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Victime

Publié le 28/02/2013

Placée au cœur des situations d'urgence humanitaire lors des grandes catastrophes, la victime cristallise la compassion, motive les dons, devient emblème, icône. Par ailleurs, les diverses associations de victimes sont des acteurs essentiels dans les sociétés civiles des démocraties des pays développés.
Certains dénoncent une sacralisation de la victime, placée au cœur de la médiatisation du risque, aux dépens parfois de son analyse rationnelle. Thierry Lévy* remarque, qu'en termes juridiques, la qualité de victime ne peut se décréter au nom d'un "droit des victimes" : elle ne peut résulter que d'un jugement départageant un plaignant et un accusé. Il remarque aussi que "l'idée d'un bouclier possible contre tous les dangers et tous les malheurs a miroité sous nos yeux, et nous avons payé le prix de cette chimère en abdiquant encore un peu le faible pouvoir laissé à la part congrue de notre liberté".
De son côté, Jean-Hervé Bradol, président de MSF, (Le Monde du 6 janvier 2005) expliquait l'ampleur de la mobilisation suscitée par le tsunami en Asie (autour de 10 milliards d'USD d'aide soit le 1/7e de l'aide annuelle internationale au développement) par, entre autre, la nature de la victime : "Elle n'est absolument pas polémique, elle n'est pas impliquée dans une guerre, elle n'a pas elle-même commis des atrocités : c'est la victime pure". D'où des victimes plus "célèbres" et surtout mieux aidées ou indemnisées que d'autres. Ainsi les années de baisse des dons pour les causes humanitaires comme 1995 ou 1998 sont celles où il y a moins de victimes médiatiques.
On estime aussi que 75% des victimes de catastrophes naturelles habitent dans les pays les plus pauvres, 23% dans les pays à revenus intermédiaires et 2% dans les pays riches.
Si le dommage est couvert par une assurance de responsabilité civile, la victime peut être indemnisée du préjudice dont son client est déclaré responsable. Cette indemnité et cette responsabilité reposent sur trois éléments : la nature du préjudice subi (blessure, privation d'usage, etc.) ; l'engagement de responsabilité de l'auteur du dommage (faute, maladresse, autre) ; un rapport de cause à effet entre le préjudice et le fait dommageable.

- Une étude de cas sur les victimes dans les dossiers de l'amiante, dans la rubrique "Géographie vivante"
- Thierry Lévy - Eloge de la barbarie judiciaire - Odile Jacob - 2004
- Le Journal international de victimologie (JIV) : www.jidv.com/njidv/index.php/archives/jidv


Mise à jour : mai 2005