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Entreprises (en Chine)

Publié le 26/02/2013

Pour les entreprises dans le monde, voir : Entreprise ou firme transnationale (FTN, FMN...)

Entreprises en Chine

À côté des entreprises à capitaux domestiques il y a, en Chine RPC, les entreprises d'investissements de Hongkong, Macau ou Taiwan et les entreprises à capitaux étrangers. Ce sont ces dernières qui produisent la plus grande part des marchandises exportées : en 2009, les firmes étrangères assuraient encore 70 % de la production et 85 % des exportations chinoises.

Les entreprises à capitaux domestiques, comprennent : des entreprises d'État à capitaux publics ; des entreprises collectives et coopératives, intermédiaires entre public et privé ; d'autres formes d'entreprises, mixtes, à capitaux privés. Mais il est difficile de définir avec précision ce qu'est le secteur privé en Chine tant sa diversité est grande et la capital des firmes opaque : anciennes entreprises publiques passées aux mains de leurs salariés, joint-ventures, firmes étrangères à 100 %, sociétés crées par des Chinois licenciés, etc. De 1978, date du début des réformes lancées par Deng Xiaoping, à 2003, la contribution des entreprises d'État au sens strict (State Owned Entreprises ou SOE) au PIB national global est passée de 80 % à 17 %. Mais il faut aussi tenir compte de la participation de l'État au capital de la plupart des grandes sociétés chinoises cotées (TCL, Lenovo, Baosteel, Haier, etc.) ainsi que dans celles à capitaux mixtes. Il y a très peu de sociétés chinoises entièrement privées et ce sont essentiellement des PME. Mais la productivité globale du secteur privé industriel est estimée à deux fois celle des entreprises contrôlées par l'État.

Un des nombreux défis économiques de la Chine est donc la réforme de ses entreprises publiques. La réforme principale, concernant les entreprises d'État, a été adoptée en 1994 sur le mode du zhuada fangxiao ("retenir les grandes [entreprises d'État], lâcher les petites"). Depuis 2002, l'État a accéléré la politique de cession de ses nombreuses participations dans l'objectif affiché de réduire de moitié le nombre des entreprises publiques en 2006. Depuis février 2005, les infrastructures, les télécommunications, les transports ferroviaires, l'aviation civile ou les services publics par exemple, se sont ouverts à la concurrence des firmes privées.

Les entreprises privées qui opérent en Chine sont donc étrangères surtout. Elles représentaient, en 2006, 43 % du nombre total des entreprises, occupaient la moitié des travailleurs urbains et assuraient environ 60 % à 70 % du PIB de la RPC. Leur activité explique largement le rythme de la croissance chinoise. Mais, après deux décennies d'euphorie et de large ouverture aux investissements étrangers au cours des années 1980 et 1990, lorsque le pays avait besoin de ces capitaux et de leurs technologies, la RPC manifeste des tendances récentes au repli nationaliste. Une nouvelle loi "antimonopole", entrée en vigueur le 1er août 2008, a bouleversé le droit de la concurrence dans le pays. L'article 29 de la loi prévoit la tenue d'une enquête de "sécurité nationale" avant toute acquisition étrangère d'une entreprise chinoise. C'est le Parti (et donc l'État) qui fixe les règles du jeu et la politique industrielle est décidée par une commission d'État au Plan qui décide où produire et par qui. Les entreprises étrangères se voient imposer leurs partenaires domestiques et elles doivent aussi évoluer dans un environnement sociétal et politique délicat : traitement de faveur réservé aux concurrents locaux, corruption et fragilités de l'État de droit. Les observateurs pointent la récente multiplication des conflits plus ou moins larvés avec des sociétés chinoises qui ont pris de l'assurance et qui évoluent sous la protection d'un pouvoir aux penchants de plus en plus nationaliste. Les exigences chinoises en matière de transfert de technologie et de maîtrise nationale des droits de propriété intellectuelle deviennent parfois dissuasifs et les risques de piratage et de contrefaçon inquiètent.

Les investisseurs étrangers hésitent face à cette nouvelle donne, entre l'accès à ce vaste marché aux perspectives de croissance attractives et les risques politico-économiques qu'ils encourent. À ce titre, les aventures récentes de Google en Chine sont instructives. En novembre 2009, l'audience globale du moteur de recherche sur le web était de 13,2 % en Chine (67,5 % à l'échelle mondiale) contre 62,2 % pour son concurrent national chinois, Baidu. Les pressions politiques expliquent en partie (Baidu appliquant les règles de la censure gouvernementale à la lettre), mais pas seulement, ses difficultés également dues aux différences culturelles.

De leur côté les grands groupes chinois, dont le niveau de formation de l'encadrement progresse rapidement, se lancent à la conquête des marchés extérieurs. Les investissements chinois ont doublé entre 2007 et 2008 pour atteindre 52,1 milliards d'USD, hors secteur financier. Au demeurant, leur présence dans le classement mondial est encore modeste : 37 sociétés chinoises seulement parmi les 500 premiers groupes mondiaux selon le classement 2009 du magazine Fortune, parmi lesquels Huawei (télécommunications), CNPC, Sinopec et Cnooc pour les marchés pétroliers et gaziers, etc. La Chine veut se donner les moyens de construire des champions nationaux dans la majorité des domaines et elle s'efforce de siniser ses standards de production en contournant les règles imposées par l'OMC.

Mise à jour :  janvier 2010