Les articles des brèves sont indépendants des dossiers. Ils portent
sur des sujets souvent liés
à l'actualité et aux préoccupations
de nos sociétés ou sur des thèmes délimités. Ils pourront
faire l'objet de développements et
d'approfondissements ultérieurs au
sein de dossiers plus complets : voir
l'index
des dossiers thématiques.
La
forêt guyanaise française : entre
valorisation et protection
(Patrick
Blancodini et Sylviane Tabarly)
Le territoire de la Guyane française
résulte d’une géographie
singulière et d’une histoire
originale. Cet espace sud-américain,
recouvert à 90% d’une forêt
tropicale humide, appartient au vaste ensemble
forestier amazonien. Il porte encore les marques
des premières sociétés
amérindiennes et de celles issues de
la période esclavagiste et coloniale.
Depuis son intégration à la
nation française, un système
moderne, projection d’un pays européen
développé, se superpose à
des structures économiques et sociales
fragmentaires et fragiles.
La densité de population du seul espace
forestier guyanais avoisine les 0,3 hab/km²
, ce qui en fait un quasi désert humain,
aux limites de l’écoumène.
La forêt a longtemps été
négligée, oubliée. Pourtant,
depuis peu, elle devient un enjeu pour les
groupes d’acteurs qui se partagent déjà
l’espace et pour ceux qui veulent se
l’approprier. La gestion durable du
territoire forestier tropical guyanais par
la France, au XXIe siècle, implique
des choix d’ordre éthique, politique
et scientifique orientés vers deux
finalités parfois contradictoires :
la préservation et la valorisation
de la forêt tropicale humide.
Un territoire,
des acteurs
Le territoire
est un lieu de luttes d’influence :
les objectifs et les intérêts
des populations résidentes, des élus
des collectivités territoriales, de
l’État, des scientifiques, des
orpailleurs, des entreprises forestières
et des associations diverses, peuvent s’opposer
et rivaliser. Chacun a ses représentations
et différents degrés d’appropriation
de l’espace qui nourrissent les conflits.
Des jeux d'alliance, des systèmes lobbyistes
peuvent être à l'œuvre.
Voici quelques uns de ces acteurs.
Les Amérindiens, premiers
occupants, de l’espace forestier, se
répartissent en plusieurs groupes.
Au contact des autres communautés,
certains Amérindiens ont abandonné
leurs coutumes, d’autres au contraire
ont su les préserver. Selon les estimations,
ils représentent actuellement 4% de
la population totale du département,
soit à peu près 6 000 individus.
Leur vie traditionnelle témoigne d'une
forte symbiose avec le milieu forestier. Ils
fondent leur existence sur une économie
de subsistance.
La raréfaction des ressources de chasse
ou de pêche peut désorganiser
les équilibres sociaux. Les Amérindiens
peuvent aussi vivre des conflits ouverts et
parfois violents avec les populations exploitant
les richesses minières, notamment les
orpailleurs Bushi-Nenge.
Principaux
groupes humains en Guyane
(cliquer
pour agrandir)
|
Pour
les populations Bushi-Nenge
(les "hommes de la forêt"
en langue vernaculaire), appelées
aussi Noirs réfugiés ou
Noirs marrons, principalement installées
le long du Maroni, de Saint-Laurent
jusqu’à Maripasoula, la
forêt a été, pendant
longtemps, un espace refuge permettant
aux esclaves fugitifs des XVIIIe et
XIXe siècles de se dissimuler.
Les autorités françaises
ou hollandaises n’osaient s’aventurer
trop profondément en forêt
et abandonnaient rapidement les recherches
des esclaves évadés. Les
Bushi-Nenge ont constitué des
communautés à fort repli
identitaire, replongées dans
leurs racines africaines. Ils empruntent
aux Amérindiens une partie de
leurs coutumes et traditions, leurs
méthodes de chasse, de pêche
et de survie dans la forêt. Mais
à la différence des Amérindiens,
leur insertion dans la société
"moderne" est bien entamée.
Leur pouvoir d’achat, acquis grâce
aux prestations sociales ou à
la location de services de canotage
pour le transport des marchandises,
par exemple, leur permet de consommer
de nombreux produits venus du littoral.
|
Le fleuve
Maroni, seul axe de communication de la région,
reste aussi un puissant élément
de leur identité culturelle. Mais les
trois principaux groupes de Bushi-Nenge, libérés
à des époques différentes
et fortement rivaux (du nord au sud : les
Paramaka, les Djuka et les Boni), vivent de
façon cloisonnée. Les frontières
ethniques s’organisent le long du fleuve,
à partir des sauts qui sont
des rapides, lieux de rupture de charge des
transports.
Les orpailleurs constituent
un groupe d’acteurs influents, capables
de bloquer les projets de protection environnementale.
L'orpaillage permet aux Bushi-Nenge de s’intégrer
dans une économie monétaire
en leur fournissant des revenus importants.
La reprise vigoureuse de l’orpaillage,
depuis les années 1990, a provoqué
un afflux des garimpeiros brésiliens
ou surinamais, qui installent leur placer
(gisement d'or alluvionnaire) plus ou moins
légalement. Les orpailleurs considèrent
que l’accès à la ressource
aurifère est un droit imprescriptible
au même titre que l’accès
à toutes les autres ressources "naturelles"
accordé aux autres groupes de population.
Il en résulte un "climat tendu
où chaque communauté fait bloc
contre l’autre" [1]. Face aux différents
conflits provoqués par l'orpaillage,
l’État français a du mal
à jouer sérieusement son rôle
de garant de la paix sociale en forêt
profonde.
En forêt, des Métropolitains
et des Créoles vivent dans
les bourgs comme Maripasoula et Saül.
