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Flux d'échanges (marchandises, capitaux)

Publié le 27/02/2013

Flux d'échanges de l'Union européenne | Flux d'échanges de la Russie | Flux d'échanges de la Chine

Flux d'échanges de l'Union européenne


Les objectifs initiaux de la construction européenne étaient d'y promouvoir les échanges économiques intérieurs, d'en dynamiser le marché afin d'en faire une aire de développement et de croissance. Ces objectifs peuvent sembler atteints. L'Union européenne (UE) élargie à 27 pays pèse en effet 22% du PIB mondial en parité de pouvoir d'achat (2009) et 23% de la capitalisation boursière (États-Unis 35%). Ce poids économique global en font une puissance qui absorbe une large part des échanges commerciaux internationaux et qui émet, ou reçoit, d'importants flux d'investissements.

Bien que la part de l’UE dans le PIB mondial ait tendance à diminuer du fait de la forte croissance des pays émergents, elle reste au cœur des échanges mondiaux en étant le premier partenaire (flux entrants et sortants) des États-Unis, de la Chine, de l’Inde, de la Russie, des pays du Mercosur, des pays de l’Opep par exemple. Le commerce extra-communautaire atteignait 2 700 milliards de dollars en 2007 faisant de l'UE le premier exportateur mondial. En 2009, l'UE a attiré une grande partie des investissements mondiaux. Elle réprésente plus de 32% des IDE entrants et sortants dans le monde. Mais plus des deux-tiers de ses échanges ont lieu entre les 27 États membres et le déficit commercial de l'UE-27 a dépassé les 105 milliards d'euros en 2009, soit le second déficit parmi les pays du G-20, derrière celui des États-Unis.

L'Europe est aussi un investisseur majeur dans le monde à travers, notamment, ses grands groupes industriels : quatre des vingt premiers groupes européens figurent parmi les huit premières multinationales mondiales, dont les trois géants de l'énergie (Shell, BP, Total). Entre 1993 et 2005, les flux d'IDE entrant en Europe sont passés de 80 à près de 400 milliards de dollars, concernant pour l'essentiel les pays de l'UE à 15 et nettement moins les douze nouveaux pays membres ayant adhéré à l'UE depuis 2004. À l'échelle mondiale, l'Europe se distingue par le poids de certains secteurs d'activités très performants, comme l'énergie, le secteur finance-banque-assurance et l'automobile, mais aussi, les secteurs des machines-outils, de l'électronique, de la chimie-pharmacie et des cosmétiques, de la grande distribution.

Dans les négociations commerciales, l'Union défend une position harmonisée sur la base d'une politique commerciale commune reposant sur deux instruments majeurs : une politique douanière commune et l'élaboration de règles commerciales communes envers les États tiers. Afin de mettre en place un régime commun d'importation, un tarif extérieur commun (TEC) à tous les États membres a été institué. Il s'applique aux importations de marchandises qui franchissent les frontières extérieures de l'union douanière. En matière de négociations commerciales avec des pays tiers, l'UE donne la priorité aux négociations commerciales engagées dans le cadre multilatéral de l'OMC.
Indépendamment de cela, l’Union a tissé un réseau d’accords bilatéraux avec des pays et des régions du monde entier. De nombreux pays en voie de développement bénéficient de franchises de droits ou de tarifs très avantageux pour leurs exportations à destination du marché communautaire, en vertu du Système de préférences généralisées (SPG), qui s’applique à 7 200 produits. Les relations spéciales que l’Union entretient avec les 79 membres du groupe ACP sur le plan du commerce et de l’assistance remontent à la signature des accords de Lomé, en 1975. Elles sont consolidées par divers "accords de partenariat économique" (APE) qui combinent aide et échanges communautaires d’une nouvelle manière : les pays ACP sont encouragés à l’intégration économique avec leurs voisins, premier pas dans le sens de leur intégration mondiale, tandis qu’un plus fort pourcentage de l’aide sera consacré à l’édification d’institutions et à la bonne gouvernance.

