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De villes en métropoles

La politique du logement et de l'habitat à Glasgow, des années 1980 aux années 2000

Publié le 12/09/2008
Auteur(s) : Fabien Jeannier, docteur en civilisation britannique, professeur d’anglais - lycée Aristide Briand, Gap
>>> Retour vers l'article principal : Fabien Jeannier, « Culture et régénération urbaine : le cas de Glasgow », septembre 2008.

Dès le début des années 1980, les autorités locales ont fait de l'amélioration de l'habitat une priorité pour améliorer les conditions de vie à Glasgow et la rendre plus attractive. Le problèmes du logement est historiquement récurrent à Glasgow. La municipalité a dépensé des sommes colossales pour entretenir ou renouveler le parc de logements sociaux de médiocre qualité qu'elle possédait [1]. Elle a progressivement réduit le nombre de logements sociaux en détruisant les plus insalubres et s'est désengagée de leur gestion et a aussi vivement encouragé la construction de logements par le secteur privé, qu'ils soient à usage locatif ou occupés par leurs propriétaires.

Depuis le milieu des années 1990, le nombre de logements construits par le secteur privé a notablement augmenté. Alors qu'en 1991, 99 235 logements (34%) étaient occupés par leurs propriétaires, 138 347 (48%) étaient loués par les autorités locales et 35 719 (12%) par des associations pour le logement (housing associations) ou des co-opératives et 14 866 (5%) par des bailleurs privés, la tendance s'est inversée pour aboutir en 2006 à 49% des logements occupés par leurs propriétaires (143 026), 25% loués par la Glasgow Housing Association (74 167), 15% par des associations pour le logement (43 151) et 11% par des bailleurs privés (32 130).

Depuis le début des années 2000, il se construit une moyenne de 2 500 nouveaux logements à Glasgow chaque année. Ces logements sont construits sur d'anciens sites industriels en friche identifiés et spécialement destinés à la construction de logements par le Glasgow City Council, Scottish Enterprise Glasgow et Communities Scotland. Le développement des logements privés se situe surtout le long de la Clyde à proximité du centre-ville et au centre-ville, là où sont susceptibles de travailler les nouveaux arrivants à fort pouvoir d'achat. Ils vont de pair avec l'implantation des sièges sociaux des entreprises du secteur tertiaire qui est au cœur des programmes de régénération de la Clyde. Le City Council a aussi vendu du terrain sur la ceinture verte de la ville destiné à la construction de maisons familiales avec jardin susceptibles d'attirer de nouveaux résidents en leur offrant un cadre de vie agréable. Les nouveaux résidents visés sont bien évidemment les cadres des entreprises que la ville s'emploie à attirer pour dynamiser son économie.

Le transfert des logements sociaux dont la ville était propriétaire à la Glasgow Housing Association (GHA) a été achevé fin 2002. Ce transfert de compétences avait pour but d'accélérer le renouvellement du parc. Un investissement de 1,5 milliard de livres a été prévu pour améliorer et reconstruire les logements sociaux locatifs de la ville sur une période de dix ans et demi. Le transfert garantit que chaque locataire aura un logement sec et chaud dans les 6 ans et que les loyers n'augmenteront pas plus que l'inflation pendant les huit années suivant le transfert. Par ailleurs, la dette de 920 millions de livres de Glasgow concernant le logement a été effacée par le Trésor britannique. Le transfert assurera dans le même temps une économie non négligeable à la municipalité.

Ce transfert des logements de la ville à la GHA est emblématique de la politique de la ville de ne plus assurer la gestion d'un parc de logements sociaux très étendu, très coûteux à entretenir et qu'elle s'est employée à réduire drastiquement depuis le début des années 1990. La municipalité prévoit encore des démolitions de logements sociaux mais à un rythme moins soutenu que par le passé. L'objectif est de passer de 114 000 logements sociaux, tous types confondus, en 2004 à 99 000 en 2016. La vente de logements à leurs locataires occupants est aussi un moyen auquel la municipalité recourt pour diminuer son parc de logements sociaux. Des coopératives ont aussi été créées pour impliquer les résidents dans la gestion et la maintenance de leurs logements, avec en filigrane l'idée que de telles implications les aideraient à respecter leur habitat tout en réduisant les coûts de gestion, d'entretien et de réparation jusque-là assurés par les services de la municipalité.

Une très nette amélioration de la qualité de l'offre de logements a donc permis à la ville de mieux attirer les investisseurs étrangers, en faisant valoir sa capacité à les accueillir et à proposer un cadre de vie agréable à leurs salariés.

Note

[1] Un des plus important d'Europe. Par ailleurs, les élus travaillistes de la ville ont toujours veillé à pratiquer des loyers très bas, ce qui alourdissait considérablement le budget de la municipalité pour leur entretien.

Bibliographie sélective

  • Gibb K. – "Transferring Glasgow's council housing: financial, urban and housing policy implications", European Journal of Housing Policy, Vol 3, n°1, pp. 89-114, 2003
  • Keating M. - The City that Refused to Die, Aberdeen University Press, 1988
  • Mooney G., Poole L. – "Marginalised Voices: Resisting the Privatisation of Council Housing in Glasgow", Local Economy, Vol. 20, n°1, pp. 27-39, 2005

Webographie

(Liens mis à jour en mai 2018)

 

Fabien Jeannier, 
doctorant à l'Université de Lyon au moment de la parution de l'article.

 

pour Géoconfluences le 12 septembre 2008

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