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Mesures et modèle des risques

Publié le 28/02/2013

Les études portant sur les risques et les catastrophes sont souvent de type idiographique, mais certaines recherches s'orientent dans la voie de la modélisation. Par ailleurs, pour établir des seuils et des normes d'exposition aux risques, experts, scientifiques et décideurs peuvent s'appuyer sur des modèles.
On distingue deux principaux types d'approche de la modélisation : l'approche déterministe, souvent privilégiée en France et l'approche probabiliste, davantage privilégiée dans le monde anglo-saxon et dans celui de l'industrie. L’approche déterministe se sert d’une estimation ponctuelle tirée d’un ensemble de données (la valeur maximale ou la moyenne, par exemple) pour représenter une variable d’entrée dans le modèle d’exposition utilisé. Cette approche ignore la gamme des expositions que peuvent potentiellement subir les membres d’une population, et n’indique pas la probabilité (ou le potentiel) d’exposition des individus qui composent la population visée. L’approche déterministe produit plutôt une valeur qui, selon la méthode utilisée pour obtenir l’estimation ponctuelle, peut représenter la tendance générale, la fourchette supérieure ou le seuil maximal. L’approche probabiliste, par contre, exploite toutes les données disponibles et permet d’obtenir la distribution fine des valeurs d’exposition au risque.

Les catastrophes naturelles et technologiques peuvent être assez facilement modélisées. Par exemple, la modélisation météorologique est désormais d'une bonne fiabilité à court terme : quelques heures à quelques jours avec probabilités de réalisation. On peut aussi modéliser en 2D ou 3D la propagation, la diffusion de nuages toxiques.
Mais il n'en est pas de même pour les catastrophes purement anthropiques et parfois très complexes, telles que, par exemple, les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Complexes dans leurs causes : facteurs géopolitiques, imprévisibilité, problèmes de gouvernance, etc. Complexes par leurs effets, leurs impacts : aux effets directs (victimes, impacts économiques directs). Il faut ajouter les effets indirects ou différés (effet dominos) : coût des politiques sécuritaires à échelle nationale et internationale ; coût et engrenages des guerres consécutives au 11 septembre ; évolutions de l'ordre international. Modéliser ce type de risque relève sans doute, pour l'instant, de la gageure.

Pour prolonger, en corpus documentaire : Mégapoles et risques en milieu urbain. L'exemple d'Istanbul 

Mise à jour : mai 2005