Pour compléter :
- Le Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII), le commerce international : www.cepii.fr/francgraph/themes/commerce.asp
- Eurostat
> The EU in the world – a statistical portrait, http://epp.eurostat.ec.europa.eu/.../product_code=KS-32-10-333
> l'Europe en chiffres : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/.../publication?p_product_code=KS-CD-10-220
- Europa, synthèse de la législation de l'UE : http://europa.eu/legislation_summaries/development/index_fr.htm
- Toute l'Europe, la politique commerciale commune : www.touteleurope.eu/fr/actions/economie/commerce-exterieur.html
- La Documentation française, dossier "L'Europe et le monde" > une puissance économique : www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/europe-monde/puissance-economique.shtml


Sur le même thème, voir le glossaire Territoires européens : régions, États, Union

Mise à jour : décembre 2010

 

Flux d'échanges de la Russie


La Russie est membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis le 22 août 2012, au terme d'un long processus puisque sa candidature date de 1993. Les négociations bloquaient essentiellement sur les relations commerciales de la Russie avec ses voisins de la CEI ou de l'UE (Géorgie, Pologne entre autre) et sur le libre accès des investisseurs étrangers au secteur énergétique russe. 

Porté par la forte hausse des prix mondiaux des matières premières, le commerce extérieur russe n’a cessé de se développer en valeur depuis 1992. En 2006, les exportations russes de biens ont représenté 302 Md USD (+25,1% par rapport à 2005). Les produits minéraux (principalement pétrole et gaz) sont de loin le premier poste d’exportation de la Russie et représentent 68,8% de ses exportations vers les pays hors CEI. Les importations russes de biens s'élevaient à 137,5 Md USD en 2006, (+39,3% par rapport à 2005) concentrées essentiellement sur les produits finis, les biens d’équipement (machines, équipements, moyens de transport) représentant plus de la moitié des importations hors CEI (51,3%). Ce qui donne à la Russie une balance commerciale très excédentaire, donc des marges de manœuvre confortables en matière budgétaire, avec un excédent de plus de 7,5% du PIB depuis 2005, la richesse nationale russe s'élèvant en conséquence.

Les premiers clients et fournisseurs de la Fédération de Russie
Répartition moyenne sur 5 ans (1999 à 2004)

 
Importations (fournisseurs)   Exportations (clients)  
  %   %
UE 45,7 UE 52,1
Japon 2,8 Japon 2,2
États-Unis 6,5 États-Unis 6,3
Reste du monde 44,9 Reste du monde 39,4


Bien qu'elles augmentent parallèlement à la hausse des prix internationaux des matières premières, les capacités d'auto-financement de la Russie sont encore limitées : insuffisance de l'épargne, fuite des capitaux, manque de confiance et de visibilité sur l'avenir. Aussi l'apport d'investissements étrangers est indispensable à son développement. Sur le principe, le pays a un potentiel favorable pour attirer l'investissement international : ressources naturelles considérables, bon niveau de formation par ex. Mais le niveau des IDE qui s'y investissent reste en deçà de ce potentiel : les industries extractives et de transformation représentent la majeure partie du stock d’IDE présent en Russie (près de 65% fin 2005) mais les autres activités de production ou de service sont moins attractives. L'"affaire Ioukos" en 2003, d'autres depuis, les incertitudes quant aux évolutions politico - économiques du pays, pèsent désormais sur l'évaluation de la situation russe et de son risque-pays.

De fait, les difficultés sont diverses, largement liées aux problèmes de gouvernance du pays : la corruption est un problème majeur ; l’obtention des permis de travail prend du temps, de même que l’enregistrement de terrains ou de biens immobiliers ; les procédures douanières et de certification sont complexes ; la protection des droits de propriété intellectuelle est mal assurée ; etc. Une réforme fiscale (2000 - 2001) s'est efforcée de créer un environnement plus attractif aux investissements : procédures de certification allégées et nouveau code des douanes. Une autre réforme législative en 2004 a amélioré la protection des droits de propriété intellectuelle et a assoupli la réglementation sur le contrôle des changes. Mais les politiques suivies restent peu transparentes et assez imprévisibles.

D'une manière générale, Moscou s'efforce de contrôler les prises de participation étrangères sur le territoire national, contraignant les opérateurs intéressés à s'associer à des entreprises russes. Le pouvoir a adopté une démarche de "nationalisme des ressources" illustrée, dans le domaine de l'exploitation des matières premières, par l'imposition devenue fréquente d'accords de partage de la production (APP / PSA) avec les groupes nationaux. Le ministère des Ressources nationales a limité à 49% la participation au capital des soumissionnaires étrangers dans le cadre de l'adjudication des concessions de ressources minières. Sans être découragés, les investissements étrangers dans le secteur des hydrocarbures semblent néanmoins freinés. On peut citer à titre d'exemple la décision, en 2004, du gouvernement de remettre en adjudication la concession pétrolière de Sakhalin-3 – précédemment obtenue par ExxonMobil en 1993.