Ils sont souvent très revendicatifs,
d’autant plus qu’ils ont, en général,
un bon niveau d’instruction, ce qui
leur permet de prendre la parole et de défendre
leur point de vue lors des réunions
publiques. Certains d'entre eux peuvent relayer
des associations écologistes actives
(Gépog, Kwata, le Pou d’Agouti,
Sépanguy, etc.).
Les Assemblées de Guyane (Conseils
général et régional)
regroupent des élus locaux
très impliqués dans les politiques
d’aménagement du territoire.
Ils revendiquent une augmentation de leurs
pouvoirs et de leur autonomie. Les élus
manifestent volontiers et traditionnellement
une hostilité à l’égard
des projets en provenance de Paris et notamment
celui de parc national (voir ci-dessous).
Les deux députés de Guyane jouent
aussi un rôle de première importance
mais, à une autre échelle, puisque
leurs fréquents déplacements
en métropole les mettent en contact
direct avec les ministres et les autres députés
de l’Assemblée Nationale.
Les modes de scrutin et le découpage
des circonscriptions favorisent l’émergence
d’une classe politique issue des foyers
de population de la côte. En raison
de leur plus faible poids démographique
et du découpage des circonscriptions
électorales, les Amérindiens,
qui ne sont majoritaires que dans les communes
d'Awala-Yalimapo et de Camopi, n'ont que très
peu d’élus. Leurs revendications,
mal relayées, sont souvent jugées
"tribales", "communautaires"
ou "ethniques", par conséquent
accusées d'être des obstacles
à la formation d’une véritable
"guyanité" pluriethnique.
Cette guyanité est plus rêvée
qu’objectivement réalisable.
Les Amérindiens font davantage entendre
leur voix directement auprès de la
métropole qui peut voir d’un
œil bienveillant leurs revendications,
ce qui a tendance à renforcer leur
antagonisme avec les Créoles.
Une marginalité
entretenue
La
marginalité de la forêt guyanaise
découle largement des formes de mise
en valeur historique de ce territoire longtemps
"boudé" par les grands projets
d’aménagement. L’exploitation
agricole de la colonie (canne à sucre,
café, coton, cacao, riz) occupait les
meilleures terres, non forestières
de la bande littorale : les "terres basses",
des savanes poldérisées où
les eaux sont naturellement drainées.
Elles se situent entre Roura à l’est
et Iracoubo à l’ouest. La forêt
n’intéressait pas.
La création du bagne en 1852 devait
relancer le développement économique
du territoire : des milliers de forçats
ont remplacé les esclaves libérés
en 1848. La forêt est devenue "l’enfer
vert" : lieu de souffrance, de mort.
Le développement économique
du territoire n’était que prétexte
et l’exploitation de la forêt
restait marginale. En fait, de 1870 à
1920, la prospérité du territoire
venait déjà de l’exploitation
de l’or et le développement de
la Guyane se faisait sans la forêt,
voire contre elle. En 1931, le premier service
forestier (service des eaux et forêts)
voit le jour pour être immédiatement
assujetti au bureau des mines du territoire
de l’Inini sans jouer aucun rôle
déterminant.
Dans les années 1960 - 1970, la décolonisation
française en Afrique a provoqué
l’afflux d’entreprises d’exploitation
forestière. Bien que l’État
n’ait imposé que peu de contraintes
à l’exploitation, les entreprises
n'ont pas retrouvé, en Guyane, les
conditions de productivité des forêts
africaines. Les débouchés étaient
restreints à un marché local
limité et irrégulier et à
quelques exportations vers les Antilles. Certaines
entreprises ont abandonné, d’autres
ont poursuivi leur activité mais sur
le mode de la cueillette.
Le début des travaux, en 1965, du Centre
spatial guyanais (CSG) à Kourou, avec
les pas de tir du lanceur Ariane, a constitué
une nouvelle forme de mise en valeur en marge
de l’immense espace forestier [4].
Dans ce contexte, comment améliorer
les conditions d’existence de la population
guyanaise en dépassant l’actuelle
économie d'assistanat et de transferts
financiers d'origine métropolitaine
et européenne : prestations familiales
et sociales, salaires des fonctionnaires,
aides spécifiques de l'UE destinées
aux régions ultra-périphériques
? Ainsi devient-il urgent de réfléchir
à une politique de valorisation durable
du territoire forestier.
La marginalité de ce territoire a aussi
été entretenue par les modes
de découpage administratif. Les
prises de positions récurrentes des
élus locaux s’expliquent par
ce que J.P. Gachet (Silvolab, groupement d'intérêt
scientifique créé en 1992) appelle
le "syndrome de l’Inini".
En 1930, la Guyane a été découpée
en deux zones aux statuts administratifs distincts.
Une étroite frange côtière
où se concentrait la population s’opposait
à un vaste ensemble intérieur
presque vide, le territoire de l’Inini,
peuplé de quelques groupes d’Amérindiens
et de Bushi-Nenge, placé sous l’autorité
directe et exclusive du préfet jusqu’en
1969. Ainsi, les Guyanais étaient-ils
privés de toute capacité de
décision relative au territoire de
l'Inini.
Il
leur était même interdit,
pour raison sanitaire [2], de se déplacer
dans cette zone. Il en résulte
une forme "d’allergie",
de rejet tout au moins, vis-à-vis
de tout projet reconstituant une frontière
à l’intérieur
du département. C’est
ainsi que peut s'expliquer "l’hostilité
de principe" (J.P. Gachet) et
les blocages concernant la création
d’un parc national dans le tiers
sud du département. En revanche,
les collectivités territoriales,
dans leurs schémas d’aménagements,
prônent avec conviction la construction
de routes pour pallier le manque d’infrastructures
de transport en direction du sud du
département [3] : route de
Saint-Laurent à Maripasoula
; de Maripasoula à Saül
; Saül à Bélizon.
