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  Un glossaire général

Il s'agit ici d'une présentation des principales notions-clefs généralistes utilisées dans l'énoncé des programmes de géographie dans l'enseignement secondaire en France. Ce glossaire est évolutif, au fil des collaborations et des dossiers et documents proposés sur le site.

A à C D à F G à O P à Z

Inventaire des notions du glossaire général : Acteurs spatiaux (action spatiale) / Aménagement / Aire / Anthropisé, anthropique / Axes et carrefours / Cartes / Centre (d'impulsion, de commandement), centralité / Commandement / Contraintes / Contrastes spatiaux / Croquis / Densité / Disparités / Développement durable / Développement humain / Discontinuités / Dynamique / Échelle / Espace / Espace vécu / Environnement / État / Façade (océanique, maritime) / Flux / Frontière / Géopolitique / Géosystème / Gouvernance (des territoires, mondiale) / Habiter, habitant / Héritage / Identité / Interface / Littoralisation / Localisation / Maillage / Métropolisation / Milieu (géographique) / Mobilité / Modélisation spatiale / Mondialisation / Organisation (de l'espace) / Paysage / Pouvoir (commandement) / Pôles, polariser, multipolaire / Population, peuplement / Puissance / Région / Réseaux / Réseaux urbains / Ressource / Risques (naturels, majeurs, ...) / Schéma / Situation / Système / Territoire

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Chaque entrée du glossaire principal est accompagnée de ses corrélats. Le glossaire a été remanié et mis à jour en décembre 2010.

  Des glossaires thématiques spécialisés sont fléchés en bas de page.

Acteurs spatiaux / action spatiale

Ensemble des agents (individu, groupe de personnes, organisation) susceptibles d'avoir, directement ou indirectement, une action sur les territoires. De l'individu à l'État et aux structures transnationales, en passant par l'entreprise, les collectivités locales, les associations, etc.. Ils ont leurs représentations mentales et patrimoniales ; leurs intérêts, leurs objectifs et donc leurs stratégies. Ils peuvent passer des alliances, faire du "lobbying", arbitrer, etc.

De leurs actions résultent :
- le mode de fonctionnement d'un espace (systèmes de transports, systèmes de production et distribution, implantation des services, choix d'urbanisme, etc.),
- le paysage ainsi produit

> Corrélats : Espace vécu / État / Gouvernance / Habiter, habitant / Pouvoir / Territoire

Aire

Étendue de l'espace présentant un ou des caractères communs. À la différence de la maille administrative, l'aire est dépourvue de limite précise, de type administratif par exemple, et peut présenter des caractères de discontinuité et d'hétérogénéité. Une aire est donc souvent difficile à cartographier. On peut distinguer des aires dans les domaines : socio-économique (aires de chalandise, de services, d'attraction), socioculturel (aires de civilisation, de pratiques culturelles, religieuses), de commandement et d'influence (aires de puissance) ou de ressources et identités partagées (aires transfrontalières).

> Corrélats : Commandement / Puissance / Territoire

Aménagement du territoire

Les sociétés humaines aménagent l'espace dans lequel elles vivent, produisent, échangent. Elles doivent s'organiser, par exemple, pour gérer leurs systèmes d'échange et de transport, leurs ressources en eau, leurs déchets, etc. Mais l'aménagement du territoire désigne, plus particulièrement, l'action publique qui s'efforce d'orienter, d'influer sur la répartition des populations, sur leurs activités, sur leurs équipements dans un espace donné et en tenant compte de choix politiques globaux.

L'aménagement du territoire est apparu comme un domaine d'action autonome, identifié dans les politiques globales des États développés au cours des années 1930 et il s'est généralisé dans les années 1950. C'est par leurs politiques d'aménagement du territoire que les sociétés agissent pour corriger les déséquilibres et orienter les développements spatiaux à partir, autant que possible, d'un projet global et prospectif.

> Corrélats : Acteurs spatiaux / Anthropisé / Axes et carrefours / Disparités / Flux / Gouvernance / Paysage / Réseaux / Territoire

> Pour prolonger, le glossaire du dossier La France : des territoires en mutation

Anthropisé (anthropique)

Soumis à l'influence humaine, transformé par elle : aménagements, dégradations, exploitations des ressources, etc... Fait provoqué ou accentué par l'action de l'homme. Est anthropique un phénomène géographique attribuable à l'action de l'homme. Cette notion se rapproche de celle d'ékoumène (voir l'entrée habitat, habiter).

> Corrélats : Aménagement du territoire / Développement durable / Habiter, habitant

Axes et carrefours

Un axe est un élément structurant d'un espace géographique, il canalise des voies de communication, draine des échanges, suscite des convergences.
Un carrefour est un lieu d'intersection, de rencontre, qui contribue à polariser l'organisation de l'espace.

> Corrélats : Aménagement (du territoire) / Flux / Mobilité / Réseaux / Situation

Carte (croquis, schéma)

Les trois termes carte, croquis, et schéma, utilisés en géographie désignent de manière générique les représentations graphiques appliquées aux espaces géographiques ; afin d’éviter toutes confusions et incompréhensions, en particulier dans les demandes adressées aux élèves, il convient que, sans esprit dogmatique, un accord se fasse entre enseignants sur l’usage de ces termes.

Ainsi, la carte, sous ses différentes formes, permet de repérer les lieux et l’extension des phénomènes géographiques plus ou moins proportionnalisés ; c’est une construction intellectuelle avec un langage propre dont il faut connaître l’alphabet (les signes) et la grammaire (les règles de la cartographie, notamment la proportionnalité et la hiérarchisation). En règle générale les cartes sont l’œuvre de professionnels disposant d’un outillage élaboré.
Dans la pratique scolaire, l’élève est davantage utilisateur que producteur de cartes, avec principalement des exercices de lecture, d’analyse critique, de mise en relation, portant sur des cartes disponibles par différents canaux : manuel, atlas, Cédérom, sites Internet, etc.
À ceci une exception notable : la cartographie automatique qui permet à l’élève de produire des cartes en utilisant des logiciels, désormais tout à la fois pertinents et d’un maniement aisé. Ces outils permettent de centrer le travail de l’élève sur des opérations telles que la discrétisation de séries statistiques (fixation de seuils), le choix des trames et figurés, tout en lui épargnant la tâche de réalisation matérielle de la carte.

Au total les trois termes carte, croquis, schéma, et les réalités qu’ils expriment ont à la fois leur sens et leur place dans les démarches d’enseignement, sous réserve d’une perception claire par les professeurs de leur statut et de leur usage et de l’explicitation de ceux-ci aux élèves.

Gérard Dorel, ancien professeur à l’université Paris I-Sorbonne, IGEN - (janvier 2003)

Centre (d'impulsion, de commandement, etc.) / Centralité

Lieu de concentration dont le poids, la "taille" dépend d'un certain nombre de critères de nature socio-économiques, socioculturels. Le centre aura une capacité d'impulsion, de commandement qui dépendra de :
- sa population (densité, part/reste de la population), de son niveau de vie, de l'ancienneté de son développement,
- ses capacités de production (capitaux, qualifications, etc.),
- ses capacités d'autodéveloppement sur ses propres ressources humaines et financières,
- ses capacités de recherche et d'innovation : investissements en R&D, lieux de recherche.
Le poids d'un centre comporte aussi des éléments qualitatifs, subjectifs ("l'atmosphère de place" selon J. Labasse) c'est-à-dire l'attractivité de ses pratiques culturelles, de son mode de vie, des principales valeurs qui s'y trouvent représentées.
Du poids d'un centre dépend sa capacité de commandement.

> Corrélats : Commandement / État / Gouvernance / Pôles / Pouvoir / Puissance

Commandement

Capacité à influencer, contrôler, dominer en fonction des pouvoirs de contrôle accumulés par une unité spatiale donnée : métropole, État, région, ...

