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La frontière, discontinuités et dynamiques

Histoires de vie de demandeurs d’asile vivant dans la partie méridionale de Chypre

Publié le 16/12/2008

M. et Mme Daoud Kasan, de nationalité irakienne, résident à Chypre depuis le 28 mars 2005, date de leur entrée sur le territoire. Le 10 mai 2005, ils ont déposé une demande d'asile auprès des autorités compétentes de l'Asylum Service [1]. Avant leur arrivée à Chypre, Mme Kasan avait été amputée de sa jambe gauche à la suite de l'explosion d'un véhicule à Bagdad. Depuis leur arrivée à Chypre, le couple est sans travail malgré les recherches d'emploi de M. Kasan auprès du Bureau du travail du district de Nicosie. Aucune procédure spécifique n'a été proposée à Mme Kasan. En juillet 2005, M. Kasan a toutefois présenté une demande d'aide publique auprès du bureau de la protection sociale du district de Nicosie qui aboutit, au bout de quatre mois à une réponse négative. C'est l'intervention de l'association KISA [3] qui, en rappelant aux autorités la situation de vulnérabilité dans laquelle se trouvait Mme Kasan, lui a permis de bénéficier d'une subvention liée à son handicap. M. Kazan a été informé le 5 juin 2007 par le Service de l'asile du rejet, en date du 30 mai 2007, de leur demande d'asile. Le 18 juin 2007 le couple a déposé un recours contre cette décision administrative avec l'appui de KISA.

Mme Afsaneh-e Mohammadi de nationalité iranienne, rencontrée à Nicosie, a déposé une demande d'asile le 3 septembre 1997. Elle vit avec ses deux filles qui ont respectivement 14 et 22 ans. Leur demande d'asile a été examinée et rejetée en première instance par l'UNHcr en août 1999. Toutefois, en 2001, la Cour suprême avait décidé d'annuler l'arrestation et l'ordre d'expulsion de l'administration chypriote. Mme Afsaneh-e Mohammadi et ses deux filles ont donc bénéficié d'un permis de séjour pour des raisons humanitaires. Bien que leur titre de séjour soit renouvelable chaque année, elles arrivaient à subvenir à leurs besoins et à mener une vie ordinaire. Mais en juillet 2006, les autorités chypriotes ont refusé le renouvellement du permis de séjour de Mme Afsaneh-e Mohammadi et de ses filles invitées à présenter une nouvelle demande d'asile. Son permis de séjour temporaire arrivé à échéance, Mme Mohammadi s'est donc retrouvée dans l'impossibilité de travailler et a alors déposé une demande d'aide publique en juillet 2006. Mais lors de notre visite, un an plus tard, les services de la protection sociale n'avaient toujours pas examiné la demande de la famille, arguant des quelques économies faites par Mme Mohammadi dans le passé. En conséquence, Mme Mohammadi ne peut plus subvenir aux besoins de sa plus jeune fille scolarisée en lycée alors que l'aînée est elle aussi dans l'impossibilité administrative de travailler. La famille rencontre également d'importantes difficultés pour se loger et se nourrir.

Notes

[1] Témoignages recueillis par O. Clochard dans le cadre de l'étude STEPS, consulting social réalisé à la demande de la commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen, décembre 2007

[2] Service de l'asile (Asylum Service) du ministère de l'Intérieur de la République de Chypre www.moi.gov.cy/MOI/asylum/Asylum.nsf/DMLindex_en/DMLindex_en?OpenDocument

[3] Action for Equality Support and Antiracism in Cyprus, www.kisa.org.cy/EN/index.html

 

Olivier Clochard, chercheur associé à

Migrations internationales, espaces et sociétés (Migrinter), CNRS, université de Poitiers

pour Géoconfluences le 16 décembre 2008

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