Il s’agit de projets coûteux
qui modifieraient l’organisation
du territoire, avec le risque d’accélérer
le départ des populations locales
résidentes vers le confort
onirique de Cayenne ou Kourou. On
peut aussi craindre la recrudescence
d'une immigration clandestine brésilienne
et l'installation d’exploitations
agricoles illégales le long
des nouvelles voies.
|
Organisation
et aménagement de l'espace guyanais
(cliquer
pour agrandir)
 |
La
présence des forces armées dans
la forêt guyanaise est une conséquence
de cette marginalité. Le 3e
REI (Régiment étranger d’infanterie,
autrement dit, la Légion) est stationné
à Kourou ; le 9e RIMa (Régiment
d’infanterie de marine) est basé
à Saint-Jean et patrouille sur le Maroni.
Ils sont chargés de la défense
du territoire et du maintien de l’ordre
en cas de troubles graves, ils assurent la
sécurité du CSG. Des missions
sont fréquemment organisées
en forêt profonde pour entraîner
les militaires dans des conditions difficiles
et contribuer à donner à la
France une compétence pour les actions
en milieu tropical ainsi que pour assurer
une présence dans un territoire vide.
Un espace
forestier faiblement mis en valeur
La
mise en valeur de l'espace forestier guyanais
s'est souvent limitée à des
activités traditionnelles ponctuelles
: agriculture de subsistance, chasse, orpaillage.
L’abattis agricole, hérité
d’anciennes traditions agraires amérindiennes,
reprises par les Bushi-Nenge, est, non seulement
lié à un mode de vie, mais c'est
aussi une forme d’expression culturelle.
L’agriculture itinérante sur
brûlis contribue au lien émotionnel
qu’entretiennent les populations avec
la terre et la forêt, aux interrelations
entre l’homme et son territoire. Localisée
le long des fleuves, sur les collines, elle
vient compléter la chasse, la pêche
ou la cueillette dans une économie
de subsistance. Les abattis ont généralement
une superficie inférieure à
2 hectares mais leur surface moyenne tend
à augmenter. De plus, le nombre d’abattis
connaît une forte augmentation : + 40%
de 1994 à 2004. Ce phénomène
est lié à la forte croissance
de la population.

C'est
un système qui respecte, autant que
faire se peut, l’environnement, à
condition de laisser les terres en jachère.
Le cultivateur ne peut pas défricher,
compte tenu de son modeste équipement,
de très larges zones. L’abattis
n’exige pas d’investissements
financiers importants et permet l’auto-subsistance
des familles. Mais ce système pose
aussi des problèmes. Les productions
sont difficilement commercialisables et sont
concurrencées par celles du Brésil
ou du Surinam. La capacités logistiques
et de valorisation en Guyane, restent, en
moyenne, trop limitées. Les contraintes
démographiques obligent parfois à
pratiquer des rotations de plus en plus courtes
et à augmenter les défrichements,
ce qui rend les cultures plus vulnérables.
Les insectes ravageurs, en particulier les
fourmis - manioc peuvent s’abattre sur
une parcelle et la dévaster en une
journée.
Le département
de la Guyane ne possède pas de loi
sur la chasse : ainsi il n’est
pas besoin de posséder un permis, tout
le monde peut chasser, n’importe où,
n’importe quand (de jour ou de nuit
à la lampe frontale) et n’importe
quoi. Il existe pourtant quelques limites
spatiales (restriction ou interdiction de
chasser dans les espaces naturels protégés)
et une liste des espèces animales protégées
ou interdites à la vente. La chasse
se pratique surtout pour l’autoconsommation
(la consommation de gibier est très
importante) et dans une moindre mesure pour
la vente. Les espèces les plus consommées,
le "cochon bois" ou Pécari
à lèvre blanche (Tayassu
pecari) et le "Maïpouri"
ou Tapir (Tapirus terrestris) sont
victimes d’une pression cynégétique
très forte. Les chasseurs, de plus
en plus nombreux, prélèvent
des quantités croissantes de gibier.
L’utilisation du fusil, plus efficace
que l’arc, a un impact négatif
sur les densités de gros mammifères.
D'où la raréfaction de certaines
espèces, par exemple, la pérennité
du "Maïpouri", qui a une longue
période de gestation (18 mois), est
menacée.
La réglementation de la chasse apparaît
comme incontournable à plus ou moins
long terme, au moins dans les forêts
du nord du département, celles qui
sont les plus sollicitées. Au centre
et au sud, les populations résidentes
s’opposent avec véhémence
à toute restriction. La solution pourrait
consister à délimiter des zones
témoins, avec interdiction totale de
chasser, afin de protéger intégralement
la biodiversité dans des espaces suffisamment
vastes. L’élevage pourrait constituer
une alternative à la chasse, principalement
chez les Bushi-Nenge, car les Amérindiens
n’aiment pas tuer leurs animaux domestiques
: susceptibles de manger les déjections
humaines, ils les jugent impropres à
la consommation [6]. Une étude
menée sur les Amérindiens Wayampi
du Haut-Oyapock [7] montre que la pression
exercée par les populations locales
sur les zones de chasse augmente.
Depuis la découverte
de l’or en Guyane en 1855, l’activité
de l'orpaillage a connu des hauts et des bas.
Les premiers temps ont été caractérisés
par une véritable ruée vers
l’or. Les premiers orpailleurs ont utilisé
des méthodes artisanales, puis, par
la suite, de grandes sociétés
aurifères ont développé
des techniques industrielles. La Première
guerre mondiale a vu ralentir l’activité
avec l’épuisement des premiers
gisements. Mais ce sont surtout les désordres
économiques nés de la seconde
guerre mondiale qui mettent un quasi terme
à l’orpaillage. Il faut attendre
les années 1980 et la réévaluation
des cours mondiaux de l’or pour que
des Brésiliens expérimentés
relancent l’activité en Guyane
: voir ci-dessus.
