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Veille de l'actualité scientifique et technologique internationale
Cette rubrique est conçue à partir d'une sélection des BE (Bulletins Electroniques) publiés sur www.bulletins-electroniques.com rédigés par les Services pour la science et la technologie des Ambassades de France et diffusés par l'ADIT.
Les BE sont des publications d'information sur les avancées technologiques et scientifiques dans le monde. Ils sont le fruit du partenariat entre l'ADIT et le Ministère des Affaires étrangères français, via les Services pour la Science et la Technologie des Ambassades de France à l'étranger : pour en savoir plus consultez www.bulletins-electroniques.com et www.adit.fr
Nous avons retenu les thématiques du développement durable ou qui lui sont liées (énergie, environnement, transports, agronomie). Cette présentation sera régulièrement actualisée selon le principe d'archives glissantes, sur un pas de temps de deux à trois mois environ.
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En archives : mars et avril 2011
Europe et Proche-Orient
Autriche, 1er avril 2011
>> Le nucléaire en Autriche : un (nouveau) survol
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66313.htm
Cette brève est une actualisation de l'article "le nucléaire en Autriche : un survol" publié en novembre 2007 dans le BE Autriche n° 109 [1] et rédigé par Mathieu Girerd.
La politique énergétique de l'Autriche est traditionnellement favorable aux énergies propres et renouvelables, le pays s'étant interdit de recourir au nucléaire (référendum de 1978 sur la centrale de Zwentendorf, débouchant sur la loi 'Atomsperrgesetz', renforcée en 1985 et 1999). Mais l'Autriche est partie intégrante d'EURATOM et finance donc aussi les activités nucléaires européennes. La participation autrichienne à EURATOM provoque ainsi des protestations récurrentes, mais la classe politique assure qu'il n'est pas possible de sortir d'EURATOM sans sortir de l'Union Européenne.
L'opposition au nucléaire ne fait pas débat en Autriche, la réduction des ressources fossiles et le changement climatique n'ont pas entamé les autrichiens dans leur conviction selon laquelle le nucléaire ne répond pas durablement aux enjeux climatique et énergétique. L'incident nucléaire de la centrale de Fukushima, conséquence du tsunami qui a touché le Japon en mars 2011, a provoqué d'intenses remous dans la société autrichienne. La présence dans les pays voisins (Suisse, Allemagne et République Tchèque en particulier) de centrales jugées dangereuses à proximité de la frontière fait débat et l'Autriche tente de prendre la tête du mouvement anti-nucléaire européen. Bien que l'Autriche ne produise pas d'électricité par le nucléaire, elle en importe une petite quantité (estimée à 6% du total de la consommation électrique nationale) et de nombreuses voix s'élèvent pour envisager l'autarcie énergétique.
Quelques centres de recherche ou de coordination :
1- L'institut atomique de l'université technologique de Vienne gère l'unique réacteur autrichien en activité, le TRIGA Mark II. De faible puissance, 250 kW, il sert à produire des isotopes. Les équipes de l'institut travaillent surtout en physique nucléaire et en physique des particules (interaction forte : QCD / Lattice QCD). Elles étudient également les neutrons, le rayonnement, la chimie nucléaire et l'ingénierie nucléaire (techniques de mesure et sûreté). Les recherches de l'institut sont le plus souvent soutenues par le Fonds autrichien pour la recherche fondamentale (FWF), EURATOM, le PCRD ou l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
2- L'AIT (Austrian Institute of Technology) compte deux activités liées au nucléaire : i) l'entreprise Nuclear Engineering Seibersdorf (NES) administre les déchets radioactifs produits en Autriche. Elle est sous contrat avec les ministères de l'Environnement et de la Technologie. NES coopère également avec l'AIEA, l'institut atomique et de nombreux centres étrangers ; ii) Seibersdorf Laboratories comporte une division chargée de la sûreté radiologique, surtout dans la branche médicale.
3- L'Académie autrichienne des sciences (OeAW) a mis en place une commission pour la coordination de la recherche sur la fusion nucléaire en Autriche, en collaboration avec EURATOM. Les applications de la fusion au secteur de l'énergie nécessitant des compétences multidisciplinaires (plasma/matériaux), la commission supervise quatre projets de recherche, de près ou de loin liés à ITER, et coordonnés par les organismes suivants : l'institut de physique générale de la TU-Wien (surfaces/plasma), la société Plansee AG (matériaux) et l'institut des sciences des matériaux de l'OeAW.
4- En ce qui concerne la physique nucléaire (non liée à la production d'énergie), on notera :
- FAKT (Fachausschuss Kern und Teilchenphysik), division de la société autrichienne de physique (OePG), représente les intérêts du monde autrichien de la physique nucléaire et de la physique des particules.
- Plusieurs universités (Vienne, Graz, Innsbruck) et universités technologiques (Vienne, Graz) possèdent des instituts de physique théorique faisant de la recherche en physique nucléaire.
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] Consultable sur www.bulletins-electroniques.com/actualites/51901.htm
- Site internet de l'institut atomique www.ati.ac.at
- Sites des divisions de l'AIT (NES, sûreté radiologique) www.nuclear-engineering.at
et www.seibersdorf-laboratories.at/radiation
- Commission pour la coordination des recherches sur la fusion nucléaire de l'Académie des Sciences (OeAW) : www.oeaw.ac.at/deutsch/forschung/programme/kkk.html
- Site de FAKT www.teilchen.at/fakt/
Source :
Rencontre avec Dietrich Liko, physicien à l'Académie des Sciences autrichienne
Rédacteur :
Maxime Enderli
Origine : BE Autriche numéro 134 (1/04/2011) - Ambassade de France en Autriche / ADIT
Espagne, 29 mars 2011
>> Parution d'un rapport sur l'industrie nucléaire espagnole
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66280.htm
Pendant la dernière décennie le marché mondial de l'énergie a été bouleversé: le développement de géants comme la Chine ou l'Inde a contribué à l'augmentation importante des besoins en énergie, notamment électrique. Pour satisfaire cette demande croissante, les gouvernements choisissent généralement parmi les options suivantes : améliorer l'efficacité énergétique, développer le nucléaire, développer les énergies renouvelables.
L'Espagne est souvent décrite comme une "île énergétique" faiblement interconnectée avec les pays voisins, ce qui l'isole du marché européen. De plus, le pays dispose de peu de ressources fossiles et reste donc très exposé en termes de dépendance énergétique. En effet, les importations d'énergie couvrent 82% des besoins de la péninsule, ce qui rend la rend très vulnérable tant pour le coût que la qualité de la ressource.
De par son isolement, le système électrique espagnol doit conserver une marge de puissance considérable pour pouvoir répondre aux pics de consommation ou compenser d'éventuelles défaillances des moyens de production. Dans ce contexte, le pays a besoin de centrales électriques capables de fournir une grande quantité d'énergie de manière fiable pour garantir la distribution même dans des conditions défavorables. De plus, depuis quelques années, la demande en électricité croit de 4% par an. Dans ce contexte, L'Espagne a choisi de produire une partie de son énergie via le nucléaire et s'est ainsi dotée d'un parc de centrales qui couvre environ 20% des besoins en électricité.
Les évènements récents qui ont eu lieu au Japon ont rouvert le débat du nucléaire. Il ne s'agit pas ici de prendre part à ce débat mais plutôt de dresser un portrait de l'industrie nucléaire espagnole, replacé dans son contexte et enrichi de l'actualité très dense sur le sujet.
Auteurs : CHABAROT Philippe
Ambassade de France en Espagne - 24 pages - 28/03/2011
Téléchargez gratuitement ce rapport au format pdf :
www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm11_011.htm
Pour en savoir plus, contacts : hwww.bulletins-electroniques.com
Rédacteur :
Philippe Chabarot, chargé de mission, service.scientifique@sst-bcn.com
Origine : BE Espagne numéro 103 (29/03/2011) - Ambassade de France en Espagne / ADIT
Hongrie, 15 mars 2011
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L'appel d'offres pour l'extension de l'unique centrale nucléaire hongroise sera lancé début 2012, www.bulletins-electroniques.com/actualites/66145.htm
Lors d'une récente allocution, le Ministre hongrois du Développement national, M. Tamas Fellegi, a confirmé que le pays allait lancer un appel d'offres pour l'extension du site nucléaire de Paks au début de l'année 2012. La technologie choisie devrait être connue en 2013.
En Hongrie, l'électricité d'origine nucléaire est produite par la centrale de Paks, située sur le Danube à une centaine de kilomètres au sud de Budapest. Cette centrale, propriété de MVM (compagnie nationale d'électricité hongroise), représente une puissance totale de 2000 MWe. Les quatre réacteurs qui la composent sont de type VVER-440/213 et ont été mis en service en 1983, 1984, 1986 et 1987. De conception soviétique, ces réacteurs ont fait l'objet d'un programme d'amélioration et de modernisation dans les années 90 pour répondre aux impératifs de sûreté exigés pour l'entrée dans l'Union européenne. A la fin de l'année 2005, le Parlement hongrois a voté l'autorisation de l'extension de la durée de vie des quatre réacteurs pour 20 ans supplémentaires. Entre 2006 et 2009, en accord avec l'OAH (Autorité de Sureté Nucléaire hongroise), la puissance des quatre réacteurs a été augmentée de 8% pour atteindre 500 MW/unité (voir BE Hongrie 27, "Nucléaire : vingt ans supplémentaires pour l'unique centrale du pays" [1]). En 2009, la centrale de Paks a produit 15,427 TWh, soit 43% de la production d'électricité hongroise.
Compte tenu du rôle essentiel de cette centrale en Hongrie, il a été envisagé de développer son activité. Après une première phase d'études (Projet Teller), le Parlement hongrois a donné son accord lors de la session parlementaire du printemps 2009 (vote favorable à 95,4%) pour débuter les études préparatoires à la construction d'une deuxième centrale nucléaire sur le site de Paks.
Cette centrale sera composée d'un (ou deux) réacteur(s) à eau pressurisée de troisième génération, satisfaisant aux EUR (recommandations de sûreté élaborées par les électriciens européens), et d'un facteur de suivi de charge entre 50 et 100%. Cette augmentation de capacité implique la construction d'une ligne haute tension de 400 kV ainsi que l'augmentation de la capacité de réserve du réseau. Un nouveau projet (Projet Lévay) a pris la suite du projet Teller pour mener à bien, d'ici fin 2013, l'ensemble des tâches préalables à la construction, dont notamment le montage financier, la sélection des partenaires, le choix de la technologie et l'obtention des licences. Quatre modèles sont étudiés par les équipes hongroises : AES-2006 (Atomstroyexport), AP-1000 (Westinghouse), EPR (Areva), et ATMEA (Areva et Mitsubishi) ; bien que non explicitement cité, l'APR-1400 (KEPCO) n'est pas totalement exclu. Le calendrier officiel prévoit la mise en service du premier réacteur en 2020, et 2025 pour le deuxième (dans le cas où les études conduiraient à construire deux réacteurs).
Pour en savoir plus, contacts :
[1] Nucléaire : vingt ans supplémentaires pour l'unique centrale du pays, BE Hongrie 24, 07/05/2010,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/63299.htm
Source :
- "Hungary mulls plans to build new nuclear blocks" - MTI (14/01/2011) :
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/ljBnd
- "Hungary to launch nuclear power tender in 2012" - Reuters (26/01/2011) :
http://af.reuters.com/article/energyOilNews/idAFLDE70P0TJ20110126
- " Paks powers up for nuclear expansion" - Budapest Business Journal (03/12/2010) :
http://bbj.hu/energy/paks-powers-up-for-nuclear-expansion_55109
Rédacteur :
Jeremy PASCAL jeremy.pascal@cea-centraleurope.eu
Jacques Geslin j.geslin@inst-france.hu
Origine : BE Hongrie numéro 32 (15/03/2011) - Ambassade de France en Hongrie / ADIT
Israël, 28 mars 2011
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Comment élever des poissons sur la terre ferme ?
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66245.htm
L'industrie de la pisciculture, c'est à dire de l'élevage de poissons dans des bassins clos, est un domaine en rapide expansion en réponse à une stagnation, depuis le milieu des années 1980, dans le secteur de la pêche traditionnelle. En 2011, on estime qu'environ 40% des poissons consommés dans le monde viennent déjà de la pisciculture et ce nombre devrait atteindre 60% en 2024.
Cependant, comme certains des déchets organiques (ammoniaque par exemple) produits par les fermes sont toxiques pour les poissons, ces composants doivent être largués dans les eaux avoisinantes. Disposer d'une grande quantité d'eau de mer propre de manière à nettoyer quotidiennement les bassins limite les fermes d'élevages aux zones portuaires ou côtières. Naturellement, cette technologie est largement critiquée par les organisations écologistes qui dénoncent la pollution biochimique engendrée par les fermes d'élevage de poissons.
La compagnie israélienne GFA ("Grow Fish Anywhere") propose un nouveau système de purification de l'eau permettant de faire fonctionner les fermes d'élevage en circuit complètement fermé, c'est à dire sans aucun échange entre les bassins et le monde extérieur. Le système de purification développé à GFA par le Dr. Yossi Tal est basé sur les travaux du Pr. Jaap van Rijn au département de "Sciences Animales" de l'Université Hébraïque.
Le protocole de purification contient essentiellement deux étapes. Dans un premier temps, l'ammoniaque est transformé en nitrate par l'intermédiaire d'un processus de nitrification nécessitant l'introduction de microbes spécifiques dans les fermes d'élevage. Ensuite, le nitrate est transformé en dioxyde de carbone lors d'un processus de dénitrification impliquant une combinaison compliquée de différentes réactions chimiques. Une des astuces mise en place par GFA et le Pr. Jaap van Rijn consiste à recycler la matière organique déposée aux fonds des bassins dans un réacteur à lit fluidisé lors de l'étape de dénitrification. Le résultat est que la technologie mise en place par GFA permet d'établir des fermes d'élevage de poissons complètement écologiques dans le sens où le système est entièrement fermé sur lui-même.
Au-delà des ses avantages environnementaux, la technologie proposée par cette compagnie devrait permettre de construire des fermes d'élevages sur la terre ferme. Cela signifie que les agglomérations géographiquement éloignées d'un océan pourraient être alimentées en poissons frais.
Pour l'instant GFA dispose d'un site commercial à New-York qui est capable de produire 100 tonnes de poisson par an (chiffre 2010), principalement daurades, bars et tilapia. Les sites de recherche et développement se situent à Herev La'Et dans le nord d'Israël ainsi que dans le laboratoire du Pr. Jaap van Rijn à la faculté d'Agriculture de l'Université Hébraïque sur le campus de Rehovot.
Pour en savoir plus, contacts :
Vous pouvez en apprendre plus en vous rendant sur le site de la compagnie GFA ("Grow Fish Anywhere") : http://growfishanywhere.com/
Rédacteur :
D'après le VI Chercheur Laurent Boue
Origine : BE Israël numéro 73 (28/03/2011) - Ambassade de France en Israël / ADIT
Norvège, 5 avril 2011
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Le réchauffement climatique pourrait augmenter la biodiversité en Norvège
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66346.htm
Une étude commune aux équipes scientifiques du laboratoire d'écologie alpine de Grenoble et du museum d'histoire naturelle de Madrid vient d'être publiée dans Nature (16/02/2011). Elle traite des effets du réchauffement climatique en Europe et conclut que la Norvège (et la Scandinavie en général) devrait avoir une plus grande diversité génétique dans le futur. De la même manière, les zones montagneuses du Sud de l'Europe (les Alpes) pourraient avoir une faune et une flore plus riche.
Le réchauffement climatique entraînerait la diminution globale de la biodiversité au Sud de l'Europe. En Europe du Nord, la plus grande diversité de faune et flore ne compenserait cependant pas les pertes d'espèces dans le Sud. Ainsi on s'attend à une diminution de la biodiversité sur le continent. Les espèces adaptées au climat sud-européen actuel seront en effet forcées de migrer vers le Nord pour retrouver un climat qui leur est favorable. Ainsi Wilfried Thuillier, chercheur de l'université Joseph Fourier de Grenoble, dit que la Norvège devrait abriter des espèces actuellement en France, en Allemagne et au Danemark.
Les modèles construits par les chercheurs sont basés sur 1280 plantes, 340 oiseaux et 140 mammifères trouvés en Europe à l'heure actuelle. Une étude sur l'adaptation des espèces à de nouveaux habitats a ainsi été menée. La quantification de la biodiversité peut se faire de différentes façons, la plus facile étant de compter les espèces présentes sur une région délimitée. L'étude publiée par Nature utilise une méthode différente, à savoir quantifier les variations entre des espèces génétiquement différentes. Cette méthode de calcul est encore appelée "diversité phylogénétique".
Les montagnes norvégiennes font partie des régions où l'on s'attend à un changement notable. L'écologue Kari Klanderud de l'université de Bergen et de l'université des sciences de la vie de As a référencé les espèces présentes il y a 80 ans jusqu'à aujourd'hui. Dans cette étude sur la diversité des espèces (et non phylogénétique), Klanderud a déjà observé des changements.