> Corrélats : Centre, centralité / État / Gouvernance / Métropolisation / Pôles / Pouvoir

Contrainte spatiale

Élément de l'espace qui gêne ou limite les activités humaines en un lieu. Il n’y a pas que des contraintes "naturelles". Une frontière fermée est une contrainte. Une contrainte peut devenir une ressource compte tenu de l'évolution de la demande et des besoins sociaux.

> Corrélats : Environnement / Frontière / Localisation / Milieu (géographique) / Ressource

Contrastes (spatiaux)

Différenciations spatiales résultant de facteurs divers : héritages historiques, administratifs (maillages territoriaux) ; différences de capacités de développement ; dotation en ressources de tout type.
Le constat, la mesure et l'explication des discontinuités et des contrastes spatiaux sont au cœur de l'analyse géographique qui peut alors guider l'action des agents (individus, institutions, etc.) et la politique d'aménagement du territoire en faveur de mesures d'équité socio-spatiale (compensations, rééquilibrages).

> Corrélats : Aménagement du territoire / Disparités / Discontinuités / Héritages / Ressources

Croquis

Voir l'entrée "Carte"

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Densité

D'une manière générale, la notion de densité désigne de manière qualititive ou quantitative l’intensité d’un phénomène. De manière pratique, c'est le rapport entre un indicateur statistique, un nombre d'"individus" (au sens statistique : nombre d'habitants, de médecins, de logements, d'unités de production, etc.) ou d'autres paramètres (tels que le déroulé linéaire d'un réseau autoroutier par exemple) et une surface.
Notons que la qualification des densités (fortes, moyennes ou faibles) est relative à un type d'espace, aux ressources d'un lieu donné. Dans le contexte des réflexions contemporaines autour du développement durable, la question de l'optimisation des densités humaines en fonction de ce que peut supporter un territoire du point de vue de ses ressources mais aussi de ses risques de congestion (déchets, gestion des mobilités) est posée.

> Corrélats : Centre / Développement durable / Habiter, habitat / Littoralisation / Mobilité / Pôle / Population, peuplement / Ressource

Développement durable

Ce concept fut initié par le "rapport Brundtland" (1987), qui en donne la définition suivante : « mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».
La notion "développement durable" fut popularisée et  médiatisée à partir du "Sommet de la Terre" (Conférence mondiale des Nations Unies sur l’environnement) de Rio en juin 1992. C’est de cette conférence qu’est né l’Agenda 21, programme d’actions pour le XXIe siècle orienté vers le développement durable, qui fût adopté par les pays signataires de la Déclaration de Rio de Janeiro. Il formule des recommandations aux collectivités locales sur la façon d’atteindre les objectifs du développement durable.
Ainsi, le développement durable s'appuie sur trois "piliers", ou composantes, que sont les préoccupations économique, sociale et environnementale. L’économie est le moteur du développement durable car elle permet l’amélioration des conditions sociales, en prenant en compte les contraintes que pose la préservation de l’environnement. Le jeu entre ces trois composantes engendre les trois propriétés du développement durable : équitabilité, viabilité, vivabilité.
Le développement durable comporte des problématiques locales et globales, qui pourront être résolues en repensant le développement globalement, tout en agissant localement.

> Corrélats : Aménagement (du territoire) / Contraintes / Géosystème / Gouvernance / Environnement / Milieu (géographique) / Ressource / Risques / Système / Territoire

> Pour prolonger :
- le glossaire (en particulier les entrées "développement durable", "résilience" et "Rio"), du dossier Le développement durable, approches géographiques
- le glossaire du dossier Risques et sociétés

Développement humain

Le développement, selon les échelles et le maillage étudiés, est inégal, contrasté : entre micro-régions et régions, villes d'un même État, entre États et grands ensembles régionaux à l'échelle mondiale.
La notion de développement est longtemps restée perçue en simple termes de croissance économique et quantitative (PNB/PIB, flux de capitaux et d'échanges, capacités d'investissement, etc.). Promue par la Banque mondiale, la notion de "développement humain" complète cette approche en prenant en compte leurs impacts réels dans la vie des populations : niveau de santé, espérance de vie, niveaux d'éducation. Pour en rendre compte, des indicateurs composites ont été proposés : par exemple, l'Indicateur de développement humain (IDH) calculé chaque année depuis 1990 par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) permet des comparaisons internationales dans la durée et des classifications dont peuvent dépendre l'attribution de certaines aides.

Mais à son tour, l'IDH peut paraître insuffisant et réducteur aux yeux de certains qui proposent d'autres indicateurs pour mesurer le bien-être réel des sociétés et tenter d'évaluer leur "bonheur"...

> Corrélats : Acteurs spatiaux / Disparités / Habiter / Héritage / Population, peuplement / Ressource

Discontinuités

Ruptures, interfaces, frontières résultent de phénomènes et processus variés : modes d'appropriation des territoires (maillages, frontières administratives) ; lignes de contact, interfaces d'origine "naturelle" (piedmonts, littoraux, sahels et autres rivages) ; différences de développement.

Elles peuvent être mesurées dans l'espace par un gradient plus ou moins brutal : différence d'intensité d'un phénomène sur une surface donnée, d'un point à un autre, il en mesure la "pente" et donc l'intensité de la discontinuité.

> Corrélats : Disparités / Façade / Frontière / Interface / Maillage

Disparités

Différences de niveau de développement dans les domaines économiques, sociaux et culturels. Elles sont souvent appréhendées comme révélatrices d’une situation de déséquilibre voire d’injustice. Leur mesure, leur évaluation, permettent de comparer divers territoires.
Utilisée essentiellement au pluriel, la "disparité" est toujours qualifiée selon le paramètre, la variable, pris(e) en compte pour la comparaison. Il peut s’agir des revenus, des niveaux de vie, de l’accès à la formation ou aux soins, etc.. Les disparités, issues de la mesure d’un différentiel, sont donc souvent quantifiables et elles permettent de dénoncer une situation de déséquilibre territorial. Mais il arrive de parler de "disparités" dans un sens plus qualitatif, pour qualifier une situation générale vécue et perçue comme injuste.
Ainsi, contrairement aux "différences", expression générale de l’ordre du constat, les "disparités" dénoncent toujours une situation péjorative. Elles sont donc sources de revendications ancrées dans un territoire. Les disparités spatiales sont l’un des enjeux de l’aménagement du territoire et des politiques redistributives.

> Corrélats : Contrastes / Discontinuités

Dynamique

Changement, évolution et, par extension, capacité à changer, à évoluer. Au demeurant, la notion ne doit pas être interprétée uniquement en termes de croissance positive. Une dynamique, dans telle situation socio-spatiale, peut-être négative, elle peut traduire le déclin, la déshérence, la déprise. La dynamique des territoires étudie les changements qui sont en œuvre du point de vue :
- des localisations des populations et de leurs activités,
- des aménagements et des capacités de maîtrise des territoires étudiés.
On pourra analyser différents types de dynamiques spatiales avec leurs manifestations : fronts pionniers, mutations territoriales (urbaines, rurales), dynamiques de la mondialisation, etc.

> Corrélats : Géosystème / Métropolisation / Modélisation spatiale / Littoralisation / Système

Échelle

Fréquemment utilisé en géographie, le terme "échelle" est polysémique. Parmi d’autres sens, il exprime aussi bien l’intensité d’un phénomène (échelle de Richter, échelle de Beaufort, etc.) que  le rapport de réduction ou d’agrandissement d’un objet ou  d’une représentation graphique (dessin, carte, photographie, etc.).
Au sens strictement cartographique, le terme "échelle" désigne le rapport entre une distance réelle, mesurée dans l'espace terrestre et celle de sa représentation sur une carte. Puisqu'il s'agit d'un rapport, l'échelle sera donc "petite" lorsque le dénominateur est grand et inversement "grande" lorsque ce dernier est petit (du 1/1 000 000e au 1/25 000e par exemple). En conséquence, à dimensions cartographiques égales, la portion de l'espace représentée est plus vaste à petite échelle qu'à grande échelle, d'où le paradoxe apparent : pour étudier un phénomène géographique sur une grande échelle (mondiale par exemple), il faut une carte à petite échelle. L’usage courant des expressions grande échelle/petite échelle tend à se substituer au sens arithmétique  qui voudrait, dans toute sa rigueur, que la "grande échelle" soit réservée aux plans, au cadastre, et que la plus "petite échelle" s’applique au niveau planétaire. 