Plus récemment,
des formes de mise en valeur plus intensives
ont été développées
:
agriculture intensive et foresterie.
L'agriculture
développée en forêt par
les Hmong est d'un type particulier.
Réfugiés du Laos en guerre dans
les années 1970, ils se sont installés
au cœur de la forêt dans deux petits
villages isolés : Cacao et Javouhey.
Grâce à un travail agraire acharné
et intensif, les Hmong fournissent des légumes
et des fruits frais sur les marchés
guyanais. Les cultivateurs Hmong ont démontré
que l’espace forestier pouvait être
fortement productif tout en s'affranchissant
des contraintes de la mise en jachère,
sans doute au prix d'intrants phytosanitaires
en quantité importante. Ce succès
économique a facilité l’intégration
sociale de cette communauté.
La forêt guyanaise peut être,
ponctuellement, exploitée de façon
intensive. On peut classer les activités
pratiquées en deux grandes catégories
: premièrement, une exploitation des
ressources s’intégrant dans une
économie monétaire et deuxièmement,
une exploitation de type traditionnel ou vivrier.
Avec une pression démographique qui
tend à augmenter, l’espace forestier,
à proximité immédiate
des villages, se réduit et se mite
: mitage ponctuel (par exemple par les exploitations
aurifères), auréolaire (abattis
autour des villages), linéaire (installation
de populations le long des fleuves ou le long
de la nouvelle route Régina - Saint-Georges
[5]).
La Guyane est le seul
département français où
la terre est presque exclusivement domaine
de l’État qui la cède
sous forme de baux emphytéotiques de
trente ans. Il peut aussi attribuer des concessions
provisoires d’une surface d'environ
5 hectares en général. Leur
concessionnaire peut en devenir propriétaire
au bout de 5 ans s'il en a réalisé
la mise en valeur agricole. Dans les zones
habitées par les Amérindiens,
il existe un droit d’usage collectif,
faire-valoir direct lié à la
communauté des habitants. Mais la pratique
d’exploitation des terres sans titre
est courante.
|
Volumes
des grumes sorties de forêt
|
Année |
Volume
en m3 |
|
|
20 000 |
|
1967 |
60 000 |
|
1973 |
28 000 |
|
1980 |
120 000 |
|
1984 |
68 000 |
|
1989 |
100 000 |
|
1994 |
50 000 |
|
1999 |
72 000 |
|
2001 |
58 000 |
|
2003 |
65 000 |
|
2004 |
67 000 |
|
Débouchés
de la filière bois
| Utlisation |
|
| |
46% |
| Menuiserie |
23% |
| Parquets,
lambris, bardages |
17% |
| Mobilier
et ébénisterie |
7% |
| Caisserie,
emballages |
7% |
Les
principales espèces exploitées
dans la forêt guyanaise
- Angélique
(Dicorynia guianensis) =
34%
- Gonfolo (Qualea rosea et
Ruitzerania albiflora) =
32%
- Grignon franc (Sextonia rubra)
= 7%
- Amarante (Peltogyne) =
4%
- Goupi (Goupia glabra) =
3%
Source : Atlas
illustré de Guyane, sous la
direction de J. Barret, 2002
|
L’ONF,
qui gère 90% des forêts du département,
a délimité une cinquantaine
de massifs forestiers, d’une surface
moyenne de 11 000 hectares, dans le nord de
la Guyane. Les forêts aménagées
de la frange côtière, sur une
faible superficie du total (481 000 ha, environ
6% de la surface totale boisée), sont
inaliénables et consacrées en
priorité à la production de
bois. L’Office accorde un permis d’exploitation
à des sociétés concessionnaires
qui choisissent les grumes qu’elles
souhaitent couper. Ces sociétés
possèdent une importante marge de manœuvre
et d’indépendance.
La production de bois, organisée dans
des filières pas toujours bien structurées,
pâtit de l’étroitesse du
marché local mais surtout des surcoûts
liés aux prix élevés
du matériel et de la main d’œuvre
: la départementalisation de 1946 et
l’application aux entreprises des lois
et règlements français en matière
salariale, rendent les coûts de production
beaucoup plus élevés qu’au
Brésil voisin ou que dans d’autres
pays africains.
Les problèmes de d'accès
à la ressource, de logistique sont
également dissuasifs.
Les activités dans la
forêt guyanaise - Diaporama
Clichés
de Patrick Blancodini, 2002
Commentaires
1 et
2 - L'exploitation forestière.
Ici, le débardage des grumes
qui nécessite des moyens mécaniques
et des voies d'accès (route
ou voie d'eau) adaptés. Il
n'est pas possible d'exploiter la
forêt de cette manière
dès que l'on s'éloigne
des voies de pénétration.
3 - La voie d'eau est un moyen essentiel
de pénétration de la
forêt. Ici, la construction
d’une pirogue chez les Bushi
- Nenge du Maroni.
4 - Une barge d’orpailleur sur
le Bas - Maroni. Une des techniques
utilisée pour l'orpaillage
en Guyane.
5 - Les villages constituent des enclaves
défrichées au cœur
de la forêt. Ici, des habitations
du village de Saül.
6 à 9 - Les abattis sont une
forme de mise en valeur agricole traditionnelle
en forêt tropicale. Successivement,
dans les environs du Maroni : préparation
de l’abattis par le feu (6)
; un abattis et
son désordre apparent, les
troncs gisent carbonisés sur
le sol et les plantes, dachine, manioc
et bananiers poussent sur les cendres
(7) ; un abattis jardiné
en dachine, maïs, bananier (8)
; sur les bords du fleuve, des abattis
au pied de la colline, à proximité
des habitations (9).