Sigmund Hågvar de l'université des sciences de la vie d'As a lui aussi longtemps étudié l'effet du réchauffement climatique et la biodiversité. Il pense que le réchauffement climatique va probablement augmenter la diversité à l'échelle locale, mais qu'il y a cependant un risque d'extinction lorsque les espèces voyagent vers un nouvel habitat. Dans l'étude publiée dans Nature, 3 modèles climatiques différents et 4 scenarii d'émissions de gaz à effet de serre différents ont été testés. Les scientifiques ont cherché à savoir comment le déclin attendu de la biodiversité se fera par rapport à certaines plantes ou animaux en Europe. Le but était également de déterminer quelles espèces viendraient à disparaître.
Actuellement les pays d'Europe du Nord présentent une plus faible diversité génétique comparés aux pays du Sud de l'Europe. Cette tendance pourrait donc être inversée au cours du siècle avec une perte d'espèces dans les pays du Sud.
Source :
* Article généraux:
- forsning.no (en norvégien): www.forskning.no/artikler/2011/februar/280338
- Université de Bergen: http://redirectix.bulletins-electroniques.com/pvBtu
- Nature: Wilfried Thuiller, Sébastien Lavergne, Cristina Roquet, Isabelle Boulangeat, Bruno Lafourcade og Miguel. B. Araujo: "Consequences of climate change on the tree of life in Europe," Nature, publisert online 16. februar 2010. www.nature.com/nature/journal/v470/n7335/abs/nature09705.html
* Chercheurs concernés par cette étude:
- Wilfried Thuiller - Université de Grenoble: www.will.chez-alice.fr
UJF - laboratoire d'écologie alpine : www-leca.ujf-grenoble.fr
- Kari Klanderud - UiB et UMB: www.uib.no/persons/Kari.Klanderud
UIB - Ecological and environmental change research group: www.uib.no/rg/EECRG
- Sigmund Hågvard - UMB: www.umb.no/ina-en/employees/sigmund.hagvar
UMB - ecology and natural resource management: www.umb.no/ina-en
* Définitions:
- phylogénie: http://fr.wikipedia.org/wiki/Phylog%C3%A9nie
Rédacteur :
Julie Soufflard, Ambassade de France en Norvège, science@france.no
Origine : BE Norvège numéro 100 (5/04/2011) - Ambassade de France en Norvège / ADIT
Royaume-Uni 108 >> 16 mars 2011
>> De lourdes menaces planent sur le système alimentaire et agricole mondial
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66179.htm
Le 24 janvier 2011, alors que l'indice des prix des denrées alimentaires fourni par la Food and Agriculture Organization (FAO, organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) atteignait un nouveau sommet, un rapport consacré à l'avenir du système alimentaire et agricole mondial et son évolution jusqu'en 2050 a été publié au milieu d'un engouement médiatique remarqué. Ce document, réalisé à la demande du gouvernement britannique, est le fruit d'un projet de deux années mené par l'organisme Foresight avec le concours de 400 experts venant de 35 pays différents. Foresight fait partie du Government Office for Science (le bureau pour les sciences du gouvernement) dont le rôle est de fournir aux décideurs politiques une prestation de conseil sur les sujets à caractère scientifique et technique.
Illustration disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66179.htm
L'étude du fonctionnement du système alimentaire mondial actuel conduit à conclure qu'il n'est ni performant (puisque 925 millions de personnes souffrent de malnutrition), ni durable (puisqu'il consomme les ressources naturelles plus rapidement qu'elles ne se reconstituent). En outre, la situation est susceptible de se dégrader dans les prochaines années sous l'effet conjugué du changement climatique, de la compétition pour les ressources et surtout de la croissance démographique qui pourrait amener la population mondiale à compter 9 milliards d'êtres humains en 2050. Pour répondre à l'augmentation de la demande, une projection de la FAO réalisée en 2009 prévoyait la nécessité d'une hausse de 70% de la production alimentaire sur la période 2000-2050. Ainsi, l'épuisement des ressources, l'augmentation des prix de la nourriture, l'aggravation du problème de la faim, des tensions sociales et des flux migratoires accrus voire des conflits font partie des risques encourus, sauf à modifier en profondeur le système alimentaire et agricole mondial.
Afin de prévenir de tels risques, et d'assurer la sécurité alimentaire des populations, des actions immédiates sont nécessaires sur de nombreux fronts. En particulier, les décideurs politiques du monde entier doivent prendre conscience que les thématiques de l'alimentation et de l'agriculture sont reliées à celles de l'énergie, de l'eau, de la biodiversité et du changement climatique. La définition de mesures touchant à l'agriculture doit donc bénéficier d'une approche intégrant cette complexité. Les rédacteurs du rapport dégagent de grands axes de travail : i) équilibrage de l'approvisionnement et de la demande en nourriture, ii) réduction des gaspillages, iii) meilleure gouvernance du système alimentaire mondial (qui passerait par la réduction des barrières douanières et des subventions qui désavantagent les producteurs des pays du Sud). Enfin, les experts appellent de leurs voeux à l'implication de toutes les composantes de la société, des politiques aux entreprises, en passant par le public et les scientifiques, pour que soit possible une radicale modification du système alimentaire et agricole mondial. Malgré un constat relativement alarmant, la conclusion de l'étude ménage une note d'optimisme, fondée notamment sur la conscience grandissante de la nécessité de traiter le problème de la faim au niveau mondial, et sur les progrès de la connaissance issue de la recherche.
En effet, le rapport met en avant l'importance que revêt la poursuite des investissements dans la recherche et le développement dans les domaines des sciences naturelles mais aussi des sciences sociales. La contribution des scientifiques a principalement vocation à :
- produire plus de nourriture, avec des coûts environnementaux plus faibles ;
- réagir à des menaces qui évoluent, tels les parasites ou les maladies affectant les cultures ;
- développer de nouvelles variétés de plantes capables de résister notamment aux périodes de sécheresse ainsi qu'aux inondations occasionnées par le changement climatique ;
- être mieux à même de répondre aux besoins des populations les plus pauvres.
Pour cela, les scientifiques sont, en premier lieu, encouragés à considérer en permanence la viabilité économique des solutions qu'ils développent dans l'optique d'un déploiement à grande échelle ultérieur. Par ailleurs, vue l'ampleur des défis à relever, le rapport recommande de n'exclure aucune technologie a priori, pour des raisons morales ou éthiques, laissant la porte ouverte à l'utilisation d'organismes génétiquement modifiés, de techniques de clonage et des nanotechnologies. L'accent doit être mis également sur la manière dont les résultats de la recherche se transforment en avancées concrètes pour les populations concernées par la malnutrition. En ce sens, les travaux sur les semences très répandues dans les pays du Sud (sorgho, millet) constituent des priorités.
Le professeur Sir John Beddington, conseiller scientifique du Premier Ministre, ayant déjà évoqué par le passé les risques engendrés par le "perfect storm", soit la combinaison de la croissance démographique, de la diminution des ressources pour la production alimentaire et du changement climatique, considère que cette étude avance des arguments convaincants pour inciter les gouvernements et tous les acteurs concernés à agir dès maintenant. Accompagné du professeur Charles Godfray, qui a présidé le groupe responsable du projet, Sir John Beddington s'est exprimé lors de la présentation du rapport au parlement, organisée le 9 février 2011 par le Parliamentary Office of Science & Technology (office parlementaire pour la science et la technologie). Ils ont ainsi pu présenter devant un large public issu d'horizons divers (parlementaires, membres d'ONG, universitaires, etc.) les conclusions de l'étude et les grands enjeux qu'elle soulève.
A la suite de sa publication, ce rapport sera présenté et discuté avec d'autres gouvernements, la Commission Européenne et de grandes organisations internationales. L'objectif est avant tout d'amener le problème du système alimentaire et agricole mondial dans les premières lignes des ordres du jour internationaux.
Quelques interrogations subsistent cependant, au premier rang desquelles le point de vue global adopté par le projet de l'organisme Foresight, à contrepied de certains pays, comme le Kenya, qui cherchent d'ores et déjà à développer de nouvelles technologies adaptées aux spécificités géographiques des cultures et surtout aux capacités de modernisation des fermiers : combien seront-ils, dans les pays du Sud, à pouvoir adopter de coûteuses méthodes agricoles issues des biotechnologies ? En outre, à la lumière des récentes évolutions des négociations internationales sur le changement climatique, il est légitime de s'interroger sur les modes de prise de décisions et les cadres de négociation (le G20 et l'Organisation Mondiale du Commerce étant suggérés dans le rapport) à adopter pour que l'ensemble des acteurs dans le monde entier se mobilise autour d'objectifs concrets. Malgré ces nuances, cette étude s'intéressant aux questions de l'agriculture, de l'alimentation et de la faim à l'échelle mondiale arrive à point nommé, dans la mesure où ces thèmes semblent souvent masqués par des réflexions à dimension économique ou par des thèmes plus en vogue comme le changement climatique. Elle constitue indéniablement un appel à l'action, dans lequel le rôle crucial du travail des scientifiques dans la résolution des grands défis de demain se trouve, une nouvelle fois, réaffirmé.
Source :
Rapport Foresight Global Food and Farming Futures, 24/01/11 :
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/tygn8
Rédacteur :
Joël Constant
Origine : BE Royaume-Uni numéro 108 (16/03/2011) - Ambassade de France au Royaume-Uni
Royaume-Uni, 16 mars 2011
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Terres rares et enjeux économiques mondiaux
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66180.htm
Les terres rares constituent un groupe d'éléments du tableau périodique de Mendeleev ayant des propriétés chimiques voisines, et comprenant les quinze lanthanides, le scandium et l'yttrium. Largement utilisées dans les produits de haute technologie et dans l'industrie bas carbone, les terres rares représentent un enjeu économique d'autant plus considérable que la production mondiale actuelle est totalement contrôlée par la Chine. La Chine possède en effet 37% des réserves globales connues, contrôle 60% des ressources mondiales en terres rares et répond à plus de 96% de la demande mondiale en termes de production.
Au-delà de la prise de conscience du monopole chinois, le paradoxe que représente l'exploitation néfaste pour l'environnement des terres rares, souvent associées à des composés radioactifs, afin d'extraire des éléments à même de permettre le développement de technologies vertes, est également un sujet de préoccupation actuel.
Le Royaume-Uni est un importateur relativement mineur de terres rares. Les deux secteurs de l'industrie britannique en consommant sont les éoliennes et les véhicules électriques, et ne semblent pas, à l'heure actuelle, être affectés par les mesures restrictives chinoises. Le gouvernement n'en surveille pas moins la situation et incite très fortement les industriels à considérer les activités de récupération, de réutilisation et de recyclage. Une note de quatre pages [1] publiée en janvier 2011 par l'office parlementaire pour la science et la technologie (POST, Parliamentary Office of Science and Technology) est entièrement consacrée aux terres rares, et une enquête du Science and Technology Select Committee de la House of Commons (équivalent de l'OPECST, Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques) a débuté le 10 novembre 2010 concernant les métaux stratégiquement importants, dont les terres rares font partie. Dans le cadre de cette enquête, et dans l'attente de ses conclusions, vraisemblablement courant 2011, nous avons jugé utile de dresser un panorama des enjeux économiques mondiaux que représente le marché des terres rares à l'heure actuelle.
Définition
Les terres rares sont un groupe de 17 éléments métalliques, chimiquement similaires, incluant les quinze lanthanides, le scandium et l'yttrium. Il s'agit d'éléments naturels qui, du fait de leur similarité chimique, peuvent aisément se substituer l'un à l'autre, rendant ainsi les procédés de séparation difficiles et coûteux.
Les terres rares sont des éléments relativement répandus dans la croûte terrestre, certains étant présents en plus grande abondance que l'argent, et les terres rares les plus abondantes le sont en quantités équivalentes au cuivre et au plomb. Il faut cependant noter que la quantité varie grandement d'un élément à l'autre, le cérium ayant par exemple une concentration de 33 ppm pour seulement 0,3 ppm pour le lutécium. Les terres rares sont communément subdivisées en terres rares légères et en terres rares lourdes, ces dernières étantmoins abondantes et par conséquent plus coûteuses.
Exploitation et implications environnementales
Les terres rares sont présentes à l'état naturel dans un large éventail d'environnements géologiques, aussi bien dans des roches sédimentaires qu'ignées ou métamorphiques. Souvent associés à des éléments radioactifs, l'extraction de ces éléments représente un problème écologique important. Des dépôts en Malaisie, par exemple, contenant typiquement 2% d'uranium et 0,7% de thorium, ont résulté en une fermeture des usines d'exploitation et un échec de l'industrie malaise des terres rares.
En Chine, des dépôts argileux à forte capacité d'adsorption (fixation d'une substance sur une surface) présentent une faible teneur en éléments radioactifs et sont par conséquent très attractifs. Leur exploitation n'en présente cependant pas moins un souci écologique d'importance, notamment à cause du manque d'adhésion aux régulations environnementales. Les produits chimiques utilisés dans les étapes de raffinage du minerai ont en effet été responsables de maladies, d'intoxications, de pollution de rivières et de destruction de terrains agricoles. Il a par exemple été signalé que le raffinage d'une tonne d'oxyde de terre rare pouvait potentiellement produire 60.000 m3 de déchet gazeux contenant de l'acide sulfurique et fluorhydrique, 200 m3 d'eau acide et 1,4 t de déchets radioactifs.
De plus, comme dans toute opération d'extraction, la production de terres rares nécessite une quantité considérable d'énergie qui, en Chine, provient principalement de centrales au charbon, ajoutant ainsi à la liste des effets néfastes pour l'environnement que représente l'exploitation des terres rares.
Applications
Les terres rares sont des métaux particulièrement convoités, car indispensables à la fabrication de nombreux objets de consommation courante (téléphones portables, écrans plats LCD...) mais aussi dans les technologies vertes (cellules photovoltaïques, batteries de véhicules électriques, éclairage basse consommation...). Les terres rares sont indispensables dans des applications électroniques, optiques, magnétiques et catalytiques, dans lesquelles elles jouent un rôle crucial en termes d'amélioration du rendement énergétique et de facilitation des technologies numériques.
Illustration 1 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66180.htm
La véritable révolution engendrée par les terres rares aura été la miniaturisation. Le néodyme et le dysprosium sont utilisés pour fabriquer des aimants de petite taille, légers (de très petites quantités de dysprosium permettent de construire des aimants jusqu'à 90% plus légers) et incroyablement solides, utilisés dans de l'appareillage militaire de haute technologie aussi bien que dans des écouteurs, des jouets ou encore en bijouterie. Beaucoup de technologies vertes ont également été rendues possibles grâce aux terres rares, et les éoliennes et les véhicules hybrides sont fortement dépendants de leur approvisionnement. L'alliage de néodyme avec du terbium et du dysprosium permet de conserver les propriétés magnétiques aux hautes températures auxquelles sont soumis les moteurs des véhicules hybrides et les éoliennes. Chaque moteur de Toyota Prius hybride contient par exemple 1 kg de néodyme, et chaque batterie, 10 à 15 kg de lanthane. La figure 1 représente toutes les applications possibles des terres rares dans la conception d'un véhicule hybride.
Ressources mondiales et pays producteurs
La quantité globale de ressources en terres rares n'est pas connue précisément. L'USGS (United States Geological Survey, Institut géologique américain) estime cependant que les réserves mondiales en oxydes de terres rares sont de l'ordre de 99 Mt. La Chine possède 37% de ces réserves, suivi par la Communauté des Etats Indépendants avec 19%, les Etats-Unis, 13%, et l'Australie, 6%. Les 22% restants sont répartis entre le Canada, la Malaisie, le Brésil, l'Inde, le Groenland, l'Afrique du Sud, la Namibie, la Mauritanie, le Burundi, le Malawi, le Vietnam, la Thaïlande et l'Indonésie.
Production historique
Historiquement, l'Inde et le Brésil furent les premiers pays à produire des terres rares jusque dans les années 1940, lorsque l'Australie et la Malaisie ont commencé leurs productions. Entre 1960 et 1980, des dépôts ont été exploités aux Etats-Unis, qui sont alors devenus les premiers producteurs mondiaux devant l'Australie. Pendant les années 1980, la Chine s'est lancée dans la production, supplantant les Etats-Unis pour devenir le premier producteur mondial en 1988.
Actuellement
La Chine domine maintenant le marché mondial des terres rares, répondant à 96,8% des demandes d'approvisionnement, les producteurs dans d'autres pays n'arrivant pas à rivaliser avec les coûts faibles des exportations chinoises. La mine de Moutain Pass (Californie), est restée active jusqu'en 2002, mais a dû fermer suite à des problèmes environnementaux. Il en résulte qu'à l'heure actuelle, il n'y a virtuellement pas de chantiers d'extraction de terres rares en dehors de la Chine, mis à part en Inde, au Brésil et en Malaisie. S'il est estimé que des terres rares sont également produites en Indonésie, au Kazakhstan, en Corée du Nord et du Sud, au Kyrgyzstan, au Mozambique, au Nigéria, en Russie et au Vietnam, la production de l'ensemble de ces pays ne représente qu'une très faible proportion des 126.000 t d'oxydes de terres rares produites mondialement en 2008 (4% d'augmentation par rapport à 2007), représentant un marché global, avant traitement des produits, de l'ordre de 1,25 Md$. La production mondiale a plus que doublé au cours des 15 dernières années. Pour comparaison, 11,1 Mt de zinc sont produites annuellement.