Les faits géographiques doivent être étudiés à l'échelle adaptée, en fonction de leurs caractères, des problématiques abordées. Ils pourront parfois être appréhendés à divers niveaux d'échelle (de manière dite multiscalaire) qui apparaîtront donc emboîtés les uns dans les autres. De tels changements d'échelle, par leurs effets de "zoom avant" ou arrière, peuvent révéler des réalités, des phénomènes différents ou différemment en modifiant perceptions et représentations. La détermination de l’échelle d’étude d’un phénomène est fondamentale en géographie : toute carte ou croquis doivent être accompagnés d’une échelle graphique, accessible  visuellement,  ou d’une échelle numérique, qui suppose, elle, le passage par une opération arithmétique. Lors d’une étude géographique les changements d’échelle peuvent s’effectuer par sauts, d’un niveau à l’autre ; c’est le cas par exemple avec l’utilisation de plusieurs cartes imprimées représentant le même espace à différentes échelles. L'analyse géographique, lorsqu'elle porte sur des thématiques liées au développement durable ou à la mondialisation, pourra tout particulièrement tirer profit des changements de focale qui font passer du "local au global" ou inversement.

L’usage des globes virtuels, qui se généralise et qui permet de modifier aisément, par effet de zoom avant ou arrière, le champ de l’espace représenté, renouvelle la nécessité de faire identifier de manière rigoureuse, l’échelle, ou les échelles, retenues lors de l'observation. Les globes virtuels permettent des changements de zoom en continu, mais aussi des balayages glissés, à une même échelle, d’une région à l’autre.

> Corrélats : Carte / Développement durable / Espace / Localisation / Maillage / Mondialisation / Paysage / Situation

Espace géographique

Alors que le mot territoire est, au-delà de son emploi en géographie, d’un large usage en sciences humaines, l’expression espace géographique est une création spécifique des géographes. Elle s’emploie soit au singulier pour rendre compte des combinaisons physiques, économiques  et sociales s’exerçant sur un espace donné, soit au pluriel pour désigner des espaces présentant des caractères de similitude quelle que soit leur localisation : espaces montagnards, espaces ruraux, espaces industriels.
L'espace géographique est un espace social, produit des groupes humains qui l'organisent et le mettent en valeur pour répondre à des objectifs fondamentaux : appropriation, habitat, échanges et communication, exploitation.

> Corrélats : Aire / Échelle / Espace vécu / Habiter, habitant / Ressource / Territoire

> Notes :
- ce concept, très large, est convoqué à travers l'ensemble des ressources de Géoconfluences,
- l'analyse de l'espace (analyse spatiale) renvoie à un champ lexical à découvrir à travers les pages d'Hypergéo : www.hypergeo.eu

Espace vécu

Le concept a été introduit par Armand Frémont au début des année 1970 dans l'ouvrage "La région, espace vécu" et a permis le développement d'une nouvelle approche phénoménologique de la géographique.  
Selon ce courant, l'espace vécu comprend l'espace des pratiques quotidiennes (l'espace de vie) et l'espace des interrelations sociales (l'espace social) en tant qu'objets de la perception et de la représentation mentale qu'un individu ou un groupe puisse se construire.
La notion de territoire (voir cette entrée) implique nécessairement une dimension "vécue" : espaces de vie, espace proche, habitant, habiter ...

> Corrélats : Habiter, habitant / Région / Territoire

Environnement

L'environnement traite de la combinaison des éléments naturels (le champ de forces physico-chimiques et biotiques) et socio-économiques qui constituent le cadre et les conditions de vie d'un individu, d'une population, d'une communauté à différentes échelles spatiales. Ce vieux mot français qui vient du verbe "environner", dans le sens d'"entourer", qui évoque le contour, la totalité, les environs d'un lieu, a été employé par un certain nombre de géographes comme synonyme de "milieu géographique" (E. Reclus, A. Demangeon). Les deux termes seraient donc, d'un point de vue "géométrique", très différents alors que, de fait, ils ont une signification proche aux yeux du géographe.

Les Communautés européennes définissent l'environnement comme "l'ensemble des éléments qui dans la complexité de leurs relations constituent le cadre, le milieu et les conditions de vie pour l'homme". En droit français de l'environnement, le terme recouvre la nature, c'est-à-dire les espèces animales, végétales, les "équilibres" biologiques et les ressources naturelles (eau, air, sol, mines) ainsi que les sites et les paysages (loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature ; loi du 19 juillet 1976 concernant les installations classées pour la protection de l'environnement, première loi à utiliser le terme dans son titre). Cette approche un peu restrictive incite à parler de "géo-environnement" qui met l'accent sur les lieux et les formes d'inscription des groupes humains : ils agissent sur l'environnement et leurs actions entraînent des effets de chaîne, des rétroactions positives ou négatives.

D'autres disciplines enseignées sont partie prenante dans l'approche environnementale : les sciences de la matière (physique, chimie), les sciences de la vie et de la Terre (biologie, géologie, géophysique, climatologie), les sciences humaines (anthropologie, sociologie), les sciences économiques et juridiques. Pour la géographie les sociétés humaines et leurs aménagements sont parties intégrantes de l’environnement.

Largement inspiré d'Yvette Veyret (professeur à l'université Paris VII - Denis Diderot) - Géo-environnement - Campus - Sedes - 1999

> Corrélats : Aire / Développement durable / Géosystème / Milieu géographique

État

La notion n'est pas une propriété de la géographie, son emploi induit un certain nombre de polysémies, surtout en français. Polysémie en fonction de l'échelle et du point de vue : une région à l'échelle d'une étude sur la France n'aura pas les mêmes dimensions et réalités qu'une région à l'échelle mondiale qui, au sens économique se mesure par l’intensité des échanges. 
Une région peut devoir son identité à un caractère commun à l'espace concerné : régions historiques, naturelles, industrielles, agricoles, etc : ce qui correspond à l’ide de région homogène. La définition fonctionnelle de la région renvoie à la cohésion interne et aux système de flux qui la relie aux autres espaces régionaux ou supra-régionaux.
Elle peut résulter d'un maillage (zonage) administratif : les régions françaises, les "régions-territoires" de l'Union européenne (les fameux "NUTS" : nomenclature des unités territoriales statistiques), qui ne sont cependant pas garants de leur cohérence fonctionnelle.
Elle peut encore être une unité de gestion administrative sans recouvrir une définition de région homogène, fonctionnelle ou encore identitaire. Sa dimension politique se mesure par le jeu des acteurs, ses compétences et les politiques qui s’y déploient.
Pour bien comprendre une région donnée, l’analyse géographique doit mettre à jour ses contraintes et ses atouts, son fonctionnement au travers des localisations, des polarisations et des flux, ses dynamiques, les périmètres administratifs qui la composent et ceux dont elle fait partie, les acteurs qui contribuent à son organisation et à son identité.

> Corrélats : Acteurs spatiaux / Aménagement (du territoire) / Centre / Commandement / Gouvernance / Pouvoir / Puissance / Territoire

Façade, fenêtre (océanique, maritime, etc.)

La métaphore désigne, d'une manière générale les lieux tournés vers l'extérieur et le terme s'emploie plus particulièrement pour les espaces littoraux. Mais elle peut aussi s'appliquer aux lieux "au contact", "de contact".
Une façade, océanique ou maritime, est une bande de quelques dizaines à plusieurs centaines de kilomètres de large à partir du littoral. C'est une interface entre les flux, entrant ou sortant, de biens et de personnes vers/de l'intérieur (arrière-pays, hinterland) et ceux de l'au-delà maritime (avant-pays). Cette interface concentre donc les activités et les équipements nécessaires à la gestion de ces flux.
L'idée de fenêtre peut s'appliquer aux cas où la façade est particulièrement étroite.

