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Pauvreté en Afrique subsaharienne

Publié le 11/01/2013

L'Afrique subsaharienne rassemble 689 millions d'habitants, soit 11% de la population mondiale, en croissance moyenne annuelle de 2,7%. Parallèlement, son PIB, de 311 milliards d'USD, soit 1% du PIB mondial, ses exportations, de 90 milliards d'USD, ne représentent que 0,68% du commerce mondial total. Avec un revenu moyen/hab/an de 375 €, les populations africaines sont souvent parmi les plus pauvres du monde.

Quatorze pays africains font partie de la catégorie des Pays pauvres très endettés (PPTE) dont la liste, dressée par le G8, comporte les pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Ethiopie, Ghana, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Rwanda, Sénégal, Tanzanie, Ouganda et Zambie.
La hausse du prix des matières premières, parmi d'autres facteurs, ont permis une croissance économique de 5,1% en termes réels de l'Afrique en 2004. Mais, la pauvreté n'a pourtant pas reculé car les richesses ne sont pas redistribuées. Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) adoptés par l'ONU en 2000 ont pour objectif de réduire la pauvreté de moitié d'ici à 2015. Pour les atteindre, une croissance de 7% par an serait nécessaire. Or, de 1990 à 2004, le rythme annuel moyen de croissance en Afrique subsaharienne n'a été que d'à peine 2,5%. Et la hausse du prix de certaines ressources énergétiques, minières, y a largement contribué, ce qui n'assure pas une croissance nécessairement durable. La croissance africaine n'est pas suffisamment forte et pas suffisamment "inclusive" pour tirer les populations les plus fragiles vers le développement.
Selon la Banque mondiale, le revenu par habitant a diminué d'un quart dans les pays de l'Afrique sub-saharienne entre 1975 et 2003 tandis qu'il augmentait dans le reste du monde. L'espérance de vie à la naissance y est, en 2004, inférieure à ce qu'elle était il y a quarante ans.

Aux yeux de certains, l'Afrique subsaharienne serait trop pauvre pour décoller économiquement, victime d'handicaps cumulés difficiles à surmonter : maladies endémiques, enclavements des territoires, insuffisance des infrastructures, déficits éducatifs, manque de capitaux propres ou capitaux dépendants de l'étranger, par exemple. Ainsi la plupart des États seraient dans l'incapacité d'enclencher les cercles vertueux du développement sans aide extérieure. De fait, l'Afrique subsaharienne a bénéficié d'une augmentation de l'Aide publique au développement (APD) ces dernières années, une part de celle-ci provenant de l'aide d'urgence et de l'allègement de la dette. Les "bons élèves", comme l'Ethiopie, le Mozambique, la Tanzanie, ont reçu l'essentiel de ces fonds. Inversement, l'aggravation des problèmes de gouvernance a pénalisé, par exemple, le Zimbabwe ou la République centrafricaine. Cette dernière illustre ce qu'est un État incapable de sortir du "piège de la pauvreté".


Voir en complément quelques données sur les Objectifs du millénaire pour le développement