'IMR déclare clairement " [...] il est très probable que les effets sur l'environnement de l'aquaculture soient en conflit avec les objectifs de la stratégie de développement durable [...]". Cette conclusion est identique à celle d'un précédent rapport datant de janvier 2011, qui avait pour objectif de réaliser une première évaluation de ce type de risque. "Le rapport fournit de nouvelles données sur les poux de mer et le nombre d'évasions de poissons de culture. La situation a empiré depuis l'année dernière.", annonce Geir Lasse Taranger, un des auteurs du rapport et chercheur à l'IMR [4]. Les chercheurs ont classé chaque comté en trois catégories (vert, jaune et rouge), en fonction de la probabilité que l'impact de la pisciculture soit en désaccord avec les objectifs de durabilité fixés par le gouvernement. Le Finnmark est classé dans la catégorie jaune. Il était vert en janvier. Rogaland a eu une tendance positive en passant de jaune à vert, tandis que Hordaland reste classé dans la catégorie rouge.
La proportion de saumons sauvages et truites de mer attaqués par les poux de mer est un bon indicateur de l'impact environnemental de la pisciculture à l'échelle régionale. Le risque est considéré comme modéré quand plus de 10% des poissons sauvages sont infectés par les poux de mer. Il est considéré comme élevé quand les 30% sont dépassés. "Il y a une connexion entre l'importance de la pisciculture dans un comté et la quantité de poux de mer trouvée sur les poissons sauvages, mais un lien direct entre ces deux faits n'est pas encore avéré.", précise Geir Lasse Taranger. "Nous avons trouvé beaucoup de poux de mer sur les poissons sauvages en 2008 et en 2011, surtout dans les régions de Hardanger et de Hordaland. Cela ne signifie pas qu'il y avait plus de poux dans les élevages, mais que les conditions pour la propagation ont été favorables.", ajoute-t-il.
Il existe un certain nombre de mesures contre les poux de mer. Dans certaines régions, ces mesures semblent avoir bien fonctionné en début de saison, en mai et juin. Cela correspond à la période durant laquelle le saumon sauvage retourne dans l'océan, une contamination importante a donc été évitée. Cependant, une forte concentration, plus tard dans l'été, a touché les populations de truite de mer, qui restent proches de la côte durant toute la saison.
Le rapport souligne un certain nombre de lacunes dans la connaissance des poux de mer, notamment concernant la propagation de maladies propres aux poissons d'élevage vers les populations de poissons sauvages.
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] Rapport de l'IMR (norvégien) : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/gHAz8
- [2] Ministère de la Pêche et des Affaires Côtières : www.regjeringen.no/en/dep/fkd.html?id=257
- [3] Article Forskning.no modifications génétiques saumons sauvages :
www.forskning.no/artikler/2011/august/295798
- [4] Dr. Geir Lasse Taranger : geirt@imr.no
Sources : Article Forskning.no : www.forskning.no/artikler/2011/oktober/300607
Rédacteurs :
Stanislas MERLET, Mission Scientifique, Ambassade de France en Norvège, smerlet@france.no
Origine : BE Norvège numéro 103 (21/11/2011) - Ambassade de France en Norvège / ADIT
Pologne, 26 octobre 2011
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Etat du gaz de schiste en Pologne, www.bulletins-electroniques.com/actualites/68031.htm
La Pologne a extrait le 8 septembre 2011 son premier gaz de schiste d'un forage situé à Lebien en Poméranie, à 90 km à l'ouest de Gdansk. La possibilité d'exploiter des ressources en gaz non conventionnel (gaz de schiste) constitue pour la Pologne une opportunité majeure, comme l'a souligné mi-septembre son ministre de l'économie, Waldemar PAWLAK au 21ème Forum économique de Krynica. Rappelons que la Pologne consomme 14% de son énergie sous forme de gaz dont elle importe près des deux tiers de Russie (9,2 milliards de m3 par an) pour une production domestique de 4,2 milliards de m3.
Selon les estimations (les plus optimistes) de l'Agence gouvernementale américaine d'Information sur l'énergie (EIA) rendues publiques en avril 2011, la Pologne aurait des réserves de gaz de schiste d'environ 5300 milliards de m3, soit près de 400 ans de sa consommation annuelle, et près d'un tiers des réserves européennes, ce qui la placerait en tête des pays européens, devant la France et la Norvège. Si les ressources nationales estimées sont confirmées et que leur exploitation s'avère suffisamment rentable, le pays pourrait ainsi réduire ses importations de gaz et par conséquent sa dépendance vis-à-vis de la Russie (Gazprom).
Près de 40 compagnies (principalement canadiennes et américaines) exploitent actuellement en Pologne des concessions de gaz de schiste. A côté des groupes polonais (PGNiG, PKN Orlen, Mazovia Energy Resources et Lublin Energy Resources), les bénéficiaires des concessions sont Chevron, Cuadrilla, Aurelian Oil and Gas, Exxon Mobil Exploration, BNK Petroleum, Lane Energy et ConocoPhillips, Lane Resources et Marathon Oil. Le groupe national gazier PGNiG a déjà signé des accords de coopération avec Chevron et Marathon Oil et négocie un accord de même type avec Exxon Mobil. Le groupe français Total a racheté récemment à Exxon Mobil 49% des parts dans la concession pour la recherche de gaz de schiste dans la région de Lublin en Pologne.
Carte des concessions polonaises : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/t1UQ0
La carte donnée en lien ci-dessus présente les zones pour lesquels les concessions ont été délivrées. En dehors de quelques gisements en Haute et Basse Silésie, les quelque 100 concessions accordées par le Ministère de l'environnement pour du gaz de schiste couvrent 37.000 km2, soit 12% du territoire national polonais, essentiellement le long d'une bande nord-ouest - sud-est, de la mer Baltique au nord-ouest, à la frontière ukrainienne au sud-est. Les régions les plus prometteuses pour l'exploration géologique seraient Lublin, la Mazovie et la Poméranie. Une dizaine de forages d'exploration sont en cours en Pologne à ce jour.
La production du gaz de schiste est plus onéreuse et plus consommatrice en eau que celle de gaz conventionnel car elle repose essentiellement sur des techniques de fracturation hydraulique dans la partie horizontale des forages de prospection, au droit des roches mères de gaz qu'il faut fracturer pour récupérer le gaz. Elle suppose donc la maîtrise des forages horizontaux et celle de la fracturation hydraulique à partir du forage. Elle entraîne (en raison notamment du nombre de forages) des coûts de forage de 5 à 10 fois supérieurs à ceux pratiqués dans l'exploitation conventionnelle de gaz. Cela n'a cependant pas empêché la proportion de gaz de schiste dans la production totale de gaz aux Etats-Unis de passer de 1% à 20% au cours de la dernière décennie.
En raison des risques de pollution des nappes aquifères et pour d'autres raisons environnementales, l'Etat de New-York a récemment imposé un moratoire sur les forages de prospection des gaz de schiste. En mai 2011, la France a, elle, interdit la technique de fracturation hydraulique à partir du forage, pour exploiter ces gaz, et vient de suspendre les trois permis de recherche accordés sur le territoire français.
Les polonais semblent, à l'inverse, tout à fait disposés à exploiter ce gaz de schiste malgré certaines critiques environnementales en Europe Les investisseurs, relayés par certains ministres, affirment d'ores et déjà que le gaz de schiste va assurer la sécurité énergétique de la Pologne et créer des emplois supplémentaires. Le gouvernement envisage même dès à présent un système fiscal particulier pour l'exploitation du gaz de schiste, qui alimenterait un fonds spécial de retraite.
Sans aller aussi vite en besogne, il est clair que les prochains mois de prospection seront décisifs. Les observateurs polonais les plus pondérés estiment à deux ans la durée de prospection qui permettra d'évaluer plus sereinement l'avenir de cette production polonaise de gaz de schiste. Il est cependant vraisemblable que cette production de gaz permettra de diversifier les ressources énergétiques polonaises et de faire baisser la dépendance actuelle de la Pologne vis-à-vis du gaz russe ou d'un charbon (notamment lignite) montré du doigt pour des raisons d'émissions de gaz à effet de serre. Le tout est de savoir dans quelle proportion ...
Rédacteurs :
Dominique Le Masne
Origine : BE Pologne numéro 17 (26/10/2011) - Ambassade de France en Pologne / ADIT
Royaume-Uni, 19 septembre 2011
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Du carbone dans la ville,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67705.htm
Si le rôle bénéfique des arbres dans la ville est reconnu depuis longtemps (amélioration de l'environnement, réduction de la pollution, ou encore atténuation du phénomène d'îlot de chaleur urbain), une nouvelle dimension a été ajoutée par une équipe de chercheurs britanniques menée par Dr Zoe Davis de l'Université du Kent. En étudiant la ville de Leicester (au centre de l'Angleterre, près de 300.000 habitants répartis sur un espace de 73 km2) à l'aide de données satellites et de mesures sur le terrain, les scientifiques se sont rendus compte que 231.000 t de carbone sont stockées par la végétation urbaine, soit 3,16 kg/m2, bien plus que les estimations réalisées jusqu'à maintenant ne le laissaient penser.
Cette étude, publiée mi-juillet dans le Journal of Applied Ecology (édité par la British Ecological Society), s'est penchée sur toutes les formes de végétation que l'on peut rencontrer à Leicester : espaces verts publics, parcs gérés par la ville, jardins privés, terrains de golf, terrains industriels en friche, bords des routes ou encore berges de la rivière. Dans un premier temps, les chercheurs ont cartographié et catégorisé les différents types de végétation puis ont généré une série d'échantillons représentatifs de ces catégories couvrant typiquement des surfaces de 25 m2. En octobre 2009, à la fin de la saison de croissance de la végétation, les scientifiques ont alors déterminé la quantité de carbone contenue dans chacune de ces surface-échantillons, soit par des mesures physiques directes, soit, pour les arbres, à l'aide de modèles mathématiques issus de la littérature.
Si les jardins privés ne piègent que 0,76 kg de carbone par mètre carré, à peine plus que les pelouses ou les prairies (0,14 kg/m2), il apparaît que les arbres, et particulièrement les plus grands, constituent le principal puits de carbone, contenant jusqu'à 97% de la quantité totale de carbone stockée dans la végétation urbaine, soit 28,86 kg/m2 pour les espaces publics à couvert forestier. Les auteurs remarquent d'ailleurs que la majorité de l'espace public de Leicester est constitué de prairies et pelouses, et que si seulement 10% de cette surface était plantée d'arbres, la capacité de stockage de carbone de l'ensemble de la ville augmenterait de 12%.
Alors qu'au cours du siècle dernier la population mondiale a été multipliée par dix et que désormais plus de la moitié des humains vit en ville, l'urbanisation constitue un facteur majeur de changement dans l'utilisation du territoire. Cependant, très peu de tentatives avaient été réalisées pour quantifier précisément l'influence des écosystèmes en termes de stockage de carbone à l'échelle d'une ville européenne. Si certaines recherches ont été menées pour les villes d'Amérique du Nord, leurs résultats en termes d'évaluation de la quantité de carbone stockée ne peuvent être extrapolés pour les zones urbaines d'Europe du nord et de l'ouest car les schémas d'urbanisation sont trop différents. En réalité, il est communément admis qu'une fois urbanisé, un territoire possède une valeur écologique très faible à cause des profondes modifications causées par l'Homme et de sa taille relativement limitée. Au Royaume-Uni, la densité biologique carbone d'une zone urbanisée est même généralement considérée comme étant tout simplement nulle.
L'équipe de chercheurs a démontré qu'au contraire, la végétation urbaine doit être prise en compte dans l'estimation des différents réservoirs de carbone du pays. Ainsi, si la ville de Leicester ne représente que 0,03% de la superficie de la Grande-Bretagne, le réservoir de carbone de la ville compte pour 0,2% de l'ensemble du carbone stocké en surface dans le pays. De plus, elle souligne l'importance de protéger les zones urbaines boisées existantes et de planter de nouveaux arbres (afin d'assurer la pérennité du réservoir de carbone), à condition de choisir les bonnes essences et de les positionner aux bons endroits afin d'assurer leur croissance optimale et donc leur efficacité à stocker le carbone.
Cette étude fait partie d'un programme de recherche doté de 2,5 M£ (financé par le Engineering and Physical Sciences Research Council- Conseil pour la Recherche en Ingénierie et en Sciences Physiques, EPSRC) qui vise à évaluer l'empreinte carbone des villes.
De son côté, la commission forestière du Royaume-Uni (UK Forestry Commission) a publié fin juillet une série de directives pour encadrer les projets de plantations d'arbres destinés à absorber du carbone. Ce code (Woodland Carbon Code) établit des standards nationaux qui devraient permettre aux investisseurs désireux de contribuer au développement de zones boisées comme puits de carbone, de déterminer avec plus de transparence et de clarté quelle quantité de carbone sera mise en jeu. Ce document, publié en même temps qu'une autre série de recommandations de la part du ministère pour l'Environnement, l'Alimentation et les Affaires rurales (Department for Environment, Food and Rural Affairs, DEFRA), "Guidance on reporting greenhouse gas removals and emissions from domestic woodland creation", a fait l'objet d'un accueil mitigé de la part des associations environnementales qui, tout en reconnaissant le rôle que peuvent jouer les arbres comme puits de carbone et l'importance d'établir des règles, soulignent qu'il faut faire attention à ce que cette méthode ne devienne pas une solution rapide et à bas coût de réduction des émissions de carbone (en particulier pour les entreprises cherchant à réduire leur empreinte carbone et ainsi améliorer leur image).
Enfin, une étude publiée le 14 août dernier dans Nature Climate Change par des chercheurs du Centre for Ecology ad Hydrology de l'université de Cambridge, est venue remettre en question la capacité de séquestration du carbone par les arbres des forêts tropicales, alors qu'il était communément admis que ces forêts pouvaient jouer un rôle clef dans la régulation du carbone atmosphérique. En effet, l'augmentation de la concentration de carbone, résultat des émissions humaines, était supposée favoriser la croissance des arbres et donc accroître la capacité de stockage des forêts tropicales, qui devaient ainsi jouer un rôle de régulation du CO2 atmosphérique. Cependant, cette étude démontre qu'une part non négligeable de ce carbone pourrait ne pas être stockée durablement. Une quantité plus importante de feuilles mortes stimulerait l'activité microbienne du sol, qui à son tour conduirait à la libération d'une plus grande quantité de carbone, peut-être au point de dépasser l'augmentation des capacités de séquestration de carbone estimées pour la biomasse. Cette nouvelle étude illustre les incertitudes qui demeurent quant à la détermination exacte du rôle joué par la biomasse comme puits de carbone, du fait de la très grande complexité des phénomènes mis en jeu et la difficulté à appréhender l'ensemble des interactions qui interviennent dans ces processus.
