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Agricultures

Publié le 11/03/2013

Agriculture méditerranéenne | Agriculture russe

Agriculture méditerranéenne

L'opposition traditionnelle entre l'agriculture sèche (le secano espagnol) et l'agriculture irriguée (le regadio) marque l'occupation du territoire et les paysages de l'ensemble du monde méditerranéen. L'agriculture, si elle ne représente globalement plus, en termes de création de richesses, une activité majeure dans l'économie des pays du Nord de la Méditerranée, garde de l'importance dans la production des pays du Sud et de l'Est (PSEM).

Le déclin de l'agriculture traditionnelle, à dominante agropastorale, associant céréaliculture et élevage, est déjà largement entamé. Cependant, ces agricultures traditionnelles continuent à jouer un rôle important dans les PSEM où elles remplissent une double fonction écologique et sociale : des pays comme le Maroc ou la Syrie ont encore 30 à 40% d'actifs agriculteurs. Mais elles sont peu compétitives à l’échelle mondiale et ne permettent pas de nourrir les populations.

Il en va différemment pour les agricultures intensives irriguées. Certains secteurs, les fruits et légumes notamment, travaillent surtout pour l’exportation vers les marchés de l'Europe continentale principalement : la tomate marocaine, les productions maraîchères des plaines littorales syriennes, les huertas et les invernaderos (cultures intensives irriguées sous serres) andalouses, etc. Les périmètres irrigués se développent rapidement pour répondre aux besoins des marchés de l'arrière-pays méditerranéen : reste de l'Europe, pays du Golfe persique par exemple. Les productions agricoles du sud méditerranéen disposent sur ce point d’un avantage climatique (précocité) qui les place en situation de concurrence favorable face aux productions des "midis" français par exemple.

La mise en place complète d’une zone de libre échange euroméditerranéenne (voir le processus de Barcelone) en 2010 pourrait avoir des impacts importants si le secteur agricole devenait partie prenante des négociations. Les secteurs exportateurs seraient alors dynamisés, ce qui en serait pas sans conséquences :
- du point de vue environnemental : pression sur les ressources en eau, utilisation de produits phyto-sanitaires nocifs,
- sur les agricultures méditerranéennes traditionnelles dont la marginalisation pourrait être accélérée.

Pour compléter, approfondir dans Géoconfluences, une ressource : L'approvisionnement en eau, une préoccupation partagée

Sur le même thème, voir le glossaire Méditerranée, une géographie paradoxale

 

Agriculture russe

Si l'agriculture russe offre un potentiel très important, sa transition n'est pas encore accomplie. Les résultats obtenus par l’agriculture post-soviétique sont encore inférieurs à ceux de l’ère soviétique. La SAU est de 220 millions d'ha, dont 130 millions de terres arables. L'agriculture russe est gérée de manière extensive dans le cadre de vastes domaines (8 000 à 10 000 ha) hérités des structures collectives soviétiques. Globalement, elle souffre d'un manque évident de capitaux pour acheter des machines agricoles, des traitements phytosanitaires et des engrais, en raison de la faible solvabilité des exploitations et de l'insuffisance du crédit agricole. Cette sous-capitalisation se traduit par des rendements peu élevés : 15 à 20 quintaux par hectare pour les céréales par exemple. Pendant ce temps, les magasins d’alimentation des grandes villes sont massivement approvisionnés en viandes importées qui couvraient 70 à 90% du marché de Moscou et de Saint-Pétersbourg au début des années 2000.

Voir, dans Géoconfluences, l'article de Pascal Marchand : L'agriculture russe post-soviétique : transition ou continuité ?

Mise à jour : février 2005

Sur le même thème, voir le glossaire Russie : des territoires en recompositions