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Démocratisation et gouvernance

Publié le 26/02/2013

Démocratisation et gouvernance au Brésil


En trente années, de 1964 à 1994, le Brésil a engagé des tournants démocratique et économique déterminants. De 1964 à 1985, le pays a subi un régime de dictature militaire au cours duquel se sont succédés cinq présidents, tous généraux. Les libertés civiles étaient limitées, de nombreuses mesures d'austérité affectaient la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays. Mais, à partir de 1979 et sous la pression populaire et internationale, le mandat du cinquième "Général-président" Figueiredo a été marqué par un processus de restauration des droits politiques. Ainsi, en 1982, sont organisées les premières élections directes pour les gouverneurs des États depuis 1965.
En janvier 1985, Tancredo Neves, candidat d'une coalition de partis d'opposition alliés pour faire contrepoids au candidat officiel du régime militaire, est le premier président civil élu depuis plus de vingt ans. Il meurt cinq semaines plus tard, c'est donc le vice-président, José Sarney, qui poursuit le processus de démocratisation engagé : une Assemblée nationale constituante promulgue, le 15 octobre 1988, après dix-huit mois de délibérations, une nouvelle constitution.
Fernando Collor, élu président de la République en novembre 1989 à l'issue de la première élection présidentielle directe depuis 1960 est l'objet d'une procédure d'impeachment déclenchée par le Congrès pour faits de corruption, ce qui le poussera à démissionner avant d'être finalement destitué. C'est son vice-président, Itamar Franco, qui lui succède et lance, en 1994, le "plan Real" (Plano real), véritable tournant pour l'économie brésilienne : il permet de mettre fin à l'inflation endémique qui mine le pays depuis de nombreuses années (6 000% d'inflation en 1993 !) et crée le real, la nouvelle monnaie brésilienne.

La démocratisation politique du Brésil est donc réelle mais ses effets sont limités par les pratiques illégales et souvent violentes, par exemple celle du grilagem, face auxquelles les pouvoirs publics sont largement inactifs ou désemparés. Des indicateurs internationaux, avec leurs limites, permettent d'évaluer la situation du Brésil. En termes de corruption, l'Indice de perceptions de la corruption (IPC) de Transparency international place le Brésil au 72e rang sur 180 pays pour 2007 (rapport 2008). De son côté, la Banque mondiale évalue les niveaux de gouvernance par un classement en pourcentage qui hiérarchise les pays étudiés : par exemple, un pays obtenant 70 signifie que 70% des pays étudiés font pire et 30% font mieux. Dans ces conditions, le Brésil obtient en 2007 : 37 pour la stabilité politique et l'absence de violence (political stability and absence of violence) ; 53 pour l'efficacité des pouvoirs publics (government effectiveness) ; 53 pour la qualité de la réglementation (regulatory quality) ; 43 pour la primauté du droit (rule of law) ; 52 pour la lutte contre la corruption (control of corruption).

Sources :
- Transparency International, Global corruption report : www.transparency.org
- Les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale : http://info.worldbank.org/governance/wgi/pdf/WGIDataTables.pdf