Les données recueillies par cette étude de l'université du Kent sont particulièrement intéressantes car elles quantifient le stockage de carbone lié à la végétation dans une zone urbaine typique de l'Europe de l'Ouest. En effet, alors que le gouvernement britannique a établi des objectifs drastiques en termes de réduction des émissions de GES (arriver en 2050 à des émissions réduites de 80% par rapport au niveau de 1990), la végétation urbaine peut constituer un réservoir de carbone non négligeable, tout particulièrement si les espaces verts sont bien gérés. Cela démontre que même les villes européennes densément urbanisées et les communautés locales sont appelées à jouer un certain rôle dans la lutte pour la réduction des GES, et plus particulièrement du CO2.
A travers leurs politiques locales de gestion des espaces verts, une bonne évaluation et cartographie des espaces disponibles pour la plantation d'arbres et une gestion adaptée de la végétation existante, les villes disposent de réels leviers d'action. Il faut néanmoins garder à l'esprit que de telles mesures ne doivent pas servir de solution de facilité (planter des arbres peut sembler être un moyen simple pour créer des puits de carbone), mais doivent s'inscrire dans une lutte plus large de réduction des émissions de carbone à tous les niveaux de l'économie.
Enfin, comme le souligne l'étude réalisée à l'université de Cambridge sur les forêts tropicales, il reste de très nombreuses incertitudes quant à l'évaluation du rôle global que peuvent jouer les forêts dans la séquestration du carbone atmosphérique, du fait de la très grande complexité des phénomènes impliqués.
Sources :
- BBC - 12/07/11 - www.bbc.co.uk/news/science-environment-14121360
- Université du Kent, Communiqué de presse - 12/07/11 - http://bit.ly/poq54W
- British Ecological Society (BES) - 12/07/11- http://redirectix.bulletins-electroniques.com/750Rh
- Zoe G. Davies et al (2011), "Mapping an urban ecosystem service: quantifying above-ground carbon storage at a city-wide scale", Journal of Applied Ecology - 11/07/2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/i4iUd
- Code Carbone Forestier, www.forestry.gov.uk/forestry/INFD-863FFL
- Université de Cambridge sur la forêt tropicale - 16/08/11,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/Vsap1
Rédacteurs :
Olivier Gloaguen
Origine : BE Royaume-Uni numéro 111 (19/09/2011) - Ambassade de France au Royaume-Uni / ADIT
Royaume-Uni, 19 septembre 2011
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Une dimension internationale des conséquences du changement climatique pour le Royaume-Uni,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67706.htm
Pour le Royaume-Uni, les conséquences du changement climatique qui affecteront le reste du monde pourraient être aussi importantes que l'impact direct sur les îles britanniques.
C'est la principale conclusion d'un rapport publié début juillet par l'Office gouvernemental pour la Science, à travers son programme d'anticipation stratégique Foresight (voir ci-dessous). Alors que de nombreuses études scientifiques se sont attachées à évaluer quel sera l'impact direct du changement climatique sur le Royaume-Uni et la plupart des politiques gouvernementales à déterminer les moyens de le limiter et de s'y préparer, cette réflexion prospective met l'accent sur une dimension internationale assez rarement mise en avant.
1. Des menaces à différents niveaux
=> Risque accru de crises internationales
Le réchauffement climatique, le stress hydrique, la montée du niveau de la mer et les événements météorologiques extrêmes qui frappent dans différentes régions du monde affecteront l'agriculture, perturberont les flux de biens et d'énergie, menaceront les infrastructures de transport et de communication. Ainsi, en agissant comme un "multiplicateur de risques", le changement climatique pourrait générer une plus grande volatilité des prix des matières premières, dont les productions agricoles, avec le risque de déclencher des famines et des migrations climatiques, et de rendre plus difficile encore la lutte contre la pauvreté ou les pandémies.
Dans les régions du monde les plus vulnérables, qui comptent bien souvent aussi parmi les plus pauvres et où les systèmes gouvernementaux sont fragiles, la capacité d'adaptation à ces changements est limitée. Il n'est donc pas exclu que ces changements conduisent à une instabilité accrue de ces pays, à une augmentation des crises humanitaires, voire à des conflits régionaux. Ces changements ont donc le potentiel d'affecter la stabilité mondiale, engendrant d'importantes répercussions en termes de sécurité internationale, de crime organisé ou de terrorisme. Autant de menaces qui peuvent toucher directement le Royaume-Uni.
"Il est désormais largement admis que la dégradation de l'environnement et le changement climatique sont des moteurs majeurs des migrations volontaires et forcées. Et cette tendance va s'accentuer au cours des prochaines décennies" (Programme des Nations Unis pour l'Environnement).
Crédits : trokilinochchi
Plus immédiatement, l'accroissement du nombre de crises dues au changement climatique impactera significativement à la hausse le budget britannique dédié à l'assistance humanitaire (d'environ 1 Md£ en 2009-10), en particulier si des conflits régionaux se déclenchent et si la fréquence et l'intensité des catastrophes environnementales augmentent, comme les études scientifiques le laissent à craindre.
=> Une économie vulnérable
Le Royaume-Uni, comme tous les pays développés, est de plus en plus intimement intégré à un système économique mondial qui repose sur la facilité des échanges et des communications ainsi que sur l'interdépendance avec les autres économies. Par exemple, en 2009, les entreprises britanniques détenaient plus de 1.000 Md£ d'investissements directs à l'étranger, tandis que les investissements étrangers dans le pays s'élevaient à 654 Md£.
Toute perturbation ou crise dans l'économie mondiale due au changement climatique touchera donc immanquablement le Royaume-Uni. Cependant, le rapport souligne que le secteur financier et les entreprises ont tendance à insuffisamment prendre en compte ces risques et prévient qu'il leur sera nécessaire d'évaluer précisément leur niveau d'exposition, en particulier afin d'assurer et protéger correctement leurs actifs hors Grande-Bretagne.
Enfin, l'impossibilité à trouver un accord international contraignant plafonnant les émissions mondiales des gaz à effet de serre (GES) pourrait contraindre les entreprises, incluant les britanniques, à ne pas investir suffisamment dans les technologies vertes, mettant en péril la capacité du pays à réaliser sa transition vers une économie décarbonée.
En 2070, près de 35.000 Md$ d'infrastructures pourraient être exposées aux conséquences de la hausse du niveau de la mer. Une large part des infrastructures vitales nécessaires à l'alimentation du Royaume-Uni en énergie (par exemple, 35% des raffineries mondiales), en matières premières (voies ferrées, zones d'extractions) ou en biens de consommation (ports de marchandises) sont situés dans des zones qui peuvent être affectées par la montée du niveau de la mer (voir tableau, issu du rapport). Ces menaces ainsi que le risque grandissant d'une réaction protectionniste de la part des pays directement touchés par le changement climatique, peuvent avoir des conséquences très importantes sur la sécurité énergétique et l'économie du Royaume-Uni.
Une économie vulnérable à la montée du niveau de la mer
Crédits : Rapport de Foresight
=> Repenser la diplomatie
Ce document souligne aussi qu'il est nécessaire dès maintenant d'anticiper et de planifier l'adaptation de la diplomatie et des politiques qui lui sont associées (comme la défense). En effet, le rôle du Royaume-Uni sur la scène internationale et sa capacité à influencer les affaires mondiales pourraient être modifiés alors que le Conseil de sécurité des Nations-Unies, le G8/G20, le Commonwealth, l'OTAN et les différentes institutions internationales devront faire face aux nouveaux défis géopolitiques posés par le changement climatique. De même, l'intégration de cette dimension dans la politique étrangère des états et la conduite des négociations internationales sur le changement climatique vont impacter la politique étrangère du Royaume-Uni.
Il est donc nécessaire, dés maintenant, de repenser la diplomatie dans cette perspective. D'une manière plus générale, les conséquences du changement climatique sur les territoires britanniques d'outre-mer apportent nécessairement une dimension internationale à la gestion de ces risques par le Royaume-Uni.
Enfin, le stress hydrique, les phénomènes climatiques extrêmes ou encore l'augmentation des températures peuvent conduire à une augmentation de la menace sanitaire sur les citoyens britanniques voyageant ou vivant à l'étranger, ainsi qu'à l'accroissement du risque d'occurrence au Royaume-Uni de maladies exotiques dues à l'arrivée en Europe du Nord des vecteurs à l'origine de ces maladies.
2. Des opportunités pour le Royaume-Uni
Si un certain nombre de risques et menaces ont été identifiés dans ce rapport (sécurité, relations internationales, santé, infrastructures, finance...), celui-ci souligne également les forces du Royaume-Uni pour faire face au réchauffement du climat et contribuer au niveau mondial à la lutte contre ses conséquences. Alors que les institutions internationales éprouvent les plus grandes difficultés à s'entendre sur une réponse coordonnée et mondiale, le Royaume-Uni, par sa politique déjà ambitieuse en matière de réduction des émissions des GES (le 4ème budget carbone le contraint par légalement à réduire de 50% ses émissions d'ici 2025 par rapport au niveau de 1990), a les moyens de devenir un pays meneur dans ce domaine, renforçant ainsi son influence diplomatique sur la scène internationale.
Les services financiers et d'affaires ainsi que la recherche et l'innovation constituent des secteurs clefs de l'économie britannique. Assurance, prévision du climat, compréhension scientifique des mécanismes et prévisions des conséquences du changement climatique, technologies vertes et de production d'énergie propre (éolien en mer, énergies marines, capture et stockage du carbone) ou la mise en place d'outils innovant d'investissement et de soutien financier de ces technologies, constituent autant de domaines où le Royaume-Uni possède de réels atouts et donc des opportunités pour ses entreprises ainsi que pour le pays de jouer une rôle de premier plan dans la lutte et l'adaptation au réchauffement du climat.
La volonté politique du Royaume-Uni de réaliser sa transition vers une économie décarbonée et son engagement à développer massivement les sources d'énergie propres, pourraient lui assurer non seulement une certaine indépendance énergétique, mais aussi un savoir-faire exportable ainsi qu'une meilleure préparation de son économie et de ses entreprises à saisir les opportunités liées au changement climatique. Ceci assurerait la compétitivité future du pays. Le rapport considère enfin un certain nombre d'opportunités liées aux conséquences du réchauffement climatique, parmi lesquelles l'ouverture de nouvelles routes maritimes en Arctique qui permettront de réduire les coûts de transports entre l'Europe et l'Asie et autoriseront l'accès à de nouvelles sources d'énergie dans ces régions.
3. Principales recommandations du rapport
Afin de répondre à ces risques et prendre en compte ces opportunités, le rapport met finalement l'accent sur une série de recommandations. Il est impératif pour le gouvernement de favoriser une approche multidisciplinaire de la question, de travailler autant sur la plan national qu'international et de considérer autant les efforts pour réduire l'ampleur du changement climatique que les efforts pour s'y adapter. Le changement climatique doit être pris en considération comme un facteur important influençant l'ensemble des politiques gouvernementales qui possèdent une composante internationale. La coopération internationale sera cruciale pour gérer les risques et le gouvernement du Royaume-Uni doit tout faire pour maintenir et renforcer son réseau d'influence dans le monde et travailler avec les entreprises et les organisations financières internationales. Enfin, le rapport souligne que, si de nombreuses incertitudes demeurent quant aux impacts, le fait que le changement climatique aura lieu est certain et agir maintenant coûtera beaucoup moins cher que plus tard.
4. Commentaires
Bien qu'une partie des thèmes abordés dans ce rapport a déjà fait, ou fait l'objet d'études et d'articles plus ou moins poussés (ouverture de nouvelles routes maritimes, risque de déstabilisation et de conflits régionaux, conséquences sur la santé...), ce rapport a le grand mérite de considérer dans son ensemble l'aspect international du changement climatique et de mettre en perspective la vulnérabilité du Royaume-Uni par rapport aux impacts du réchauffement climatique sur le reste du monde.
Cette mise en perspective permet de se rendre compte qu'étant donné la très forte intégration du Royaume-Uni dans l'économie mondiale, l'importance des intérêts britanniques à l'étranger ainsi que sa grande dépendance aux infrastructures de transports et de communications qui assurent notamment sa sécurité énergétique, alimentaire et en matières premières, le gouvernement doit tout autant tenir compte des effets du changement climatique sur les îles britanniques que dans les régions du globe les plus éloignées. De plus, ce document apporte un regard très intéressant en n'abordant pas uniquement l'économie, l'accès aux ressources et l'énergie, mais en considérant aussi le futur positionnement du Royaume-Uni comme acteur diplomatique sur la scène internationale, et son rôle possible comme meneur dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique ainsi que l'impact de ces changements sur les valeurs sociales.
Au-delà de la mise en avant des risques directs et indirects pour le Royaume-Uni, une autre composante très intéressante de ce rapport est de montrer que le changement climatique sera aussi source d'opportunités pour le pays et ses entreprises de contribuer au plan mondial à lutter et s'adapter au réchauffement du climat grâce à ses atouts et à ses forces : technologies vertes, gestion des côtes, expertise en finance et assurance ainsi qu'en science du climat.
Il faut néanmoins noter que ce document, rendu public la veille de la publication du très attendu Livre blanc sur la réforme du marché de l'électricité, a reçu une très faible couverture médiatique. Notons ensuite que les conclusions de ce rapport seront intégrées à l'établissement de la première Evaluation des Risques du Changement Climatique pour le Royaume-Uni ("Climate Change Risk Assessment", dont la publication est exigée tous les cinq ans par la loi sur le changement climatique de 2008).
La publication de ce rapport qui souligne fortement l'importance de la collaboration à l'échelle internationale, fait écho à une série de discours que le ministre pour le changement climatique et l'énergie, M. Chris Huhne, a récemment prononcés. Ceux-ci mettent, eux-aussi, en avant la dimension internationale du changement climatique et l'importance de la coopération [1], les opportunités pour l'économie et les entreprises du Royaume-Uni [2] ainsi que l'accroissement de l'instabilité de nombreuses régions, du risque de conflits causés par les conséquences du changement climatique et la dégradation de la sécurité du Royaume-Uni [3]. Dans ce dernier discours, il développe notamment une vision noire d'un monde où rien n'aurait été fait pour contrer le réchauffement du climat et qu'il décrit comme "mauvais, bestial et bref".