10 - Contrastant
avec les abattis, les cultures intensives
dans la
forêt défrichée
par les Hmong à Cacao.
11 - Culture de papayes et de courges
par les Hmongs à Javouhey
12 - Du côté de Saül,
vue d’avion d’un carbet
(hutte en bois recouverte d'un toit
en feuilles de palmier et sans mur,
afin de permettre la circulation de
l'air) et de son champ défriché.
13 - Une piste, ouverte dans la forêt
près de Kourou, met en évidence
le sol ferrallitique. Au loin, l’orage
se prépare, il tombe de 2 000
à 4 000 mm d'eau par an.
|
Préserver
et valoriser la forêt : une équation
insoluble ?
L’objectif premier de la protection
est d’éviter des atteintes irréversibles
à l’environnement comme cela
est déjà arrivé dans
le passé : par exemple, disparition
du bois de rose ou extinction du caïman
noir chassé à l’excès
pour sa peau. Or, la surface protégée
en Guyane ne représente aujourd’hui
que 6% du territoire du département.
Une majeure partie des populations guyanaises
(Amérindiens, Bushi-nenge, voire les
nouveaux colons agricoles) est avant tout
concernée par la question foncière
[8] et plus indifférente à la
gestion de la biodiversité. En conséquence,
les élus et les responsables locaux
reprennent rarement à leur compte les
discours protectionnistes, d’autant
plus que la volonté de protéger
l’environnement puise parfois ses origines
dans un romantisme teinté d’écologisme
militant. Entre protection de la nature et
revendications sociales, quels équilibres
trouver ?
La
biodiversité de la forêt guyanaise
est l'une des plus importantes au monde. Les
scientifiques dénombrent quelques 1 600
espèces de vertébrés
dont 186 espèces de mammifères,
715 d’oiseaux, 162 de reptiles, 101
d’amphibiens, 438 de poissons d’eau
douce, et 5 500 espèces de plantes
supérieures [9]. Une quarantaine de
nouvelles espèces de plantes y sont
décrites chaque année. Mais
une grande partie de ce patrimoine ne serait
pas encore répertorié. La grande
diversité des espèces répartie
sur un espace de près de 8 millions
d’hectares et l’accès très
difficile aux milieux rendent la connaissance
biologique partielle. La protection
de la biodiversité et de l’environnement
forestier est un enjeu planétaire.
La France dote l’UE d’un "morceau
d’Amazonie" presque inviolé
et dont la biodiversité, sauvegardée
jusque là, est d'un grand intérêt
pour la recherche. Souvent soucieuse de son
image internationale, elle pourrait devenir
un exemple mondial de gestion durable d’une
forêt tropicale humide.
Comment concilier la conservation de ce patrimoine
naturel et le développement économique
de la forêt guyanaise ? Une des difficultés
de la valorisation de la biodiversité
vient de son absence, a priori, de valeur
économique immédiate, contrairement
à une exploitation directe de la forêt.
Mais certains s’inquiètent du
risque de dépossession des populations
qui ont découvert et utilisent de façon
traditionnelle et parfois depuis très
longtemps, les ressources forestières,
en particulier les plantes médicinales.
Les industries pharmaceutiques (à l’heure
actuelle, près de 60% des médicaments
consommés dans le monde sont issus,
plus ou moins directement, de substances naturelles)
soulignent que la valeur des produits ne provient
pas de la ressource elle-même mais des
efforts de recherche et d’innovation
effectués dans les laboratoires. Or,
une invention doit réunir trois critères
pour prétendre à la brevetabilité
: la nouveauté absolue, l’activité
inventive et l’application industrielle
[10]. En Guyane, les populations forestières
ne peuvent, à travers leur utilisation
traditionnelle des plantes, prétendre
à des droits sur celles-ci. C’est
donc à l’État français
de valoriser la biodiversité de la
forêt guyanaise dans une perspective
d’exploitation des ressources génétiques
potentielles en rassemblant scientifiques,
industriels et acteurs locaux.
L’écotourisme peut être
une autre forme de valorisation de la biodiversité.
La part des voyages de nature est
appelée à croître dans
les pays en voie de développement comme
dans les pays développés. Par
exemple, les Aras du Pérou sont devenus
un attrait touristique appréciable
pour le pays. La raréfaction de la
nature dite sauvage à la surface de
la Terre renforce la valeur du potentiel de
la forêt
tropicale humide guyanaise. Dans
la région de Sinnamary, un projet de
valorisation à partir de l’Ibis
rouge a vu le jour. La première étape
a consisté à en limiter la chasse
pour le protéger. Il a fallu faire
face à de nombreuses réticences
des populations qui perçoivent d’un
mauvais œil toute restriction du droit
de chasse.
La forêt de Saül est une des mieux
préservée de la planète.
Seules quelques activités dispersées
d’extraction de l’or causent des
dégâts localisés. La chasse
locale de mammifères (pécaris,
tapir, cerf, singe, agouti) ou d’oiseaux
(hocco) n’a qu’un impact limité.
Depuis 1965, l’IRD poursuit l’inventaire
botanique de la région à partir
de layons tracés dans la forêt.
Or, la curiosité scientifique est un
des éléments moteurs de l’écotourisme,
ainsi, des guides locaux peuvent être
formés par les chercheurs. À
condition d’être régulièrement
entretenus, les layons, utilisables par les
touristes et les guides, font d’ores
et déjà découvrir la
flore et la faune du secteur. Au demeurant,
toutes les études de faisabilité
excluent la possibilité de faire de
la forêt de Saül une destination
d’un tourisme de masse, ce qui deviendrait
incompatible avec sa préservation.
