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Lettre d'information n° 117

Publié le 19/04/2016

Lettre d'information n° 117 - avril 2016

Chères lectrices, chers lecteurs,

Ce mois-ci, Géoconfluences vous entraîne dans deux directions. D'une part, avec la notion d'écosystème et l'étude de cas sur la "crise requin" à La Réunion, c'est une approche systémique qui vous est proposée : comment comprendre le fonctionnement d'un système par l'étude des relations, des processus et des régulations qui s'y déroulent ? D'autre part, le dossier régional "États-Unis : espaces de la puissance, espaces en crises" se complète de deux articles sur Philadelphie et Baltimore et leurs "quartiers rétrécissants" : quels sont les effets de la politique scolaire sur les quartiers de Philadelphie, en particulier sur le ghetto de West Philadelphie ? L'agriculture urbaine est-elle une solution pour reconquérir les espaces "vacants" du centre de Baltimore ?

L’écosystème est un assemblage fonctionnel d’organismes qui détient les propriétés requises pour assurer la continuité du vivant, c’est-à-dire pour assurer les conditions nécessaires à l’évolution biologique (au sens darwinien) sur le long terme.
Cette notion est clairement expliquée et illustrée avec l'exemple de la maladie de Lyme dans les forêts du plateau des Allegheny (Pennsylvanie) et celui de Morning Glory, une mare d’eau chaude hydrothermale à Yellowstone.

 

Depuis 2010, avec 21 attaques de requin, dont 8 fatales, l'île de La Réunion est devenue l’un des sites les plus concernés par le "risque requin" dans le monde. Cependant, au-delà des statistiques, c’est avant tout l’amplitude médiatique prise par le phénomène depuis 2011 qui est sans précédent. Dans le vocable courant, l’expression "crise requin" remplace rapidement celle de "risque requin".Cet article se propose de présenter, à partir d’un corpus varié de documents, un état des lieux de la crise requin à La Réunion en 2016 en analysant la manière dont s’est opéré le basculement d’un simple "risque" vers une véritable "crise", laquelle s’est aujourd’hui quelque peu apaisée.

 


- Stéphanie Baffico, professeur agrégé de géographie, doctorante à l'Université Perpignan Via Domitia, De "Charm City" à "Farm City" : la reconquête des espaces en déshérence  par l’agriculture urbaine à Baltimore.

Baltimore est confrontée à une grave crise urbaine qui lui fait rejoindre les rangs des shrinking cities, ces villes rétrécissantes confrontées au déclin démographique et économique et à une pauvreté grandissante. Depuis les années 2000, la municipalité essaie de faire retrouver au centre-ville son lustre d’antan et concentre aujourd'hui ses efforts sur la réhabilitation des deux ghettos enserrant le centre-ville, East Baltimore et West Baltimore.
Pour ce faire, elle développe tout une gamme de politiques urbaines placées sous le signe du développement durable. Une des principales préoccupations des élus locaux est la reconversion des nombreux espaces abandonnés en sites de production agricole urbaine, moyen de lutter contre les problèmes d’accès à une alimentation saine ("food deserts") pour les populations les plus pauvres, mais aussi d'impulser de nouvelles pratiques sociales (jardinage communautaire) au sein des quartiers défavorisés : la gouvernance est ainsi au cœur de ce projet d’agriculture urbaine.

- Nora Nafaa, doctorante à l'Université Perpignan Via Domitia, Quand l’éducation fait son marché : ségrégation, marchandisation et néolibéralisation. L’exemple de Philadelphie.

La géographie de l’éducation peut se révéler être un outil d’analyse de l’espace urbain contemporain et de ses recompositions. Sa pertinence dans le cas des États-Unis tient au fait que l’école demeure au centre des stratégies résidentielles des familles et qu’elle subit des mutations qui réinterrogent les choix des familles.
L'article montre en quoi la territorialisation de l’éducation liée à la transition néolibérale qui met en compétition les territoires à travers la concurrence des projets urbains participe au renforcement de la ségrégation, notamment par la marchandisation de l’éducation. L’exemple de Philadelphie permet d’illustrer ce processus.


Cordialement à tous,

Marie-Christine Doceul et Julie Le Gall
pour l'équipe enseignante en géographie de l'ENS de Lyon,
le 15 avril 2016

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