Remarquons enfin qu'alors que les Nations Unies se divisent sur le rôle que doit jouer le conseil de sécurité par rapport aux implications du changement climatique en terme de sécurité et sur la pertinence de la mise en place de "casques verts", ce rapport et les interventions de M. Chris Huhne interviennent à quelques mois de la conférence sur le climat qui doit se tenir fin novembre prochain à Durban, en Afrique du Sud.
Un mot sur Foresight
Le programme Foresight (litt. "Prospective") est un centre de réflexion et d'anticipation stratégique qui fait parti du Governement Office for Science (GO-Science, Office gouvernemental pour la Science). GO-Science est chargé d'aider John Beddington (Government Chief Scientific Adviser) dans ses fonctions de conseiller du Premier Ministre et du Cabinet. GO-Science est physiquement installé au sein du Department for Business, Innovation and Skills (BIS, Département pour les Entreprises, l'Innovation et les Compétences). Il est chargé d'informer le gouvernement britannique eu égard aux décisions et choix de société liés à la science et la technologie sur le long terme.
Pour cela, le programme Foresight envisage des scénarii possibles sur diverses échelles de temps (horizon 20-80 ans pour les questions majeures, ou 10-15 ans pour des questions plus précises et définies) en se fondant sur l'analyse des connaissances actuelles. Son rôle est d'aider le gouvernement par l'évaluation des tendances sociétales de fond et des opportunités scientifiques et techniques qui pourront émerger. Son objectif est de permettre aux politiciens de comprendre comment les décisions prises aujourd'hui pourront affecter le futur. Parmi les sujets actuellement à l'étude, on peut citer les migrations environnementales mondiales, les futures utilisations du territoire, le capital mental et le bien-être, ou encore le futur des échanges informatiques sur les marchés financiers. (Voir le site internet www.bis.gov.uk/foresight)
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] Discours de Chris Huhne, 21/08/11, Chatham House.
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/PIoxq
- [2] Discours de Chris Huhne, 20/06/11, The Corporate Leaders' Group.
www.decc.gov.uk/en/content/cms/news/ec_cc_ch/ec_cc_ch.aspx
- [3] Discours de Chrish Huhne, 7/07/11, Royal United Services Institute.
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/RWKAk
Sources :
Rapport "International Dimension of Climate Change" - 11/07/11,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/0WGUg
Rédacteurs :
Olivier Gloaguen
Origine : BE Royaume-Uni numéro 111 (19/09/2011) - Ambassade de France au Royaume-Uni / ADIT
Slovaquie, 9 septembre 2011
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Les régions développent les centrales électriques aux biogaz
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67640.htm
Les installations fonctionnant au biogaz installées dans les villages de Cetina, Horovce, Hontianske Ladzany et Moravce fêtent leur 1 an de production. Cet investissement de E.ON Slovakia a permis de produire jusqu'ici 32.000 MWh d'électricité, ce qui couvre la consommation de 16.000 ménages.
Le groupe E. ON a investi dans les énergies renouvelables en Slovaquie, 16 millions d'euros entre 2006 et 2010. La compagnie planifie d'investir 2,6 milliards d'euros en Europe et dans d'autres régions d'ici à 2013 [1]. "Les centrales électriques fonctionnant au biogaz ont un bon rendement avec des effets positifs sur l'environnement. Avec ses faibles émissions de gaz à effet de serre, l'utilisation du biogaz pour la production d'électricité est l'une des ressources renouvelables les plus propres qui est actuellement connus. De plus, elle a l'avantage par rapport à l'éolien et au solaire d'être stable et prévisible" a déclaré Konrad Kreuzer, président de E. ON Slovakia.
Ces installations profitent largement à l'économie locale. Les installations permettent d'exploiter des terres agricoles impropres à l'exploitation de culture alimentaire. Selon le maire de Ladzany, ces installations permettent de diversifier les cultures et de garantir des emplois dans le secteur agricole. Ainsi, sur une superficie de 1 200 ha les agriculteurs locaux cultivent 18.000 tonnes de maïs pour des besoins des usines. La biomasse résiduelle, appelée digestat [2], est également exploitée et sert d'engrais organique pour cultiver de nouvelles plantes, achevant ainsi le cycle.
Dans un avenir proche, les collectivités territoriales concernées cherchent à déployer la cogénération. Bénéficiant de réseaux de chauffage urbain déjà dévellopés, elles espèrent attirer d'autres investisseurs afin d'exploiter la chaleur également produite par ces usines.
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] Article de presse (SK) : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/tRbIu
- [2] Article d'encyclopédie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Digestat
Sources :
Article de presse euractiv.sk (SK) : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/lLy8Y
Rédacteurs :
Benjamin QUEVAL - benjamin.queval@diplomatie.gouv.fr
Origine : BE Slovaquie numéro 21 (9/09/2011) - Ambassade de France en Slovaquie / ADIT

Amériques
Canada, 20 septembre 2011
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Un changement rapide d'enneigement et du niveau de glace dans le Nord Canadien rendent incertaines les prédictions d'approvisionnement en eau
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67719.htm
Des scientifiques canadiens se sont rencontrés à Saskatoon (Saskatchewan) au mois de septembre pour présenter leurs découvertes concernant la diminution d'enneigement et la fonte du permafrost et des glaciers, de même que leur impact sur l'approvisionnement futur en eau au Canada.
"L'irrigation des terres agricoles et l'alimentation des villes des Prairies Canadiennes sont très dépendantes des rivières en Saskatchewan", souligne John Pomeroy [1], titulaire d'une chaire de recherche canadienne sur les ressources en eau et le changement climatique. "De même, l'interaction entre le changement climatique et l'eau dans les régions du Nord a un impact très large et affecte de nombreux domaines, que ce soit l'industrie et les transports ou encore la subsistance des populations traditionnelles".
Durant les cinq dernières années, les chercheurs canadiens de "Improving Processes & Parameterization for Prediction in Cold Regions Hydrology (IP3)" [2] ont réuni des données pour faire le lien entre les observations de terrain et les outils de modélisation informatique. Leur but est de produire des modèles précis du ruissellement d'eau printanier et des débits d'eau en été provenant des montagnes canadiennes et des régions froides. Ils souhaitent mieux comprendre et prévoir le comportement de l'eau, de la neige et des glaciers dans ces régions. Cette connaissance est essentielle afin de permettre aux décideurs d'avoir une véritable politique en matière de gestion de l'eau sur des problématiques liées au changement climatique. La gestion de l'eau à aujourd'hui un impact sur la sécurité alimentaire, le développement d'infrastructures, la production d'énergie, et la santé des écosystèmes dans l'ouest et le Nord du Canada.
[1] John Pomeroy dirige le réseau de recherche IP3 (processus améliorés et paramétrisation pour les prévisions en régions froides) basé à l'Université de Saskatchewan, financé par la Fondation Canadienne pour les Sciences Atmosphériques et le Climat.
Pour en savoir plus, contacts :
- [2] Plus d'informations sur le réseau de recherche IP3 : www.usask.ca/ip3
- John Pomer - Département de Géographie, Kirk Hall, 117 Science Place, University of Saskatchewan - Saskatoon, SK Canada S7N 5C8 - Télephone: (001) 306 966-1426 - email : john.pomeroy@usask.ca
Sources :
Article tiré du site internet de l'Université de Saskachewan: www.usask.ca/research/news/read.php?id=1016
Rédacteurs :
Didier Marty-Dessus
Origine : BE Canada numéro 390 (20/09/2011) - Ambassade de France au Canada / ADIT
Canada, 6 octobre 2011
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Les plateformes glaciaires du Canada se fractionnent rapidement,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67833.htm
Les plateformes glaciaires du Canada changent à un rythme inattendu, leur étendue ayant diminué de presque 50% au cours des six dernières années. Cet été seulement, la plateforme de Serson a presque entièrement disparu, et celle de Ward Hunt s'est fracturée. Il en est résulté une perte de près de trois milliards de tonnes de glace, ce qui correspond à environ 500 fois la masse de la grande pyramide de Gizeh.
Des chercheurs de l'Université d'Ottawa et de l'Université Carleton insistent sur l'importance de ces transformations. "C'est notre littoral qui est en train de changer, dit Derek Mueller, chercheur au Département de géographie et d'études de l'environnement de l'Université Carleton. Ces entités géographiques uniques et massives qu'on considère comme faisant partie du Canada sont en train de disparaître, et elles ne reviendront pas."
Luke Copland, chercheur au Département de géographie de l'Université d'Ottawa, affirme que "depuis la fin de juillet, des portions équivalant à une fois et demie la taille de l'île de Manhattan se sont détachées". Il ajoute que les plateformes pétrolières devraient surveiller de près la situation, car le nombre d'icebergs flottant vers le sud risque d'augmenter, ce qui pourrait menacer les installations de forage situées dans la mer de Beaufort ou dans la mer de Tchoukotsk, entre autres.
Après avoir répertorié par imagerie satellite les changements survenus cet été, les chercheurs ont constaté que la taille de ces plateformes glaciaires avait diminué considérablement presque chaque été depuis 2005. Cette attrition rapide aura des conséquences permanentes. Les chercheurs attribuent ce récent vêlage à l'effet conjugué du réchauffement des températures et de l'augmentation des eaux libres. C'est dans un climat plus froid et différent du nôtre que les plateformes de glace se sont formées et maintenues. Leur disparition laisse présager le retour éventuel de conditions que l'Arctique n'avait pas connues depuis des milliers d'années.
Les plateformes glaciaires d'un âge avancé et d'une bonne épaisseur sont relativement rares dans l'Arctique. Ces formations diffèrent nettement de la glace marine ordinaire, dont l'épaisseur dépasse rarement quelques mètres et qui peut disparaître en quelques années. Le Canada possède les plus vastes plateformes glaciaires de l'Arctique, lesquelles sont situées le long du littoral nord de l'île d'Ellesmere. Ces masses de glace flottante, d'une épaisseur qui tourne généralement autour de 40 mètres (l'équivalent d'un immeuble de dix étages) mais qui peut parfois atteindre 100 mètres, se sont épaissies au fil du temps sous l'effet des accumulations de neige, de glace marine et, dans certains cas, d'eau des glaciers. On pense qu'elles auraient été en place pendant une bonne partie des derniers millénaires.
Pour en savoir plus, contacts :
- Retrouvez des images et cartes à l'adresse suivante:
http://http-server.carleton.ca/~dmueller/iceshelves/summer2011.html
- Contact: Derek Muller - tél. : (001) 613-520-2600 - email : Derek_Mueller@carleton.ca - Site internet: http://http-server.carleton.ca/~dmueller/ - Batiment B349 Loeb, 1125 Colonel By Drive, Ottawa, Ontario, K1S 5B6, Canada
Sources :
Article paru sur le site internet de l'Université d'Ottawa: http://redirectix.bulletins-electroniques.com/LOd81
Rédacteurs :
Florent Bouvier
Origine : BE Canada numéro 391 (6/10/2011) - Ambassade de France au Canada / ADIT
Etats-Unis, 29 novembre 2011
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Le milieu agricole soumis à une "pression réglementaire",
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68330.htm
L'Agence pour la Protection de l'Environnement (EPA) a annoncé la publication d'une nouvelle réglementation relative aux poussières émises par les exploitations agricoles qui peuvent avoir un impact sur la santé humaine et/ou sur l'environnement. Ces poussières, de dimensions variables selon leur origine, sont par exemple issues des lieux de stockage comme les silos, émises par les camions de transport à coffre ouvert, les projections de pesticides, ou encore, produites par la combustion sur les champs de culture. Cette réglementation s'ajoutera aux nouvelles règles déjà publiées en décembre 2010 concernant la définition de critères pour les niveaux de pollutions des gaz à effet de serre, tels que le dioxyde de carbone, le protoxyde d'azote, des particules (plomb, ...), et d'autres composés chimiques tels que l'ozone et l'hexafluorure de soufre. L'eau, quant-à-elle, évoquée dans la loi "Eau Propre" (Clean Water Act), devrait également être revisitée quant à la concentration en pesticides; un recueil des données provenant des fermes d'élevages sera également constitué. Avec toutes ces réglementations, l'EPA se retrouve actuellement au premier plan des interactions avec le monde agricole.
L'EPA, organisation créée le 2 décembre 1970, élabore et fait respecter la règlementation sur l'environnement, gère les allocations budgétaires qui appuient les programmes environnementaux, effectue la recherche relative aux questions environnementales en créant des partenariats avec d'autres institutions telles que le département de l'agriculture américain. Il a également pour mission d'informer le public américain sur ses travaux et les questions relatives à l'environnement. La stratégie de l'EPA pour les années 2011-2015 comporte cinq objectifs. Le budget estimé pour l'année 2012 est de 8 973 millions de dollars [1], réparti comme suit:
1- Mettre en place des actions pour lutter contre les changements climatiques et améliorer la qualité de l'air (12,5%);
2- Protéger les ressources en eau (48,1%);
3- Favoriser le développement durable (22,4%);
4- Assurer la sécurité vis à vis des produits chimiques et la prévention de la pollution (7,8%);
5- Proposer des mesures, des procédures, des directives visant à renforcer les lois environnementales (9,2%).
Réduction des gaz à effet de serre émis par le milieu agricole
Basée sur la loi "Air Propre" (Clean Air Act) de 1990, qui promeut la protection et l'amélioration de la qualité de l'air sur le territoire américain ainsi que la protection de la couche d'ozone [2], la première réglementation relatives aux émissions de gaz à effet de serre concernant le secteur des transports (voitures, camions, ...) a été promulguée le 1 avril 2010. La seconde concernant la définition des critères polluants, publiée en décembre 2010, a pour objectif d'évaluer les quantités de gaz émis et de proposer des stratégies pour limiter les émissions. Cependant, cette réglementation s'ajoute aux 26 lois de l'EPA existantes et aux nombreux décrets et règles d'application transposés dans chacun des états. C'est pourquoi, les organisations professionnelles représentant les exploitants américains contestent cette nouvelle loi considérant que l'EPA fait de la sur-réglementation.