> Corrélats : Discontinuité / Flux / Frontière / Interface / Mobilité

Flux

Désigne l'écoulement, le déplacement des biens, des individus, des informations ou des capitaux de manière :
- localisée (origine, destination, trajet)
- quantifiée (volumes, effectifs transportés).
À l'époque des organisations en "flux tendus", en "juste-à-temps", l'étude des flux, des procédures logistiques, de leurs conséquences en termes d'organisation de l'espace, peut avoir un grand intérêt dans le cadre de l'enseignement de la géographie.
Certains flux (information, capitaux) sont transférés de manière immatérielle par des réseaux "virtuels" fondés sur le mariage entre l'informatique et les télécommunications.

> Corrélats : Axes et carrefours / Façade / Interface / Mobilité / Mondialisation / Réseaux

Frontière

Si l'on considère ici avant tout les frontières d'État, la frontière comme enveloppe externe d'un territoire est une ligne continue qui a caractérisé l'apparition des États modernes. L'effort d'assignation de leurs limites a été rendu possible par le progrès des techniques de localisations géographiques et de cartographie. Auparavant, en l'absence de murailles ou autres fortifications, la frontière était une périphérie incertaine de "marches" plus ou moins vides.
Limites séparant deux entités territoriales différentes, les frontières, coupures et/ou coutures, peuvent être plus ou moins fermées, plus ou moins perméables. De fait, tout organisme – individuel ou collectif – sécrète de la frontière, toute culture a ses limites : frontières et limites sont alors des instruments de régulation et de délimitation des systèmes socio-territoriaux. Les frontières s'accompagnent de discontinuités, d'effets de seuils (statistiques par exemple), de gradients plus ou moins accentués qui en sont tout à la fois la cause et la conséquence.
Une frontière ne saurait être "naturelle" en soi. Elle est conventionnelle, produite par les sociétés humaines qui font d'éléments morphologiques de simples supports physiques destinés à en conserver le tracé. Les frontières, si elles sont lieux de risques, d'incertitudes, de confrontation, peuvent être aussi des interfaces actives de stimulation et de compétition fécondées par la présence de l'autre, par ses différences.
Enfin, relevons que l'anglais établit une distinction entre d'une part boundary line / borderline, au sens de frontière comme limite administrative et d'autre part frontier, qui se rapproche de la notion de front pionnier. C'est J.F. Turner qui, en 1893, a théorisé le premier la notion de frontier, front pionnier de la conquête de l’Ouest américain et modèle de la construction du territoire des États-Unis. Il s'agit alors d'une frontière intérieure à un État. Cette limite, mobile dans le temps et dans l’espace, répond à deux objectifs souvent concomitants. Le premier consiste à faire coïncider les limites administratives d’un État avec celles de sa maîtrise et de sa mise en valeur spatiale effectives. Dans le second cas, il s’agit de décharger d’autres espaces infranationaux de pressions, essentiellement démographiques. Sous l’effet d’une impulsion politique ou d’initiatives spontanées, l’avancée du peuplement et la valorisation économique traduisent l’intégration progressive dans le territoire national d’espaces considérés comme neufs, au détriment parfois des populations autochtones préexistantes au mouvement.

> Corrélats : Discontinuités / État / Façade / Maillage / Pouvoir / Puissance / Territoire

> Pour prolonger : le glossaire du dossier La frontière : discontinuités et dynamiques

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Géopolitique

Après être entré en disgrâce du fait de son instrumentalisation par les nazis, l'emploi du terme a été progressivement réhabilité, tout particulièrement à travers les travaux d'Yves Lacoste. Jusqu'à devenir un peu invasif : il est souvent simple synonyme de politique, de géographique, de stratégique. Le dictionnaire "Les mots de la Géographie" propose "l'idée selon laquelle il existe en permanence une dimension géographique des faits politiques, à commencer par leur distribution spatiale, et une dimension politique de la géographie : celle des acteurs et de la décision, qui fait partie intégrante des systèmes territoriaux."

> Corrélats : Acteurs / Centre / Commandement / Disparités / Discontinuités / État / Frontière / Maillage / Pôles / Pouvoir / Puissance / Ressource / Situation / Territoire

> Pour prolonger, en rubrique Géographie en questions, Remue-méninges : Yves Lacoste, Le géographe et le politique

Géosystème

Forme d'analyse spatiale développée par la science géographique russe et introduite en France par Georges Bertrand (années 1970). Il s'inspire des écosystèmes des biologistes mais prend en compte la place et le rôle de l'homme. Le géosystème est un système spatialisé dynamique formé d'un ensemble d'éléments (naturels et anthropiques) interconnectés qui sont en interrelations.

> Corrélats : Système, analyse systémique

Gouvernance (des territoires / mondiale)

La notion de gouvernance est à la mode et, à l'instar de celle de "développement durable", elle court le risque de devenir un simple mot-valise galvaudé et sans signification précise. Pourtant, on la perçoit déjà chez les philosophes de l’Antiquité. Au XVe siècle un juriste anglais écrit un livre intitulé The governance of England dans lequel ce mot avait déjà un sens proche du sens actuel. Qu’est-ce qui fait, de nos jours, l’actualité et la pertinence d'un concept que l'on retrouve dans les programmes de travail de presque toutes les organisations internationales (Nations Unies, OCDE, Union européenne) et dans de nombreux séminaires et autres colloques ?

À l'époque contemporaine, la notion de gouvernance fait son apparition à la fin des années 1980 dans le champ des relations internationales. Le terme de "bonne gouvernance" (good governance) est employé par les institutions financières internationales pour définir les critères d'une bonne administration publique. La Banque mondiale définit la gouvernance comme l'ensemble des traditions et des institutions exerçant l'autorité sur un pays ce qui inclut : les processus par lesquels les gouvernements sont désignés, contrôlés et remplacés ; la capacité du gouvernement à formuler et à adopter des politiques de fond ; le respect des citoyens ; la capacité des institutions à piloter les interactions économiques et sociales.
Des typologies des mécanismes de la gouvernance, en tant que systèmes régulateurs, prennent en compte les dimensions suivantes : relations entre les dirigeants et les dirigés, notamment les relations entre l'État et la société civile ; mode de coordination de diverses activités et/ou relations entre acteurs ; mode d'allocation des ressources entre ces activités ou ces acteurs ; structuration des conflits (prévention, résolution).

> Corrélats : Acteurs / Commandement / Développement durable / Disparités / État / Habiter / Métropolisation / Mondialisation / Pouvoir / Pôles / Puissance / Territoire

Habiter / habitant

Comme concept, "Habiter" a été exploré, notamment, par la philosophie d’Heidegger qui en a fait une activité primordiale, constitutive de l'être humain. Il désigne, aux yeux des géographes, le processus de construction des individus et des sociétés par l’espace et de l’espace par l’individu, dans un rapport d’interaction voire un rapport ontologique qui les relie : nous habitons l'espace et c'est pour cela qu'il nous habite.
Henri Lefebvre (1901 - 1991), annonçant un renouvellement des recherches sur l'habitat, s'interroge : "Que veulent les êtres humains, par essence être sociaux, dans l'habiter ?". Et il répond : "Ils veulent un espace souple, appropriable, aussi bien à l'échelle de la vie privée qu'à celle de la vie publique, de l'agglomération et du paysage. Une telle appropriation fait partie de l'espace social comme du temps social".
La notion est transversale à plusieurs courants de la géographie et de ses modes de représentations. Par exemple, le concept d’"espace vécu" et les "carte mentales" sont des révélateurs des modes d’habiter. De même, certaines cartes ou photographies sont représentatives de la diversité des modes d’habiter.
Ainsi, on peut distinguer des modes d’habiter différents selon les pratiques des individus et des sociétés dans l’espace dans un contexte d’essor des mobilités et des interconnexions. En effet, l’habiter peut se traduire par beaucoup d'actes, de processus et d'objets différents en impliquant l'ensemble des activités humaines  (travail, résidence, loisirs, etc.), l'habitant étant alors un acteur territorial à part entière. Le terme est donc indissociable de la vie en société et de la construction, dans le temps, de ces sociétés, l'Habiter ne peut être restreint à l'espace privé.
L’habiter a aussi une dimension multiscalaire. Il peut concerner la grande échelle : de l’espace privé, – l’habitat, le logement, les mobilités à courtes distance et durée – à l’espace public et collectif – le territoire des habitants, la ville par exemple, l'habiter est au cœur des enjeux de l'action spatiale contemporaine. Et, à petite échelle, il prend appui sur l’espace habitable du globe, l’écoumène (ou œkoumène, du grec oikos, demeure et oikoumené, terre habitée), qui s'est élargi, y compris aux très hautes latitudes, notamment grâce aux progrès techniques et aux effets de la croissance démographique, à tel point que l’on peut considérer qu’il n’y a plus sur la planète d’espaces vierges. L’humanité, ne serait-ce que par les traces de ses rejets aux hautes latitudes et altitudes et dans les océans, y est partout présente et la Terre, comme demeure de l'espèce humaine dans sa totalité, est écoumène, il n’y a plus d’espaces hors de celui ci.