Futur
Si la Chine subvient à 96,8% de la demande mondiale, ce n'est cependant pas par manque de ressources en d'autres endroits du globe. De nombreux dépôts/gisements sont connus, mais non seulement les chinois ont développé des techniques efficaces d'extraction et d'exploitation, mais aussi et surtout, le relatif manque de contrôles environnementaux lui a permis de maintenir des prix relativement bas et de s'assurer le monopole. Les pays occidentaux peuvent donc se procurer ces éléments si convoités sans affecter leur propre environnement, et ce, à des prix très compétitifs. Si Deng Xiaoping affirmait que les terres rares étaient à la Chine ce que le pétrole est au Moyen Orient, Chao Ning, chef de section pour le commerce avec l'étranger au ministère du commerce, affirme quant à lui que le pays ne peut plus continuer à porter le fardeau de la demande mondiale. Les réserves s'épuisent, et pour des considérations stratégiques, environnementales et économiques, le pays ne va plus pouvoir se permettre d'assumer seul la tâche d'approvisionner le monde entier. Depuis quelques années déjà, la Chine cherche à effectuer des acquisitions en dehors de son territoire. Les tentatives d'acquisition de Unocal, une compagnie pétrolifère californienne dont une filiale, Molycorp Minerals possède la seule exploitation de terres rares aux Etats-Unis, ou de 51% des parts de Lynas Corporation, possèdant un site minier en Australie du Sud-ouest, ont échoué. En 2009 cependant, Jiangsu Eastern China Non-Ferrous Metals a acquis 25% de Arafura Resources, une autre compagnie australienne dont les opérations vont débuter en 2013 avec une production annuelle de terres rares estimée à 20.000 t. Il semblerait également que la Chine cherche à entrer sur le marché en Afrique de l'Ouest, et il en résulte qu'environ 60% des réserves globales sont sous le monopole chinois.
Problèmes et mesures adoptées
=> Epuisement des ressources et contrebande
Quatre pour cent des éoliennes utilisent un système magnétique faisant appel à des terres rares. Il est anticipé que ce chiffre soit de l'ordre de 15 à 25% d'ici 2015. La demande en véhicules électriques, consommateurs de terres rares, est également en forte augmentation. Il est prévu que la demande globale en terres rares augmente à un taux de 8 à 11% par an entre 2011 et 2014. Si certains pays, comme les Etats-Unis, qui à eux seuls détiennent 15% des réserves mondiales, ont depuis longtemps cessé toute production locale parce que l'importation est plus rentable, les chinois pensent qu'au taux de consommation actuelle, ils vont rapidement épuiser leurs propres réserves en terres rares, notamment en dysprosium et terbium. Si la Chine produit 900 t de dysprosium par an, par exemple, il est estimé qu'il ne lui reste plus que 13 500 t à extraire, ce qui représente un approvisionnement de 15 ans maximum. Or il est attendu que la demande globale en terres rares surpasse l'offre, du moins en ce qui concerne les terres rares dites lourdes, telles le dysprosium et le terbium, dans environ 10 ans. De plus, il est prédit que la consommation domestique chinoise sera égale à sa production d'ici 2014.
Une autre source d'inquiétude est l'ampleur prise au cours des dernières années par la contrebande de terres rares. Il a été rapporté en 2009 que 20.000 t, soit un tiers du volume total de terres rares ayant quitté le sol chinois en 2008, avaient été l'objet de contrebande résultant des prix élevés pratiqués sur le marché. Devant ce constat, les autorités chinoises ont décidé de prendre un certain nombre de mesures, qui ont eu des répercussions conséquentes sur les pays les plus demandeurs, notamment le Japon, les Etats-Unis et l'Allemagne.
=> Mesures adoptées
Depuis 2004, la Chine a introduit des quotas annuels d'exportation. Une diminution de 40% des exportations a ainsi été observée en 2010 et les approvisionnements vers l'étranger ont également été retardés par les douaniers chinois. Le 28 décembre 2010, le ministre chinois du commerce a annoncé que la première livraison de terres rares pour 2011 serait de 14 446 t, soit 35% en-dessous des quotas autorisés au cours du premier semestre 2010. Des baisses subséquentes sont également en considération. Il en résulte une augmentation du prix des terres rares qui, dans certain cas, a été multiplié par dix.
Devant l'urgence de la situation, l'Australie et les Etats-Unis, entre autres, ont décidé de redémarrer l'exploitation. Les Etats-Unis ont ainsi décidé de ré-ouvrir la mine de Mountain Pass et de redémarrer la production en 2012, tout en construisant des infrastructures supplémentaires pour l'exploitation des terres rares sur sol américain. La société Sumitomo Corporation, Tokyo, a établi un protocole d'entente avec Molycorp, stipulant une aide financière de 130 M$ pour la réouverture des exploitations en échange d'approvisionnement en terres rares. Dans le même ordre d'idée, un protocole d'entente a été signé entre Toshiba Corporation, Tokyo, et la Mongolie.
Position britannique
Tel que mentionné en introduction, le Royaume-Uni est un importateur relativement mineur de terres rares, et l'industrie britannique dans son ensemble n'a par conséquent été que relativement peu inquiétée par les mesures chinoises récentes. Quelques industries ont toutefois exprimé leur préoccupation concernant les activités de production d'alliages et de catalyseurs. Less Common Metals par exemple, filiale britannique de Canadian Great Western Minerals Group, est actuellement en train de sécuriser une source d'approvisionnement alternative, en planifiant la réouverture d'une ancienne mine en Afrique du Sud en 2013.
Les deux secteurs de l'industrie britannique consommateurs de terres rares sont les éoliennes et les véhicules électriques, et ne semblent pas, à l'heure actuelle, être affectés par les mesures restrictives chinoises. Le gouvernement n'en surveille pas moins la situation. Le ministère de l'environnement, de l'alimentation et des affaires rurales (Defra, Department for Environment, Food and Rural Affairs), dans le cadre de sa politique d'optimisation des ressources, est impliqué dans l'analyse des risques que pourraient éventuellement représenter les limitations d'exportations de terres rares. Si aucune politique propre aux terres rares n'est en considération, le gouvernement incite très fortement les industries britanniques à considérer les activités de récupération, de réutilisation et de recyclage.
Beaucoup de domaines d'applications utilisant des terres rares produisent des 'déchets' contenant relativement peu de terres rares et rendant par conséquent le recyclage difficile et onéreux. Le potentiel de recyclage est plus important dans des dispositifs utilisant des quantités importantes de terres rares, tels les aimants. Si les industriels n'ont que peu d'encouragement pour considérer les activités de recyclage, le gouvernement britannique entend bien remettre ce problème à l'ordre du jour. Au cours de l'enquête par le Science and Technology Select Committee, la première audition a notamment permis d'aborder les notions suivantes :
- quels sont les critères utilisés pour définir un métal stratégiquement important ?
- quels sont les secteurs de l'économie britannique qui seraient les plus affectés par une pénurie ?
- quels sont les efforts à fournir pour développer des produits de substitution ?
- quelles sont les possibilités d'exploitation de ressources au Royaume-Uni ?
- quels sont les effets de l'extraction des terres rares sur la population chinoise ?
N'étant encore qu'aux prémices de cette enquête, aucune conclusion ou recommandation ne peut être échafaudée ou rapportée à ce stade. Les problèmes de recyclage et de réutilisation, notamment de terres rares, ont cependant été à l'ordre du jour et il a été mentionné que si l'aptitude à recycler existe, les volumes de matière ne sont pas présents, et il n'existe pas à l'heure actuelle de marché pour des terres rares de seconde main.
Enfin, la substitution et l'innovation sont à l'ordre du jour. Devant la pénurie à venir et les problèmes posés par le recyclage et la réutilisation, une solution pourrait être de trouver des produits de substitution ou de concevoir les produits différemment, afin qu'ils soient moins demandeurs en terres rares.
Illustration 2 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66180.htm
Pour finir, si les terres rares sont au premier rang des préoccupations, il n'en demeure pas moins que nous commençons également à perdre prise sur l'approvisionnement en bien d'autres éléments tels l'hélium, le phosphore ou le cuivre. L'Union Européenne est très dépendante de l'importation de métaux tels le cobalt, le platine, les terres rares et le titane, qui jouent un rôle essentiel dans le développement d'écotechnologies innovantes permettant d'améliorer l'efficacité énergétique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Une matière première peut être considérée comme critique, à partir du moment où :
- son importance économique est majeure pour des secteurs-clés ;
- le risque d'approvisionnement est élevé ;
- elle ne peut être remplacée par aucun autre produit de substitution.
La Commission Européenne a donc débuté en 2008 l'Initiative "Matières premières", permettant l'élaboration d'une liste commune de matières premières critiques, en coopération étroite avec les Etats Membres et les parties prenantes. Mike Pitts, de UK Chemistry Innovation Knowledge Transfer Network, et ses collègues ont compilé un tableau périodique des éléments 'en danger', dans lequel les éléments en rouge sont sous menace sérieuse, signifiant qu'il y a de fortes chances pour que leur approvisionnement ne soit plus possible d'ici moins d'un siècle.
Pour en savoir plus, contacts :
[1] http://redirectix.bulletins-electroniques.com/rAYtH
Source :
- Rare Earth Elements, rapport du British Geological Survey, 2010, www.MineralsUK.com
- Rare Earth Metals, POST Note, numéro 368, janvier 2011,
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/5fjqS
- http://redirectix.bulletins-electroniques.com/aMe9Q
- Critical Thinking, Chemistry World, janvier 2011, p 50
- Métaux rares, la pénurie menace-t-elle l'innovation ?, Rencontres du Café des techniques, Musée des Arts et Métiers, www.arts-et-metiers.net/musee.php?P=221&cycle=15&id=421
- New Year, new rare earth fear, The Great Beyond, nature.com, 07 janvier 2011
- Seven days, the news in brief, Nature, vol. 469, 6 janvier 2011
- Smuggling key factor in rare earths' scarcity, Chemistry World, décembre 2010, p 6
Rare earth partnership, Materials World, janvier 2011, p 8
- Strategically important metals, audition du Science and Technology Select Committee de la House of Commons, 26 janvier 2011
- http://ec.europa.eu/enterprise/policies/raw-materials/index_fr.htm
Rédacteur :
Dr Maggy Heintz
Origine : BE Royaume-Uni numéro 108 (16/03/2011) - Ambassade de France au Royaume-Uni
Royaume-Uni, 16 mars 2011
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La croissance démographique, un enjeu pour les sciences de l'ingénieur
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66181.htm
L'Institution of Mechanical Engineers présente, dans un rapport publié le 12 janvier 2011, la croissance démographique comme l'un des grands défis du XXIe siècle. Cette association britannique de professionnels y décrit, par ailleurs, le rôle que les ingénieurs et leur savoir-faire peuvent avoir à jouer pour que les sociétés humaines puissent s'adapter à une population plus nombreuse.
La population mondiale a connu au cours des deux derniers siècles une croissance sans précédent : d'environ un milliard d'individus en 1800, elle est passée à 2,5 milliards en 1950, pour atteindre 6,9 milliards en 2010. Selon les modèles démographiques sur lesquels repose le travail de l'Institution of Mechanical Engineers, cette tendance devrait se poursuivre au cours du XXIe siècle jusqu'à une stabilisation à 9,5 milliards d'êtres humains sur la Terre. Conjuguée à d'autres facteurs, comme l'ampleur des déplacements de population vers les villes, les éventuels réfugiés climatiques et l'amélioration du niveau de vie dans les pays en développement, la croissance démographique exercera un poids et des contraintes de plus en plus importants sur la planète et les ressources naturelles qu'elle fournit. Dès lors, les risques sont grands de voir des populations souffrir de la faim, de la soif, voire de conflits causés par des utilisations concurrentes des ressources.
Illustration disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66181.htm
Le rapport préparé par cette société d'ingénieurs propose donc de montrer dans quelle mesure l'expertise et les compétences de cette corporation seront utiles à travers le monde pour prévenir les risques induits par la croissance démographique. Quatre défis fondamentaux sont identifiés par les auteurs du rapport comme ceux où les sciences de l'ingénieur ont un rôle important à jouer : l'alimentation, l'eau, l'urbanisation et l'énergie.
1. L'alimentation
Sous l'impulsion de la croissance démographique et d'un changement des habitudes alimentaires dans les pays en voie de développement, le problème posé par l'accès à la nourriture deviendra encore plus prononcé qu'aujourd'hui, où plus d'un milliard de personnes souffrent de malnutrition. Les sciences de l'ingénieur, et la science en général, ont contribué par le passé à de conséquentes améliorations de la qualité et de la quantité de nourriture disponible. Il sera de nouveau nécessaire de se tourner vers elles pour satisfaire la demande en produits agricoles, qui devrait doubler d'ici à 2050, mais surtout pour faire en sorte d'améliorer l'accès à cette production pour les populations des pays du Sud.
Ainsi, l'utilisation de biotechnologies, la mécanisation et l'automatisation des cultures entraîneront l'augmentation des rendements agricoles. Une meilleure gestion logistique permettra d'améliorer l'efficacité des systèmes de distribution de nourriture, qu'il s'agisse de réduire les pertes lors du transport dans les pays du Sud, ou le gaspillage de denrées dans les pays du Nord. De plus, des espaces de cultures pourront être ménagés dans les villes grâce à un développement urbain raisonné, réduisant de cette manière autant que possible les problèmes liés au transport de la nourriture.
2. L'eau
La majorité de la consommation mondiale d'eau est le fait de l'agriculture (70%) et de l'industrie (20%). C'est pourquoi, de par le développement des cultures alimentaires évoqué plus haut et celui des industries des pays émergents, les besoins en eau seront amenés à augmenter fortement. Bien qu'il ne représente quantitativement qu'un faible volume, le défi le plus important reste bien sûr la satisfaction des besoins domestiques en eau (boisson, hygiène, etc.) pour tous les habitants de la planète. La demande globale en eau, tirée par ces trois modes de consommation, devrait augmenter de 30% d'ici à 2030. A l'échelle du monde, ce n'est pas le volume d'eau disponible qui pose problème, mais bien le fait que les ressources sont très inégalement réparties et qu'elles sont limitées dans certaines régions où la population devrait fortement augmenter. Les autres motifs de préoccupation sont la diminution des réserves d'eaux souterraines ou bien la pollution.
Les solutions technologiques que les ingénieurs peuvent apporter sont diverses. En règle générale, il s'agit de mettre en oeuvre des solutions adaptées aux conditions locales pour améliorer et étendre les infrastructures de gestion des eaux. Parmi les projets concrets évoqués par les auteurs du rapport, se trouvent l'installation de moyens de stockage des eaux issues des précipitations et le développement de réseaux d'eau non potable (eau de mer ou de pluie) pour des applications domestiques autres que la boisson. L'installation d'usines de dessalement d'eau de mer moins énergivores qu'aujourd'hui est également une des solutions que le savoir faire des ingénieurs servira à développer.
3. L'urbanisation
Selon les projections, les trois-quarts des 9,5 milliards d'êtres humains qui devraient peupler la Terre avant la fin du XXIe siècle vivront en zone urbaine. Cela induit, en particulier dans les pays en développement, des défis d'envergure à résoudre afin de loger, de manière durable, ces populations dans de bonnes conditions : les systèmes sanitaires, la gestion des déchets et des transports, ainsi que les réseaux de distribution d'énergie et de nourriture s'ajoutent aux problèmes de la maintenance et de la construction des bâtiments. Le changement climatique et les risques qu'il fait peser sur les villes exposées à la montée du niveau de la mer est également l'un des aspects à prendre en compte dans les développements urbains futurs.
Vu le peu de barrières technologiques existant dans ces domaines, le rôle des ingénieurs sera ici d'intervenir dans les processus de décisions et d'apporter leurs compétences dès les premières étapes des projets urbains pour que l'ensemble des technologies disponibles soient utilisées efficacement. Il leur faudra également être capable de fournir des solutions adaptées à la géographie locale et aux enjeux sociétaux des grandes villes en développement.
4. L'énergie
Dans le domaine de l'énergie, la croissance démographique mondiale pourrait entraîner une augmentation de la demande d'environ 46% d'ici à 2030. Les enjeux sont donc bien évidemment de générer assez d'énergie pour satisfaire cette demande et d'assurer la sécurité de l'approvisionnement, mais aussi de le faire de manière à prendre en compte au maximum le paramètre de la lutte contre le changement climatique.
Les thématiques techniques associées sur lesquelles les sciences de l'ingénieur seront utiles sont la génération, la transmission, la distribution et le stockage de l'énergie. De nombreuses technologies déjà existantes pourront être utilisées à ces fins et d'autres devront continuer leur développement (centrales solaires à concentration, réacteurs nucléaires de quatrième génération, câbles de transmission à haute tension en courant continu occasionnant moins de pertes énergétiques, etc.). Dans certains cas, comme pour les communautés rurales des pays du Sud, où les coûts de raccordement à un réseau de distribution moderne seraient trop élevés, des installations de production d'énergie à échelle locale devront être envisagées. Par ailleurs, un aspect non négligeable sera d'oeuvrer à diminuer la demande en énergie à travers des solutions technologiques (isolation, techniques de gestion de l'énergie, etc.) et un changement du comportement des consommateurs.