La création
de zones réglementées peut paraître
indispensable mais elle doit tenir compte
des nécessités du développement
économique. La Guyane qui
est à la fois le pays d’Amérique
latine le moins peuplé et celui dont
le niveau de vie est le plus élevé
accumule cependant les retards dans la préservation
de sa forêt : le Surinam voisin possède
déjà 16 parcs ou réserves,
le Costa Rica, 20.
Historique
du projet de parc national de la Guyane
française
1992
- Signature d’un protocole d’accord
par les présidences des Conseils
général et régional
de Guyane et les ministères
des DOM-TOM, de l’Environnement
et de l’Agriculture et de la
Forêt.
1993 - Mise en place
d’une mission d’étude
chargée d’élaborer
un avant-projet.
1995 - Rejet en masse
de l’avant-projet par les populations
résidentes qui ne se sentent
pas assez consultées.
1996 - Reprise des
discussions avec l’ensemble
des partenaires : élus locaux,
autorités coutumières,
associations locales et internationales,
services administratifs, scientifiques.
Formation d’Amérindiens
chargés de relayer l’avancement
des travaux auprès des populations
résidentes.
1997 - Installation
d’un nouveau comité de
pilotage et de trois commissions thématiques
: champ de compétences du parc,
respect des modes de vie, parc et
activités minières.
1998 - Nouvelles
propositions pour un avant - projet.
Mise en place de groupes de travail
chargés de définir les
orientations du futur parc, en matière
d’aménagement, de gestion
et de réglementation.
1999 - Un débat
au Conseil régional aboutit
à la condamnation de la politique
de la Mission Parc en considérant
"qu’elle réalise
un chantage à l’équipement
public auprès des communes".
Une plus large consultation de la
population guyanaise est réclamée.
Commence alors, une période
de mise entre parenthèse du
projet.
2002 - Création
du parc naturel brésilien de
l’Amapa limitrophe à
la Guyane française : les scientifiques
rêvent d’un immense espace
protégé transfrontalier.
Léon Bertrand, député
de Guyane, est nommé secrétaire
d’État au tourisme : le
projet de parc repart avec un relais
au gouvernement.
2003 - Un nouveau
comité de pilotage élargi
est mis en place. Il passe d’une
trentaine de membres à une
cinquantaine : les populations amérindiennes
et Bushi-Nenge sont mieux représentées.
Quatre commissions thématiques
se réunissent périodiquement
pour mettre au point les champs de
compétence du parc, les formes
de développement durable et
des modes de vie des populations locales,
le zonage du parc…
2005 - Le dépôt
du nouveau projet est attendu pour
le premier semestre.
|
Les
espaces protégés en
Guyane
(cliquer
pour agrandir)
Le jeu d’acteurs dans le projet
de création
du parc national de Guyane
(cliquer
pour agrandir)
|
Le
projet de parc national dans le sud du département
se heurte aux rivalités entre
acteurs et aux conflits d’usage de l’espace.
Les blocages résultent notamment de
la difficulté à délimiter
des zones où les activités humaines
seraient réduites. Ce projet devait
permettre de protéger une vaste superficie
de forêt au sud du département
: près de 3 millions d’ha, soit
le tiers du département, répartis
sur plusieurs communes (celles de Maripasoula,
Camopi, et en partie celles de Régina
et Saül). Les
limites du parc posent actuellement un problème
délicat. D’autant plus que certains
pensent que la logique devrait consister à
protéger d’abord les forêts
les plus menacées de Guyane c'est-à-dire
celles du nord du département et celles
qui présentent le plus grand intérêt
scientifique (autour de Saül par exemple).
L’idée de créer un espace
protégé englobant les populations
amérindiennes résulte du postulat
que ces populations font partie intégrante
de la "nature". Cela revient à
une patrimonialisation des hommes ce qui n’est
pas sans poser des questions d’ordre
éthique. Le risque ne consiste-t-il
pas à placer les Amérindiens
aux côtés de la faune à
conserver ? De nombreux spécialistes,
comme les ethnologues Pierre et Françoise
Grenand [11], pensent
que la question des droits territoriaux est
un préalable à celle de la protection
du milieu.
Trois types de zones avaient été
proposées par la mission mise en place
en 1993 (voir la chronologie ci-dessus) :
des zones de vie que les populations locales
pouvaient continuer à parcourir et
à exploiter, à condition que
cela se réalise de façon harmonieuse
avec le milieu ; une zone de nature sans aucune
présence ni activité humaines
; et enfin, une zone périphérique
de développement économique
(pour l’agriculture, l’orpaillage,
le tourisme, etc.). Ainsi
les populations amérindiennes se retrouvaient
prises en tenaille entre "forêt
vierge" et espace de développement,
positionnées, malgré elles,
entre nature et culture. Les Amérindiens
Wayana ont refusé cette situation,
n’acceptant pas de se voir interdire
l’accès à ce qu’ils
considèrent comme leur territoire.
Parmi les Bushi-Nenge, les Bonis rejettent
majoritairement l’idée de création
d’un parc [12] par crainte d’avoir
à abandonner leur terre et de subir
des restrictions de circulation, de chasse
et de pêche. Ils craignent aussi que
leurs lieux de culte et de prière soient
profanés par des touristes. Mais c’est
surtout la peur de ne plus pouvoir orpailler
qui motive leur refus.
L’échec du premier projet
de parc en revient donc, d'une part, aux aménageurs,
qui avaient oublié que le territoire
ne relève pas seulement de décisions
administratives mais possède aussi
une haute valeur symbolique, et, d'autre part,
à la complexité du jeu d'acteurs
sur le terrain, fait de rivalités et
atomisé [13]. Le nouveau projet, à
paraître en 2005, saura-t-il relever
les défis d'un développement
durable du territoire de la forêt guyanaise
?