Le Bureau Fédéral des Exploitations Agricoles Américaines, rejoint par le Bureau des Exploitations Agricoles de Pennsylvanie, intentent un procès à l'EPA porté à la Cour Fédérale. Bob Stallman, président du Bureau Fédéral des Exploitations Agricoles Américaines, critique cette "surenchère" de l'EPA qui, selon lui, risque de nuire à la profession principalement pour des raisons budgétaires (achat de nouveaux matériels, coûts de production, ...). L'inquiétude se porte sur la rentabilité de l'activité si ces réglementations ne cessent de se multiplier. Selon Bob Stallman, ces dispositions sans précédent vont avoir de sévères répercussions sur la structure et la compétitivité de l'agriculture aux Etats-Unis. Le procès est toujours en cours mais le Bureau des Exploitations Agricoles de Pennsylvanie s'est retiré de celui-ci en septembre dernier.
Une nouvelle loi sur les poussières agricoles relance le débat de la sur-réglementation de l'EPA
Alors qu'en avril dernier, l'EPA disait ne pas vouloir mettre en place de réglementation concernant les poussières agricoles, celle-ci devrait pourtant être publiée prochainement. Philip Nelson, président du Bureau des Exploitations Agricoles de l'Illinois, au cours d'une audition publique a rappelé que les mesures citées dans la loi fédérale relative aux insecticides, fongicides et rodenticides, publiée en 1947, sont déjà très complètes, compréhensibles et efficaces. Cette loi détermine les règles d'enregistrement et d'étiquetage des pesticides. Elle a été réécrite en 1972 suite à la publication de la loi fédérale sur le contrôle des pesticides environnementaux. La loi fédérale de 1947 régule désormais également la commercialisation et l'usage des pesticides [3].
L'EPA vient de renforcer la loi "Eau Propre" existante avec une nouvelle réglementation générale sur les pesticides, qui a pris effet le 1er novembre dernier. Selon Philip Nelson, cette nouvelle réglementation risque d'engendrer un coût de près de 50 millions de dollars alors que les résultats n'amélioreraient ni la qualité de l'eau, ni la santé humaine.
Concernant l'émission des poussières par les exploitations agricoles, la loi sur la prévention de la régulation de la poussière est elle-aussi très complète et opérationnelle d'après Philip Nelson, et ne nécessiterait pas de nouvelle réglementation spécifique.
Le département de l'agriculture américain travaille sur l'amélioration de la qualité de l'air
Le département de l'agriculture américain ne ménage pas ses efforts au côté de l'EPA pour améliorer les performances environnementales du secteur agricole avec l'adoption d'une série de bonnes pratiques de protection et de mesures environnementales.
L'EPA et le département de l'agriculture américain ont établi un protocole d'entente (Memorandum of Understanding) entre leurs deux institutions afin de travailler ensemble pour préserver l'environnement et les ressources naturelles. Les deux institutions se sont mises d'accord pour un partage d'expérience (activités de recherche du département de l'agriculture américain, ...) et l'établissement d'un système participatif qui permet d'intégrer la communauté agricole à leurs travaux.
Le département de l'agriculture américain a mis en place, en 1996, un groupe de travail sur la qualité de l'air pour le milieu agricole, qui est en charge d'identifier les priorités en matière de recherche et de donner son avis sur les projets à mener dans ce domaine. Deux agences du département de l'agriculture américain, l'Institut National de l'Alimentation et de l'Agriculture (NIFA) et le Service de Recherche sur l'Agriculture (ARS), participent à la mise en place et au financement de projets liés à la qualité de l'air. Par exemple, l'ARS participe au développement d'une base de données qui permettrait de standardiser les mesures des gaz à effet de serre afin d'améliorer leur réduction.
Les inquiétudes à long terme de cette sur-réglementation de l'EPA concernent au final les emplois. Si les fermiers ont des coûts de fonctionnement croissants, cela va limiter considérablement leur capacité d'embauche. Ceci pourrait aller à l'encontre des objectifs que s'est fixés le département de l'agriculture américain pour l'année 2012 en matière de création d'emplois dans le milieu agricole pour les années à venir [4].
En France, les réglementations relatives à l'agriculture et l'air sont décrites dans la loi "Grenelle II" ou loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement, basée sur des critères environnementaux définis par l'Union Européenne. Les gaz à effet de serre, qualité de l'air et pesticides sont repris dans cette loi [5]. D'autres plans, tel que le plan Climat France 2004-2012 qui définit des actions nationales de prévention du changement climatique, sont également mis en place.
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] FY 2012 EPA budget in brief - EPA - Février 2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/sfoOE
- [2] Clean Air Act - EPA - 01/03/2011 - www.epa.gov/air/caa
- [3] Federal Insecticide, Fungicide, and Rodenticide Act (FIFRA) - EPA - 20/10/2011,
www.epa.gov/agriculture/lfra.html
- [4] Projet de loi sur les priorités agricoles pour l'année 2012,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68171.htm
- [5] Projet de loi portant engagement national pour l'environnement - Assemblée Nationale - 29/06/2010,
www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/ta/ta0504.pdf
Sources :
- EPA regulations suffocating U.S. agriculture - American Farm Bureau Federation - 18/11/2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/qqz4R
- Major Existing EPA Laws and Programs That Could Affect Agricultural Producers - EPA - Juin 2007,
www.epa.gov/agriculture/agmatrix.pdf
- EPA pollution rules threaten agriculture says American farming bureau - Marianna Keen - 11/01/2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/qNwe9
- EPA "pollution diet" starves agriculture: farm group - Charles Abbott - 09/01/2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/ffLkN
- EPA's Global Warming Regulations: A Threat to American Agriculture - Ben Lieberman - 01/04/2010,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/S5Oxz
- Gingrich: EPA denial about agricultural dust regulation is a lie - Jason Clayworth - 15/11/2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/8hkV9
- FY 2011-2015 EPA Strategic Plan - EPA - 31/11/2011, www.epa.gov/planandbudget/strategicplan.html
- Agricultural Air Quality - USDA - Juillet 2011, www.nifa.usda.gov/nea/nre/pdfs/knighton.pdf
- Actualisation du plan climat France 2004-2012 - 06/05/2007,
www.euractiv.fr/actualisation-plan-climat-france-2004-2012
- Agricultural burning - EPA - 23/03/2011, www.epa.gov/agriculture/tburn.html
- In Testimony, Nelson Warns of EPA "Creep" - Adam Nielsen - 18/11/2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/vkCX5
Rédacteurs :
Cécile Camerlynck, deputy-agro@ambascience-usa.org ; Adèle Martial, attache-agro.mst@consulfrance-chicago.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 268 (29/11/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT
Etats-Unis, 4 novembre 2011
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Le département américain de l'agriculture poursuit les subventions pour des projets relatifs aux biocarburants, www.bulletins-electroniques.com/actualites/68078.htm
Le 31 octobre 2011, Tom Vilsack, secrétaire du département américain de l'agriculture (USDA), a annoncé que 44,6 millions de dollars ont été débloqués pour financer des projets relatifs aux recherches sur les biocarburants aux Etats-Unis. Cette aide entre dans le cadre du programme bioénergie et biocarburant du département américain de l'agriculture.
Ce financement aidera les producteurs locaux à accroître leur production. Avec une plus grande quantité de biomasse produite, les recherches sur les énergies renouvelables pourront se poursuivre afin d'engager davantage les Etats-Unis vers la voie de l'indépendance énergétique. Ce programme de soutien a aussi pour but de développer les industries du biocarburant et de créer de nouveaux emplois dans ce domaine.
C'est au total, 156 entreprises américaines (producteurs et entrepreneurs) qui ont obtenu une subvention dont 65 entreprises situées dans le Middle West. Cinq types de projet ont bénéficié de subvention :
- La production de biocarburant à partir de déchets (8 projets, 11,4% de la subvention totale) ;
- La production de biodiesel à partir d'estérification d'acide gras trans (21 projets, 30,4% de la subvention totale);
- La production d'éthanol (11 projets, 17,4% de la subvention totale);
- La production via une digestion anaérobie (19 projets, 3,4% de la subvention totale);
- La production à partir de granulés de composés cellulosiques, notamment le bois (5 projets, 0,23% de la subvention totale).
La répartition des projets de développement de biocarburants pour les états du Middle West est la suivante :
Nombre de projets par états du Middle West ayant obtenu des subventions
Crédits : MS&T à partir de données USDA
Parmi les projets subventionnés, certains sont étudiés dans presque tous les états du Middle West, tel que la production de biodiesel à partir d'estérification d'acide gras trans, et d'autres ne sont proposés que par deux ou trois états, tel que la production de biocarburant à partir de granulés. On observe également que le Kansas travaille principalement sur des projets de développement d'éthanol (8 projets sur 14) et que le Wisconsin possède les compétences pour travailler notamment sur des projets de production de biocarburants via la digestion anaérobie (12 projets sur 83).
Les états du Middle West ont reçu 63% de la globalité de la subvention allouée au niveau fédéral. Ce financement a été réparti différemment selon les états :
Répartition des financements des projets par Etats
Crédits : MS&T à partir de données USDA
Les projets de production de biodiesel à partir d'estérification d'acide gras trans ont reçu les subventions les plus importantes en somme totale allouée. La production de biodiesel ne cesse de croître aux Etats-Unis depuis ces dix dernières années. La production mondiale sur l'année 2008 était de 10,9 milliards de litres dont 2,6 milliards produits par les Etats-Unis. L'estimation de la production aux Etats-Unis en 2022 est de 79,5 milliards de litres soit 30 fois plus qu'en 2008. La production de biodiesel, en 2022, devrait être supérieure à celle des biocarburants de première génération (production estimée à 56,8 milliards de litres).
Les entreprises de l'état du Kansas, quant à elles, ont obtenu un niveau de financement très important par rapport aux autres états du Midwest. D'autres états se font remarquer par le nombre de projets retenus pour financement. L'entreprise Louis Dreyfus Agricultural Industries, de l'état de l'Indiana qui travaille sur 6 projets, a eu la subvention la plus importante d'un montant de 2 394 192,13 dollars pour son projet de développement de biocarburant à partir de déchets. Par ailleurs, de nombreux projets dans l'état du Wisconsin ont obtenu, quant à eux, des niveaux de financement très modestes. Dans l'Iowa, la société Western Dubuque Biodiesel, LLC a reçu une subvention de 487 871 dollars. Cette société fabrique 30 millions de gallons de biodiesel par an en utilisant de l'huile de soja, de canola et des esters de suif. Avec ce financement, la société Western Dubuque Biodiesel, LLC espère créer 18 emplois et participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
En comparaison avec les états de la Californie (nombre important de projets) et du Texas, qui ont obtenu respectivement 1% et 12% de la subvention totale allouée au niveau fédéral, les projets se concentrent principalement sur la production de biodiesel à partir d'estérification d'acide gras trans. L'éthanol reste également un projet important en terme de développement.
Ce programme a également pour but d'améliorer les conditions de vie des personnes habitantes dans les zones rurales des Etats-Unis en leur offrant la possibilité de travailler sur de nouveaux types de projets, d'optimiser leur production et d'augmenter leur ressources financières. Le développement rural est une des priorités du gouvernement du Président Obama.
Pour en savoir plus, contacts :
USDA announces $44.6 million for advanced biofuels - Biofuels Business Staff - 01/11/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/1AD7V
Sources :
- Agriculture Secretary Vilsack Announces Funding to Expand the Production and Availability of Advanced Biofuels - USDA Office of Communications - 31/10/2011 -
http://content.govdelivery.com/bulletins/gd/USDAOC-17f342
- Vers une production massive de biodiesel aux Etats-Unis - Juliette Imbach - 10/03/2010 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/gj6ex
Rédacteurs :
Cécile Camerlynck, deputy-agro.mst@consulfrance-chicago.org ; Adèle Martial, attache-agro.mst@consulfrance-chicago.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 265 (4/11/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT
Etats-Unis, 4 novembre 2011
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Le gaz de schiste, meilleur pour le climat que le charbon ? Une nouvelle étude relance la polémique,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68082.htm
L'exploitation du gaz de schiste, en plein essor au Etats-Unis, émettrait-elle plus de gaz à effet de serre (GES) que celle du charbon ? Alors que le gaz de schiste reçoit de plus en plus d'intérêt de la part des industriels et des pouvoirs publics, cette question taraude la communauté scientifique, puisqu'elle pourrait remettre en cause un des principaux arguments en faveur du développement du gaz de schiste : la perspective d'avoir une source d'énergie moins carbonée pour diminuer la part du charbon dans la production d'électricité [1].
Dans une étude parue le 25 Octobre dans la revue Environmental Research Letters, l'équipe du Dr. Nathan Hultman de l'université du Maryland apporte sa contribution à cette question en évaluant l'impact climatique de l'exploitation du gaz de schiste destiné à la production électrique sur l'ensemble de son cycle de vie [2). D'après leurs résultats, les émissions de GES du gaz de schiste ne représenteraient que 56% de celles résultant de l'exploitation du charbon, un résultat conforme à l'ordre de grandeur régulièrement évoqué. Par ailleurs, les émissions de GES en provenance du gaz de schiste seraient également légèrement plus importantes que celles du gaz naturel conventionnel (+11%), principalement en raison des fuites de méthane plus importantes au cours de la vie d'un puits de gaz non-conventionnel.
"Evalué sur le seul critère des émissions de gaz à effet de serre [...], le gaz de schiste n'est pas susceptible d'être significativement plus polluant que le gaz conventionnel" peut-on lire dans l'étude. "L'argumentation selon laquelle le gaz de schiste serait plus polluant que le charbon est largement infondé."
Cette étude fait suite à plusieurs travaux dans ce domaine publiés au cours de l'année 2011. En particulier, elle s'oppose frontalement à une étude de l'université de Cornell (New York), publiée en avril 2011 [3]. L'équipe du professeur Robert Howarth, auteur principal de ladite étude, estimait qu'en raison des nombreuses fuites ayant lieu lors de l'exploitation d'un puits et de l'impact climatique important à court terme du méthane (puissant GES), l'impact climatique du gaz de schiste pouvait être comparable voir supérieur à celui du charbon. La méthodologie de l'étude a été très critiquée par les industriels et les scientifiques car elle attribuait une valeur fixe et jugée trop élevée au pouvoir de réchauffement global (PRG) du méthane, et parce qu'elle limitait le cadre de l'étude à 20 ans, surestimant les impacts à court terme "sans raison évidente" selon ses critiques.
