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Alimentation et agriculture

Publié le 11/01/2013
Les situations de famine n'ont pas encore disparu d'Afrique alors qu'elles se sont considérablement réduites ailleurs dans le monde. L'aide alimentaire internationale assure la survie de nombreux africains, qu'ils soient déplacés, regroupés dans des camps de réfugiés ou qu'ils vivent sur leurs propres territoires.
Alors que la part des personnes souffrant de déficit alimentaire a été ramenée de 37% de la population mondiale pour la période 1969 - 1971 à 17% en 2002 - 2003, elle n'est passée que de 34% à 33% en Afrique subsaharienne pour ces mêmes dates.
Les conditions climatiques, les invasions de criquets et autres "calamités" dont souffre le continent n'expliquent pas par à elles seules ces situations extrêmes. Elles sont, en revanche, révélatrices des précarités de vie de nombreuses populations, sans réserves alimentaires permettant de pallier de mauvaises années, d'assurer des soudures délicates. La plupart des pays d'Afrique ne sont pas dotés des "amortisseurs" nécessaires pour résister aux aléas tant locaux et régionaux (sécheresses, inondations, etc.) qu'internationaux (volatilité des cours des matières premières par ex.) et la vulnérabilité des populations est parfois extrême.
Un rapport remis par la FAO* en 2005 au Comité de la sécurité alimentaire mondiale, relevait que ce sont les conflits armés qui restaient la cause principale des crises alimentaires. D'une manière générale, les situations de famine sont, la plupart du temps, davantage les conséquences des actions humaines que de la variabilité inter-annuelle des conditions naturelles.
Ainsi, au Zimbabwe, les aléas climatiques ne sont pas seuls responsables des crises alimentaires récentes. La réforme agraire, engagée en 2000 par le président Robert Mugabe, visait à redistribuer aux populations noires les terres détenues par les fermiers blancs. Mais, conduite de manière brutale et sans moyens ni assistance auprès des nouveaux exploitants, elle a complètement déstructuré le secteur agro-alimentaire et ses filières. La quasi totalité des fermes commerciales a été saisie par l'État et les terres les plus intéressantes ont souvent été confiées à des proches du pouvoir, sans être réellement mises en valeur. Des dizaines de fermes ont été pillées, parfois incendiées et des friches ont souvent pris la place des champs cultivés. Jadis gros producteur régional de céréales (dont le maïs, base de l'alimentation nationale) et d'autres produits agricoles (tabac), le Zimbabwe doit faire appel à l'aide alimentaire. Une telle situation est bien entendu source de violences, de conflits. De nombreux fermiers blancs ont dû fuir vers les pays voisins (Mozambique par exemple) et de nombreux Zimbabwéens clandestins tentent leur chance en Afrique du Sud ou au Botswana. Pour se protéger de ces migrants, ce dernier pays, relativement prospère, a entrepris de protéger sa frontière en édifiant un grillage électrifié.

- Dans ce dossier :
> Agriculture et conflits en Côte d'Ivoire   (A. Fromageot)
> Crises, insécurité alimentaire et aides d'urgence. L'exemple de la Côte d'Ivoire

- L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) : www.fao.org/index_fr.htm
- Le Programme alimentaire mondial (PAM) : www.wfp.org/french ou le World Food Programme (WFP, davantage d'informations) : www.wfp.org/english