Notes
[1] Bureau des Recherches Géologiques
et Minières. En 1974, après
le choc pétrolier, la France décide
une prospection systématique des ressources
de son sous-sol. Le BRGM est alors chargé
de réaliser l’inventaire minier
de la Guyane. Ce dernier est publié
au milieu des années 1990
[2] La restriction de déplacement qui
existe toujours aujourd’hui (au sud
d’une ligne Maripasoula - Camopi) vise
à protéger les populations amérindiennes
des virus et microbes.
[3] Le schéma d’aménagement
2000 propose de relier Saint-Laurent-du-Maroni
à Maripasoula, Maripasoula à
Saül, Saül à Cacao.
[4] L'activité du CSG contribue,
en 2004, à près de la moitié
du PIB de la Guyane (source INSEE). Notons
qu'en 2007, un nouveau pas de tir doit permettre
d'acceuillir le lanceur russe Soyouz 2-1b.
[5] La RN2 Régina - Saint-Georges est,
pour l'insant, sans continuité vers
le Brésil, en l'absence d'un pont sur
l'Oyapock. Le Développement,
magazine d'information de la CCI (n°90,
janvier 2004) précise que le projet
stratégique de construction de ce pont
a fait l’objet d’un accord international
avec le Brésil. Le CIAT (Comité
Interministériel d’Aménagement
du territoire) du 18 décembre 2003
a "décidé d’inclure
la réalisation du pont sur l’Oyapock
dans le périmètre de l’établissement
public intermodal de financement des infrastructures".
Le pont devrait être opérationnel
en 2008 :
www.guyane.cci.fr/telechargement/Dev90.PDF
[6] Ouhoud-Renoux F. - Se nourrir à
Trois Sauts, analyse diachronique de la prédation
chez les Wayãpi du Haut-Oyapock
- 1998. Etude comparée de la prédation
dans le village de Zidock (près de
220 personnes actuellement) en 1994-95 et
1976-77.
[7] Enquête menée en 1998 auprès
des populations Bushi-Nenge (Aluku) et Amérindiennes
(Wayana) par Marie Fleury (laboratoire d’Ethnobiologie-Biogéographie,
MNHN, Paris)
[8] Gombauld P., Gachet J. P. - Préservation
et valorisation des ressources naturelles
en Guyane : quel compromis ? - 1999
[9] Moretti C. - Valorisation et exploitation
des plantes médicinales de la Guyane
: le point de vue d’une phytochimiste
- 1999
[10] - Valorisons
la diversité de la nature, un
document de la FAO :
www.fao.org/DOCREP/004/V1430F/V1430F04.htm.
Gérer la biodiversité :
www.fao.org/DOCREP/004/V1430F/V1430F07.htm
[11] - Grenand F. et P. - Situation des
populations indigènes des forêts
denses humides - Office des publications
officielles des Communautés européennes
- 1994
[12] Enquête menée en 1998 auprès
des populations Bushi-Nenge (Aluku) et Amérindiennes
(Wayana) par Marie Fleury (laboratoire d’Ethnobiologie-Biogéographie,
MNHN, Paris)
[13] Leprêtre L. - Les Amérindiens
Wayana et la mise en place du projet de parc
national guyanais - 1999
Patrick
Blancodini, doctorant à l'Université
de Lyon III, formateur à l'IUFM de
Lyon

Ressources
bibliographiques, une sélection
- Bataillon C., Deler J-P., Théry
H. (dir) - Amérique latine
- Tome 3 de la Géographie universelle
- Belin-Reclus - 1991
- Coll. - Forêt guyanaise : gestion
de l'écosystème forestier et
aménagement de l'espace régional
- SEPANGUY - 1993
- Demangeot J. - Tropicalité, géographie
physique intretropicale - Armand Colin
- 1999
- Droulers M. - L'Amazonie. Vers un développement
durable - Coll. U, Armand Colin - 2004
- Droulers M. - L'Amazonie - Éditions
Nathan-Université - 1995
- Fleury M., Bushi-Nenge - Les Hommes
- forêt. Essai d'ethnobotanique chez
les Aluku (Boni) en Guyane française
- Thèse de l'Université P. et
M. Curie - Paris 6, 1991
- Fournier M. et Weigel J. (edit.) - Connaissance
et gestion de la forêt guyanaise
- N° spécial de la Revue forestière
française - 2003
- Hurault J. M., Grenand F., Grenand P. -
Indiens de Guyane: Wayana et Wayampi de
la forêt - coll. Monde / Photographie
- Autrement - 1998
- Lézy E. - Guyane, Guyanes, Une
géographie "sauvage" de l'Orénoque
à l'Amazone - Belin / Mappemonde
- 2000
- Ministère de l'écologie et
du développement durable - Forêts
tropicales : comment la France peut-elle contribuer
à leur gestion durable ? - coll.
Réponses environnement, La Documentation
française - 2003
- Prost G. et Zonzon J. - Géographie
de la Guyane - Servedit - 2000
- Puig H. - La forêt tropicale humide
- Belin- 2001
Atlas et cartes
- Coll. - Les outre-mers - Atlas
de France, vol. 13 - La Documentation française
- 1998
- Barret J. (dir.) - Atlas illustré
de la Guyane - 2002
- Cartes et spatio-cartes de l'IGN : www.ign.fr/affiche_rubrique.asp?rbr_id=1133&lng_id=FR
Ressources
en ligne, une sélection
Sites
scientifiques, sites experts
- L'IRD à Cayenne
: www.cayenne.ird.fr/intro.html
- Silvolab, un groupement
d'intérêt scientifique réunissant,
entre autre, l'INRA, le Cirad, l'Engref, l'IRD
: http://kourou.cirad.fr/silvolab
et le système d'information Arlequin
:
http://kourou.cirad.fr/silvolab/arlequin/index.htm
- Le Programme "Environnement, Vie et
Sociétés" du CNRS
a initié en 1996-1997 un programme
de recherche pluridisciplinaire intitulé
"Mercure en Guyane". En voici un
bilan :
www.cnrs.fr/Cnrspresse/n390/html/n390a03.htm
- De la même manière, en 1994,
le Réseau National de Santé
Publique avait mis en évidence
une exposition importante de la communauté
amérindienne Wayana par le mercure.
