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Géographie de la santé : espaces et sociétés

Étude sur les démarches de santé des primo-arrivants au Service d’accueil et d’orientation (SAO) de Rennes : sept profils-types

Publié le 28/06/2012
Auteur(s) : Anne-Cécile Hoyez, chargée de Recherche au CNRS - Université de Poitiers

L'étude est basée sur un échantillon de 170 personnes arrivées au SAO de Rennes entre le 1er août 2007 et le 31 décembre 2007, dont la présence sur le territoire français était inférieure à 4 mois avant l'inscription au SAO et pour lesquelles un dossier administratif a été constitué au SAO. Pour l'étude, 48 personnes ont été tirées au sort. L'étude s'est élargie pour prendre en compte deux autres catégories déterminant l'accès aux soins : les statuts administratifs et les conditions de logement des personnes.

En colonnes, nous avons regroupé les trois grands critères retenus : la situation administrative, la situation par rapport au logement, les démarches de santé. Ces trois grands critères ont été caractérisés en fonction des difficultés ou expériences recensées dans les recours aux soins. Les deux premières lignes, reprenant les parcours de Mohammed et Mehmet, correspondent à ce que l'on pourrait appeler des "parcours de l'exclusion".

Les parcours de Sasha, Sona, Nugzar et Ali relèvent de la précarité. Leurs démarches administratives sont compliquées à mettre en œuvre, et leur statut est fragile ; ces personnes sont isolées, et ne peuvent s'en remettre qu'à elles-mêmes pour effectuer leurs démarches auprès des administrations, avec tout ce que cela comporte comme risque de se voir mal orientés ou mal informés au guichet. Leur situation par rapport au logement dépend de l'aide sociale d'urgence, un service dont on connaît le haut niveau de saturation et qui ne peut répondre à la demande de toutes les personnes en droit d'y recourir. Dans leurs parcours s'alternent des phases sans hébergement déclaré (périodes pendant lesquelles les personnes déclarent dépendre des réseaux de compatriotes ou d'entraide, ou alors elles sont à la rue) et des périodes en hébergement d'urgence mais dans des lieux multiples et changeants. Ainsi, trois d'entre elles ont été logées dans 7 lieux différents à travers l'agglomération rennaise et cumulent environ 6 semaines sans logement. Enfin, elles ont mis en œuvre de très rares démarches de santé, et ces démarches restent cantonnées aux structures d'accueil spécifiques (CMLG).

Le dernier profil, celui de Félicie, correspond à celui des personnes qui, dans le cadre de leur demande d'asile, sont prises en charge par les Centres d'accueil de demandeurs d'asile (CADA). La situation administrative de Félicie, stabilisée très tôt, lui permet à la fois d'être mieux informée sur les démarches de santé et d'être au contact de structures qui font de la santé un enjeu primordial au quotidien. Sa situation par rapport au logement est stable, du moins pour la période d'accueil effectif en CADA. On se rend également compte que Félicie, pour ses démarches de santé, a utilisé aussi bien les plateformes spécifiques (celles du CADA et celles du CMLG) que la médecine générale et les spécialistes hors-structures.

* Centre médical Louis Guilloux (CMLG)

** Centre d'accueil des demandeurs d'asile (CADA)

pour Géoconfluences le 28 juin 2012

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