Les pays européens dominent largement l'apport d'IDE en Russie où les États-Unis restent un investisseur direct important (6,8% du stock d’IDE présent). Fin 2006, les 10 premiers investisseurs dans l’économie russe (tous types d’investissements confondus) représentaient 86,2% de l’ensemble du stock d’IDE présent dans le pays, dont 61,9% pour Chypre et les Pays-Bas. En effet, une part importante des flux d’investissements étrangers enregistrés jusqu’à présent provient pour une large part d’actifs russes détenus à l’étranger, principalement sur la place chypriote.
Au total la Russie, en proportion de sa taille, de son potentiel et de son niveau de développement, attire relativement peu d’investissements par comparaison avec les pays de l’OCDE ou avec d’autres économies émergente
s auxquelles elle est souvent associée au sein du quarteron des "BRIC" (Brésil, Russie, Inde, Chine). L’IDE en Russie a atteint 14,6 milliards de dollars US en 2005, mais il était au-dessous de 3% du PIB, chiffre inférieur par exemple aux 4,9% observés pour la Pologne et très inférieur à l'IDE vers la Chine ou l'Inde.

Sources et compléments :
- En dossier documentaire, Nouveau front pionnier pétrolier et gazier dans l'Extrême-Orient russe, Sakhaline
- Fiches de synthèse de la Mission économique de l'Ambassade de France en Russie (MINEFI - DREE/TRESOR) : http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/russie

Sur le même thème, voir le glossaire Russie : des territoires en recomposition

 

Flux d'échanges de la Chine


Le développement de la Chine est largement fondé sur son ouverture vis-à-vis de l'espace mondial. En 2009, le pays est devenu le premier exportateur mondial devant l'Allemagne. Ses exportations se sont établies à 1 200 milliards d'USD (830 millions d'euros). Mais son excédent commercial tend à se réduire (en 2009, de -34% par rapport à 2008) ce qui, au delà des effets conjoncturels liés à la récession économique mondiale, peut s'expliquer, entre autre, par un recentrage relatif sur le marché intérieur et par les effets du plan de relance chinois, par une moindre compétitivité de la production chinoise où les salaires commencent à s'élever, par l’entrée en vigueur de mesures protectionnistes vis-à-vis de la Chine (en janvier 2008, pour la première fois depuis son adhésion à l’OMC, elle a été condamnée pour sa fiscalité douanière excessive sur les importations de pièces détachées automobiles).
Le poids de la Chine dans les échanges mondiaux est par ailleurs à relativiser en termes qualitatifs. Les produits électroniques et des industries de l'information, dont ce pays est le premier exportateur mondial et qui constituent 37,5% de ses exportations, sont par exemple en grande partie issus du "commerce de perfectionnement" (processing trade). Les composants qui ont le plus de valeur marchande, en raison de leur contenu technologique ou de marque, sont fabriqués ou conçus ailleurs pour être assemblés en Chine. En termes de structure des exportations, d'innovation technologique et de compétitivité industrielle, la Chine n'est pas encore une grande puissance commerciale.

Les investisseurs internationaux sont particulièrement attirés par les perspectives du marché de l'Asie orientale en général, de la Chine en particulier. La faiblesse relative du yuan contribue aussi à cet engouement. Au total, en 25 ans de politique d'ouverture, de 1981 à 2006, l'Investissement direct de l'étranger (IDE) avait atteint un total cumulé de 600 milliards d'USD (502 milliards d'€). En 2009, les entreprises étrangères assuraient 70% de la production et 85% des exportations chinoises. Mais une nouvelle loi "antimonopole", entrée en vigueur le 1er août 2008, a bouleversé le droit de la concurrence dans le pays. L'article 29 de la loi prévoit la tenue d'une enquête de "sécurité nationale" avant toute acquisition étrangère d'une entreprise chinoise. Les prochaines années permettront d'en mesurer les effets. Et la Chine devient à son tour un investisseur dont les capitaux peuvent peser dans les relations économiques et politiques internationales. L'État chinois encourage l'expatriation du capital domestique et la nécessité de sécuriser ses approvisionnements en matières premières passe par des investissements directs : participations dans des activités minières ici et là par exemple. 

Pour prolonger, compléter :
- Dans le cadre de la rubrique "savoir faire" La Chine, des statistiques à la carte (cartographie interactive d'items concernant les échanges extérieurs, commerciaux et capitaux).
- François Gipouloux, Les effets spatiaux de l'investissement direct étranger (IDE) en Chine : intégration ou désintégration ? (décembre 2003)
- Les dossiers des services économiques de l'Ambassade de France en Chine, http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/chine

Sur le même thème, voir le glossaire La Chine entre espaces domestiques et espace mondial

Mise à jour : juin 2010