L'équipe du Dr. Hultman reconnait que le manque de données de terrain disponibles - notamment sur les émissions "fugitives" de méthane - limite la portée de leurs conclusions. Ainsi, les chercheurs appellent les pouvoirs publics à exiger dans leurs politiques publiques une collecte systématique et transparente de données de terrain, se faisant ainsi l'écho d'autres recommandations similaires formulées auparavant, notamment par le conseil consultatif du secrétaire à l'énergie Steve Chu dans son rapport intérimaire paru cet été [3]. Cependant, de nombreux spécialistes estiment que l'adoption par les exploitants des puits de meilleures pratiques de captage et de torchage du méthane ainsi que l'évolution de la technologie diminueront à l'avenir l'intensité carbone de l'exploitation du gaz de schiste.
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] "L'exploitation des gaz de schistes : entre promesses économiques et conséquences environnementales" - Bulletins Electroniques - MARTY Gabriel, MAGAUD Marc - 01/07/2011 - 39 pp. -
www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm11_023.htm
- [2] "The greenhouse impact of unconventional gas for electricity generation" - Environmental Research Letters 6 - HULTMAN N., REBOIS D., RAMIG C. - 25/10/2011 - 9 pp. -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/H6LlZ
- [3] "Methane and the greenhouse-gas footprint of natural gas from shale formations" - Climate Change Letters vol. 106 n°4 - HOWARTH Robert W., SANTORO R., INGRAFFEA A. - 12/04/2011 - pp. 679-690 -
www.springerlink.com/content/e384226wr4160653/fulltext.pdf
- [4] "Gaz de schistes : répondre aux inquiétudes du public, un impératif pour le secteur" - Bulletins Electroniques - MARTY Gabriel - 23/09/2011 - www.bulletins-electroniques.com/actualites/67778.htm
Sources :
"NATURAL GAS: Shale emissions better than coal - study" - E&E News PM - VOOSEN Paul - 25/10/2011 -
www.eenews.net/eenewspm/rss/2011/10/25/3 (par abonnement)
Rédacteurs : Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 265 (4/11/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT
Etats-Unis, 28 octobre 2011
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Déchets électroniques : malgré les obstacles, le recyclage responsable émerge aux Etats-Unis,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68052.htm
Dans le cadre de sa démarche Ambassade Verte [1] et afin de préparer un rapport sur l'impact environnemental de l'informatique aux Etats-Unis à paraître, la Mission pour la Science et la Technologie de l'ambassade de France organisait le 18 octobre 2011 une visite de l'entreprise de recyclage de déchets électroniques E-structors [2].
La difficulté de traiter de manière responsable les déchets électroniques aux Etats-Unis
Les déchets électriques et électroniques (DEEE) représentent un défi environnemental majeur aux Etats-Unis. Près de 75% des 2,4 millions de tonnes de DEEE produits chaque année ne sont pas collectés séparément et sont incinérés ou enfouis, ce qui a de graves conséquences environnementales. De plus, 80% des DEEE collectés pour être traités sont en réalité exportés vers des pays en voie de développement, où ils sont recyclés dans des conditions parfois dramatiques pour la santé et l'environnement.
Ce phénomène est peu encadré puisque les Etats-Unis n'ont jamais ratifié la convention de Bâle et qu'il n'existe actuellement pas de loi fédérale restreignant l'exportation de DEEE [3]. Certains états fédérés ont mis en place des mécanismes incitatifs pour développer le recyclage des DEEE aux Etats-Unis, mais ils n'ont pas la compétence pour restreindre leur exportation.
En attendant que l'action fédérale émergente - au sein du gouvernement et du Congrès [4] - porte ses fruits, la filière s'organise en établissant des certifications. A l'heure actuelle, elles seules permettent de garantir une certaine confiance dans le traitement sûr et responsable des DEEE.
Il existe à l'heure actuelle deux certifications dans ce domaine : e-Stewards et Responsible Recycling (R2). Si e-Stewards assure effectivement un recyclage responsable sur le territoire des Etats-Unis, la certification R2 manque de garanties dans ce domaine [5]. En particulier, R2 n'interdit pas les exportations de DEEE, n'impose pas d'exigences quant à la protection des travailleurs face aux produits chimiques et permet l'emploi de prisonniers pour le recyclage.
Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme
C'est ce que l'on pourrait retenir de la visite du centre de tri de déchets électroniques de la société E-Structors, située dans la région de Washington D.C. Créée en 2003, cette société s'est positionnée dès ses débuts sur le créneau du recyclage responsable en pariant sur un intérêt croissant des clients pour cette thématique. "Il y avait très peu de recycleurs responsables à cette époque" confie son président et co-fondateur, Mike Keough.
En passant de 34 employés en 2008 à 150 en 2011, cette petite entreprise ne semble pas connaître la crise. Dans ses locaux de 18.000 m2, E-structors reçoit et tri chaque année près de 11.000 tonnes de DEEE, composés d'environ 50% de métaux ferreux et 30% de plastiques.
Le processus de triage des déchets électroniques est conçu pour tirer le maximum de valeur des flux entrants, le niveau de granularité obtenu en sortie est très élevé. Les plastiques sont par exemple séparés en de multiples flux en fonction de leur type et de leur taille, "pour les plastiques, c'est principalement la taille qui compte, plus c'est gros, plus cela a de la valeur" précise Mike Keough. Les batteries sont extraites et triées à la main par type (Ni-Cd, Ni-Mh, Lithium, etc.), même les CD/DVD et les cartes cadeaux (gift cards) sont séparées à la source !
L'entreprise tient aussi compte du pilier social du développement durable. 20% de ses employés souffrent de handicaps et la société a également mis en oeuvre un programme de formation de ses employés à l'électronique qui a obtenu l'approbation de l'état du Maryland. Il s'agit d'un engagement volontaire, puisqu'aux Etats-Unis, il n'existe pas d'incitation financière à ce type de démarche.
E-Structors est l'une des 4 entreprises sélectionnées par le groupe Best Buy (un équivalent américain de Darty) pour réceptionner les déchets électroniques collecté dans ses magasins de la côte Est. En effet, Best Buy propose depuis 2008 la collecte gratuite des déchets électroniques dans ses magasins [6]. L'entreprise est certifiée R2 et est en passe d'obtenir sa certification e-Stewards. Ainsi, tous ses partenaires détiennent au moins l'une de ces certifications.
Un procédé hiérarchisé pour atteindre 100% de valorisation
La totalité des déchets entrants sont revalorisés selon la hiérarchie Reconditionnement->Valorisation matière->Valorisation énergétique (voir schéma ci-dessous). Le reconditionnement est une activité nouvelle pour cette entreprise et, selon son président, représente l'axe de développement principal pour l'avenir proche.
Hiérarchie du traitement des déchets
Crédits : MS&T
Lorsque les clients n'exigent pas la destruction de leur matériel (souvent pour des raisons de sécurité), celui-ci est aussitôt envoyé sur un banc de test pour évaluer son potentiel de reconditionnement. Pour l'instant seuls les ordinateurs de bureau et portables, écrans LCD et TV sont reconditionnés. Les pièces fonctionnelles sont aussi récupérées pour permettre la réparation d'autres équipements. Les petits appareils électroniques, comme les téléphones portables, sont considérés comme "trop complexes" pour être reconditionnés. Pour les ordinateurs, seuls ceux équipés d'un processeur Pentium 4 et plus récents sont retenus. En dépit de ces contraintes, près de 35% du matériel passant par cette étape échappe à la destruction et part vers une nouvelle vie. Mike Keough précise que ce chiffre augmentera probablement lorsque l'activité de réparation des cartes électroniques (cartes mères de PC, TV) sera effective.
La majeure partie des déchets ne peuvent pas être reconditionnés et font l'objet d'une valorisation matière, à l'issue de laquelle de la matière première secondaire (métaux, plastiques...) est produite. La première étape de la chaîne de recyclage est le tri, où les déchets sont séparés selon des catégories (écrans CRT, petit appareils électroniques, ordinateurs...) et envoyés sur des lignes différentes.
Vient ensuite l'étape de désassemblage, où les déchets électroniques sont démontés manuellement afin d'optimiser l'efficacité du recyclage et de maximiser la quantité et la qualité des matières récupérées. Il s'agit d'une opération complexe - à cause de l'hétérogénéité du flux et de la conception inadéquate des produits - et dangereuse - à cause des produits toxiques que contiennent les déchets électroniques, notamment les écrans CRT. A l'instar du reconditionnement, le désassemblage nécessite beaucoup de main-d'oeuvre et l'assistance mécanique y est minime.
Des écrans cathodiques en attente d'être démantelés
Crédits : E-Structors
L'entreprise dispose néanmoins d'une machine de tri par courant de Foucault qui permet de séparer les métaux ferreux et non ferreux (ex : aluminium), et d'un séparateur à air ("vertical air classifier") qui permet de trier les petits morceaux de plastiques en fonction de leur type et de leur taille. D'après Mike Keough, sa compagnie serait une des seules du marché à posséder un tel équipement de séparation de plastiques.
Machine de tri par courant de Foucault
Crédits : E-Structors
Machine de tri de plastique (séparateur à air)
Crédits : E-Structors
Machine de tri de plastique (séparateur à air)
Crédits : E-Structors
Les matières premières secondaires sont ensuite envoyées à des prestataires ayant la capacité de les traiter (fonderie de cuivre, acier, recycleur de plastique, etc.). De l'aveu même de Mike Keough, la plupart de ces matières sont exportés vers des prestataires étrangers (comme Umicore en Europe) puisque les Etats-Unis ne disposent que de peu d'installations pouvant les traiter. Cependant, l'entreprise ne sélectionne que des prestataires certifiés R2 ou e-Stewards, elle estime assurer un recyclage responsable sur toute la chaîne.
Exemple d'un produit d'E-structor : pièces de cuivre
Crédits : E-Structors
Exemple d'un produit d'E-structor : dissipateurs thermiques en aluminium
Crédits : E-Structors
Les faiblesses de la filière
Fort de son expérience dans ce secteur, Mike Keough nous a fait part de ce qui lui semble être les faiblesses de la filière :
- Conception des équipements : de nombreux équipements sont difficiles à démanteler ou à reconditionner, cela est coûteux en terme de main d'oeuvre et impact la rentabilité du recyclage.
- Une faible éducation des consommateurs à l'importance du recyclage responsable et des certifications : Les consommateurs (et décideurs) ne sont pas encore suffisamment sensibilisés à cette question, ne connaissent bien souvent pas les certifications de la filière et se laissent trop souvent abusés par les recycleurs-exportateurs.
- Faiblesse des contrôles des acteurs de la filière.
- Trop faible régulation des décharges et des exportations : une meilleure régulation permettrait de limiter la concurrence déloyale. En revanche, et cela peut paraître contradictoire de la part d'un acteur aussi engagé, Mike Keough n'est pas aussi certain de la nécessité d'interdire totalement les exportations vers les pays en voie de développement. Ce paradoxe pourrait peut être s'expliquer par les réticences assez vives chez une majorité d'américains de se priver d'opportunités économiques à cause de la régulation.
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] Présentation du projet Ambassade Verte de l'Ambassade de France aux Etats-Unis :
http://fr.ambafrance-us.org/spip.php?rubrique247
- [2] Le site de la société E-structors : www.e-structors.com
- [3] "Etats-Unis : vers une interdiction de l'exportation des déchets électroniques vers les pays en voie de développement" - Bulletins Electroniques 224 - LOHIER Frédéric, MARTY Gabriel - 29/10/2010 -
www.bulletins-electroniques.com/actualites/64910.htm
- [4] "Déchets électroniques : l'administration Obama dévoile sa stratégie pour "mener par l'exemple"" - Bulletins Electroniques 256 - MARTY Gabriel - 26/08/2011 -
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67513.htm
- [5] "Electronics Recycling Standards Compared: R2 and e-Stewards" - Electronics TakeBack Coalition -
12/04/2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/ZpbWu
- [6] Programme de collecte du distributeur Best Buy : www.bestbuy.com/recycling
Sources :
- Visite des locaux de l'entreprise E-structors le 18 octobre 2011.
- Interview de Mike Keough (Président), Julie Keough (PDG) et John Schroeder le 18 octobre 2011.
Rédacteurs :
Frédéric Lohier, deputy-stic.dc@ambascience-usa.org; Gabriel Marty,
deputy-envt.mst@ambafrance-us.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 264 (28/10/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT
Etats-Unis, 30 septembre 2011
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Gaz de schistes : l'incertitude sur les réserves jette le doute sur le développement du secteur,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67807.htm
Le 23 août dernier, l'"U.S. Geological Survey" (USGS), l'agence fédérale chargée de la prospection géologique et de l'évaluation des ressources du sous-sol, a achevé la mise à jour très attendue de son estimation des ressources en gaz naturel des schistes "Marcellus" [1].
Une estimation des réserves de gaz largement revue à la baisse
La formation Marcellus, qui englobe principalement les états de Pennsylvanie, de New York, de l'Ohio et de Virginie Occidentale, est devenue en quelques années le symbole de la "ruée vers le gaz" que représente le développement rapide de l'exploitation des gaz de schistes aux Etats-Unis. La précédente estimation de l'USGS évaluait ses réserves de gaz naturel techniquement exploitables à environ 57 milliards de mètres cubes.
Cette estimation n'avait pas été mise à jour depuis 2002. Or, depuis 2004 et le forage du premier puits de gaz naturel utilisant la fracturation hydraulique dans la formation Marcellus [2], la multiplication des forages laissait présager une quantité bien plus importante de gaz naturel disponible. Face à cette attente, la nouvelle estimation de l'USGS établit la quantité de réserves de gaz naturel techniquement exploitable à près de 2 379 milliards de mètres cubes, soit 40 fois plus. Au rythme de consommation actuel, ces réserves permettraient d'assurer à elles seules près de 4 années de consommation de gaz naturel.
Carte de la formation de schistes Marcellus, indiquant les puits de gaz naturel
Crédits : U.S. Energy Information Administration, Juin 2011
Aussi important que soit ce résultat, il est très inférieur à une autre estimation formulée quelques mois plus tôt par l'Agence pour l'Information sur l'Energie (EIA), une agence fédérale indépendante chargée de fournir des données sur l'énergie [3]. Celle-ci avait estimé que la formation Marcellus pouvait comporter environ 11 610 milliards de mètres cubes.