> Corrélats : Acteurs spatiaux / Anthropisé / Densité / Développement durable / Développement humain / Espace vécu / Gouvernance / Identité / Mobilité / Paysage / Territoire

Héritage

Le fonctionnement, la morphologie, l'aspect des lieux résultent de mémoires superposées : celles des successions géologiques, des structures politiques et sociales qui les ont organisés, du "poids de l'histoire". L'ancrage de certaines identités et activités humaines dans des "pays" et des "terroirs" résulte bien souvent de situations et de savoir-faire hérités. Ces mémoires du territoire se manifestent à plusieurs niveaux d’échelle temporelle (géologique, historique, etc.).

> Corrélats : Espace vécu / Identité / Ressource / Territoire

Identité

L’identité est un des fondements de l’appartenance et une composante de la territorialité. La notion d'identité renvoie à la fois à ce qui est semblable (similarité) et à ce qui est distinct (singularité).
L'identité comme similitude renvoie aux processus d'homogénéisation observables dans le monde : paysages d'entrée des villes, effets de la transnationalisation des entreprises, etc. À travers des représentations modélisées de l'organisation de l'espace certains travaux de géographes s'efforcent de dégager des lois de similitude, des configurations reproductibles, transférables : l'organisation des espaces estuariens, le modèle d'organisation de la ville-centre européenne, de la ville nord-américaine, etc.
Dans une approche différente du terme, la quête identitaire, souvent réactivée à l'aube du XXIe siècle, passe par l'attachement de l'individu, du groupe à son territoire de référence (selon les niveaux d'échelle : le quartier, la ville, la région, la patrie). C'est une notion qui engage alors le temps long.
Citons Les mots de la géographie : "Le géographe, longtemps réduit au simple greffier du territoire, est par ailleurs l'un des plus vieux dispensateurs d'identité, à travers les dénombrements qui sont les siens, les identifications de terres nouvelles et leur désignation (...), à travers la codification de l'espace qu'il propose. Car l'homme a pour ambition de se "graver" (s'inscrire) dans l'espace, d'y imprimer sa marque, de le baliser et donc d'y produire du territoire, cette appropriation conférant identité à la fois au territoire et à lui-même."
Ainsi, au-delà des attachements au passé, l'identité peut aussi se construire autour de projets pour le futur des territoires (territoires de projet, d'innovation).

> Corrélats : Aire / Espace vécu / Habiter / Héritage / Localisation / Maillage / Modélisation / Mondialisation / Organisation / Territoire

Interface

Zones, bandes, plus ou moins larges (de quelques dizaines à quelques centaines de kilomètres), de discontinuité mais aussi de contact et/ou de confrontation entre deux espaces, deux systèmes territoriaux distincts. L'interface suppose le passage : une frontière totalement fermée n'est pas une interface. L'interface est irriguée, à des degrés variables, par des flux, plus ou moins intenses. Activités, infrastructures et équipements correspondants y sont souvent localisés.
Les principales interfaces auxquelles s'intéresse le géographe sont :
- dans l'ordre de la nature, l'interface atmosphère - lithosphère et ses conséquences (inondations, glissements de terrain, évolutions des couverts végétaux),
- les interfaces liées à des changements de milieu, d'environnement : interface littorale (façades), interfaces de type sahélien, piedmonts (interfaces montagne-plaine ou montagne-plateau), etc. : ces interfaces donnent lieu à des modes d'occupation, d'activités humaines fondés sur le contact, l'échange, l'exploitation de la différence
- les interfaces liées aux frontières entre États, entre ensembles régionaux.

> Corrélats : Aire / Discontinuité / Façade / Flux / Frontière / Mobilité

Littoralisation (ou maritimisation)

Processus fréquemment observé de concentration des populations et des activités humaines le long ou à proximité des littoraux.

> Corrélats : Densité / Espace / Façade / Frontière / Interface / Population, peuplement

Localisation

Emplacement d'un lieu envisagé du point de vue de sa situation dans l'espace géographique c'est-à-dire dans sa relation aux autres lieux de sa périphérie proche ou plus lointaine selon que l'on se place dans une logique locale, régionale ou mondiale. "La localisation n'est pas équivalente au lieu : elle l'englobe et le lie aux autres, elle le situe" (Les mots de la Géographie).
À l'époque de la globalisation et de la mise en réseaux et en compétition des territoires, les localisations de nombreuses activités repose sur des "avantages comparatifs" qui peuvent être, en première approche : les marchés de consommation ; la disponibilité en main d'œuvre qualifiée et/ou peu coûteuse et les savoir-faire ; les ressources de toute nature ; etc.

La localisation peut aussi être entendue dans un sens plus précis et restrictif désignant l'acte de positionner des "objets" par des coordonnées : celles des référentiels cartographiques (latitudes et longitudes qui peuvent être différentes en fonction du système géodésique de projection retenu), celles du GPS (Global Positionning System) qui repose sur le système UTM / WGS84*. La généralisation d'instruments de positionnement dans la vie quotidienne (géolocalisation) et d'outils de visualisation tels que les globes virtuels (Google Earth) a favorisé la familiarisation des individus avec ces techniques.

La localisation  d’une activité par les acteurs spatiaux relève de paramètres pour certains objectivables (par exemple aire de chalandise, desserte en moyens de transports communications, optimisation des coûts, etc.) mais aussi de choix subjectifs irréductibles à des déterminants au moment de la prise de décision.

> Corrélats : Acteurs spatiaux / Aménagement du territoire / Gouvernance / Organisation de l'espace / Pôles / Ressources / Situation

> *Note : voir les pages de l'Institut géographique national (IGN),
www.ign.fr/fr/GP/cartes/utilcarte/position.html

Maillage

Découpage de l’espace  qui permet son appropriation, sa gestion ou sa connaissance. Le maillage relève de la figure de l’aire – l’espace qu’il découpe – et du réseau, formé par les limites de ce maillage. Il est très divers dans sa forme comme dans sa taille : de la parcelle aux constructions supra-étatiques en passant par les zones d’emploi par exemple. Ses fonctions sont variées : cadastrale, politico-administrative, économiques ou encore statistiques. Le maillage peut évoluer dans le temps mais pas forcément au même rythme que les changements spatiaux.