Une étude est accessible sur le site
de l'InVS (Institut de Veille
Sanitaire) : www.invs.sante.fr/publications/mercure/index.html
et
www.invs.sante.fr/publications/mercure/rapport3.html
- La Cité des sciences
: www.cite-sciences.fr/outre-mer/OUTREMER/UNE/une.php
et aussi, des cartes des ressources guyanaises
:
www.cite-sciences.fr/outre-mer/OUTREMER/RECHERCHES/recherches_6.htm
-
Par exemple, les ressources minérales
:
www.cite-sciences.fr/outre-mer/OUTREMER/RECHERCHES/imgrd_5.html
- La revue Ethnologie comparée
du CERCE de Montpellier -
Destination Amazonie, Le modèle
brésilien dans la société
guyanaise - Marie-Odile Géraud
: http://alor.univ-montp3.fr/cerce/r2/m-o.g.htm
- Le site "Aménagement linguistique
dans le monde" (Université
Laval, Québec) décrit
à la composition socio-linguistique
de la Guyane :
www.tlfq.ulaval.ca/axl/amsudant/guyanefr.htm
- Un Système d'Information
Géographique (SIG) sur
les Ressources minérales de la
Guyane, réalisation interactive
du BRGM, consultable en ligne
: http://gisguyane.brgm.fr et
http://sigguyane.brgm.fr
- La
Guyane, sur Géoconfluences,
à
travers un dossier consacré aux espaces
littoraux tropicaux.
Autour
de la biodiversité
- La Convention des Nations Unies
sur la diversité biologique (Convention
on Biological Diversity -
UNEP) : www.biodiv.org
- L'Union Mondiale pour la Conservation
de la Nature (World Conservation Union
- IUCN) : www.iucn.org
- La Convention
de Washington (sur le commerce international
de la faune et de la flore sauvages menacées
d'extinction - CITES) : www.cites.org/fra/index.shtml
- Ressources sur la biodiversité
proposées par le site portail Terrestrial
Ecosystem Monitoring Sites (TEMS)
de la FAO : www.fao.org/gtos/tems/mod_div.jsp
> Valorisons la diversité
de la nature, un document de la FAO :
www.fao.org/DOCREP/004/V1430F/V1430F04.htm
- La préservation de la biodiversité
dans l'Union européenne, le réseau
Natura 2000 :
http://europa.eu.int/scadplus/leg/fr/s15006.htm
Sites
institutionnels sur la Guyane
- La Guyane sur le site de l'INSEE
: www.insee.fr/fr/insee_regions/guyane/home/home_page.asp
- Le ministère de l'Outre-mer
:
www.outre-mer.gouv.fr/outremer/front?id=outremer/dossiers_thematiques
et : www.outre-mer.gouv.fr/outremer/front?id=outremer/decouvrir_outre_mer/guyane
- La Préfecture de
Guyane : www.guyane.pref.gouv.fr
- La DRIRE Antilles
- Guyane : www.ggm.drire.gouv.fr
- La Chambre de Commerce et d'Industrie
(CCI) de Cayenne présente
divers documents intéressants (statistiques,
graphiques, etc) : www.guyane.cci.fr/index.shtml
- Sur Inforégion,
site de la Commission européenne, les
régions ultrapériphériques
de l'UE :
http://europa.eu.int/comm/regional_policy/themes/rup_fr.htm
- Les ressources éducatives en Histoire
- Géographie sur le site académique.
Guaïana, le revue des professeurs d’histoire
géographie de Guyane :
www.guyane-education.org/webdisciplinaires/histgeo/index.htm
Divers
(associatif, professionnels, etc.)
- Kwata, une association agréée
et membre de l'Union Mondiale pour la
Nature (World Conservation Union - IUCN
-www.iucn.org).
Créée en 1994, elle est ouverte
à toute personne concernée par
l'avenir du patrimoine naturel de la Guyane.
www.kwata.org
- Sur Terres de Guyane, www.terresdeguyane.fr/index.asp
- un site privé dédié
à la découverte de la Guyane,
des articles, par exemple :
> Frontières de Guyane, Guyane des
frontières :
www.terresdeguyane.fr/articles/frontieres/default.asp#sommaire
- Site associatif des populations autochtones
de Guyane :
http://perso.wanadoo.fr/solidariteguyane/index.htm
- Divers mouvements associatifs (documents,
engagements, etc.) sur les forêts tropicales
et l'Amazonie :
http://terresacree.org/forevieg.htm
- Divers points de vue de l'association MDES
sur les problèmes guyanais - www.mdes.org/rubrique14.html,
Par exemple, à propos du futur
pont sur l'Oyapock à Saint-Georges
: www.mdes.org/article55.html
- Une mise en scène de la
Guyane médiatisée, la téléréalité
"1ère compagnie" (TF1) :
http://1erecompagnie.tf1.fr.
Les dessous de la téléréalité,
un forum de discussion, parmi de nombreux
autres : www.planeterealtv.com/ftopic11256.html
Documentation
complémentaire et mise en pages web
: Sylviane Tabarly, responsable du développement
du site, ENS LSH - DESCO,
réalisations cartographiques, Hervé
Parmentier, ENS LSH
Première
mise en ligne le 21/03/2005