En s'appuyant sur l'étude de ces quatre domaines clés, les auteurs du rapport constatent que faire vivre 9,5 milliards d'êtres humains sur la Terre en satisfaisant leurs besoins fondamentaux n'engendre pas d'obstacle technique insurmontable. Leurs principales conclusions se résument à trois recommandations :
- l'adoption par la communauté internationale d'objectifs de développements liés aux sciences de l'ingénieur ("Engineering Development Goals") pour faire suite aux objectifs du millénaire [1] ;
- la mise à disposition pour tous les pays et de leurs dirigeants de l'expertise des ingénieurs ;
- une aide aux pays du Sud pour soutenir leur développement tout en évitant les phases les plus consommatrices de ressources de l'industrialisation.
D'après le rapport de l'Institution of Mechanical Engineers, les sciences de l'ingénieur et ceux qui en font usage ont un rôle prépondérant à jouer dans le défi consistant à faire face à la croissance démographique sans précédent des années à venir. Il faudra cependant qu'une réelle volonté politique d'aider les pays en développement se manifeste, dans un monde où l'augmentation de la population et les contraintes résultantes sur les ressources naturelles affecteront tous les pays et leurs habitants.
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[1] Les objectifs du millénaire pour le développement ("Millenium Development Goals") sont huit objectifs adoptés par 189 états en 2000, censés être remplis en 2015. Ils concernent la pauvreté, la faim, l'éducation, la santé, etc.
Pour en savoir plus, contacts :
The Institution of Mechanical Engineers : www.imeche.org
Source :
Rapport de l'Institution of Mechanical Engineers, 12/01/11, Population : One planet - too many people ?, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/gYKjL
Rédacteur :
Joël Constant
Origine : BE Royaume-Uni numéro 108 (16/03/2011) - Ambassade de France au Royaume-Uni
Royaume-Uni, 16 mars 2011
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Publication des statistiques des émissions de gaz à effet de serre du Royaume-Uni pour l'année 2009, www.bulletins-electroniques.com/actualites/66184.htm
Le Department of Energy and Climate Change (DECC, ministère de l'énergie et du changement climatique) a dévoilé le 1er février les statistiques relatives aux émissions de gaz à effet de serre (GES) par le Royaume-Uni au cours de l'année 2009. Les chiffres révèlent une baisse significative de 8,7% par rapport à 2008, s'établissant à 566,3 MtCO2e de GES rejetées dans l'atmosphère.
Les gaz comptabilisés dans ces statistiques sont les six composantes du panier de GES défini par le protocole de Kyoto : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d'azote (N2O), les hydrofluorocarbures (HFC), les perfluorocarbures (PFC), et l'hexafluorure de soufre (SF6). Les émissions de chacun de ces composés sont converties en équivalent CO2 en les pondérant par leur potentiel de réchauffement global [1]. Le périmètre géographique pris en compte pour l'élaboration de ces statistiques correspond au Royaume-Uni et aux Dépendances de la Couronne (île de Man et îles Anglo-Normandes). Il ne s'agit donc pas de la même aire que celle utilisée pour définir les budgets carbone (qui se limite au seul Royaume-Uni).
Les chiffres fournis représentent des émissions "nettes", c'est-à-dire que des émissions négatives induites par des puits de carbone sont également comptabilisées. Répondant à des critères fixés par la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), la nature de ces puits relève principalement de la gestion des forêts. Par ailleurs, les rejets de GES sont imputés à leur source et non pas à l'utilisateur final : ceux occasionnés par une centrale électrique seront, par exemple, attribués à la production d'énergie et non au consommateur. Enfin, il convient de remarquer que les émissions dues au trafic aérien et maritime international sont comptabilisées à part et n'entrent pas dans cette mesure des rejets du Royaume-Uni.
Illustration 1 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66184.htm
Illustration 2 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66184.htm
En ce qui concerne les émissions totales de GES par le pays, elles ont décru dans tous les secteurs entre 2008 et 2009, comme le montre la figure 1. Cette diminution est le résultat de deux facteurs principaux :
- la crise économique (contraction du PIB de 5% au cours de l'année 2009) qui a entraîné une réduction de la demande en énergie de la part des entreprises, et une diminution des émissions dues au transport terrestre de marchandises ;
- l'augmentation de la part du nucléaire dans la production d'électricité, au détriment du gaz naturel et du charbon.
Les postes d'émissions de GES les plus importants au Royaume-Uni en 2009 sont la production d'énergie (35%), les transports (22%), l'activité des entreprises (15%) et le secteur résidentiel (14%).
Les statistiques publiées par le DECC déclinent également l'évolution des émissions anthropogéniques des principaux GES du panier de Kyoto dont est responsable le Royaume-Uni. Celles-ci sont résumées dans le tableau 1.
Illustration 3 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66184.htm
Illustration 4 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66184.htm
Illustration 5 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66184.htm
Les figures 2, 3 et 4 représentent respectivement les évolutions, sur la période 1990-2009 des émissions par le Royaume-Uni de CO2, de CH4 et de N2O, ainsi que les sources qui en sont responsables. Le CO2 étant très majoritaire dans les rejets du pays, il n'est pas surprenant que l'allure de la figure 2 soit similaire à celle de la figure 1, avec des contributeurs aux rejets de GES quasiment identiques. En ce qui concerne les deux autres gaz, il est intéressant de noter le rôle majeur, et relativement constant, de l'agriculture en tant que secteur émetteur de CH4 et de N2O.
Comme stipulé dans une directive de la CCNUCC, les émissions provenant du transport international aérien et maritime ne sont pas prises en compte dans les statistiques nationales britanniques. Ce n'est pas individuellement, mais à travers l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale et l'Organisation Maritime Internationale que les pays faisant partie de la CCNUCC oeuvrent pour leur diminution. Cependant, une estimation de la valeur est tout de même fournie à partir des quantités de fuel fournies aux avions et navires dans les aéroports et les ports britanniques. Celle-ci est donnée dans le tableau 2.
Illustration 6 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66184.htm
La publication par le DECC de ces statistiques entraîne forcément une question : où en est le Royaume-Uni par rapport à ses objectifs environnementaux ? Dans le texte de loi Climate Change Act, le pays s'engage, entre autres, à diminuer ses émissions de GES d'au moins 34% entre 1990 et 2020. Force est de constater qu'avec une baisse de 26,4% entre 1990 et 2009, l'objectif semble réalisable si les efforts se poursuivent. Toutefois, la conjoncture économique particulière de l'année 2009 a joué un rôle important dans les résultats de l'année sur le front des émissions de GES. Il reste donc à constater à quel point le retour de la croissance en 2010 aura eu un impact sur les rejets atmosphériques du pays. Quoi qu'il en soit, il semble impératif de continuer à faire une place de plus en plus importante aux sources renouvelables dans le mix énergétique, à chercher à diminuer la demande en énergie (notamment via l'isolation des bâtiments) pour que croissance économique ne rime pas avec augmentation des émissions. Ainsi que le souligne Chris Huhne, le ministre du DECC, la politique du gouvernement semble bel et bien aller dans ce sens avec la réforme en cours du marché de l'électricité, la mise en place d'un fonds d'investissement vert et du Green Deal [3].
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[1] Potentiel de réchauffement global : mesure de la contribution d'un gaz au réchauffement climatique relativement à celle du CO2. Cette grandeur dépend notamment de l'absorption des rayonnements infrarouges par le gaz considéré et de sa durée de vie dans l'atmosphère.
[2] Fuites de méthane : elles correspondent à des rejets dans l'atmosphère tout au long du cycle d'exploitation du gaz : extraction, transport, traitement et distribution.
[3] Green Deal : mesures destinées à améliorer l'efficacité énergétique des habitations, des bâtiments publics ou d'entreprises sans que le consommateur paye les coûts initiaux des installations. Les fonds nécessaires proviendront d'une installation charge sur les factures.
Source :
- DECC News, 01/02/2011, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/R915E
- DECC, 01/02/2011, "UK climate change sustainable development indicator: 2009 greenhouse gas emissions, final figures", http://redirectix.bulletins-electroniques.com/lTW77
- UN Statistics Division, National Accounts Main Aggregates Database,
http://unstats.un.org/unsd/snaama/introduction.asp
Rédacteur :
Joël Constant
Origine : BE Royaume-Uni numéro 108 (16/03/2011) - Ambassade de France au Royaume-Uni
Suède, 7 mars 2011
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Une étude suédoise nous avertit des risques que les nanotubes de carbone peuvent avoir sur la santé, www.bulletins-electroniques.com/actualites/66057.htm
Après une période relativement longue où l'on s'enthousiasmait sur l'excellence des nanotubes de carbone (premier produit industriel issu des nanotechnologies), excellence due à la combinaison de nombreuses qualités (propriétés mécaniques, électriques et thermiques remarquables) un chercheur de l'Université Technologique de Luleå nous met en garde.
Illustration 1 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66057.htm
Sofie Högberg de la Division de Mécanique des Fluides de l'Université technologique de Luleå (LTU) a présenté sa thèse en janvier 2011 où elle montre que les petites fibres, comme les nanotubes de carbone, peuvent aller au plus profond des poumons, jusque dans les alvéoles, ce qui, dans le pire des cas, peut entraîner un risque accru de cancer. La thèse s'intitule "Modélisation du transport de nanofibres et dépôt dans les voies respiratoires humaines".
"Ma recherche renforce les préoccupations et la prise de conscience quant aux risques liés à la santé. C'est une des raisons pour lesquelles nous devrions être prudents lors de la manipulation de ces matériaux." déclare Sofie Högberg. Avant d'ajouter : "Il est particulièrement préoccupant que les nanotubes de carbone puissent provoquer le mésothéliome, un cancer qui jusque-là, était associé exclusivement à l'exposition à l'amiante".
Illustration 2 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66057.htm
La connaissance que Sofie Högberg a développée sur le déplacement de particules de forme sphérique ou fibreuse est tout à fait transférable à d'autres domaines, tels que fabrication de matériaux composites, de papier mais aussi de médicaments sous forme de spray (collutoires etc.).
Vous pouvez découvrir la thèse "Modélisation du transport de nanofibres et dépôt dans les voies respiratoires humaines" (en anglais) à l'adresse suivante (inspirez bien avant, elle compte 246 pages).
Modeling Nanofiber Transport and Deposition in Human Airways :
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/pj96L
Rappel - lien vers le Rapport d'ambassade "Les nanotechnologies et les nanomatériaux dans les pays nordiques - Etat des lieux et prise en compte des risques en 2010" :
www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm10_003.htm
Pour en savoir plus, contacts :
- La Thèse de Sofie Högberg : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/5fUnl
- Université Technologique de Luleå : www.ltu.se
- Division de Mécanique des Fluides de LTU : www.ltu.se/inst/tfm/fluidmechanics
Source :
Communiqué de presse de l'Université Technologique de Luleå:
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/14FHw
Rédacteur :
Bertrand ILHE, Bertrand.ILHE@diplomatie.gouv.fr, sciences@ambafrance-se.org
Origine : BE Suède numéro 21 (7/03/2011) - Ambassade de France en Suède / ADIT

Amériques
Etats-Unis, 18 mars 2011
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L'U.S. Forest Service entend bouleverser la gestion des forêts fédérales
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66202.htm
L'U.S. Forest Service (USFS) dévoilait le mois dernier une première version de sa nouvelle règle de gestion des forêts fédérales [1]. Par ce document, l'agence entend réformer la gestion des 78 millions d'hectares du National Forest System (NFS) - soit environ 8% du territoire des Etats-Unis - afin de répondre aux attentes du public et d'être en phase avec les enjeux actuels, notamment l'utilisation des avancées scientifiques, le développement de l'activité économique en milieu rural ou la lutte contre le changement climatique.
Une réforme tant attendue
L'établissement par l'USFS d'une règle de gestion des forêts fédérales est obligatoire d'après le National Forest Management Act de 1976. Cette règle définit le cadre des plans de gestion du territoire et les obligations auxquelles ils doivent se conformer. Par exemple, la règle de gestion définit qui décide des plans de gestion, les conditions selon lesquelles ceux-ci sont modifiés, le processus de consultation publique... La règle de gestion est la "colonne vertébrale" de la gestion du NFS.
Illustration 1 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66202.htm
La nouvelle règle de gestion de l'USFS a pour but de remplacer l'actuelle qui date de 1982. En presque 30 ans, la situation du milieu forestier a beaucoup évolué et la règle en vigueur était devenue inadaptée aux orientations et aux priorités que le public souhaite voir inclure à la gestion forestière fédérale. L'exploitation forestière, une industrie en pleine croissance dans les années 1980, a sensiblement décliné depuis alors que les activités de reboisement prennent de l'importance. L'écologie et les sciences forestières ont permis de mieux comprendre les écosystèmes et de mieux évaluer leur état de santé, ainsi que la façon de les restaurer. Les services forestiers doivent faire face à de nouvelles menaces comme le changement climatique, l'augmentation des feux de forêts ou la propagation de maladies et de parasites. Enfin, l'usage des forêts change, elles entrent de plus en plus le cadre d'activités de loisirs.
Sous les administrations Clinton et Bush, il y a déjà eu plusieurs tentatives infructueuses de révision de cette règle. Cette nouvelle révision entend remplacer la règle actuelle en prenant acte des évolutions et en mettant en place les changements nécessaires, sans tomber dans les erreurs des précédentes tentatives, notamment une trop grande complexité au regard du public. La période de consultation publique a lieu jusqu'à la mi-mai et la version finale devrait voir le jour à la fin 2011.
Une réforme en profondeur pour refléter de nouvelles priorités
La nouvelle règle entend créer un procédé de gestion moderne, qui place la science au coeur du système, afin de mettre en place des plans de gestion plus adaptés et efficaces. Il s'agit d'utiliser "les meilleures informations scientifiques disponibles [...] tout au long du processus" peut-on lire dans le texte du projet [2]. Toutefois, si la nouvelle règle entend donner une place de choix à la science dans le processus de décision, les représentants du Forest Service précisent qu'il ne s'agira pas du seul critère de décision.
Illustration 2 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66202.htm
Il s'agit également de renforcer l'engagement du public dans la gestion des forêts. Cet engagement devra être systématique et continu, pas uniquement lors de l'élaboration d'un plan de gestion mais tout au long du processus de décision. Pour ce faire, la règle prévoit la notification du public à chaque étape du processus de décision. D'après le Secrétaire à l'Agriculture Tom Vilsack - dont dépend l'USFS, le but de cette démarche est de bâtir un consensus sur des questions délicates et de garder un processus fluide, ce qui permettra à l'agence "de passer moins de temps dans les tribunaux et plus de temps dans les forêts".
Cette approche devrait contribuer à faciliter les procédures administratives et à réduire le temps nécessaire pour modifier les plans de gestion. L'agence espère ainsi passer d'une durée allant actuellement de 5 à 8 ans à 3 ans seulement. "Honnêtement, je pense que notre règle de gestion a été quelque peu inefficace. Elle a coûté beaucoup d'argent et de temps" affirme Tom Tidwell, directeur de l'US Forest Service. "Nous avons [à présent] une règle bien plus efficace que par le passé."
La règle entend aussi oeuvrer à la bonne santé et la régénération des écosystèmes forestiers afin de faire face à des menaces telles que le changement climatique ou la propagation d'espèces nuisibles. En particulier, la règle incite les responsables locaux à aller au-delà de l'approche traditionnelle de la gestion forestière, à dépasser le cadre du secteur individuel pour étendre leurs actions à une échelle plus large. Afin de refléter les évolutions dans le domaine de l'écologie, les responsables devront prendre en compte ce qui se passe au-delà des limites de leur secteur et mieux collaborer avec les autres acteurs. De même, cette nouvelle approche plus large devrait inciter les gestionnaires à prendre des décisions destinées à traiter plusieurs problèmes à la fois, plutôt que d'aborder chaque problème séparément. D'après Wally Convington, directeur de l'Ecological Restoration Institute de l'université d'Arizona du Nord, adopter une approche plus large serait plus efficace et moins coûteuse que les méthodes classiques. Par exemple, lutter de manière préventive contre les feux de forêts peut dans certains cas bénéficier à la faune. "Si l'on peut restaurer les mécanismes d'autorégulation [des écosystèmes], alors une grande partie des objectifs en termes de biodiversité et de sauvegarde seront accomplis automatiquement" ajoute-t'il.
La volonté de valoriser les forêts et de développer l'activité économique en milieu rural est aussi présente. Contrairement à la règle actuelle qui mettait l'accent sur l'exploitation forestière en tant qu'activité économique principale, la nouvelle version proposée compte favoriser le reboisement à long-terme, ainsi que les activités de loisirs comme le tourisme ou le sport. Cependant, la règle compte concilier tous les usages et activités sociales, économiques et environnementales qui se déroulent dans les forêts fédérales, alors que ceux-ci sont parfois conflictuels, comme par exemple, l'exploitation forestière et la protection de la faune.