> Corrélats : Échelle / État / Gouvernance / Territoire

Métropolisation

La métropolisation est un processus qui affecte la ville dans ses formes et dans ses fonctions. Elle recouvre deux phénomènes de nature différente.
Le premier se manifeste par une concentration au bénéfice des lieux les plus forts ; il  traduit les impacts de la mondialisation sur les espaces urbains et s’inscrit dans un processus général d’urbanisation dont les causes ne sont pas nouvelles pour l'essentiel, mais où les logiques économiques l'emportent devant le facteur de la croissance démographique.  Le phénomène relève à la fois d’une concentration des pouvoirs de commandement dans l’économie mondialisée et d’une restructuration spatiale de l’emploi à l’échelle métropolitaine en faveur du polycentrisme. 
En s’inscrivant dans les réseaux de l’économie mondiale, la métropolisation modifie l’ancrage local, régional ou national d’une ville. Le processus est multiscalaire : à l’échelle mondiale, il tend à renforcer les hiérarchies urbaines en faveur des grandes villes ; à l’échelle métropolitaine, on assiste à des dynamiques sociales et spatiales différenciées de fragmentation et de ségrégation.
Le second désigne les recompositions s’opérant entre des unités urbaines proches pour constituer des entités polycentriques composées à la fois de pôles urbains fortement connectés entre-eux et d'aires interstitielles. Dans ce sens les mégalopoles  mondiales sont un degré supérieur de métropolisation.
La métropolisation amplifie un certain nombre d’enjeux d’aménagement liés à l’étalement urbain, aux mobilités croissantes et à l’augmentation de nuisances (pollution, engorgement). L’ensemble réinterroge aussi les modes de gouvernance urbaine.

> Corrélats : Centre, centralité / Commandement / Densité / Gouvernance / Mondialisation / Pôles / Population, peuplement / Ressource

> Pour prolonger, le glossaire du dossier De villes en métropoles

Milieu (géographique)  

Au sens large, ensemble cohérent des conditions naturelles ou sociales, visibles ou invisibles, qui régissent ou influencent la vie des individus et des communautés dans un espace donné. Dans ce sens on doit préférer le terme d'environnement (voir cette entrée).

Dans une acception plus restrictive, le milieu renverra plutôt au "milieu naturel" désignant l'ensemble des conditions naturelles dans un écosystème donné : milieu forestier, littoral, marin, rural, etc. Pour le géographe, le milieu n'existe pas en soi : il se définit par rapport à un lieu, une activité, un groupe, un individu. Les préoccupations relatives au milieu prennent alors en compte les relations verticales qui s’établissent entre les données physiques et biogéographiques d’un lieu et le groupe social qui y vit. L’oubli du milieu dans l’analyse géographique, dès lors désincarnée, et dans les pratiques sociales de l’espace serait regrettable.  La répétition d’épisodes catastrophiques (phénomènes météorologiques accentués, inondations, glissements de terrain, etc.) nous le rappellent régulièrement. La projection dans l’avenir des enjeux d’aménagement, composante du développement durable, invite donc à "ménager le milieu". 

> Corrélats : Environnement / Espace / Géosystème / Localisation / Ressource

Mobilité

Mobilité vient du latin "mobilitas" dont le sens porte surtout sur la capacité d’être mobile, de changer de lieu ou de position, d’être à l’aise dans ses mouvements, de se transformer. La mobilité implique un changement de position : géographique (dans l’espace) ou sociale (dans les pratiques). Elle peut rendre compte d’un déplacement physique mais aussi d'une mutation socio-professionnelle : changement de travail d’un domaine à un autre ou changement du lieu de travail. Par extension, la mobilité peut s’appliquer aussi aux produits socio-économiques ou culturels, aux connaissances, en impliquant alors une circulation ou une diffusion des biens de consommation ou des savoir-faire.
Différents paramètres caractérisent les mobilités. Leurs motivations initiales : mobilité pour le travail, mobilité résidentielle, mobilité pour loisir etc. Leurs durées : mobilités quotidiennes, hebdomadaires, saisonnières, etc. Les distances et les échelles sur lesquelles elles s’opèrent : rural/périurbain/urbain ou à plus longue distance, pouvant dépasser les frontières administratives de la région ou du pays.
Il convient de distinguer mobilité et migration, cette dernière se définissant comme un ensemble de déplacements entraînant un changement de résidence. La mobilité ordinaire ou habituelle concerne les déplacements d’une population dans son cadre de vie habituel (par exemple, navettes domicile-travail).
Les mobilités intéressent le géographe car elles influent sur l’organisation spatiale des lieux qu’elles parcourent. Les mobilités sont en relation directe avec les systèmes de transports et le développement des infrastructures.

> Corrélats : Flux / Habitat, habiter / Interface / Population, peuplement / Réseaux

> Pour prolonger, le glossaire du dossier Mobilités, flux et transports

Modélisation spatiale

La modélisation, en géographie, produit de modèles spatiaux. Les modèles, basés majoritairement sur des méthodes de statistiques spatiales, sont des représentations schématiques de réalités matérielles ou immatérielles.
Les modèles des géographes sont largement utilisés pour faire ressortir les schémas généraux d’organisation de phénomènes divers dans l’espace et ainsi mieux les percevoir. L’étude des observations qui s’écartent du modèle général (les résidus) permet d’identifier et d’étudier plus précisément des phénomènes locaux et/ou atypiques.
Il existe plusieurs types de modèles : des travaux connus comme ceux de Von Thünen (1783 - 1850) ou de Christaller (1893 - 1969) ont permis de modéliser des processus abstraits qui se matérialisent concrètement dans l’espace (voir, ci-dessous, "pour prolonger") ; des modèles d’interprétation permettent de mieux percevoir les logiques spatiales, comme le célèbre modèle "centre-périphérie" ; la modélisation chorématique permet de dégager des structures et des invariants spatiaux ; etc..
Aujourd'hui, des bases de données, parfois volumineuses, peuvent être exploitées grâce aux outils numériques qui permettent d’en extraire les caractéristiques spatiales pour les analyser et les interpréter. La modélisation des phénomènes est aussi à la source de recherches interdisciplinaires intéressantes comme en épidémiologie, en criminologie, etc. : la spatialisation des données issues de ces domaines de recherche et l’étude des modèles sous-jacents sont possibles grâce aux méthodes de modélisation spatiale.

> Corrélats : Acteurs spatiaux / Géosystème / Organisation de l'espace / Schémas / Système

Mondialisation

Ensemble des processus (socio-économiques, culturels, technologiques, etc.) facilitant la mise en relation des sociétés du monde entier. La mondialisation est accélérée par les systèmes contemporains de communication, de circulation de l'information. Elle tend à accentuer les phénomènes de diffusion et d'homogénéisation à travers l'espace mondial. Mais, paradoxalement, par la mise en concurrence des territoires et des sociétés qui lui sont associée, elle alimente aussi des comportements de contestation : particularismes, régionalismes, communautarismes sont ainsi revisités à la lueur de la mondialisation.
Notons que le monde anglo-saxon parle de globalisation qui peut être considéré comme synonyme.

> Corrélats : Centres, centralité / Commandement / Géopolitique / Métropolisation / Mondialisation / Pôles / Puissance / Réseaux

Organisation (de l'espace)

L'organisation de l'espace est au cœur même des préoccupations du géographe. De quelle manière, avec quelles logiques spatiales les sociétés humaines s'organisent-elles ? Leurs principales actions consistent à : s'approprier et administrer l'espace sur lequel elles vivent ; y habiter et y développer leurs activités de production et d'échange ; en utiliser, exploiter les ressources. Toutes ces actions contribuent à organiser l'espace.

> Corrélats : Acteurs spatiaux / Aménagement / Espace vécu / Habiter / Ressource

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Paysage

Le paysage est constitué par l’ensemble des éléments observables à partir d’un lieu précis. Il se distingue donc du milieu géographique, qui intègre des éléments invisibles. Il ne se confond pas non plus avec la carte, car il regroupe sous un même regard des éléments d’échelle différente (du premier au dernier plan, les ordres de grandeur changent).
À la différence de l’espace géographique, il intègre une dimension subjective : chacun porte un regard personnel sur un même paysage : le peintre n’observe pas le même paysage que le géographe.
Même si le paysage se limite au visible, il tient une place importante en géographie puisque l’observation et la description constituent notre rapport premier à l’espace. Le paysage est d’une grande richesse car il synthétise de multiples "couches" d’information géographique : il regroupe des éléments de l’ordre de la nature (géomorphologie, pédologie, biologie végétale, ...) et de l’ordre des usages humains (aménagement, gestion, exploitation). Il est le produit d’une histoire dont il porte les héritages et il évolue dans le temps. C’est la superposition et l’intégration de ces multiples couches qui façonnent le paysage et en font un construit social.