Le travail de l'EIA mis en cause
Suite à la parution de l'estimation de l'USGS, l'EIA a rapidement annoncé qu'elle prendrait ce résultat en compte en l'intégrant dans la prochaine version de l'"Annual Energy Outlook", son rapport annuel sur l'état des réserves énergétiques aux Etats-Unis, une référence du secteur [4]. "Nous considérons que l'USGS est experte dans ce domaine," déclare Philip Budzik, un analyste de l'EIA. "Ce sont des géologues, ce qui n'est pas notre cas. [...]".
Néanmoins, l'EIA fait l'objet d'interrogations quant à la pertinence de la récente révision de sa méthode de calcul de la production de gaz naturel [5], et sur les raisons cachées derrière la publication d'un résultat que certains estiment exagérément optimiste. "Je félicite l'EIA pour avoir annoncé qu'ils reprendraient à leur compte les estimations de l'USGS, puisque celles-ci reposent sur la meilleure science disponible", déclare le représentant Maurice Hinchey (démocrate de New York), auteur d'une proposition de loi introduite en mars qui vise à mieux encadrer la pratique de la fracturation hydraulique [6]. "Toutefois, je reste préoccupé par la démarche qui a mené à établir les premières estimations, et j'ai des questions sur la façon dont cette rectification va affecter l'avenir des gaz des schistes."
Ces interrogations font suite à celles apparues en juin dernier, lorsque des courriers électroniques internes à l'EIA avaient été publiés dans le New York Times. Ceux-ci montraient que, malgré les prévisions optimistes publiées par l'agence, un haut degré de scepticisme existe en interne parmi les spécialistes quant au développement rapide et profitable de l'exploitation des gaz de schistes [7]. "Suis-je totalement fou, ou tout le monde vante-t-il les mérites des gaz de schistes sans vraiment comprendre comment leur économie fonctionne ?" écrit un analyste de l'EIA à un collègue dans un email du 27 avril 2011. "Il est très probable que beaucoup de ces compagnies [gazières] fassent faillite" écrit un conseiller de l'administrateur de l'EIA.
Néanmoins, certains experts comme Terry Engelder, professeur de sciences de la terre à l'université de l'état de Pennsylvanie, estiment que l'estimation de l'USGS reste bien trop faible. Selon lui, les réserves de gaz naturel techniquement exploitable seraient plus proche de 14 158 milliards de mètres cubes. Il note que quatre producteurs de gaz de la région - Range Resources, Cabot Oil & Gas, Ultra et Cheasapeake Energy - ont déclaré détenir une quantité cumulée de 2 152 milliards de mètres cubes. Si l'estimation de l'USGS était correcte, affirme Engelder, cela signifierait que les autres compagnies du secteur présentes dans la formation Marcellus - tel que Exxon ou Chevron - auraient investi beaucoup d'argent pour une quantité relativement faible de gaz, ce qu'il estime peu probable.
Des compagnies gazières soumises à l'inspection des autorités publiques
Cette incertitude quant au niveau des réserves amène certaines autorités publiques à douter des déclarations des compagnies gazières sur le potentiel économique des gaz de schistes, et à souhaiter obtenir plus d'informations de la part des exploitants.
Le 8 août dernier, le procureur général de l'état de New York Eric Schneiderman (démocrate), connu pour ses prises de positions à l'encontre de l'industrie gazière, a assigné 3 compagnies du secteur opérant dans l'état de New York - Range Resources, Cabot Oil & Gas et Goodrich Petroleum - à fournir des documents relatifs à leurs activités. Le procureur général réclame notamment des éléments permettant de justifier les différences constatées entre les déclarations des compagnies aux investisseurs sur la performance des puits exploités, et les informations consignés auprès des autorités fédérales. De plus, on leur demande de dévoiler les formules utilisées pour estimer le potentiel des puits de gaz de schistes en termes de ressources et de rentabilité. Une quatrième compagnie, Chesapeake Energy, s'est également vue sommée de répondre aux mêmes questions. "Les assignations qui ont émises sont importantes car elles montrent que la surveillance des compagnies impliquées dans les gaz de schistes va au-delà des états traditionnellement producteurs de pétrole et de gaz" déclare Kevin Book, directeur de recherche chez ClearView Energy Partners, une société de conseil.
L'action du procureur s'inscrit dans le cadre d'une enquête des autorités de l'Etat pour déterminer si ces compagnies ont correctement informé leurs investisseurs des enjeux de la prospection du gaz de schistes. Outre les risques pour les investisseurs privés, l'état de New York craint que, si la solidité financière de ces compagnies se révélait moins bonne que prévu, certains de ses investissements - plus de 45 millions de dollars - pourraient être menacés.
Cette démarche fait suite à celle de la Securities and Exchanges Commission (SEC) - le "gendarme de la Bourse" américain, qui a également assigné plusieurs compagnies du secteur en juillet dernier à fournir des documents. La SEC cherche également à clarifier les informations déclarées par les compagnies gazières et à vérifier dans quelle mesure celles-ci peuvent exploiter de façon rentable les puits de gaz de schistes sur le long terme. En effet, si les puits de gaz de schistes produisent beaucoup au cours de leur première année d'exploitation, cette productivité tend à chuter significativement par la suite. Certains industriels estiment que les puits peuvent néanmoins continuer à produire du gaz à un rythme faible mais constant pendant des années. Cependant, l'immense majorité des puits de gaz de schistes sont récents, et le manque de données rend difficile la réponse à la question de la rentabilité sur le long-terme.
De l'avis de nombreux experts, les démarches des autorités sont le résultat de l'attention médiatique croissante rencontrée par la question des gaz de schistes ainsi que la croissance exponentielle du secteur ces dernières années. Ces requêtes laissent présager un plus grand nombre d'enquêtes officielles [8].
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] Présentation de l'estimation de l'USGS : http://pubs.usgs.gov/fs/2011/3092/pdf/fs2011-3092.pdf
- [2] "L'exploitation des gaz de schistes : entre promesses économiques et conséquences environnementales" - Bulletins Electroniques - MARTY Gabriel, MAGAUD Marc - 01/07/2011 - 39 pp. -
www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm11_023.htm
- [3] Site web de l'EIA
- [4] "Annual Energy Outlook 2011" - U.S. Energy Information Administration - 26/04/2011 -
www.eia.gov/forecasts/aeo/pdf/0383(2011).pdf
- [5] "EIA expected to revise natgas production data lower" - Reuters - SILHA Joe - New York - 06/04/2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/q4a9c
- [6] "Hinchey Renews Push for FRAC Act" - Site internet du Rep. Maurice Hinchey - Washington DC - 16/03/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/yOy7O
- [7] Accès aux documents internes dévoilés par le New York Times -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/ANKiF
- [8] "Oil and Gas Companies Should Expect Increased SEC Scrutiny of Operations and Reserves" - Andrews Kurth Attorneys - www.andrewskurth.com/pressroom-publications-826.html
Sources :
- "USGS Releases New Assessment of Gas Resources in the Marcellus Shale, Appalachian Basin" - USGS Newsroom - 23/08/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/F4IBP
- "NATURAL GAS: USGS expands estimate of Marcellus Shale capacity" - E&E News PM - SORAGHAN Mike - 23/08/2011 - www.eenews.net/eenewspm/rss/2011/08/23/4 (par abonnement)
- "Geologists Sharply Cut Estimate of Shale Gas" - The New York Times - URBINA Ian - 24/08/2011 -
www.nytimes.com/2011/08/25/us/25gas.html?partner=rss&emc=rss
- "NATURAL GAS: EIA might shrink Marcellus estimates in light of new USGS report" - E&E Greenwire - SORAGHAN Mike - 25/08/2011 - www.eenews.net/Greenwire/rss/2011/08/25/3 (par abonnement)
- "Insiders Sound an Alarm Amid a Natural Gas Rush" - The New York Times - URBINA Ian - 25/06/2011 -
www.nytimes.com/2011/06/26/us/26gas.html?_r=1
- "NATURAL GAS: Agency emails show skepticism on shale gas" - E&E Greenwire - 27/06/2011 -
www.eenews.net/Greenwire/2011/06/27/archive/8 (par abonnement)
- "Regulators Seek Records on Claims for Gas Wells" - The New York Times - URBINA Ian - 29/07/2011 -
www.nytimes.com/2011/07/30/us/30gas.html
- "New York Subpoenas Energy Firms" - The New York Times - URBINA Ian - 18/07/2011 -
www.nytimes.com/2011/08/19/us/19gas.html
Rédacteurs :
Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambascience-us.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 261 (30/09/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT
Etats-Unis, 23 septembre 2011
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Gaz de schistes : répondre aux inquiétudes du public, un impératif pour le secteur
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67778.htm
Afin de tenter de répondre aux inquiétudes grandissantes du public concernant la fracturation hydraulique, le secrétaire à l'énergie Steven Chu a créé en janvier 2011 au sein de son conseil consultatif un sous-comité spécialisé dans les questions de gaz naturel. En mai dernier, il a chargé celui-ci de réfléchir aux moyens de rendre la production de gaz de schistes plus sûre et moins dommageable pour l'environnement.
Dès sa création, la composition du sous-comité a été critiquée à la fois par les opposants à l'usage de la fracturation hydraulique - en raison des liens financiers de 6 des 7 membres du sous-comité avec l'industrie gazière - et par les industriels, qui lui reprochent de ne comprendre aucun représentant de l'industrie en son sein et de manquer, par conséquent, d'expertise dans ce domaine [1]. Le sous-comité devait formuler ses premières recommandations sous 90 jours, et les a rendues publiques le 11 août dernier sous la forme d'un rapport préliminaire [2].
Répondre aux craintes du public est primordial pour assurer la production de gaz
Ce rapport met en avant les bénéfices en termes d'emploi, de sécurité énergétique et d'impact environnemental que les Etats-Unis peuvent espérer tirer de l'exploitation des gaz de schistes. Le sous-comité estime que l'exploitation doit continuer, y compris en utilisant la fracturation hydraulique.
Cependant, il considère que les pratiques actuelles en matière d'exploitation des gaz de schistes ne sont pas adéquates et que les craintes du public sont liées au manque d'informations disponibles, en particulier sur la pratique polémique de la fracturation hydraulique. "Si le public n'est pas à l'aise avec les questions environnementales que posent les gaz de schistes et que celles-ci ne sont pas traitées sérieusement par les pouvoirs publics et l'industrie, c'est un danger pour la production" déclare John Deutch, président du sous-comité et professeur au Massachussetts Institute of Technology.
Le professeur John Deutch présente les points-clés du rapport
Crédits : Mission pour la Science et la Technologie
Ainsi, les pouvoirs publics et les industriels doivent faire un effort pour collecter des informations fiables et informer le public sur les questions qui le préoccupent. Se limiter à souligner que la fracturation hydraulique est utilisée de façon sûre depuis plusieurs décennies - un argument souvent utilisé par les industriels pour convaincre de la maîtrise de cette technologie - ne saurait être suffisant pour calmer les craintes du public, peut-on lire dans le rapport.
Des recommandations pour une industrie plus ouverte
Le rapport met également en avant la nécessité d'adopter un processus d'amélioration continue dans le domaine de la production des gaz de schistes, et souligne notamment l'importance de systématiser l'adoption des "bonnes pratiques". Le développement rapide du secteur des gaz de schistes entraîne une amélioration constante des procédés et une diminution progressive de l'impact environnemental des activités de production. Ainsi, il est important que les exploitants restent à jour des meilleures pratiques du secteur afin de limiter leur impact environnemental et le mécontentement du public.
"Le besoin urgent de données de terrain", l'importance de leur collecte sur les sites de production et leur mise à disposition au public sont eux aussi soulignés. A ce titre, le site internet www.fracfocus.org [3], principale initiative actuelle de l'industrie pour informer le public, est qualifié de "bon début" mais reste insuffisant, puisqu'il ne fournit pas d'informations sur certains sujets importants aux yeux du public, tel que la contamination des nappes phréatiques.
Le rapport recommande aussi de rendre publics tous les composés chimiques présents dans le fluide de fracturation, non pas afin de prévenir un risque de contamination d'eau - jugé peu élevé - mais plutôt comme une mesure à portée symbolique. Bien que l'opposition à une telle mesure ait diminué au cours de l'année, les industriels restent réticents à dévoiler entièrement la composition du fluide de fracturation qu'ils utilisent - souvent considéré comme relevant du secret industriel. Mais le sous-comité considère que ces réticences n'ont pas lieu d'être : "Le sous-comité considère qu'il n'existe pas de raison économique ou technique qui s'oppose à rendre publique la composition du fluide de fracturation" précise le rapport.
Les pouvoirs publics ont aussi un rôle à jouer
Le besoin d'une réglementation stricte sur le sujet des gaz de schistes - à la fois au niveau fédéral et local - est reconnu comme un élément primordial afin de rassurer le public. Le rapport insiste donc sur la nécessité d'envisager une refonte du cadre réglementaire dans ce domaine, afin d'améliorer l'efficacité et le partage des responsabilités. Toutefois, le rapport ne présente pas de recommandations précises au niveau de la réglementation. "Aucune loi ne peut être à elle seule la solution : il n'y a pas de solution miracle" déclare John Deutsch.
Le fait que la combustion du gaz naturel soit moins émettrice de gaz à effet de serre que celle du charbon est un argument souvent avancé pour faire la promotion des gaz de schistes [4]. Toutefois, cette affirmation ne fait pas l'objet d'un consensus scientifique - à cause de la difficulté d'évaluer l'importance des fuites de méthane survenant lors de l'extraction du gaz naturel - et elle est contestée par plusieurs études [5]. Le rapport appelle à un effort fédéral inter-agence pour mener une étude sur l'ensemble du cycle de vie des gaz de schistes afin de clarifier cette question cruciale.
Il est également question de plusieurs recommandations pour préserver la qualité de l'air et de l'eau - telles que limiter l'usage de moteurs diesel sur les sites de production et bannir l'usage de gazole au sein du fluide de fracturation - et améliorer la communication entre les législateurs fédéraux et ceux des états fédérés.
Dans les semaines à venir, le sous-comité prévoit d'explorer plus en détail certaines de ces recommandations en prévision de son rapport final, attendu pour le 18 Novembre 2011.