Un pas dans la bonne direction, aux dépends de la biodiversité ?
Les réactions à cette première version présentée sont globalement mitigées. Si les apports de la réforme sont bien accueillis, certains groupes pour la protection de l'environnement déplorent que la nouvelle règle ne fasse pas suffisamment pour la protection de la faune dans les écosystèmes. En particulier, le fait que celle-ci ne conserve pas une provision importante de la règle actuelle qui exige de "maintenir des populations viables d'espèces endémiques et exotiques non invasives dans la zone de gestion" est mal perçu.
"Sans prendre un engagement aussi résolu à protéger la faune, cette nouvelle règle de gestion représente un pas en arrière," déclare la Sierra Forest Legacy [3]. " [...] L'agence [l'USFS] a abdiqué sa responsabilité de conserver nos forêts comme le dernier refuge pour une faune de plus en plus menacée". Globalement, nombreux sont ceux qui considèrent que la nouvelle règle laisse trop de liberté d'interprétation aux gestionnaires locaux, et craignent que ces derniers fassent passer certains sujets comme la sauvegarde de la faune ou la protection des sources d'eau au second plan.
"Bien sûr, c'est un changement important par rapport aux règles précédentes, et il y a beaucoup d'idées ambitieuses" déclare Michael Francis, directeur du programme sur les forêts fédérales à la Wilderness Society [4]. "Malheureusement [...] il n'y a pas de garanties que ces idées seront mises en application. Il y a une grande part de liberté. Les gestionnaires peuvent les mettre en place, ou pas. Ce n'est pas assez de dire qu'ils ont à faire et ce que l'on attend d'eux."
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] Page Planning Rule Revision sur le site US Forest Service : www.fs.usda.gov/planningrule
- [2] "National Forest System Land Management Planning; Proposed Rule" - Federal Register n°30 vol. 76 36 CFR Part 219 - Department of Agriculture, Forest Service - 14/02/2011
- https://fs.usda.gov/Internet/FSE_DOCUMENTS/stelprdb5270250.pdf
- [3] Page "About Us" sur le site de la Sierra Forest Legacy : www.sierraforestlegacy.org/About.php
- [4] Page "About Us" sur le site de la Wilderness Society : http://wilderness.org/content/about-us
Source :
"FORESTS: USDA releases sweeping draft management policy" - Energy & Environment News PM - TAYLOR Phil - 10/02/2011 - www.eenews.net/eenewspm/print/2011/02/10/2
"FORESTS: '21st century' planning rule designed to meet new challenges" - Energy & Environment News Land Letter - REESE April -17/02/2011 - www.eenews.net/Landletter/print/2011/02/17/1
"Conservationists : Forest Planning Rule Strips Wildlife Protection" - Environment News Service - 10/03/2011 - www.ens-newswire.com/ens/mar2011/2011-03-10-092.html
Conférence "National Public Forum" de l'US Forest Service du 10 Mars 2011 à Washington DC
Rédacteur :
Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 240 (18/03/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT
Etats-Unis, 11 mars 2011
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Crash de Glory : les espoirs des climatologues une fois de plus refroidis
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66099.htm
Le crash du satellite Glory lancé vendredi dernier est probablement dû à un problème récurrant avec le lanceur utilisé, a annoncé la National Air and Space Administration (NASA). Le satellite, d'une valeur de 424 millions de dollars (305 millions d'euros), devait étudier en orbite basse l'impact des aérosols atmosphériques sur le climat et mesurer l'énergie solaire absorbée par la Terre [1]. Trois autres satellites de taille plus modeste, développés par des universités américaines, ont accompagné Glory dans sa chute prématurée.
Illustration 1 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66099.htm
Il s'agit du second satellite de recherche climatique en deux ans dont le lancement échoue, ce qui pourrait mettre en difficulté le programme de recherche climatique de la NASA à l'heure de l'étude du budget 2012 de l'agence.
Un satellite "quelque part dans le Pacifique Sud"
Vendredi 4 mars, peu après deux heures du matin sur la base californienne de Vanderberg, le lanceur Taurus XL a décollé après un compte à rebours sans incident.
Illustration 2 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66099.htm
Alors que la première partie du vol suit parfaitement les prévisions, la coiffe protégeant le satellite lors de sa traversée de l'atmosphère aurait dû s'ouvrir 300 secondes après le décollage pour permettre au satellite de se déployer. Un dysfonctionnement dans le système chargé de la séparation des deux parties de la coiffe a donc empêché la dernière phase de la mise en orbite, entraînant un retour de l'ensemble vers la Terre et une chute au sud de l'océan Pacifique.
Ce problème, bien que pouvant sembler rare à une époque où l'accès à l'espace est considéré comme acquis - au moins dans les puissances spatiales que sont les Etats-Unis, la Russie, l'Europe, le Japon et la Chine - n'est pourtant pas inédit sur ce type de lanceur. En février 2009, le même lanceur devait placer sur orbite le satellite Orbiting Carbon Observatory (OCO), destiné à mesurer le dioxyde de carbone dans l'atmosphère. Déjà lors de ce lancement, la coiffe ne s'était pas séparée. Une commission d'enquête avait alors pointé du doigt une probable défaillance du joint explosif responsable de l'ouverture de la protection en matériau composite.
Orbital Sciences Corp., l'entreprise en charge du développement et de l'assemblage du lanceur Taurus XL, était repartie d'une page blanche pour la définition du système de séparation. Celui-ci s'appuyait lors de ce dernier lancement sur de l'azote pressurisé. Ce nouveau système avait été minutieusement testé et avait même été utilisé avec succès lors de trois missions sur un autre type de lanceur. Sans présager des conclusions des deux commissions d'enquête qui ont été aussitôt mises en place par la NASA et par Orbital, la défaillance serait peut-être à chercher du côté du système pneumatique qui permet d'éloigner les deux éléments de la coiffe, ou du système électrique qui alimente les différents composants impliqués lors de la séparation [2].
Un satellite crucial pour la recherche climatique
La première des missions de Glory était de mesurer en continu l'énergie solaire incidente et ses variations. Bien que mesurer la quantité d'énergie arrivant sur Terre ne soit pas une activité récente - des mesures existent depuis une trentaine d'années, l'énergie dégagée par le Soleil est soumise à des variations subtiles, en raison de phénomènes comme les tâches solaires, qui peuvent être difficiles à détecter. Les données que Glory était chargé de collecter aurait dû apporter une solution à ce problème.
L'autre mission du satellite était d'étudier les effets, directs et indirects, des aérosols sur le climat. Glory devait notamment récolter des informations sur la quantité, la composition chimique et les propriétés physiques des aérosols naturels et artificiels en suspension dans l'atmosphère. Ceux-ci peuvent avoir des effets variés [3]. Certains aérosols par exemple, ont tendance à bloquer et réfléchir les rayons du soleil (aérosols sulfatés) alors que d'autres les absorbent (aérosols carbonés comme le carbone-suie). Les aérosols peuvent aussi avoir un effet indirect sur le climat en modifiant la formation des nuages et les précipitations.
On estime que l'impact des aérosols et de la variabilité de l'énergie solaire est important, peut-être même de l'ordre de grandeur de l'action des gaz à effets de serre sur le climat. Cependant, leurs effets sont mal connus et les informations à ce sujet manquent. Ainsi, une bonne compréhension de ces phénomènes est essentielle pour établir des modèles climatiques précis. Glory était sensé"aider les scientifiques à dissiper une des plus grandes d'incertitudes identifiée par le Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) dans le domaine des prédictions climatiques : l'influence des aérosols sur le bilan énergétique de notre planète" déclare Michael Freilich, directeur de la division Observation de la Terre de la NASA.
La perte de Glory est d'autant plus douloureuse qu'elle intervient après celle du satellite OCO. D'une valeur de 273 millions de dollars (196 millions d'euros) et chargé de mesurer la teneur en CO2 atmosphérique avec une précision inégalée, il devait permettre aux chercheurs de mieux comprendre et de modéliser les puits et les sources de carbone [4]. "La perte du satellite Glory est une tragédie pour la science climatique" déclare Bruce Wielicki, senior scientist au Langley Research Center de la NASA.
Une mauvaise nouvelle pour un budget ambitieux...
L'observation de la Terre et de l'atmosphère a toujours été une des missions de la NASA depuis sa création en 1958, progressivement étendue jusqu'à avoir pour objectif "d'étendre les connaissances humaines relatifs à la Terre et aux phénomènes atmosphériques et spatiaux". Cependant, les coupes budgétaires depuis les années 1990 ont conduit à mettre en place un système d'observation modeste et vieillissant. "Nous avons à présent un système qui a fonctionné bien au-delà de ce pour quoi il a été conçu" affirme Wielicki.
Le président Obama a fait de l'Observation de la Terre une des priorités de l'agence. Ainsi, il a demandé pour 2012 une augmentation de 25% de ce budget, ce qui porterait le montant à 1,8 milliards de dollars (1,29 milliard d'euros), soit 10% environ du budget total de la NASA - contre plus de 7,5% actuellement. Cependant, les républicains, majoritaires à la Chambre des Représentants et préoccupés par le déficit de l'état fédéral, entendent réduire légèrement le budget de la NASA pour revenir à un niveau inférieur à celui de 2010. En particulier, certains d'entre eux estiment que la NASA devrait abandonner la recherche climatique pour se concentrer sur l'exploration spatiale et les vols habités.
"La raison d'être de la NASA est l'exploration spatiale habitée et utiliser ses fonds pour étudier le changement climatique sape notre capacité à maintenir notre avance dans ce domaine" déclare le représentant Bill Posey (républicain de Floride). Dans ces conditions, l'échec du lancement du satellite Glory intervient au plus mauvais moment, et pourrait apporter de l'eau au moulin des opposants à la recherche climatique par la NASA.
... et pour les grands projets de réorganisation du secteur spatial
Malgré ces échecs, la NASA prévoit le lancement d'une deuxième version du satellite OCO, nommée OCO-2, à l'aide du même lanceur Taurus XL. Cependant, ce deuxième crash va contraindre l'agence à réviser ses plans d'ici son lancement prévu pour février 2013, ce qui risque d'entraîner des coûts supplémentaires.
Si la NASA devrait parvenir à atténuer les dommages à son image que représente ce nouveau crash, il n'en va pas de même pour Orbital. Le développement de cette entreprise de taille moyenne repose presque exclusivement sur des contrats fédéraux, au travers d'achats de lanceurs et satellites de dimensions modestes. Or, elle traverse une période où elle peut difficilement se permettre de tels échecs. Elle participe également, aux côtés de la "start-up spatiale" SpaceX, au programme de transport de fret vers la Station Spatiale Internationale (ISS) financé par la NASA.
Cet aspect industriel, en plus des conséquences pour la communauté scientifique, viendra certainement fourbir les armes des opposants à la politique spatiale et scientifique de l'administration Obama. Ainsi, bien qu'il ne soit pas l'initiateur de l'utilisation de solutions privées pour l'accès à l'espace, c'est bien le Président démocrate qui a voulu transférer l'entière responsabilité de l'accès à l'orbite basse terrestre - transport de matériel comme d'équipage - au secteur privé. Bien que cette perspective présente des avantages considérables en termes de coûts et de disponibilité, elle compte parmi les membres du Congrès de nombreux détracteurs. Leur principale interrogation est le niveau de confiance à accorder à des entreprises qui pourraient être tentées de privilégier les coûts au détriment de la sécurité des passagers. Ce nouvel épisode n'est pas susceptible d'atténuer leurs craintes.
L'autre grande préoccupation du Congrès est la maîtrise des dépenses de l'état fédéral. Ainsi, même si la NASA devrait être relativement épargnée, son budget sera dans le meilleur des cas gelé, comme l'a proposé le mois dernier la Maison Blanche. Il faudra alors redéfinir les priorités de l'agence, et un consensus semble se former autour de l'exploration du système solaire.
L'une des solutions envisagée, évoqué par certains parlementaires, serait de transférer certaines activités liées au climat à la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), déjà en charge des satellites météorologiques. Cependant, l'annulation ou le report de certains projets moins stratégiques semblent désormais inévitables, et risquent de se faire au dépens d'une partie de la communauté scientifique, comme en témoigne l'astrophysicien Ray Weymann : "Il me semble que soit les Etats-Unis, de loin les leaders dans ce domaine, laissent à l'European Space Agency (ESA), au Japon ou à d'autres [le soin d'effectuer la recherche], soit la NASA continue dans cette voie et corrige ce qui doit être corrigé."
La perte de Glory témoigne de la difficulté qu'aura la première puissance économique mondiale, toujours convalescente, à rester leader sur tous les fronts, et en particulier celui de l'étude du changement climatique.
Pour en savoir plus, contacts :
- [1] "Why Glory ?" - NASA Goddard Space Flight Center - http://glory.gsfc.nasa.gov/why_glory.html
- [2] "NASA releases Orbital Carbon Observatory accident summary" - National Aeronautics and Space Administration - www.nasa.gov/mission_pages/oco/news/oco-20090717.html
- [3] "Aérosols" - Centre National de la Recherche Scientifique -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/VOdW8
- [4] "Mourning Glory" - Nature n°471 - TOLLEFSON Jeff - 07/03/2011 - pp. 143-144 -
www.nature.com/news/2011/110307/full/471143a.html
Source :
- "Climate: Science satellite's crash leaves NASA 'devastated' -- and flummoxed" - Energy & Environment News Greenwire - MORELLO Lauren - 04/03/2011 -
www.eenews.net/Greenwire/print/2011/03/04/1 (par abonnement)
- "Republicans gut EPA Climate Rules, Slash Deeply into climate research, aid and technology programs" - The New York Times Energy and Environment - MORELLO Lauren, MARON, Dina Fine, FRIEDMAN Lisa, RAHIM Saqib - 14/02/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/JNhHY
- "NASA's Glory satellite will study the climate impact of atmospheric aerosols" - Treehugger Science & Technology - RICHARD Michael Graham - 26/01/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/1AzOb
- "NASA Earth-observing satellite crashes on launch - Environment News Service - 04/03/2011 -
www.ens-newswire.com/ens/mar2011/2011-03-04-01.html
Rédacteur :
Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org ; David Regad, cnes.mst@ambafrance-us.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 239 (11/03/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT
Etats-Unis, 4 mars 2011
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USDA : annonce de la déréglementation sans conditions de la luzerne OGM
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66042.htm
La luzerne est cultivée sur plus de 8 millions d'hectares aux Etats-Unis et constitue la 4ème plus importante culture du pays derrière le maïs, le soja et le blé. Sa principale utilisation concerne l'alimentation du bétail. Une annonce du Secrétaire d'Etat en charge de l'Agriculture Tom Vilsack, en date du 27 janvier 2011, vient à nouveau de raviver la polémique concernant les cultures Génétiquement Modifiées (GM). L'US Department of Agriculture (USDA) vient en effet de déréglementer la luzerne Roundup Ready développée et commercialisée par le semencier Monsanto. Selon les experts agricoles, cette décision va inévitablement entraîner la contamination des cultures organiques et traditionnelles par la luzerne génétiquement modifiée (GM).
Plusieurs groupes d'agriculteurs avaient fait pression sur l'USDA pour qu'elle autorise la luzerne OGM. La décision de l'USDA de déréglementer la luzerne GM constitue la dernière étape d'une longue bataille judiciaire. La Cour du District de la Californie du Nord avait bloqué la plantation de luzerne GM en 2007, affirmant que l'USDA n'avait pas suffisamment considéré les effets sur l'environnement et la santé humaine. La Cour Suprême des Etats-Unis a levé cette interdiction l'an dernier, révoquant la décision de la cour inférieure et renvoyant l'affaire à l'USDA.
L'annonce de la décision de l'USDA et les mesures préventives adoptées
Lors de son annonce, le Ministre de l'Agriculture rappella les 2 responsabilités qui incombent à l'agence dans le domaine des OGM : celles qui s'inscrivent dans le cadre du Plant Protection Act (PPA), qui relèvent notamment des risques plante-parasite et celles relatives à la National Environmental Policy Act (NEPA), qui visent à l'analyse des différents impacts environnementaux et économiques associés aux nouvelles technologies culturales.
Le Plant Protection Act (PPA), établi dans le cadre du Agricultural Risk Protection Act, constitue un regroupement et une consolidation de 10 lois préexistantes de l'USDA relatives à la santé des plantes. Elle confère à l'agence l'autorité de réguler les plantes, les produits issus des plantes, certains organismes de contrôle biologique, les plantes adventices nocives et les parasites végétaux [1].
Le NEPA, National Environmental Policy Act exige que les agences fédérales évaluent les impacts environnementaux dans leur processus de prise de décision et s'assurent que les informations relatives à l'environnement soient disponibles pour les officiels et citoyens avant que les décisions soient prises et les actions engagées [2].