> Corrélats : Acteurs spatiaux / Anthropisé / Échelle / Espace / Habiter, habitant / Héritage / Milieu géographique

> Pour prolonger, le glossaire du dossier Le paysage dans tous ses états

Pouvoir (commandement)

L'organisation de l'espace traduit des rapports de force, des stratégies. De certains lieux émanent des pouvoirs de commandement, des influences qui s'exercent à divers niveaux d'échelle : région, État, ensembles régionaux ou étendus à la planète entière. Ces pouvoirs sont de nature politique, militaire, économique, culturelle ou symbolique, bien souvent de manière cumulée (tout ou partie).
L'analyse des capacités de commandement peut se faire à partir d'instruments diversifiés, par exemple, dans :
- la sphère économique : nombre de salariés commandés depuis le siège social d'une entreprise, sa valeur ajoutée, volume des capitalisations boursières, maîtrise d'une ressource stratégique, etc.,
- la sphère politique et géopolitique : localisation des lieux du pouvoir politique, capacités d'accueil en réunion, en congrès, emploi de fonctionnaires, intensité du lobbying, capacités militaires, etc.
L'intensité du pouvoir de commandement peut aussi se mesurer à travers l'étude des flux, de l'intensité des échanges depuis et vers le lieu de pouvoir.

> Corrélats : Centres et centralité / État / Gouvernance / Mondialisation / Pôles

Pôles, polariser

Au-delà des pôles "géographiques" servant de repères sur la planète, la notion, en partie dérivée du champ de l'économie, désigne des centres de production ou d'organisation de la production ayant des effets d'entraînement sur les espaces qui les entourent. Les pôles ont vocation à polariser une région, un État, voire l'espace mondial.
Un espace multipolaire est un espace soumis aux effets conjugués de plusieurs pôles. Un pôle ou un ensemble multipolaire contrôle une aire sur laquelle il exerce sa puissance (aire de puissance).

> Corrélats : Aire / Centres et centralité / État / Gouvernance / Métropolisation / Mondialisation / Pôles

Population, peuplement

L'étude géographique de la population n'est pas réductible à son approche démographique. Elle appelle l'étude du peuplement et des dynamiques territoriales à l'œuvre : distribution des hommes sur un territoire (trame de peuplement), ses modifications (migrations, concentrations, déprises, etc.).
En géographie l’étude du peuplement d’un espace n'est pas l’histoire de l’occupation de celui-ci mais part du constat de l’inégale intensité de l’occupation de cet espace  et en recherche les facteurs explicatifs puisés, pour partie seulement, dans l’histoire.

> Corrélats : Densité / Flux / Habiter / Littoralisation / Métropolisation / Mobilité


Puissance

G. Dorel définit ainsi ce qu'est une puissance : "un État qui dans le monde se distingue non seulement par son poids territorial, démographique et économique mais aussi par les moyens dont il dispose pour s'assurer d'une influence durable sur toute la planète en termes économiques, culturels et diplomatiques".
On peut donc identifier les attributs, les leviers de la puissance puis évaluer la façon dont les États peuvent en disposer. Ainsi :
- le poids territorial peut procurer ressources de diverses natures, profondeur stratégique mais il est des États de très grande superficie qui n'en retirent guère de puissance et l'inverse est également vrai : comparons la République démocratique du Congo et Singapour par exemple,
- le poids démographique peut être un atout ou un fardeau : atout lorsque les dynamiques politiques, socio-économiques engagées sont favorables à la création des biens matériels ou immatériels, à l'innovation, à l'intégration de tous ; fardeau dans les situations inverses, les mouvements migratoires traduisant, lorsqu'ils sont possibles, ces différences de condition,
- le poids économique confère indéniablement de la puissance en se traduisant par des capacités : d'innovation et d'investissement ; de pénétration voire de domination des autres marchés ; du contrôle des marchés de capitaux, de devises, de matières premières, etc.,
- la puissance s'évalue aussi en termes d'influence culturelle : rôle de la langue, diffusion des biens culturels à l'échelle régionale ou mondiale, influence sur les modes de diffusion de l'information, les réseaux, etc.
- enfin, les capacités diplomatique et militaire achèvent de constituer la puissance en super-puissance.
Le poids, le rang et le rôle d'une puissance découlent aussi du poids qu'exercent certains centres d'impulsion (grandes métropoles, centres régionaux de production). Il convient donc d'étudier les lieux où s'exerce cette puissance : c'est la permanence de certains lieux (concept géopolitique). Il faut absolument allier l'histoire et la géographie, qui doivent se féconder mutuellement.

Les États jouissent de manière très inégale des attributs de la puissance. Compte tenu de leur histoire, de leur niveau actuel de développement, ils peuvent n'en disposer que de manière incomplète : par exemple, les États européens qui, réunis au sein de l'UE ou de la zone euro, voient leurs capacités d'autonomie diplomatique et militaire limitées. Certaines catégories d'État ne disposent que de peu de moyens et se trouvent dans des positions de soumission à l'égard des "grandes puissances".
Enfin, en ce début du XXIe siècle, seuls les États-Unis sont en position de disposer réellement de la totalité des attributs de la puissance mais la croissance rapide d'États dits "émergents" pourrait redistribuer certaines cartes de la puissance au cours du siècle, laissant se profiler un monde qui deviendrait réellement multipolaire dont la gouvernance devra être repensée.


> Corrélats : Centres et centralité / État / Gouvernance mondiale / Métropolisation / Mondialisation / Pôles

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Région

La notion n'est pas une propriété de la géographie, son emploi induit un certain nombre de polysémies, surtout en français. Polysémie en fonction de l'échelle et du point de vue : une région à l'échelle d'une étude sur la France n'aura pas les mêmes dimensions et réalités qu'une région à l'échelle mondiale qui, au sens économique se mesure par l’intensité des échanges. 
Une région peut devoir son identité à un caractère commun à l'espace concerné : régions historiques, naturelles, industrielles, agricoles, etc : ce qui correspond à l’ide de région homogène. La définition fonctionnelle de la région renvoie à la cohésion interne et aux système de flux qui la relie aux autres espaces régionaux ou supra-régionaux.
Elle peut résulter d'un maillage (zonage) administratif : les régions françaises, les "régions-territoires" de l'Union européenne (les fameux "NUTS" : nomenclature des unités territoriales statistiques), qui ne sont cependant pas garants de leur cohérence fonctionnelle.
Elle peut encore être une unité de gestion administrative sans recouvrir une définition de région homogène, fonctionnelle ou encore identitaire. Sa dimension politique se mesure par le jeu des acteurs, ses compétences et les politiques qui s’y déploient.

Pour bien comprendre une région donnée, l’analyse géographique doit mettre à jour ses contraintes et ses atouts, son fonctionnement au travers des localisations, des polarisations et des flux, ses dynamiques, les périmètres administratifs qui la composent et ceux dont elle fait partie, les acteurs qui contribuent à son organisation et à son identité.

> Corrélats : Acteurs spatiaux / Aménagement / Gouvernance / Identité / Organisation spatiale / Territoire

Réseaux (d'échanges, d'entreprises ou services, d'information, etc.)

Ensemble de lignes ou de relations aux connexions plus ou moins complexes. Certains réseaux sont matériels et structurent l'espace. Ils sont les supports des flux d'échanges.
En topologie, un réseau est formé de nœuds, de segments, de sommets et d'arcs (voir la "théorie des graphes"). Leur étude permet d'analyser leur connexité, leur connectivité, leur nodalité.
Les enseignants de mathématiques en proposent une étude (sur le site de la Dgesco) :
www.eduscol.education.fr/D0015/Intentions.htm

D'autres réseaux s'expriment par des relations, des flux qui sont davantage immatériels : réseaux d'échanges, de services, d'information, réseaux de la recherche et de l'innovation, etc.