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] "Despite Industry Ties, DOE Fracking Panel is Concerned About Boom" - Think Progress - JOHNSON Brad - 11/08/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/8PZsW
- [2] Rapport intérimaire du sous-comité du conseil consultatif du secrétaire à l'énergie :
www.shalegas.energy.gov/resources/081111_90_day_report.pdf
- [3] Le site internet FracFocus - fracfocus.org www.fracfocus.org
- [4] "L'exploitation des gaz de schistes : entre promesses économiques et conséquences environnementales" - Bulletins Electroniques - MARTY Gabriel, MAGAUD Marc - 01/07/2011 - 39 pp. -
www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm11_023.htm
- [5] "Methane and the Greenhouse-Gas Footprint of Natural Gas from Shale Formations" - Climate Change Letters vol. 106 n°4 - HOWARTH Robert, SANTORO R., INGRAFFEA A. - Avril 2011 - pp. 679-690 -
www.springerlink.com/content/e384226wr4160653/fulltext.pdf
Sources :
- "NATURAL GAS: Frack panel to industry: Fix environmental problems" - E&E Greenwire - SORAGHAN Mike
- 11/08/2011 - www.eenews.net/Greenwire/rss/2011/08/11/1 (par abonnement)
- Présentation du Dr. John Deutch au CSIS - 19/09/2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/zglZ6
- "NATURAL GAS : Obama frack panel to weigh link between drilling and health" - E&E Greenwire - SORAGHAN Mike - 16/08/2011 - www.eenews.net/Greenwire/rss/2011/08/16/3 (par abonnement)
- "DOE panel calls for more study of fracking emissions" - Grist - LACEY Stephen - 11/08/2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/s1AOH
Rédacteurs :
Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 260 (23/09/2011) - Ambassade de France à Washington / ADIT
Etats-Unis, 23 septembre 2011
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Espèces exotiques envahissantes : les insectes forestiers rongent l'économie américaine
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67779.htm
Les espèces exotiques envahissantes, qu'elles soient animales ou végétales, représentent l'une des principales menaces à la biodiversité, devant même la pollution des milieux naturels. Leur introduction peut se faire par migration progressive, due notamment au changement climatique, mais résulte plus souvent d'un transport, volontaire ou non, à l'occasion de mouvement de biens ou de personnes.
On estime qu'aux Etats-Unis, pour les seuls insectes, le nombre d'espèces non-endémiques atteint 450. Certes, toutes n'ont pas des impacts sur l'économie, mais il est des cas graves d'envahissement qui coûtent à la collectivité, que ce soit par la lutte requise pour éviter l'envahissement ou par la dépréciation des services rendus par les écosystèmes.
Les estimations de ces coûts induits, dont certains sont très indirects, souffraient jusqu'à présent une incertitude très importante (entre 1 et 120 milliards de dollars annuels, selon les estimations). Un article publié dans le journal scientifique PLOS One le 9 septembre présente une méthodologie qui tient compte du manque de données et de l'incertitude pour approximer au mieux les coûts induits par 3 guildes d'insectes forestiers emblématiques : les suceurs de sève, les xylophages (se nourrissant de la fibre de bois) et les phyllophages (se nourrissant des feuilles).
A. planipennis (xylophage)
Crédits : US Forest Service
L'étude, financée par the Nature Conservancy (ONG américaine) et l'Université de Californie à Santa Barbara, met en lumière des coûts très importants que certains professionnels eux-mêmes n'imaginaient pas. "Nous savions depuis des années que les espèces exotiques envahissantes étaient un problème énorme mais maintenant que nous sommes enfin en mesure de calculer leur impact économique, je suis moi-même un peut choqué par le niveau des dommages occasionnés" déclare Andrew Liebhold, entomologiste au US Forest Service.
L'équipe de chercheurs pluridisciplinaire (entomologistes, économistes, forestiers, etc.) a analysé les valeurs liées à 5 catégories de coûts :
- Les dépenses du gouvernement fédéral (recherche, évaluation, gestion et travaux, communication, etc.
- Les dépenses des gouvernements d'états fédérés ou locaux (abattage et enlèvement, plantation et traitements)
- Les dépenses opérées par les ménages (abattage et enlèvement, plantation et traitements)
- Les pertes de valeur immobilière
- Les pertes de valeur induites pour les propriétaires forestiers
En raison de l'absence de données, tous les coûts n'ont pas été internalisés (par ex. détérioration de la fonction filtrante pour les eaux de surface), et les auteurs insistent donc sur le fait que leur étude présente une fourchette basse des impacts économiques occasionnés.
Globalement, l'étude révèle que ce sont les gouvernements locaux et les ménages qui supportent l'essentiel des coûts. A contrario, les dépenses du gouvernement fédéral, et plus encore la perte de valeur du bois sur pied pour les propriétaires forestiers, restent limitées.
La plus dommageable des 3 guildes d'insectes, les xylophages, cause des impacts directs évalués à $1,7 milliards de dollars incombant aux seuls gouvernements locaux et $830 millions en perte de valeur immobilière. Arrivent en seconde position les suceurs de sève et enfin les phyllophages (à l'instar de la Lymantria Dispar, espèce de mite arrivée d'Europe il y a plus d'un siècle). Ces derniers, bien que leur effet sur la mortalité des arbres soit relativement faible puisque ceux-ci peuvent survivre avec un feuillage réduit, engendrent néanmoins des pertes atteignant $410 millions sur la seule valeur immobilière chaque année.
Outre l'intérêt de ces résultats en eux-mêmes, l'étude dévoile pour la première fois une méthodologie complète d'analyse des coûts occasionnés par les espèces exotiques envahissantes qui pourra être déclinée sur d'autres espèces ou écosystèmes. Hormis son apport pour les gestionnaires (autorités locales, exploitants forestiers, etc.) elle contribue donc à étayer les arguments en faveur d'une prévention accrue à l'encontre des introductions d'espèces exotiques, notamment par l'amélioration de procédures de contrôle dans le commerce international.
Pour en savoir plus, contacts :
- Site de recensement des espèces exotiques envahissantes www.invasive.org, (page insectes) :
www.invasive.org/species/insects.cfm
- Site de l'USDA (ministère de l'Agriculture américain):
www.invasivespeciesinfo.gov/economic/main.shtml
- Page du site US Forest Service dédiée aux insectes exotiques envahissants :
http://nrs.fs.fed.us/disturbance/invasive_species/
- Site de The Nature Conservancy: http://www.nature.org/
- Le scarabée, acteur du réchauffement climatique - BE Etats-Unis 136 :
www.bulletins-electroniques.com/actualites/56165.htm
Sources :
- Local Government, Homeowners Paying Price for Non-Native Forest Insects, U.S. Study Finds - ScienceDaily du 9/11/2011: www.sciencedaily.com/releases/2011/09/110909195132.htm
- Economic impacts of Non-Native Forest Insects in the Continental United States - PLOS One - Sept 2011: http://redirectix.bulletins-electroniques.com/pZYYx
Rédacteurs :
Marc Magaud (attache-envt@ambascience-usa.org)
Origine : BE Etats-Unis numéro 260 (23/09/2011) - Ambassade de France à Washington / ADIT
Etats-Unis, 9 septembre 2011
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L'échec de Solyndra est-il l'échec de la politique pro-énergies renouvelables de l'administration Obama ?, www.bulletins-electroniques.com/actualites/67635.htm
L'annonce a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans la communauté des cleantechs californiennes ce mercredi 31 août: Solyndra, société emblématique de la filière solaire, décidait de se déclarer en banqueroute et licenciait 1100 employés. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans la plupart des médias spécialisés [1,2,3,4].
C'est qu'au-delà de cette seule entreprise, c'est toute l'industrie solaire Californienne et américaine qui est impactée. On peut également y voir une remise en cause de la politique énergétique de l'administration Obama et du soutien financier important apporté par le Department of Energy à la filière solaire dans son ensemble. La célébration des emplois créés, de l'innovation technologique américaine triomphante, et du retour d'une production industrielle sur le sol américain plutôt qu'en Chine, n'aura pas fait long feu.
Une entreprise condamnée au succès, qui échoue
Il y a un an, nous écrivions que Solyndra n'avait pas le droit à l'erreur [5] et le scénario qui se déroule aujourd'hui est en effet un cauchemar pour l'administration en poste.
Lors d'un passage en Californie, le président Obama avait choisi le site de la nouvelle usine de Solyndra pour défendre son projet d'introduction d'une loi "climat", vantant au passage la création d'emplois verts et le soutien à cette nouvelle industrie par les mesures gouvernementales du Stimulus Package [6]. Cette usine, où étaient fabriqués les modules solaires tubulaires à base de cellules photovoltaïques de type couche mince - signature de Solyndra - était sortie de terre grâce à un prêt garanti de $535 millions du DoE. De nombreuses personnalités s'étaient rendues sur le site de cette usine: le secrétaire général du DoE, Steve Chu, l'ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger, etc... [7]
Solyndra était devenue à la fois la vitrine technologique des cleantechs en Californie, et aussi le fer de lance de la politique de stimulation de l'industrie verte par l'administration Obama. A ce titre il était important qu'elle réussisse, malgré les nombreuses ombres au tableau, comme le coût élevé de sa technologie [8] ou un audit du DoE qui avait mis à jour une montagne de dettes accumulées par la société et sa rapidité à dépenser son capital [9], et la décision de reporter son introduction en bourse [10].
Selon l'équipe dirigeante de Solyndra, les raisons de son échec sont multiples : malgré une croissance importante au premier semestre 2011, l'entreprise n'a pas pu rapidement déployer de capacité de production suffisante pour rivaliser avec les productions étrangères, notamment chinoises. La compétition intense a été accentuée par un surplus de panneaux solaires sur le marché, une chute des prix, et la baisse des tarifs d'achat dans les pays européens.
Pour de nombreux acteurs du secteur, c'est avant tout le coût élevé de sa technologie en pleine chute des prix - 42% de baisse depuis décembre pour les modules PV [11] - qui a causé sa perte. En effet les investisseurs de Solyndra avaient tablé lors de leurs calculs initiaux sur un prix du silicium fort et stable. Pour d'autres, c'est juste l'illustration que le modèle d'affaire de cette société n'était pas viable car reposant sur des mécanismes incitatifs artificiels et temporaires.
Le programme de Loan Guarantee dans le collimateur des républicains
Ce programme est l'un des outils du Gouvernement pour financer le lancement de la commercialisation de nouveaux produits technologiques à fort impact dans le domaine des technologies propres. Il s'agit d'appuyer les startups à l'une des étapes les plus critiques dans leurs vies : le moment où une technologie qui a fait ses preuves en laboratoire et/ou en site de démonstration doit être massivement produite et déployée. Les besoins financiers deviennent cruciaux, alors que la startup a déjà consommé une partie de l'argent de ses investisseurs. C'est à ce moment précis du développement de l'entreprise que l'Etat américain octroie des prêts garantis, pour accroître la confiance des banques dans la startup [12].
Or, certains projets financés ont essuyé des échecs, ce qui a déclenché un audit du système d'attribution des prêts. Ainsi l'inspecteur général du DoE a-t-il trouvé que le processus de réduction des risques de ces investissements n'était pas toujours assez documenté [13]. Des voix se sont donc élevées pour protester contre les paris risqués faits par l'administration. Il faut dire que le directeur du DoE "Loan Program", Jonathan Silver, vient du capital-risque et que ses choix stratégiques peuvent être en rupture totale avec l'administration classique du DoE [14].
Le cas qui cristallisait toutes les inquiétudes était celui de Solyndra [15], et sa banqueroute stigmatise un mauvais investissement qui remet en cause tout le modèle. Certains lauréats comme Tesla (voitures électriques) et First Solar (modules photovoltaïques) restent pour l'instant des réussites, mais d'autres comme A123 (batteries) et Fisker (voitures électriques) n'ont pas encore fait la preuve que le DoE est à même de construire les champions des technologies propres. Une enquête sur l'octroi du prêt à Solyndra avait d'ailleurs été lancée par des représentants républicains du House Energy and Commerce Committee. La banqueroute va donc apporter de l'eau à leur moulin [16].
L'avenir de la filière solaire américaine
Aujourd'hui Solyndra a plusieurs options devant elle: céder ses activités, sa technologie de films couche-minces CIGS, ou son expertise de production industrielle [17]. Mais 1100 employés se retrouvent d'ores et déjà sur le carreau. Tout le monde est dans le même bateau, et l'échec de l'enfant chéri de la Silicon Valley et du DoE est celui de toute la filière qui aura beaucoup plus de mal à lever des fonds.
D'autres entreprises du secteur de l'énergie solaire comme Calisolar et Solopower ont bénéficié des prêts garantis du DoE. Elles peuvent aujourd'hui s'attendre à voir les conditions dans lesquelles elles ont obtenu leurs prêts auditées, et peut-être remises en cause. On comprend la stratégie de certains acteurs comme Alta Devices, startup qui développe une technologie concurrente de films en couche-mince, de décider de se financer presque entièrement en capitaux privés.
Malgré ces déboires, les Etats-Unis ont une balance commerciale excédentaire dans le secteur de l'énergie solaire: estimée à $1,8 milliard pour 2010, elle aurait plus que doublé par rapport à l'année 2009 [18]. Les modules photovoltaïques assemblés à l'étranger comptent pour une grande part des importations ($2,4 mds), tandis que les premiers secteurs d'exportations sont le silicium polycristallin ($2,5 mds) et les équipements ($1,4 mds). Même les échanges avec la Chine se soldent d'un excédent en faveur des Etats-Unis ($247 millions)... alors que l'empire du milieu offre à ses entreprises des prêts garantis dix fois plus importants que celui consenti par les Etats-Unis à Solyndra [19].
Mais cela restera comme un nouveau revers pour une administration qui a désespérément besoin de démontrer que sa politique énergétique est synonyme d'emploi, d'innovation et de croissance économique [20].
Prêts garantis dans le solaire Chine et Etats-Unis
Crédits : MS&T avec les donnés de Reuters et Bloomberg
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67635.htm
Sources :www.bulletins-electroniques.com/actualites/67635.htm
Rédacteurs :
Thomas Deschamps, science@consulfrance-sanfrancisco.org ; Pauline Caumon, deputy-cleantech@consulfrance-sanfrancisco.org)
Origine : BE Etats-Unis numéro 258 (9/09/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT
Etats-Unis, 16 septembre 2011
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L'exploitation des gaz de schistes, entre promesses économiques et conséquences environnementales,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67682.htm
Auteur : MARTY Gabriel - MAGAUD Marc - 39 pages - PDF 1,6 MB
Le gaz naturel de schistes, une ressource longtemps considérée comme inexploitable, bouleverse le secteur énergétique aux Etats-Unis. Sa production a subi une croissance très rapide de 48% en moyenne au cours des 5 dernières années, notamment grâce à un prix du gaz naturel relativement élevé, des avancées technologiques et une législation permissive. Les réserves de gaz de schistes accessibles sont considérables et régulièrement revues à la hausse, et seraient capables d'assurer plusieurs décennies de consommation d'énergie. Leur exploitation devrait permettre de compenser la diminution progressive des sources de gaz conventionnel et de réduire les importations, jusqu'à représenter 45% de la production de gaz naturel en 2035.
