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Risques et sociétés

Quels sont les espaces les plus vulnérables aux risques naturels en France ?

Publié le 19/05/2014

 

L'ensemble du territoire national est loin d'être concerné de façon homogène par les risques naturels. L'établissement d'une typologie des espaces en fonction de la plus ou moins grande menace que représentent les risques naturels soulève des difficultés. Pour les critères à retenir, l'accent peut être mis sur les aléas ou sur les vulnérabilités, ou mieux, sur une combinaison entre ces deux entrées de la géographie des risques. Quant au niveau d'échelle, si nous privilégions celui de l'analyse régionale, il nous faut introduire des nuances à plus grande échelle (aire urbaine, littoral densément occupé…).
Les espaces les plus exposés aux risques sont les plus faciles à identifier. Ces sont des espaces dans lesquels se conjuguent à la fois plusieurs types d'aléas (cyclones, volcanismes, inondations…) et où la vulnérabilité est maximale, en raison des fortes densité de population et de l'importance des enjeux économiques.

On citera en premier lieu les DOM, en particulier les îles de la Martinique et de la Guadeloupe, entièrement classées en zone rouge. La vulnérabilité liée à l'intensité de divers aléas (cyclones, volcanisme, sismicité …) est accrue par l'insularité et par l'éloignement par rapport à la métropole. Ajoutons que la loi du 13 juillet 1982 sur l'obligation d'assurance contre les catastrophes naturelles n'a concerné les DOM qu'à partir de 1990, suite à plusieurs cyclones meurtriers en 1989. Des nuances sont à apporter selon les DOM : la Guyane est la moins exposée aux aléas naturels, et le volcanisme de la Réunion est d'un type peu dangereux et concerne un espace quasiment vide (à la différence de la menaçante Montagne Pelée). Une opposition existe aussi entre les côtes au vent (plus exposées aux cyclones et précipitations torrentielles) et les côtes sous le vent, plus à l'abri.

Deuxième cas, celui du midi méditerranéen français. Différents types d'aléas : séismes, crues et inondations (épisodes cévenols), incendies catastrophiques, se combinent avec une forte vulnérabilité liée aux densités de population, à l'importance de la péri-urbanisation sur des versants raides ou dans des pinèdes, aux importants enjeux économiques.

Troisième cas, celui des secteurs à fortes densités dans les Alpes du Nord. En haute montagne, le milieu est très instable et fragile, avec la conjonction de plusieurs types d'aléas (avalanches, glissements, débâcles glaciaires, crues…). Les risques majeurs se posent pour les grandes percées alpines, les stations de sports d'hiver et les grandes agglomérations, comme Grenoble, où existent en plus des risques industriels et technologiques.

Enfin, le cas de la région Île de France. Du point de vue des aléas, elle est menacée par une crue et une inondation catastrophique de la Seine, et secondairement par des risques météorologiques (tempête, chute de neige, grands froids ou coup de chaleur). Plus que les aléas, c'est surtout son importante vulnérabilité (liée à la densité de population, à l'urbanisation, à son rôle majeur dans les communications en France et à l'importance des enjeux économiques et politiques) qui permet de la classer dans la catégorie des régions à haut risque.

Vincent Clément - ENS de Lyon,
Emmanuel Jaurand - Université Paris XII - Val de Marne

 

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