Fin janvier, l'APHIS (Animal and Plant Health Inspection Service) de l'USDA annonçait que sur la base de son Environmental Impact Statement (EIS) aucun risque en terme de sécurité relatif à la luzerne Roundup Ready (risques plante - pathogène) n'avait été identifié. L'agence avait uniquement mis en exergue les possibilités de conflit entre les producteurs de cultures GM et ceux adeptes de cultures non-GM ou organiques. Ces faits ont fait l'objet de débats à la fois au sein de l'USDA et entre les différentes parties intéressées qui ont permis d'identifier 3 objectifs à privilégier :
- Le maintien de la pureté et de la disponibilité des semences de luzerne non-GM afin de pouvoir garantir le choix entre cultures GM et non-GM ;
- L'accompagnement et l'information pour de bonnes pratiques de gestion dans le but d'assurer la pureté des semences ;
- Le maintien d'une relation de confiance avec les producteurs afin qu'ils puissent utiliser de manière optimale le système de production de leur choix pour leur exploitation.
Afin de répondre à ces objectifs, Tom Vilsack annonçait les mesures et engagements suivants prises par l'USDA:
- le soutien de la recherche et le financement des projets suivants : égénération de la collection de plasma germinatif (ou germoplasme) de la luzerne afin de maintenir des stocks purs ; travaux sur les mécanismes génétiques permettant de restreindre les pollinisations croisées entre cultures GM et non GM chez le maïs en vue de les transposer à la luzerne ; amélioration de la détection des transgènes dans les semences de luzerne ;
- une priorité à l'évaluation des risques à court terme des biotechnologies avec pour priorité la luzerne GM, soutenue par un programme de bourses de 1 millions de dollars : le Biotechnology Risk Assessment Grant program géré par le service REE (Research, Education and Economics) ;
- le renouvellement du National Germ Plasm Resource Advisory Committee afin que chaque exploitant dispose des meilleures semences ; la mise à disposition, dans le cadre du Agricultural Marketing Service, d'un programme de vérification par un tiers indépendant ;
- le renforcement de la coexistence des systèmes de production avec l'attribution d'une mission au U.S. Advisory Committee on Biotechnology and 21st Century Agriculture (AC21) afin d'identifier les mesures pratiques et outils efficaces à développer.
En résumé les maîtres mots de cette annonce de l'USDA sont la mise en oeuvre d'actions de soutien ; le maintien de la confiance par le dialogue ; un appui scientifique par la recherche afin de garantir la co-existence des systèmes de production agricoles (organique, traditionnel et OGM) et la liberté de choix de chaque exploitant.
L'avis des experts
Soutenue par l'organic Seed Alliance (Kristina Hubbard, directrice du plaidoyer advocacy), une partie de la communauté agricole soutient que malgré toutes les mesures préventives annoncées par l'USDA, la déréglementation de la luzerne Roundup Ready, entraînera des contaminations des cultures organiques et traditionnelles.
Jeff Wolt, agronomiste au Seed Science Center à Iowa State University, rappelle que la luzerne est une plante vivace, qui ne nécessite donc pas d'être replantée tous les ans, mais que typiquement ces plantes sont cultivées selon le mode de rotation des cultures. De plus, le procédé de pollinisation de la luzerne est plus complexe que celui du maïs par exemple : la luzerne est une plante entomophile (pollinisé par les insectes) alors que le maïs est plutôt anémogame ou anémophile (pollinisé par le vent). Ainsi ces deux paramètres (rotation des cultures et pollinisation entomophile) pourraient engendrer des risques de contamination non maîtrisables s'ajoutant à ceux inhérent au mélange accidentel de semences non-GM avec des GM.
L'agronomiste d'Iowa State University s'accorde cependant avec l'USDA sur le fait que la luzerne GM ne présente aucun danger pour la santé des consommateurs, le problème pour les agriculteurs réside plutôt dans le fait de la contamination possible des cultures (près de 3 km de distance entre les champs seraient nécessaires pour réduire les risques de pollinisation croisée), de la difficulté de certifier une alimentation non OGM au bétail et les pertes financières liées.
Le porte parole de Monsanto Tom Helscher, se défend en affirmant que les agriculteurs et les compagnies semencières ont coexisté avec succès longtemps avant l'introduction de cultures biotech et continuent aujourd'hui.
Par ailleurs, la betterave à sucre GM a également été partiellement déréglementée par l'USDA le 4 février 2011 dans l'attente de la décision finale qui sera prise après l'achèvement du Environmental Impact Statement (EIS) prévue pour mai 2012 [5]. Cette décision de l'USDA s'inscrit dans une démarche de soutien à la "co-existence" des différentes méthodes de production agricoles afin d'éviter les batailles judiciaires à répétition ainsi que l'amplification du sentiment d'insécurité alimentaire.
Pour en savoir plus, contacts : voir en ligne :
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66042.htm
- [1] The Plant Protection Act - USDA -
http://www.aphis.usda.gov/lpa/pubs/fsheet_faq_notice/fs_phproact.html
- [2] NEPA - USDA - http://www.aphis.usda.gov/wildlife_damage/nepa.shtml
- [3] Dow AgriSciences, MU researcher develop a way to control 'superweed'-
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/gyJMh
- [3] 2 bacterial enzymes confer résistance to common herbicide, say MU researchers -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/qkXAV
- [4] Researcher: Roundup or Roundup-Ready Crops May Be Causing Animal Miscarriages and Infertility - farmandranchfreedom.org - 16/01/2011 - http://farmandranchfreedom.org/gmo-miscarriages
- [5] U.S. Says Farmers May Grow Engineered Sugar Beets - The New York Times - 04/02/2011 -
Rédacteur :
Magali Muller, deputy-agro.mst@consulfrance-chicago.org ; Adèle Martial, attache-agro.mst@consulfrance-chicago.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 238 (4/03/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT
Etats-Unis, 4 mars 2011
>> Le lithium des voitures électriques n'est pas une ressource renouvelable (partie 2/2)
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66045.htm
Comme l'expliquait la première partie de cet article [1], les producteurs de batteries deviendront bientôt les premiers consommateurs de lithium. Ce sont eux qui créent la croissance de la demande que l'on observe actuellement et la filière est galvanisée par les ambitions politiques, comme celles du président Obama par exemple: au moins 1,5 milliard de dollars ont été dépensés aux Etats-Unis pour aider au financement de 26 des 30 usines de production de composants de véhicules électriques, dont 9 usines de batteries [2] [3].
Dans ce contexte, de nouveaux projets d'extraction du lithium sont mis en place/étudiés afin d'augmenter le nombre d'acteurs (entreprises de la branche et pays producteurs). Mais reprenons l'histoire dans le bon sens: combien de lithium les voitures consommeront-elles et quelles sont les ressources disponibles identifiées sur Terre?
Estimation de la demande en lithium pour le secteur automobile
Remarque : Nous ne considérerons ici que les applications automobiles, cependant la demande chinoise pour d'autres batteries de traction est importante (deux-roues, mobilité des personnes handicapées, voiturettes, etc) [4].
L'estimation de la demande en lithium présuppose l'évaluation d'une part du contenu en lithium nécessaire dans un véhicule électrique et d'autre part de la demande en véhicules électriques - avec distinction des sous-divisions "tout-électrique", hybride rechargeable et hybride-.
=> Combien de lithium une batterie contient-elle?
La quantité de matériaux d'une batterie est reliée à la quantité d'énergie qu'elle peut contenir, c'est pourquoi on cherchera à identifier combien de lithium est nécessaire pour stocker un kilowatt-heure. Des chiffres qui varient presque d'un facteur dix sont évoqués dans la littérature, comme le montre le graphique ci-dessous.
Illustration 1 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66045.htm
Certaines références bibliographiques discutent de valeurs générales tandis que d'autres comme celles de l'Argonne National Laboratory dans l'Ilinois précisent la technologie de batteries (cathode et anode) à laquelle leur valeur se réfère. Dans un document bien étayé, le cabinet de conseil Meridian International Research explique pourquoi la valeur qui devrait être retenue se situe entre deux et trois kilos de carbonate de lithium* par kilowatt-heure [11]. D'après celui-ci:
1. En considérant uniquement le potentiel de stockage théorique de l'élément lithium, c'est-à-dire en négligeant toutes les pertes de fonctionnement, le contenu nécessaire est de 385g Li2CO3/kWh.
2. Puisque la capacité massique réelle des batteries Li-ion est de 70-120 Wh/kg soit le quart de la quantité théorique (400-450 Wh/kg), il faut en réalité environ quatre fois plus de lithium que la quantité théorique pour faire fonctionner une batterie**. Cette différence importante entre capacité théorique et capacité réelle est due à la vitesse de décharge désirée, aux éléments constitutifs (par exemple à la baisse de potentiel de l'anode au cours de la décharge), à la cinématique de la réaction et à la perte de performance après cyclage. Les batteries des voitures tout-électrique conçues pour fournir un service en énergie sont plus affectées par la perte de capacité que les batteries des voitures hybrides, qui sont dimensionnées en puissance.
3. Afin de palier à la perte de performance et de garantir une même autonomie constante du véhicule, avec une baisse de 20% de leur performance, les constructeurs surdimensionneraient la capacité initiale (c-a-d la capacité installée pourrait être de 25% supérieure à la capacité nominale).
4. Enfin, la quantité de lithium contenue dans un kilowatt-heure de batterie ne renseigne pas sur les étapes de transformation antérieures: le rendement industriel du procès permettant de retirer le sodium présent dans le carbonate de lithium et d'obtenir une pureté suffisante serait d'environ 70% (80% en laboratoire).
=> Projections du nombre de véhicules électriques
Comme nous l'avions souligné dans un article précédent [12], le niveau d'incertitude est également élevé en ce qui concerne la vitesse à laquelle les véhicules électriques pénétreront le marché automobile. Si l'on suit l'hypothèse de Carlos Ghosn, PDG de Renault, la part de marché serait de 10% en 2020 [13]. Quant au nombre total de voitures vendues cette année là, il pourrait être selon les analystes de 62 millions [5], 71 millions [14], 89 millions [15] ou même 107 millions [16]. Par ailleurs, la répartition des segments a également de l'importance, puisqu'une voiture hybride comporte environ 1-2 kWh de batteries, une voiture hybride rechargeable plutôt 10-15 kWh et une voiture tout-électrique 20-40 kWh [17] [18].
A l'horizon 2020, le cabinet Dundee Capital Markets prévoit 14% de voitures tout électriques, 29% de voitures hybrides rechargeables et 57% de voitures hybrides [5], tandis que le cabinet JD Power and Associates prévoit un tiers de véhicules tout-électriques et ? de véhicules hybrides, sans plus de précisions [14]. D'autre part, si on se réfère au récent rapport du Department of Energy sur le million de voitures électriques qui circuleront aux Etats-Unis en 2015, on observe que les voitures produites sur le territoire auront en moyenne 21 kWh de batteries [19]. Ceci est bien supérieur à ce qui ressortirait avec les parts de marché au niveau mondial citées précédemment.
En conclusion, si l'on considère que 7,5 millions de voitures électriques soient produites en 2020 avec chacune 15 kWh de batteries contenant 2 kgLi2CO3/kWh, la demande annuelle à cette date pour l'industrie automobile serait de 225.000 tonnes de carbonate de lithium. A titre de comparaison, la demande globale était d'environ 150.000 tonnes en 2008 [6].
Estimation de l'offre en lithium
=> Quantités disponibles (en tonnes de carbonate de lithium)
Nous utiliserons les définitions et les termes de Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon pour différencier les types de ressources de lithium [6] :
- Les "réserves" sont les ressources identifiées et dont l'exploitation est rentable.
- La "réserve base" désigne une ressource identifiée et explorée que l'on ne peut extraire au prix actuel.
- Les réserves "déduites" (ou inferred reserves en anglais) indiquent un potentiel géologique identifié mais non exploré.
L'ensemble de toutes ces réserves est appelé ressources "identifiées". En y ajoutant le potentiel géologique non identifié, on obtient les ressources "ultimes".
D'après les dernières estimations de l'US Geological Survey publiées en janvier 2011, les réserves identifiées sont composées de 33 millions de tonnes de carbonate de lithium [20]. Or, une grande pureté des matériaux est nécessaire pour produire des batteries et seulement 80% des réserves pourraient satisfaire à ces exigences de qualité [6] : ainsi, 26 MtLi2CO3 seraient "éligibles".
Si 70% de cette quantité était utilisée uniquement pour la fabrication de batteries au lithium, cela correspondrait à 616 millions de voitures (avec les mêmes hypothèses que précédemment, soit 15 kWh/voiture à 2 kgLi2CO3/kWh).
=> Dimension stratégique de l'approvisionnement - exemple de la Bolivie
Dans un contexte de ressource limitée dont la distribution géographique n'est pas homogène et limitée pour le moment à quelques producteurs, les états et les constructeurs de batteries éprouvent le besoin de sécuriser leur approvisionnement tandis que les investisseurs parient sur les mines de lithium [21].
Entre un tiers et la moitié des réserves bases de lithium se trouvent par exemple dans le salar d'Uyuni qui s'étend sur plus de 10.000 km2 en Bolivie, un état gouverné depuis 2006 par Evo Morales.
Illustration 2 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66045.htm
Depuis quelques années, le nouveau président se fait courtiser par les puissances gouvernementales et industrielles étrangères. D'après [5], le Japon propose de l'aide économique au pays en échange de lithium et de terres rares. Le groupe français Bolloré, dont la "Blue Car" sera utilisée par la ville de Paris pour "Autolib" et qui va ouvrir une usine de production de batterie au lithium polymère [22], a manifesté son intérêt pour la Bolivie à plusieurs reprises en 2008 et 2009 [23], de même que la Corée du sud, le Vénézuela et d'autres sans doute.
Et pourtant, c'est finalement l'Iran que la Bolivie a choisi pour l'aider en apportant appui matériel, technique et formation, a-t-on appris fin 2010 à une conférence de presse où les présidents Ahmadinejad et Morales étaient présents. Il ne s'agira pas simplement d'extraire et de vendre du lithium brut mais de mettre en place une filière industrielle complète permettant la production de batteries et d'autres produits. De surcroît, l'Iran apportera $200 millions en crédit renouvelable et ouvrira son marché alimentaire aux produits boliviens [24].
Le marché bolivien apparaît donc difficile d'accès pour les états et les constructeurs automobiles étrangers, ainsi des constructeurs français tels Bolloré se dirigeront vers des partenariats complémentaires en Argentine [25].
=> Le recyclage comme réserve supplémentaire
Les batteries plomb-acide, qui sont les plus répandues actuellement, sont composées pour 60% à 80% de matériaux recyclés et 90% d'entre elles sont recyclées en fin de vie avec un procédé bien maîtrisé [26] [27]. Dès lors, on peut imaginer une structure de "cycle" similaire pour les batteries au lithium dans le futur mais pour l'heure le recyclage du lithium n'est pas rentable. En effet le coût du lithium représente 3% du coût total de fabrication d'une batterie et il est moins cher que le cobalt ou le nickel qui sont, eux, récupérés. De plus, il représente un faible pourcentage du poids.
Néanmoins, le recyclage est pressenti - d'après le cabinet de conseil Frost& Sullivan [28] - comme la principale source d'approvisionnement en lithium dans le futur. Il jouera un rôle important lorsqu'un nombre important de batteries commenceront à être jetées dès 2016 et la valeur de ce marché pourrait atteindre environ $2 milliards d'ici à 2022 (avec 500.000 batteries disponibles pour être recyclées).
Le premier projet de recyclage des piles au lithium-ion a débuté en 1992 initié par Sony et Sumitomo Metals un an après la commercialisation de piles [29] [30]. Depuis, plusieurs compagnies ont des procédés de recyclage qui pourraient isoler le lithium et permettre la réutilisation de presque la quasi-totalité du matériau, notamment Kinsbursky Brothers aux Etats-Unis (société mère de Toxco implanté en Californie) et Umicore en Belgique.
Leurs méthodes diffèrent:
- Dans les usines de Kinsbursky Brothers, les batteries sont écrasées puis les débris sont triés sélectivement. Un procédé de cryogénisation permet de refroidir les batteries à environ -200°C avec de l'azote liquide pour les désactiver [31].
- Umicore quant à lui utilise une fonderie dont les échappements de gaz sont traités et les métaux mis sous forme de granulés puis récupérés [32].
Bien évidemment, les costructeurs automobiles refléchissent déjà au recyclage de leurs batteries, comme le californien Tesla Motors qui fera appel aux deux sociétés évoquées (cf schéma ci-dessous).
Illustration 3 disponible sur le web à l'url : www.bulletins-electroniques.com/actualites/66045.htm
Notons la présence de Recupyl, société française, sur le segment du recyclage de batteries (dont Li-ion) aux Etats-Unis [33]. Enfin, une start-up nommée OnTo Technology a développé un procédé intéressant qui permet de récupérer les matériaux de cathode et d'anode pour qu'ils soient réutilisés directement dans des batteries. Ce processus innovant qui évite de repasser par le stade élémentaire serait moins énergivore [34].
Conclusion
La transition des véhicules à essence vers les véhicules électriques semble bien amorcée. Les gouvernements s'engagent en ce sens dans le but non seulement de réduire les émission de gaz à effet de serre mais aussi pour atténuer leur dépendance envers les pays pétroliers.