L'exploitation des gaz de schistes a été rendue possible grâce à des avancées technologiques dans le domaine de l'extraction, notamment la technique de la fracturation hydraulique. Si elle est indispensable à la récupération du gaz de schistes, son utilisation soulève beaucoup d'inquiétudes en raison des impacts environnementaux importants qui peuvent en découler. Parmi ceux-ci, la consommation importante d'eau et les risques de contamination sont au centre de la problématique environnementale. Les conséquences de la fracturation hydraulique font l'objet de nombreuses études scientifiques, à l'heure actuelle il ne se dégage pas de consensus et le sujet reste souvent partisan. La réglementation de la pratique est faible au niveau fédéral et relève plutôt des états fédérés. Le sujet évoluant rapidement, les états reconnaissent le besoin de développer une réglementation spécifique. Selon leurs intérêts sur la question, ceux-ci choisissent d'encadrer ou de mettre un frein au développement des gaz de schistes et à l'utilisation de la fracturation hydraulique.
Le gaz naturel est considéré comme un combustible fossile plus "propre" que le charbon ou le pétrole, traditionnellement favoris aux Etats-Unis. Cela permet d'imaginer une stratégie énergétique où le gaz naturel permettrait d'assurer une production d'énergie nationale bon marché tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique, et serait une "ressource de transition" en attendant que les énergies renouvelables soient suffisamment matures pour prendre le relais. Cette solution semble avoir les faveurs de nombreux acteurs et de l'administration Obama, qui y voit un sujet possible de compromis politique.
Téléchargement gratuit : www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm11_023.htm
Pour en savoir plus, contacts : www.bulletins-electroniques.com
Rédacteurs : Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 259 (16/09/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT
Etats-Unis, 16 septembre 2011
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Le Département d'Etat donne son aval au projet d'oléoduc Keystone XL
www.bulletins-electroniques.com/actualites/67688.htm
Le Département d'Etat (DoS) a rendu public le 26 août les résultats de l'étude d'impact environnemental du projet d'oléoduc Keystone XL [1], actuellement à l'étude. Concluant qu'il n'était pas susceptible d'entraîner des dommages environnementaux significatifs, le DoS a donné son aval à ce projet controversé visant à faciliter l'import du pétrole de sables bitumeux canadien aux Etats-Unis.
Le projet Keystone XL
Le projet d'oléoduc Keystone de la compagnie TransCanada doit permettre d'acheminer le pétrole brut produit par le raffinage des sables bitumeux [2] de l'Alberta, au Canada vers les Etats-Unis. Les deux premières tranches du projet ont été mises en service en juin 2010 et février 2011. L'extension actuellement à l'étude, nommée Keystone XL, devrait étendre le réseau de près de 2700 kilomètres jusqu'aux raffineries du Texas dans le Golfe du Mexique, pour un coût total de 7 milliards de dollars (5 milliards d'euros) [3]. Une fois complété, cet oléoduc permettrait d'acheminer jusqu'à 830.000 barils de pétrole brut de sable bitumeux canadien par jour, soit pratiquement le double des importations actuelles.
Tracé du pipeline Keystone et de son extension
Crédits : TransCanada
Opportunité ou menace environnementale ?
Depuis son annonce, le projet Keystone XL fait l'objet d'une vive controverse. Les sables bitumeux, dont l'exploitation a longtemps été jugée non rentable, représentent d'immenses réserves potentielles de pétrole non conventionnel pour le Canada. Grâce à eux, le Canada disposent de la deuxième réserve prouvée de pétrole au monde, soit environ 175 milliards de barils exploitables. Les partisans du projet soulignent que le pétrole canadien permettrait de réduire la dépendance des Etats-Unis aux importations en provenance de pays hostiles et non-démocratiques. Outre les bénéfices en termes de création d'emploi, il est avancé que si Keystone XL n'était pas construit, ce pétrole serait tout de même produit mais exporté à l'étranger - principalement vers les pays asiatiques.
Cependant, la production de pétrole de sables bitumeux a de graves conséquences environnementales. Son extraction nécessite de raser des sections entières de la forêt boréale canadienne, qui héberge une biodiversité foisonnante et représente un important puits de carbone. De plus, les activités minières lourdes entreprises pour collecter les sables bitumeux et en séparer le pétrole entraînent une pollution considérable, notamment au niveau des cours d'eau.
La production du pétrole de sables bitumeux est un procédé plus complexe que pour le pétrole brut conventionnel, et nécessite plusieurs étapes supplémentaires avant de la rendre exploitable. Ainsi, la production de pétrole de sables bitumeux émet plus de gaz à effet de serre (GES) que le pétrole conventionnel, bien que l'impact réel reste difficile à chiffrer. En moyenne, l'extraction, la séparation et la transformation d'un baril de pétrole de sable bitumeux émet entre 3,2 et 5 fois plus de GES que celle d'un baril de pétrole brut conventionnel nord-américain. Même en considérant l'ensemble du cycle de vie (de la production à la combustion), le pétrole de sable bitumeux reste une des sources d'énergie la plus émettrice de GES : d'après l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA), les émissions de GES sur l'ensemble du cycle de vie serait environ 82% plus importantes que celles du brut classique utilisé aux Etats-Unis [4].
Les associations environnementales appellent Obama à refuser le projet
Le projet Keystone XL est fortement rejeté par les associations environnementales. Des centaines de militants, soutenus par une coalition des principaux groupes environnementaux ont manifesté devant la Maison Blanche pendant 2 semaines à la fin août, appelant le président Obama à bloquer le projet. Organisant un "sit-in" quotidien devant les grilles de la résidence du chef de l'état, 1253 d'entre eux ont été arrêtés, dont plusieurs célébrités, comme le climatologue de la NASA James Hansen ou l'actrice Daryl Hannah.
Manifestants opposés au projet de pipeline Keystone XL, devant la Maison Blanche à Washington
Crédits : MS&T
Ce mouvement de contestation intervient dans un contexte de mécontentement des défenseurs de l'environnement vis-à-vis du président Obama, dont ils avaient contribué à l'élection en 2008, qu'ils accusent de céder aux groupes industriels et aux républicains. La récente décision du président d'abandonner la révision des limites réglementaires pour l'ozone troposphérique n'a rien fait pour améliorer la situation [5].
Bill McKibben, fondateur et président de l'ONG 350.org
Crédits : MS&T
" [Keystone XL] est une épreuve importante pour Obama et l'environnement, aujourd'hui et jusqu'aux élections" déclare Bill McKibben, une figure de proue du mouvement. "Ce projet d'oléoduc apparaît comme le test décisif de la volonté du président de se battre pour l'environnement. Il peut faire quelque chose de lui-même [pour s'opposer au projet], sans interférence de la part du Congrès".
Le rapport du DoS tente de répondre aux inquiétudes
La version finale de l'étude d'impact environnemental entend répondre aux inquiétudes que soulève le projet Keystone XL.
Malgré les garanties apportées quant à la sécurité de Keystone XL, le risque de fuite de l'oléoduc inquiète les défenseurs de l'environnement, en particulièrement dans les milieux sensibles qui se trouvent sur le tracé de l'oléoduc. Le rapport considère que le brut transporté par l'oléoduc est "similaire en termes de composition et de qualité à ceux transportés par les autres oléoducs fonctionnant aux Etats-Unis", réfutant les accusations pointant un risque accru de corrosion et de rupture de l'oléoduc [6]. Le DoS évalue la fréquence des fuites de 1,78 à 2,51 fois par an, et décrit l'impact environnemental des fuites potentielles comme susceptible de rester limité "à moins d'atteindre une rivière, une pente forte ou une voie de migration comme un fossé de drainage".
L'étude du DoS montre que l'utilisation de pétrole de sable bitumeux à la place d'autres sources de brut conduirait à une augmentation des émissions de GES entre 3 et 21 millions de tonnes par an, soit l'équivalent de 588.000 à 4.081.000 millions de voitures. Ce résultat est bien moindre que ceux avancés par des scientifiques comme James Hansen, climatologue de la NASA, célèbre pour ses prises de positions publiques. Hansen estime que le développement accru des sables bitumeux - encouragé par la construction de l'oléoduc Keystone XL - reviendrait à siffler la "fin de partie" pour le climat, les 400 Gt de carbone contenus dans les sables de l'Alberta équivalent à une augmentation de la concentration en CO2 atmosphérique de 200 ppm. Ce raisonnement est critiqué par d'autres scientifiques, estimant que l'oléoduc Keystone XL n'est pas capable d'exporter suffisamment de pétrole pour que ce scénario puisse se réaliser [7].
Le DoS estime qu'avec le temps, alors que l'énergie nécessaire à l'extraction du pétrole devrait augmenter - afin de pouvoir accéder à des ressources toujours plus profondes, les émissions provenant de l'extraction de pétrole de sables bitumeux pourraient rester relativement stable. De plus, l'incertitude entourant le calcul des émissions de GES sera réduite : "... il apparaît que la différence de potentiel d'émissions de GES [entre le pétrole de sable bitumeux et le pétrole brut conventionnel] pourrait décroitre au fil du temps" peut-on lire dans le rapport.
L'étude d'impact environnemental n'est "qu'un des éléments que nous prendrons en considération", au même titre que la politique étrangère ou les considérations économiques, a déclaré à des journalistes Kerri-Ann Jones, assistante de la secrétaire d'état aux affaires scientifiques internationales.
La validation de l'étude d'impact n'est pas la dernière étape avant la validation du projet. Une période de consultation publique de 90 jours est en cours, avec révision par les autres agences fédérales. Le DoS doit également statuer si le projet Keystone XL représente "un intérêt national", avant de prendre une décision finale d'ici la fin de l'année 2011.
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] L'étude d'impact environnemental du projet Keystone XL sur le site du Département d'Etat :
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/GfM31
- [2] "About Tar Sands" - Oil Shale & Tar Sands Programmatic EIS,
http://ostseis.anl.gov/guide/tarsands/index.cfm
- [3] Page "Keystone Pipeline Project" sur le site de TransCanada, www.transcanada.com/keystone.html
- [4] Lettre de l'EPA au Département d'Etat - GILES Cynthia - 16/07/2010 - 18 pp.,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/Qm3UF
- [5] "Stung by the President on Air Quality, environmentalists weigh their options" - The New York Times - KAUFMAN Leslie - 03/09/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/J6alG
- [6] "OIL SANDS: With emotions high and evidence low, pipeline corrosion questions hound Keystone XL" - EéE News - SCHOR Elena - Fort McMurray, Alberta - 23/08/2011,
www.eenews.net/Greenwire/pipeline_politics/2011/08/23/2 (par abonnement)
- [7] "On the potential for oilsands to add 200ppm of CO2 to the atmosphere" - Rescuing the frog - LEACH Andrew - 04/06/2011, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/i5T6v
- "Barack Obama se met à dos les écologistes" - Le Monde - TILOUNE Joan - 05/09/2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/6N833
Sources :
- "OIL SANDS: Canada-U.S. pipeline poses few environmental risks - State Dept." - E&E Greenwire - SCHOR Elena - 26/08/2011 - http://www.eenews.net/Greenwire/rss/2011/08/26/1 (par abonnement)
- "Environmental Impacts of Oil Sands Development in Alberta" - Post Carbon Institute - DYER Simon - 22/09/2009, www.energybulletin.net/node/50186
- "OIL SANDS: Favorable finding by State Dept. won't end pipeline battle, enviros pledge" - E&E Greenwire - SCHOR Elena - 25/08/2011, www.eenews.net/Greenwire/rss/2011/08/25/1 (par abonnement)
- "State Department review to find pipeline impact 'limited', sources say" - The Washington Post - ELIPERIN Juliet - 24/08/2011, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/MyPGD
- "Tar sands: Still dirty after all these years" - Think Progress - ROMM Joe - 22/09/2010, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/RKhvJ
- "Hansen Says Obama Will Be 'Greenwashing' About Climate Change if He Approves Keystone XL Pipeline" - The New York Times - 26/08/2011, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/boIfR
Rédacteurs :
Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 259 (16/09/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT
Asie et Océanie
Chine, 14 novembre 2011
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Pékin alimentée d'ici cinq ans en eau désalinisée
www.bulletins-electroniques.com/actualites/68182.htm
Pour faire face à la demande croissante en eau de sa population, la Chine a annoncé la création d'un centre de désalinisation de l'eau de mer à Caofeidian, dans le Hebei, pour alimenter d'ici cinq ans Pékin en eau de mer désalinisée.
230 kilomètres de canalisations relieront la capitale chinoise et la station de désalinisation située dans la zone de développement économique de Caofeidian, dans la baie de Bohai. Actuellement, Pékin peut assurer à sa population un approvisionnement en eau de 3 millions de mètres cubes par jour alors que la demande moyenne était de 2,9 millions de mètres cubes en 2010. La station de désalinisation, qui coûtera 430 millions de yuans (48,9 millions d'euros), devrait permettre de produire 100.000 mètres cubes d'eau potable par jour en 2012 et plus d'un million de mètres cubes d'ici 2015.
Depuis octobre 2010, la Chine a construit 65 unités de dessalement d'eau de mer, avec une capacité cumulée journalière de plus de 600.000 mètres cubes. Le pays souhaite atteindre l'objectif journalier des 2 millions de mètres cubes d'ici 2015.
Sources :
China daily, 21/10/2011, www.china.org.cn/environment/2011-10/21/content_23685248.htm
Rédacteurs : Thomas Palychata, thomas.palychata@diplomatie.gouv.fr
Origine : BE Chine numéro 108 (14/11/2011) - Ambassade de France en Chine / ADIT

Informations
sélectionnées par Sylviane Tabarly,
avec l'aimable autorisation de l'ADIT et de
François Moille responsable de diffusion des BE

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à jour : 14-09-2011
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