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Statistiques et indicateurs

Publié le 15/03/2013

La définition d'indicateurs et l'identification des données capables de décrire un phénomène est un défi majeur pour l'étude et l'action.

Statistiques urbaines | Statistiques énergétiques | Statistiques touristiques
 

Statistiques urbaines


Trouver le moyen statistique de mesurer l'urbanisation et de comparer les villes, entre elles et dans le temps, est un défi redoutable, alors que l'on est confronté à la rapidité des phénomènes d'expansion urbaine, en particulier dans les pays émergents, à la nécessaire maîtrise de leur développement, à leur complexité et leur diversité. Or, le besoin en indicateurs normalisés se fait d’autant plus sentir que la mondialisation provoque une croissance des échanges entre les villes et qu'il est nécessaire de disposer des outils d'une gestion et d'une gouvernance efficaces des vastes espaces urbains.
L'étude comparée des rythmes et des modalités de l'urbanisation dans le monde se heurte au problème de l'hétérogénéité des données statistiques qui, d'un État à l'autre, sont recueillies selon des modalités très variables, reposent sur des définitions différentes. Ainsi, le terme même d'urbanisation, qui désigne à la fois un état et le processus qui y conduit, fait référence, selon les auteurs et les spécialités, à la population, au bâti ou aux deux à la fois. En France, la mesure de l’urbanisation s’appuie sur les nomenclatures territoriales de l'Insee prenant en compte le caractère spatial et fonctionnel du phénomène. Elles reflètent deux approches distinctes bien que liées : la première, celle des unités urbaines se réfère à la continuité spatiale du bâti ; la seconde, celle des aires urbaines prend en compte les mobilités domicile-travail entre la ville et sa périphérie. Ces nomenclatures offrent le grand avantage de faciliter la lecture du phénomène d’urbanisation grâce à un langage commun.
À plus petite échelle, la croissance des métropoles et leur montée en puissance dans les relations diplomatiques et économiques mondiales s'opèrent dans un certain brouillard statistique. Leurs limites ne sont pas définies de manière homogène : faut-il retenir la limite administrative de la municipalité, dont la définition varie d'un pays à l'autre, ou les limites fonctionnelles de l'agglomération ? Sur quelles bases, avec quels indicateurs les comparer, en analyser le fonctionnement ?
C'est dans une telle perspective d'homogénéisation et de clarification qu'a été lancée, à l'automne 2008, une initiative conjointe de la Banque Mondiale et de l'université de Toronto : le Programme des indicateurs pour les villes du monde (PIVM). Il se propose d'offrir aux villes un cadre qui les aidera à recueillir de façon cohérente des indicateurs urbains comparatifs.   La base de données recueillie repose sur 63 indicateurs sur les services publics urbains et la qualité de vie grâce à laquelle les villes pourront recueillir, saisir, déclarer et suivre régulièrement différents indicateurs urbains.
À une échelle régionale, la base de données la plus complète et homogène est actuellement celle de l'Union européenne disponible sur le site de la Commission européenne : l'Urban audit. Cette compilation statistique, portant sur 258 villes des 27 pays de l'UE, recense les statistiques sur des thématiques diversifiées : performances économiques, inégalités sociales, environnement, aspects éducatifs et culturels, qualité de vie.

Voir :
- Iddri, Sciences Po - Des indicateurs pour les villes du monde, un outil à l’initiative de la Banque mondiale pour une meilleure gestion des villes
www.iddri.org/Activites/Conferences/Des-indicateurs-pour-les-villes-du-monde
- World Bank : http://data.worldbank.org/topic/urban-development
- Gobal city indicators, un partenariat entre l'université de Toronto et la Banque mondiale : www.cityindicators.org
- L'Urban audit conduit par la Commission européenne et Eurostat : www.urbanaudit.org
- Les publications d'UN Habitat (State of the World’s Cities) : www.unhabitat.org/pmss
- La division Statistiques des Nations Unies : http://unstats.un.org/unsd/demographic/default.htm

Mise à jour : mai 2010

 

Statistiques énergétiques


Les sources de référence les plus facilement disponibles, parmi d'autres, proviennent de la Revue statistique de BP sur l’énergie dans le monde (BP Statistical Review of World Energy), dont le rapport annuel est largement cité, des données de l'Oil & Gas Journal à partir d'une enquête annuelle auprès des gouvernements des pays producteurs, de l'Agence internationale de l’énergie (AIE/ International Energy Agency / IEA) et de l'Energy Information Administration (EIA, service officiel des statistiques sur l'énergie du gouvernement fédéral des E.U)
Mais certaines données ne font pas consensus, tout particulièrement celles qui concernent l'état des réserves sujet sur lequel, pour diverses raisons, compagnies ou États entretiennent mystère ou désinformation. C'est ainsi que depuis 2002 en Russie, révéler la moindre information sur les réserves est un crime d'État passible de sept années de prison.
Des sociétés se sont spécialisées dans la fourniture d'informations stratégiques sur les productions : PetroLogistic, Information Handling Services Energy par exemple.