Cependant, si un pays comme les Etats-Unis qui bénéficie de ressources importantes en lithium pourra assurer son indépendance, d'autres non producteurs de Lithium tels que la France seront importateurs de cette ressource stratégique. Le risque d'un nouvelle alliance de pays producteurs et exportateurs de lithium, semblable à l'OPEP, est évoqué par Umicore [35]. En effet, les ressources limitées du lithium et la demande croissante de pays importateurs pourront pousser les prix à la hausse. Pour éviter une possible spéculation et une dépendance non soutenable vis à vis de cette denrée, une diversification des technologies de batteries utilisées dans l'industrie automobile sera nécessaire.
Par ailleurs, si le lithium est, comme le pétrole, une ressource finie, il possède l'avantage d'être recyclable. Un pays se constituant un stock important au vu de ses besoins et maîtrisant des techniques de recyclage efficaces diminuera son risque vis-à-vis de l'approvisionnement en lithium. Donc, si la France décide d'investir dans la recherche sur les nouvelles technologies de batteries et sur le recyclage on pourra fièrement dire: "En France, on n'a pas de lithium mais on a des idées".
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* Rappel: la conversion entre la quantité de carbonate de lithium et la quantité de lithium pur est de 5,3.
** D'autres chiffres sont parfois évoqués mais l'ordre de grandeur du rapport est comparable. Par exemple, le professeur Schoonman évoque dans ses cours à Stanford des capacités massiques de 500-550 kWh/kg en théorie et 150 kWh/kg en pratique pour les batteries li-ion/li-oxyde métallique [36].
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A lire également :
Le lithium des voitures électriques n'est pas une ressource renouvelable (partie 1/2)
www.bulletins-electroniques.com/actualites/65953.htm
Sources (nombeuses) : voir l’article en ligne,
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66045.htm
Rédacteur : Pauline Caumon, deputy-stic.mst@consulfrance-sanfrancisco.org
Origine : BE Etats-Unis numéro 238 (4/03/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT

Asie et Océanie
Chine, 20 avril 2011
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Des polluants organiques persistants dans les aliments
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66518.htm
La région du Delta de la rivière des Perles, dont fait partie Hong Kong, est une des zones les plus prospères de Chine. En raison de son rapide développement industriel et économique, celle-ci doit faire face, cependant, à de nombreux problèmes environnementaux.
Les polluants organiques persistants (POP) sont des molécules chimiques difficilement dégradables, qui s'accumulent facilement dans les tissus des organismes vivants et qui présentent un impact pour la santé. Ces substances sont issues de la production et de l'utilisation de produits chimiques, en particulier de pesticides. Elles peuvent être également produites non intentionnellement par des activités humaines (combustion, incinération de déchets etc).
Une équipe de la Hong Kong Baptist University (HKBU) a analysé plusieurs polluants organiques persistants dans différents aliments. Les chercheurs se sont intéressés notamment aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), aux polychlorures biphényles (PCB), aux pesticides organochlorés (OCP) et aux polybromodiphényléther (PBDE). Les denrées alimentaires ont été achetées sur des marchés ainsi que dans plusieurs grandes surfaces de Hong Kong.
Des contaminants organiques ont été détectés dans la plupart des aliments analysés. Pour chaque groupe de POP, les concentrations les plus élevées ont été retrouvées dans la viande, avec une concentration totale en HAP de 47,9 ng/g (poids sec). Une corrélation significative a également été observée entre la teneur en lipides des aliments et la concentration en POP. Concernant les huiles (huiles végétales, huile de poisson), les teneurs en POP détectées à Hong Kong ne sont globalement pas plus élevées que celles rapportées par certaines études américaines, australiennes ou européennes.
L'équipe de HKBU s'est également intéressée à l'évaluation des risques liés aux POP. Ils s'avèrent que les concentrations en HAP, PCB, OCP, PBDE sont inférieures aux seuils mentionnés par l'US EPA ou l'US FDA entre autres, ce qui indiquerait que, d'une manière générale, la consommation de ces denrées ne présenterait pas d'effets néfastes pour la santé. Les scientifiques notent cependant qu'il existe peu d'informations concernant les risques liés à la présence simultanée de différents contaminants dans la nourriture.
Source :
Qin et al., Persistent organic pollutants in food items collected in Hong Kong, Chemosphere 82 (2011) 1329-1336
Rédacteur :
Justine Jouet, kejustine@ust.hk
Origine : BE Chine numéro 103 (20/04/2011) - Ambassade de France en Chine / ADIT
Chine, 3 mars 2011
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Les défis de l'éolien chinois, www.bulletins-electroniques.com/actualites/66007.htm
La Chine est devenue le leader mondial de par sa capacité installée dans l'exploitation de l'énergie éolienne. Les champs d'éolienne ont rapidement recouvert des milliers d'hectares de terre et les turbines issues de la technologie chinoise sont maintenant exportées. De nombreuses entreprises leaders sur ce marché ont établi des centres de recherche et de production dans les principales villes de Chine, tel Siemens à Shanghai.
La Chine a atteint la capacité installée de 41,8 GW en 2010, dépassant les 40 GW des Etats-Unis. Bien que cela représente une augmentation de la capacité nationale de 16 GW, soit plus de 46% des nouvelles éoliennes installées à travers le monde, c'est la première fois depuis 2005, que la Chine connaît une baisse dans l'augmentation de sa nouvelle capacité, représentative de la tendance mondiale. En effet, l'année 2010 a été marquée à l'échelle mondiale par un ralentissement de la croissance de l'énergie éolienne.
Toutefois, la Chine est confrontée à un important problème de connexion au réseau : plus de la moitié de l'électricité générée par les turbines est perdue. D'après le rapport de la Commission d'Etat de régulations de l'électricité (SERC), l'électricité générée par les turbines inutilisée a représenté 2,8 milliards de kWh durant les six premiers mois de 2010, à cause d'une insuffisance des capacités de transmission et de connexion au réseau.
L'électricité générée par le solaire et l'éolien durant la même période n'a représenté que 0,7% de la production totale d'énergie, a déclaré le SERC. La Chine prévoyait d'atteindre la part des 10% d'énergie renouvelable dans le bouquet énergétique en 2010. Selon l'association Chinese Renewable Energy Industries Association, la cible n'a pas été atteinte: l'énergie hydroélectrique, solaire et éolienne a représenté 9% à la fin de l'année 2010. Quant aux objectifs de 2020, la Chine prévoit d'atteindre la part des 15% de son énergie issue des ressources non-fossiles. L'énergie éolienne pourrait contribuer à hauteur de 2% et le solaire à 1% du bouquet énergétique.
Les experts chinois ont pointé le gaspillage potentiel du développement à grande échelle de l'énergie éolienne. Le niveau du réseau électrique n'est pas à la hauteur de l'expansion des éoliennes. La Chine a besoin d'améliorations considérables au niveau de son réseau électrique pour tirer au mieux des profits de l'énergie éolienne. Les ressources éoliennes sont principalement concentrées dans les provinces et régions du Nord-ouest de la Chine, telles que la Mongolie Intérieure, le Xinjiang et le Gansu, alors que les centres de consommation sont localisés le long de la côté Est densément peuplée, selon le 2010 China Wind Power Outlook. Environ 4.000 km séparent la province du Xinjiang de la région de Shanghai, le transport de l'énergie éolienne d'ouest en est nécessite ainsi des investissements colossaux dans la dernière génération de lignes de tension ultra-haute transmission (UHV). Le rapport du SERC mentionne que dans les régions où les ressources en vent sont abondantes 75% de la production d'énergie éolienne n'est pas connectée au réseau.
Le réseau électrique d'Etat, le plus important distributeur du pays, prévoit d'investir plus de 500 milliards de yuans, soit 55,8 milliards d'euros, pour moderniser le réseau au cours du 12ème plan quinquennal (2011-2015). Il a déjà investi 20 milliards de yuans, soit 2,23 milliards d'euros dans les transmissions de lignes UHV entre 2006 et 2010.
Le problème a poussé les opérateurs d'énergie éolienne, comme la China Wind Power Corp, à investir dans d'autres régions de Chine disposant de meilleurs réseaux d'électricité mais caractérisées néanmoins par des niveaux inférieurs d'énergie éolique disponible. Cette année, la China Wind Power Corp a développé la majorité de ses nouveaux projets dans le centre et l'est du pays, telles que les régions du Hubei, de l'Anhui, du Hunan et du Jiangxi. Le vice-président de la State Grid Energy Research Institution, Jiang Liping, a déclaré que "la génération d'énergie éolienne à grande échelle est impossible à court terme en raison de l'incohérence de la configuration des vents. Une solution pourrait être d'utiliser la combinaison de sources d'énergie, y compris les centrales thermiques et nucléaires, afin d'accroître la flexibilité de la production d'électricité et les systèmes de régulation. Pour surmonter ce problème, la Chine s'attache à développer un système de réseau intelligent pour le long terme." Sans améliorations rapides et marquantes, la Chine joue ainsi avec sa position de leader.
Pour en savoir plus, contacts :
A lire également dans le BE Chine 100 : "La Chine est le troisième pays à développer un système HVDC, véritable 'autoroute électrique'", 28/01/2010, www.bulletins-electroniques.com/actualites/65728.htm
Source :
- China.org, 16/02/2011, www.china.org.cn/environment/2011-02/16/content_21931456.htm
- China Daily, 20/01/2011, www.chinadaily.com.cn/business/2011-01/20/content_11889212.htm
Rédacteur :
Zoé Lombard, zoe.lombard@diplomatie.gouv.fr
Origine : BE Chine numéro 101 (3/03/2011) - Ambassade de France en Chine / ADIT
Chine, 3 mars 2011
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La Chine s'attache à améliorer son système hydraulique
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66008.htm
C'est dans un contexte de sévère sécheresse, touchant depuis plusieurs mois plus particulièrement huit provinces du nord du pays, que les autorités chinoises ont rendu public un rapport sur l'accélération de la construction hydraulique. Selon l'étude, "la Chine rattrapera d'ici cinq à dix ans son retard en matière de construction hydraulique".
Le ministre chinois des Eaux, Mr Chen Lei a déclaré que d'ici 2020, serait mise en place toute une série de systèmes : un système anti-crue, anti-sécheresse, un système de distribution rationnelle et d'utilisation efficace des ressources d'eau, un système de garantie pour la protection des ressources d'eau et la préservation de l'état sain des rivières et des lacs et un système institutionnel favorisant le développement de la science hydraulique.
Les ressources en eau dont dispose en moyenne chaque chinois ne représentent que le quart du niveau moyen mondial et la Chine se trouve au 125ème rang dans le monde en la matière. Le rapport qui vient d'être rendu public a montré pour la première fois une grande importance à la question des eaux, la plaçant au même plan que celles qui débattent de la sécurité de l'Etat. Le rapport insiste d'ailleurs pour la première fois sur les caractères fondamentaux, stratégique et d'intérêt public de la problématique de l'eau en Chine.
En 2010, les investissements tous confondus du pays pour l'aménagement du secteur de l'eau ont été évalués à 200 milliards de yuans, soit 22,2 milliards d'euros. Ce chiffre, selon le rapport, sera doublé d'ici dix ans.
Source :
Radio Chine Internationale, 31/01/2011
Rédacteur :
Zoé Lombard, zoe.lombard@diplomatie.gouv.fr
Origine : BE Chine numéro 101 (3/03/2011) - Ambassade de France en Chine / ADIT
Chine, 3 mars 2011
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La Chine encourage le recyclage des matériaux non-ferreux
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66009.htm
Le Ministère chinois de l'industrie et des technologies de l'information (MIIT) a publié le plan de développement pour soutenir l'industrie des métaux non-ferreux. Conjointement développé par le MIIT, le Ministère de la Science et de la Technologie (MOST) et le Ministère des Finances (MOF), le plan affiche l'objectif de produire 12 millions de tonnes des principaux métaux non-ferreux recyclés d'ici 2015. Alors que la Chine souhaite réduire sa production de métaux non-ferreux, pour des raisons environnementales et de ressources disponibles, elle souhaite augmenter la part des métaux non-ferreux recyclés. D'ici 2015, la Chine devrait ainsi limiter sa production à 40 millions de tonnes de métaux non-ferreux.
Selon ce plan, les parts recyclées de cuivre, d'aluminium et de plomb devraient respectivement atteindre 40%, 30% et 40% de la production totale annuelle de ces métaux d'ici 2015. Les trois métaux mentionnés représentaient 720.000 tonnes en 2000 puis 6,33 millions de tonnes en 2009. La part recyclée des principaux matériaux non-ferreux était de 24,3% de la production totale des dix métaux non-ferreux en 2009. Pour comparaison, d'après les chiffres de 2008 de l'ADEME, la France utilisait environ 42% de matières premiers de recyclage (en masse) de métaux non-ferreux dans l'industrie primaire française.
Durant le 12ème plan quinquennal, le pays compte optimiser les dépenses vis-à-vis du recyclage des ressources en métaux non-ferreux. Les provinces du Zhejiang, du Guangdong, du Shandong, de Tianjin et du Jiangxi devraient se concentrer sur le développement du recyclage du cuivre. Les Provinces de Chongqing, de Shanghai et de Hainan se focaliseraient sur le recyclage de l'aluminium et le recyclage du plomb serait porté par les provinces de l'Anhui, du Jiangsu et du Hubei.
Fin 2015, il est attendu que les entreprises chinoises produisent 100.000 tonnes par an de cuivre et d'aluminium recyclé respectivement et 50.000 tonnes de plomb recyclé. Le gouvernement compte élaborer des normes pour les nouvelles entreprises du secteur de l'industrie des métaux non ferreux et adapter les politiques en faveur des fusions et acquisitions industrielles.
Source :
Global Times, 11/02/2011, http://business.globaltimes.cn/industries/2011-02/621989.html
Rédacteur :
Zoé Lombard, zoe.lombard@diplomatie.gouv.fr
Origine : BE Chine numéro 101 (3/03/2011) - Ambassade de France en Chine / ADIT
Chine, 3 mars 2011
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Le poids de la Chine dans le marché des terres rares (partie 1/2)
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66010.htm
Utilisés dans les systèmes de catalyse, de lasers de guidage, de supraconduction, de réfrigération magnétique, dans la voiture hybride ou encore les générateurs d'éolienne, les terres rares représentent une importante ressource stratégique, notamment dans le développement des technologies de l'environnement. Les terres rares représentent un groupe de métaux de 17 éléments, composés des 15 lanthanides, du scandium et de l'yttrium. Présentation du contexte mondial.
La production annuelle de terres rares est d'environ 125.000 tonnes par an, alors que la demande mondiale est estimée à environ 134.000 tonnes. La différence est alors couverte par les anciennes réserves des mines exploitées. En 2014, la demande mondiale en terres rares devrait dépasser les 200.000 tonnes, avec une production chinoise de 160.000 tonnes. L'ouverture d'une mine nécessiterait 10 ans pour être productive, des solutions alternatives doivent être rapidement trouvées pour répondre à l'approvisionnement mondial des pays qui se tournent vers une économie de l'énergie propre.
La Chine, avec près de 97% de production des terres rares, se place au premier rang mondial en terme de producteur et d'exportateur, bien que ses réserves représentent un tiers des ressources mondiales. Les réserves chinoises sont passées de 43 millions de tonnes en 1996 à 27 millions de tonnes fin 2009, avance Chao Ning, chef de section pour le commerce extérieur au Ministère du Commerce.
D'importantes réserves existent également aux Etats-Unis, au Canada, en Russie, en Australie ou encore en Inde. Mais ces pays ont abandonné depuis longtemps l'extraction en raison des problèmes de pollution inhérents à ces matériaux. Certaines terres rares sont plus abondantes que le cuivre ou le plomb, mais leur concentration ne les rend pas facilement exploitable. Ainsi, certains pays, comme les Etats-Unis, le Japon et l'Europe sont devenus depuis plus de quinze ans dépendants à 100% de certaines des exportations, principalement chinoises.
D'après le rapport "Rare Earth Elements : the Global Supply by China" un rapport soumis en janvier au Congrès américain par Mark Humphries [1], les Etats-Unis, qui représentent 13% des réserves de terres rares, n'exploitent plus ses réserves pour des raisons de pollution. Les Etats-Unis ont créé un comité chargé d'examiner la production et l'utilisation de ces éléments précieux, afin d'en accroître la production ou de trouver des substituts. Conduit par l'institut Oeko, un think tank allemand travaillant sur les questions d'environnement, appelle l'Europe à recycler et à stocker les terres rares - comme le lanthane, le cérium et le néodyme.
Thomas Graedal de l'Université de Yale, a expliqué que le marché des technologies des terres rares est mondialisé, impliquant une relation de dépendance entre les pays. La Chine, comme d'autres pays, ne produit pas tous les matériaux rares dont elle a besoin et dépend ainsi d'autres pays pour son industrie, notamment du sélénium pour les panneaux solaires et du niobium. Selon Thomas Graedel, il serait donc possible de parvenir à une stabilité globale du marché.