> Corrélats : Axes et carrefours / Flux / Interface / Mobilité / Mondialisation / Système

Ressource

Le terme ressource désigne la mise en valeur d’un capital, dit naturel (ressources minérales, énergétiques mais aussi avantages de localisation) ou encore matériel (machines, etc.), exploité par une société donnée à un moment donné dans le but de créer des richesses. Le terme "ressource" a ensuite été étendu à des biens immatériels, les capitaux par exemple (ressources financières), ou les "ressources humaines" (capacités de travail, d'innovation, etc.). La question du mode de mise en valeur et d’utilisation des ressources est indissociable de la nature des ressources elles-mêmes.
On remarquera qu'il n'y a pas de ressource sans besoin des sociétés : toute ressource est donc créée et non découverte en tant que telle et tout est susceptible de constituer une ressource,  y compris les productions intellectuelles et culturelles. L'espace peut être aussi considéré comme une ressource : on parle alors de ressource spatiale.
Il s’agira de sortir d’une logique prédatrice qui s’appuie sur les notions d’exploitation et peut donc provoquer l’épuisement des ressources pour suivre une logique plus durable, qui, tout en mobilisant les ressources, en assure le renouvellement,  l'enrichissement, voire le remplacement.

> Corrélats : Développement durable / Espace / Localisation / Milieu / Territoire

Risque(s), naturels, majeurs, etc.

Il ne faut pas confondre aléa, risque et vulnérabilité. L'aléa est un phénomène (naturel, technologique) plus ou moins probable sur un espace donné. La vulnérabilité exprime le niveau d'effet prévisible de ce phénomène sur des enjeux (l'homme et ses activités). Le risque est le résultat de la confrontation entre un aléa et un enjeu dans une zone donnée. Certains résument ainsi ces définitions par une formule : "risque = aléa x vulnérabilité". Un risque peut être d'origine naturelle ou peut avoir des causes purement anthropiques (risques technologiques, risques géopolitiques par exemple).

Les risques "naturels" se rapportent à des aléas qui font intervenir des processus naturels variés : atmosphériques, hydrologiques, géologiques ou géomorphologiques. Le risque naturel se situe à la croisée entre, d'une part, un ou plusieurs aléas, et, d'autre part, la vulnérabilité d'une société et/ou d'un territoire qu'elle occupe. L'aléa ne devient un risque qu'en présence d'enjeux humains, économiques et environnementaux. Par exemple : un typhon sur un atoll désert de l'océan Pacifique n'est pas un risque, mais un cyclone sur les îles densément habitées des Caraïbes devient un risque majeur et provoque des dommages considérables. La question des risques naturels permet ainsi de revisiter un vieux paradigme de la géographie, celui des rapports entre la société et la nature.

Le risque, d'origine naturelle ou technologique, est dit majeur lorsqu'il peut faire de très nombreuses victimes et occasionner des dommages considérables, dépassant les capacités de réaction des instances concernées (États, sociétés civiles), à l'échelle de la zone touchée. Le risque majeur est caractérisé conjointement par une faible probabilité d’occurrence (faible fréquence) et d'énormes impacts, il peut alors devenir une catastrophe perturbant durablement les équilibres naturels et sociaux à divers niveaux d'échelle. Les conséquences, pour la population, sont dans tous les cas tragiques en raison du déséquilibre brutal entre besoins et moyens de secours disponibles.

Le risque s'entend également au sens de la prise de risque. Il est au cœur des problématiques du principe de précaution et de la gestion de l'incertitude. On peut distinguer le risque – situation pour laquelle une liste de toutes les éventualités et de leur probabilité de réalisation peut être établie – de l'incertitude, situation pour laquelle l'une ou l'autre de ces deux conditions n'est pas vérifiée.

> Corrélats : Anthropisé / Développement durable / Géosystème / Population, peuplement

> Pour prolonger,
le glossaire du dossier Risques et sociétés

Schéma

Voir l'entrée "Carte"

Situation

La situation géographique d'un lieu s'analyse dans sa relation aux autres lieux ou espaces (à différents niveaux d'échelle : local, régional, mondial ... ), il s'agit donc d'une approche relative. L'étude peut se faire en termes :
- de réseau (accessibilité, systèmes de communication, etc.),
- du contrôle des ressources,
- de maillage (niveau de la hiérarchie administrative, de la hiérarchie des États).
La situation se distingue ainsi du site du lieu qui ne renvoie qu'à sa position topographique et géoréférencée.
Les qualités d'une situation peuvent varier dans le temps : de propices elles peuvent devenir défavorables ou inversement.

> Corrélats : Localisation / Maillage / Réseau / Ressource

Système

En grec le mot système signifie "ensemble, organisation". Ainsi, tout système forme une unité caractérisée, d’une part, par plusieurs éléments en interaction les uns avec les autres dans une structure et, d’autre part, par les propriétés de cohésion, d’interdépendance avec l’environnement, de stabilité.
La description du système se fait : par l’analyse de sa structure interne et des relations entre ses éléments ; par la distinction de sous-systèmes ; par ses propriétés. La connaissance d'un système peut demander la construction de modèles divers en fonction de sa complexité.
Chaque élément possède une place et une fonction à l’intérieur du système et il entre en interaction avec d’autres éléments, ce qui fait que le système, le tout, ne se réduit pas à la somme de ses parties.
Le système développe des échanges avec l’environnement extérieur et avec d'autres systèmes dans lequel il évolue mais dont il est indépendant.
Tout système se transforme et sa stabilité interne dépend de la dynamique des interrelations entre ses éléments et de ses échanges avec l'extérieur. Ses déséquilibres peuvent aboutir au rétablissement d’un équilibre antérieur (résilience), à un nouveau système (bifurcation), ou à la destruction du système (systémolyse).

> Corrélats : Héritage / Modélisation spatiale / Paysage

Territoire / Territorialité

Espace approprié par un groupe de façon réelle ou symbolique et qui est souvent organisé, dirigé et aménagé en fonction de ses besoins, de ses valeurs. Les territoires s'étudient donc en fonction des mailles de gestion de l'espace mais ils peuvent être emboîtés. Ils supposent aussi des sentiments d'appartenance, mais aussi d'exclusion, ils sont l'objet d'affects collectifs et individuels.

> Corrélats : Acteurs spatiaux / Centres et centralité / État / Gouvernance / Habiter, habitant / Identité / Maillage / Pôles / Région


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Glossaire proposé par Sylviane Tabarly (ENS de Lyon, Dgesco),
avec la collaboration de Jean-Louis Carnat (IA-IPR)

et, sous la coordination d'E. Boulineau, maître de conférence à l'ENS de Lyon,
avec des contributions des étudiants du master "L'Europe en construction,
systèmes territoriaux, développement durable et aide à la décision" :
> pour l’année 2008-2009 : P. Ageron, G. Atallah, J. Boitin-Bardot, JY. Bourgain, D. Elmanova, C. Guillard, J. Jacob, J. Markoum, P. Nédélec, E. Peyvel, J. Prudhomme
> pour l'année 2006-07 : A. Delage, S. Bonnin, T. Cornut, T. Hutanu,
F. Léostic, E. Vasiliu, E. Vieillard-Baron.

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  Des glossaires spécialisés à partir des dossiers thématiques du site
     


Les dossiers de Géoconfluences comportent eux-mêmes des glossaires spécialisés qui complètent et précisent le glossaire général en adaptant la notion au sujet traité (ouverture en nouvelle fenêtre).

  Afrique subsaharienne : territoires et conflits

  Le Brésil, ferme du monde ?

  La Chine entre espaces domestiques et espace mondial

  Le développement durable, approches géographiques

  Territoires européens : régions, États, Union

  L'aménagement régional et la forêt

  La France : des territoires en mutation

  La frontière : discontinuités et dynamiques

  Les espaces littoraux : gestion, protection, aménagement

  La Méditerranée, une géographie paradoxale

  Mobilités, flux et transports

   Le paysage dans tous ses états

  Risques et sociétés

  La Russie : des territoires en recompositions

  Les nouvelles dynamiques du tourisme dans le monde

  De villes en métropoles

  Le vin entre sociétés, marchés et territoires

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