 

Statistiques touristiques


La statistique du tourisme et des vacances a connu un développement relativement récent par rapport aux statistiques portant sur la population, l'emploi ou d'autres activités économiques.

Dès l'entre-deux-guerres les premiers outils de comptage des touristes sont mis en place. Mais, en France, ce n'est qu'au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans le cadre d'un système national de la statistique, que les premières enquêtes vont apparaître. En 1949 l'Insee publie les résultats d'une "enquête par sondage sur le tourisme en France" qui s'intéresse en fait aux vacances des Français et les frontières entre "tourisme" et "vacances" paraissent longtemps fluctuantes et floues. Le dispositif statistique sur le voyage et le tourisme reste éclaté entre plusieurs administrations et acteurs des secteurs de la santé et du social, de l'agriculture, etc.
Des enquêtes régulières, par questionnaires, sur les vacances ont été réalisées de 1972 à 1994. L'enquête "vacances" de l'Insee, a débuté en 1965 dans le cadre des enquêtes permanentes sur les conditions de vie (EPCV) des ménages. En 1995, l'administration du tourisme (* document ci-dessous) et l'Insee relancent une enquête structurelle sur les vacances des Français, intégrée aux enquêtes permanentes sur les conditions de vie des ménages cette fois menée tous les cinq ans. Cette enquête EPCV-Vacances exclut les motifs professionnels, d'études et de santé des séjours et elle décrit de manière détaillée les séjours d'au moins quatre nuits hors du domicile. Ces enquêtes ont cessé en 2006.
Au début des années 1990 l'administration du tourisme produit des analyses conjoncturelles et diffuse des enquêtes commanditées à la Sofres : enquête annuelle "Suivi de la demande touristique" (SDT) à partir de 1994 et "Baromètre mensuel" depuis 2007. Les études cherchent alors à mesurer des déplacements, des éléments de satisfaction des "touristes" et prennent une forme proche de celle des études de marketing en direction des acteurs économiques mais elles apportent moins d'informations que les enquêtes Insee sur les vacances des Français.
Au total, à l'heure actuelle, en France, les lacunes demeurent importantes dans l'analyse des hébergements en dehors des hôtels homologués et des hébergements de plein air. Les données sur les dépenses des touristes étrangers sont parcellaires et les enquêtes de comportements et de motivations sont limitées.

À l'échelle internationale, les critères définissant le "touriste" ont été l'objet récurrent de conflits entre les organismes nationaux et internationaux. L'hétérogénéité des statistiques est patente au plan international, y compris au plan européen. Certains pays par exemple relèvent les arrivées de touristes étrangers aux frontières alors que d'autres ne les dénombrent qu'au niveau des hébergements. La connaissance approfondie du phénomène touristique supposerait l'exsitence d'une observation statistique complète, fiable et homogène partout dans le monde. Mais les statistiques disponibles sont souvent partielles, leur fiabilité est relative et leur homogénéité limitée, les différentes fluctuations des définitions et des dispositifs d'enquête rendent difficile la constitution de séries statistiques sur une longue période et limitent les possibilités d'une comparaison dans le temps et entre les pays.

Les conditions de réalisation des statistiques touristiques inspirent souvent la prudence. En mode direct, la collecte des données est réalisée par recensements ou par enquêtes dont la validité dépendra de l'échantillonnage, souvent trop réduit, et de la méthode (par sondage aléatoire ou par méthode des quotas, etc.). En mode indirect, les données proviennent d'autres données en appliquant, par exemple, des coefficients multiplicateurs (nombre de séjours x dépense journalière moyenne).

La communauté scientifique spécialisée dans l'étude du tourisme (géographes, Équipe MIT notamment, sociologues, anthropologues et économistes) s'accordent pour dire que les statistiques du tourisme rendent difficilement compte de la réalité des pratiques et des motivations touristiques. Au demeurant, des progrès récents sont notables et les efforts de l'OMT, de l'OCDE ou de l'UE peuvent peu à peu mettre à disposition des données homogènes exploitables.

Pour compléter, pour prolonger
- Emmanuelle Peyvel, Tourisme et rattachement ministériel : la construction d’une administration du tourisme, 2011 (en .pdf)
- En rubrique "savoir faire", réaliser des cartes thématiques (cartographie interactive)

- Site gouvernemental français, édité par la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (Dgcis) : http://www.dgcis.gouv.fr/tourisme
> le point sur les enquêtes statistiques officielles menées en France sur le tourisme : http://www.dgcis.gouv.fr/tourisme/statistiques-et-etudes
- Veille Info Tourisme, espace de travail collaboratif proposé par la sous-direction du Tourisme www.veilleinfotourisme.fr
- Organisation mondiale du tourisme (OMT / WTO) : http://www2.unwto.org/fr
> indicateurs : http://www.unwto.org/facts/eng/indicators.htm
> Facts & Figures (Baromètre) : http://mkt.unwto.org/en/barometer

Mise à jour : septembre 2013