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A lire également :
Les mesures chinoises vis-à-vis des terres rares (partie 2/2) :
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66011.htm
Pour en savoir plus, contacts :
- Rapport "Rare Earth Elements: the Global Supply by China", par Mark Humphries,
www.fas.org/sgp/crs/natsec/R41347.pdf
- Study on Rare Earths and Their Recycling, janvier 2011, http://www.oeko.de, www.resourcefever.org
Source : www.chinadialogue.cn/article/show/single/en/4089
Rédacteur :
Zoé Lombard, zoe.lombard@diplomatie.gouv.fr
Origine : BE Chine numéro 101 (3/03/2011) - Ambassade de France en Chine / ADIT
Chine, 3 mars 2011
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Les mesures chinoises vis-à-vis des terres rares (partie 2/2)
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66011.htm
Utilisés dans les technologies de l'information et de la communication, des technologies vertes et des applications militaires, les terres rares représentent une importante ressource stratégique. Les terres rares représentent un groupe de métaux de 17 éléments, composés des 15 lanthanides, du scandium et de l'yttrium. Retour sur les nouvelles mesures chinoises en la matière.
Le gouvernement chinois a publié mi-février une directive pour renforcer le contrôle de l'exploitation des terres rares. L'ensemble des mesures qui doivent être appliquées au cours des cinq prochaines années vise à donner au secteur une base "saine et durable" selon les termes du gouvernement qui souligne l'importance prise en Chine par les exploitations illégales. "Nous allons prendre des mesures pour protéger les ressources en terres rares et imposer des normes environnementales", selon le texte publié à la suite d'une réunion du gouvernement, présidée par le Premier ministre Wen Jiabao. "Nous allons établir des quotas pour l'extraction et l'exportation de terres rares à un niveau raisonnable, en prenant en compte les ressources nationales, la production, la consommation, ainsi que le marché international", poursuit le gouvernement. La Chine aurait aussi diminué ses exportations de terres rares de 40% l'an dernier et le Ministère chinois du commerce annonce une nouvelle diminution de 35% pour le premier semestre 2011.
La Chine va ainsi accélérer la modernisation industrielle et les innovations technologiques pour économiser les ressources, protéger l'environnement et promouvoir un développement durable. Cela entraine, se justifie le pays, par une impossibilité à augmenter aussi rapidement sa production pour répondre à la demande internationale. Bien que ces matériaux soient appliqués dans les technologies de l'environnement, leur exploitation est extrêmement polluante. Leur production nécessite de nombreuses étapes chimiques qui entraînent des rejets nocifs pour l'environnement, générant notamment des déchets radioactifs. En 2010, la Chine a généré plus de 25 millions de tonnes d'eaux usées, lors de l'exploitation de terres rares. De nouveaux standards plus respectueux de l'environnement ont ainsi été adoptés fin février pour encadrer la production des terres rares. Ces règles, qui définissent les limites d'émissions, seront appliquées dès le 1er octobre. Selon les standards définis, les entreprises du secteur devront investir davantage dans les installations de traitement de polluants, ce qui permettra d'avoir une image plus juste du véritable coût écologique et financier de l'industrie, a indiqué Wu Xiaoqing, vice-ministre de la Protection de l'Environnement. Wu Xiaoqing estime que l'industrie aura besoin de 1,5 milliards de yuans, soit environ 165 millions d'euros, d'investissements pour construire des usines de traitements des eaux usées. L'exploitation de ces installations coûtera par la suite 280 millions de yuans par an, soit environ 31 millions d'euros par an. Seront également nécessaires 500 millions de yuans supplémentaires, soit environ 55 millions d'euros, pour les équipements de traitement des gaz rejetés, avec un coût annuel de 30 millions de yuans, soit 3,3 millions d'euros. Les entreprises existantes bénéficieront d'une période de grâce de deux ans à compter de l'entrée en vigueur des standards, mais les nouveaux venus devront les appliquer immédiatement.
Une association constituée des entreprises du secteur est également en projet pour surveiller l'exploitation et la production de ces matériaux. La Chine a réalisé de nets progrès ces dernières années en termes de production et de consommation des terres rares, mais de nombreux problèmes persistent encore tels que les opérations décentralisées, la surexploitation et la compétition frauduleuse, notamment avec l'apparition de mines illégales. Avec peu d'acteurs, éparpillés à travers le pays, la Chine ne possède pas d'organe de contrôle pour gérer l'industrie des terres rares. L'association souhaite ainsi s'attaquer à ces problèmes, en renforçant les réglementations et en s'assurant que celles-ci soient appliquées. Chen Zhanheng, chef de recherche à la Société chinoise de terres rares, a annoncé que les 100 entreprises actuelles engagées dans la purification des terres rares devraient être regroupées en une vingtaine seulement. Mais Chen reste lucide, en déclarant que la mise en place d'une telle association ne pourra apporter une solution à tout problème, mais servira de canal pour coordonner l'industrie, sans pour autant avoir un pouvoir d'exécution. L'association, qui devrait regrouper environ 90 producteurs chinois de terres rares, sera lancée en mai prochain. Les documents ont été soumis au Ministère de l'Industrie et des Technologies de l'Information et au Ministère des Affaires civiles. Le président de l'association sera élu à tour de rôle parmi les représentants des entreprises de terres rares, le président d'Inner Mongolia Baotou Steel Rare-Earth, l'une des principales sociétés d'extraction, pourrait en occuper le premier poste.
Le Ministère du territoire et des ressources naturelles a également annoncé avoir placé sous contrôle étatique onze zones d'exploitation de terres rares dans le sud de la Chine, dans la province du Jiangxi, couvrant 2.500 km2, avec des réserves de terres rares estimées à 760.000 tonnes.
S'il n'y a pas de risque de pénurie des métaux rares, il y a un risque grandissant de pénurie des terres rares disponibles pour les industries. Bien que les produits de substitution et de recyclage des terres rares ne soient pas faciles à mettre en oeuvre, des alternatives devront être rapidement trouvées pour résoudre les problèmes d'approvisionnement.
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A lire également :
Le poids de la Chine dans le marché des terres rares (partie 1/2) :
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66010.htm
Pour en savoir plus, contacts :
Rapport "Rare Earth Elements : the Global Supply by China", par Mark Humphries -
www.fas.org/sgp/crs/natsec/R41347.pdf
Source :
- Rare-earth industry to be regulated, 15/02/2011,
www.china.org.cn/business/2011-02/15/content_21923342.htm
- La Chine va rationaliser son industrie des terres rares, 16/02/2011,
http://french.cri.cn/781/2011/02/16/304s238340.htm
www.chinadialogue.cn/article/show/single/en/4089
- Green standards issued for rare earths, 01/03/2011,
www.chinadaily.com.cn/china/2011-03/01/content_12091991.htm
Rédacteur :
Zoé Lombard, zoe.lombard@diplomatie.gouv.fr
Origine : BE Chine numéro 101 (3/03/2011) - Ambassade de France en Chine / ADIT
Inde, 11 mars 2011
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Des taux de pesticides particulièrement élevés dans l'atmosphère de l'Inde
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66114.htm
Le taux résiduel de pesticides interdits présent dans l'atmosphère décline globalement dans le monde à l'exception de l'Inde qui continue à avoir des taux résiduels exceptionnellements élevés comme le révèle une étude publiée dans "Journal of Environment Monitoring" par la Royal Society of Chemistry.
Des échantillonneurs portables ont été mis en place sur les 7 continents de 2005 à 2008, l'analyse des échantillons prélevés montre que les organochlorines (pesticides contenant de la chlorine comme le DDT) les chlordanes et endosulphanes sont en déclin dans la plupart des régions, suggérant que l'interdiction mondiale porterait ses fruits. L'Inde fait cependant exception, ainsi le taux de concentration de "gamma HFC" (hexachlorocyclohexane) est de 0.3 nano gramme à Cape Grim en Australie et de 800 nano grammes à Delhi.
Les chiffres suggèrent que même si ces pesticides ont officiellement été bannis dans les pays occidentaux, ils continuent à être employés dans les pays en voie de développement. On estime que chaque année 11 milliards de tonnes de pesticides sont utilisés dans le monde. Debi Sharma, scientifique de l' Indian Institute of Horticultural Research à Bangalore a rappelé lors d'une interview que l'usage du DDT est interdit en agriculture en Inde mais qu'il est toujours employé dans les domaines liés a la santé publique.
Une étude du National Institute of Occupational Health publiée dans le Bulletin of Environmental Contamination and Toxicology en 2004 montre que ces pesticides présent dans l'atmosphère sont absorbés par les organismes vivants. Une exposition aux endosulfanes provoque un retard de la maturité sexuelle chez les hommes et nuie à la production d'hormones mâles.
Pour en savoir plus, contacts :
Un extrait de l'article publié dans Journal of Environmental Monitoring est disponible en Anglais à l'adresse - http://pubs.rsc.org/en/Content/ArticleLanding/2010/EM/c0em00134a
Source : "Pesticides persist in Indian atmosphere" - SciDev.net - 17/09/2010 - Papiya Bhattacharya -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/1Iof7
Origine : BE Inde numéro 46 (11/03/2011) - Ambassade de France en Inde / ADIT
Inde, 11 mars 2011
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Publication d'un premier rapport sur l'impact du réchauffement climatique sur l'Inde en 2030, www.bulletins-electroniques.com/actualites/66120.htm
Un rapport rendu publique par le Ministre de l'Environnement (Jairam Ramesh) et par le Ministre à la Science et la Technologie (Kapil Sibal) annonce que l'Inde va connaître d'ici a 2030 une augmentation de sa température de 1,7° à 2° Celsius, du fait des modifications climatiques. Les différents scenarii d'évolution climatique montrent un réchauffement global des températures de l'ensemble du sous continent indien associé a une augmentation de la concentration de gaz a effet de serres.
Ce rapport publié par l'Indian Network for Climate Change Assessment (INCCA), est le premier rapport prospectif d'impact des changements climatiques sur l'environnement, la santé et l'agriculture de 4 régions indiennes (Himalaya, les Ghâts occidentaux, les zones côtières et le Nord Est de l'Inde). L'INCCA regroupe 220 scientifiques provenant de 120 institutions de recherche à travers le pays. Selon J. Ramesh, ce rapport n'est qu'un rapport préliminaire mais malgré de nombreuses alarmes, ce rapport évoque quelques points positifs.
Selon ce rapport les zones les plus fortement touchées par ce réchauffement climatiques seront les zones côtières qui auront des étés et des hivers plus chauds associés à une élévation du niveau de la mer ce qui laisse présager des sécheresses et des inondations importantes. Le rapport souligne cependant que ce réchauffement bénéficiera a la culture du riz avec une augmentation du volume produit et à des espèces piscicoles côtières qui auront une croissance plus rapide. D'autres projections tendraient a démontré que la fréquence des cyclones seraient moins importante.
Ce rapport prévoit des sécheresse modérées à extrêmes dans la région himalayenne et que l'ensembles des régions observées connaîtraient des inondations de 10 à 30% plus importantes. La malaria devrait se diffuser à d'autres régions comme l'Himalaya et le Nord Est, rester stable dans la zone des Ghâts occidentaux et légèrement régresser sur le littoral indien.
L'Inde quatrième pays par son taux d'émission de gaz à effet de serres à décider de participer au programme des Nations Unis de réduction d'émission de gaz à effet de serre.
Source :"India might get 1.7-2 degrees warmer by 2030" - Sify News - 16/11/2011 -
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/LjkNu
Origine : BE Inde numéro 46 (11/03/2011) - Ambassade de France en Inde / ADIT
Inde, 11 mars 2011
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L'Inde bientôt préte a la commercialisation de ses premiers réacteurs
www.bulletins-electroniques.com/actualites/66124.htm
La Nuclear Power Corporation of India Limited est désormais prête a commercialiser des réacteurs à eau lourde pressurisée (PHWR) de capacités allant de 220 MWe à 540 MWe selon Srikumar Banerjee, Directeur de l'Atomic Energy Commission (AEC). Ces réacteurs qui utilisent comme carburant de l'Uranium naturel et l'eau lourde en tant que modérateur et liquide de refroidissement représentent des alternatives intéressantes pour les pays désirants mettre en place des réacteurs de taille petite et moyenne à coût limité.
Le Dr. Banerjee, a annoncé que 4 réacteurs à eau lourde pressurisée développés par l'Inde sont actuellement en cours de mise en place. La production électrique totale des 19 réacteurs actuellement mis en place est de 4560 Mégawatt. Selon lui deux réacteurs d'une puissance de 1000 MWe dans le Tamil Nadu développés avec la Russie sont actuellement en cours de finalisation. Le prototype de réacteur reproducteur rapide de Kalpakkam d'une puissance de 500 Mwe est lui à un stade avancé de construction.
Il a aussi annoncé que l'Inde aller renforcer ses capacités d'enrichissement d'uranium déjà bien implantées et mettre en place une structure de retraitement des déchets radioactifs.
Source :"India ready to sell Pressurised Heavy Water Reactors "- The Hindu - 25/09/2010 -
www.thehindu.com/news/national/article777084.ece
Origine : BE Inde numéro 46 (11/03/2011) - Ambassade de France en Inde / ADIT
Singapour, 28 mars 2011
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Les biocarburants et le développement durable, thème d'avenir pour la R&D (A*STAR) et les compagnies pétrochimiques, www.bulletins-electroniques.com/actualites/66260.htm
A*STAR et Keystone Symposia, organisateur américain de conférences scientifiques internationales renommées depuis 1972, ont organisé un séminaire, du 1er au 5 mars 2011. Dédié au développement des biocarburants, le " Keystone Symposium on Biofuels conference" a joué le rôle de plateforme d'échanges pour discuter des prochaines générations de biocarburants, notamment à base d'algues et des nombreux challenges à venir pour construire une industrie du biocarburant forte.
Une trentaine d'experts internationaux- scientifiques et décideurs stratégiques - venus des USA, d'Europe, d'Asie et de Singapour, ont partagé leurs points de vues sur les différents développements à fournir dans tout ce qui touche aux Bioénergies: biocarburant produit par valorisation non-alimentaire de la biomasse, biocarburants dérivés d'algues marines et les devenirs de la production de biomasse dans le Sud-Est asiatique. Un tour de Jurong Island, île artificielle au Sud de Singapour utilisé pour l'implantation d'usines pétrochimiques, a été proposé à tous les participants, afin de montrer les efforts de recherche d'A*STAR sur les biocarburants par l'intermédiaire de leur laboratoire phare dans ce domaine: l'ICES (Institute of Chemistry and Environmental Studies).
Climatologue renommé mondialement, auteur de "The Forgiving Air: Understanding Environmental Change", Dr Richard Sommerville a présenté un discours introductif sur sa vision du réchauffement climatique et a montré comment la climatologie peut informer les grands décideurs des mesures à prendre pour endiguer ce phénomène. Il a évoqué le fait que la science ne peut spécifier le niveau de danger actuel auquel l'Homme est exposé. Les organisateurs scientifiques de cette conférence étaient Dr. Stephen P. Mayfield de l'Université de Californie à San Diego, Dr Martin Keller de l'Oak Ridge National Laboratory, un centre de recherche sur les biocarburants financé par le US Department of Energy et Dr. Jeffrey P. Obbard, chercheur à l'ICES.
A noter que le groupe finlandais spécialisé dans le raffinage de pétrole, Neste Oil, a construit la plus grande usine de production de biocarburants au monde à Singapour pour un montant de 1,2 milliards SGD (600 millions d'euros) avec une capacité de production annuelle de 800.000 tonnes. Le groupe Neste Oil produit le 'carburant vert' sous la marque NExBTL. Selon la société, 'le carburant le plus propre au monde' peut être utilisé pour tous les types de moteurs diesel et permet de réduire de façon notable les émissions de gaz d'échappement comparé aux gazoles traditionnels.
Le secteur du biocarburant apparaît comme un secteur d'avenir à long terme et Singapour travaille dans ce sens: bien que la production de Biocarburant soit très faible comparée à d'autres énergies alternatives avec 76 millions de litres par an, un marché global actuel de 29 milliards d'euros et 1% des énergies totales utilisées, il est attendu une hausse significative de sa production jusqu'à 544 milliards de litres par an d'ici 2022 ainsi qu'un marché global de près de 161 milliards d'euros, selon le US Department of Energy.
Pour en savoir plus, contacts :
- Site Internet d'ICES (Institute of Chemical and Environmental Studies): www.ices.a-star.edu.sg
- News sur Jurong Island: http://redirectix.bulletins-electroniques.com/9geLM
- Site Internet de Keystone Symposia: www.keystonesymposia.org/
- Site Web de NESTE OIL: www.nesteoil.com/?path=1;41;540;1259;1261;13291;16384
Source :
A*STAR Press release, "Leading Experts to meet in Singapore for Conference on Sustainable Biofuels", 1er mars 2011: http://redirectix.bulletins-electroniques.com/lq3F6
Rédacteur :
Charles BERTOTHY
Origine : BE Singapour numéro 73 (28/03/2011) - Ambassade de France à Singapour / ADIT

Informations
sélectionnées par Sylviane Tabarly,
avec l'aimable autorisation de l'ADIT et de
François Moille responsable de diffusion des BE

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à jour : 15-09-2010
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