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Géographie
vivante, active
Des pistes pour découvrir une géographie
appliquée et "hors les murs"
qui incite à :
- nouer des contacts avec des partenaires extérieurs
au monde de l'éducation : autres administrations,
entreprises, responsables politiques, etc.
- mettre les élèves en situation
active.
Quelle coopération
pour les pays les plus pauvres de l'Afrique subsaharienne
? L'exemple de l'exploitation forestière
en République centrafricaine
Approvisionner
en eau potable les populations soudanaises du
Darfour réfugiées dans l'est du
Tchad
Approvisionner
en eau potable les populations soudanaises
du Darfour réfugiées dans l'est
du Tchad
Le
défi
En mars 2004 (la guerre au Darfour, au Soudan,
faisait rage depuis un an), la société
Radar Technologies France (RTF) -
www.radar-technologies.com
- a été chargée par l'UNHCR
(Agence des Nations unies pour les réfugiés)
de cartographier le potentiel en eaux souterraines
dans le massif de l'Ouaddaï au sud-est du
Tchad. Il s'agissait de pouvoir faire face, dans
l'urgence, aux besoins des réfugiés
du Darfour (voir
l'article de Marc Lavergne
). La population de réfugiés dans
l'Est tchadien a rapidement atteint 200 000 personnes.
L'UNHCR devait les accueillir pour plusieurs années
peut-être. En dépit de l'insuffisance
des ressources locales en eau dans cette région
du Tchad, il fallait découvrir des réserves
pour relever ce défi.
RTF a mis en œuvre un procédé
d’exploration des ressources en eau souterraine
par satellites radar. Les images sont acquises
auprès de différentes agences spatiales,
canadienne, européenne et japonaise, pour
les traiter de façon spécifique.
En quatre mois, sur une aire de 85 000 km²
(la superficie du Portugal), le long de la frontière
du Tchad avec le Darfour, RTF a découvert
des sites potentiellement aménageables
en camps pour réfugiés et identifié
à leur proximité immédiate
de nouvelles ressources en eau jusqu’alors
inconnues.
Des
réfugiés, le long de la
frontière tchadienne, fuyant le
Soudan

L'appariton fantomatique, dans les
tourbillons d'une tempête de sable,
de réfugiés fuyant le Soudan.
Les familles exilées se disséminent,
par groupes de 5 ou 10 personnes,
au fil du lit asséché d'un
wadi (cours d'eau intermittent).
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La démarche
Les technologies de la télédétection
pouvaient contribuer à la recherche des
réservoirs aquifères contenus dans
les alluvions des lits des wadis et à l'identification
des zones de forages des puits, afin d'optimiser
la localisation des camps de réfugiés.
Les images radars ont d'abord été
traitées et assemblées en mosaïques.
À partir de ce document, le travail sur
le terrain a pu commencer, à 60 km de la
frontière soudanaise, dans la région
désolée de l'Ouaddaï oriental,
région peu développée, peu
sûre et peu accessible. Les conditions étaient
difficiles : chaleur intense, tempêtes de
sable aveuglantes dans la journée, champs
de mine. Il fallait souvent emprunter des parcours
hors piste pour atteindre les sites potentiellement
intéressants. À l'aide d'un ordinateur
portable alimenté sur la batterie 12V de
la vieille land-rover louée au sultan d'Iriba,
cette prospection a permis d'établir les
positionnements GPS de géo-référencement
des images et de collecter des échantillons
géologiques. Les failles et fractures,
les cours d'eau, les lignes de partage des eaux
et les pentes ont pu être cartographiées
numériquement. Le résultat en fut
une carte des sites à explorer (Radar
Water Target map).

Le traitement en 3 dimensions des images
radar permet de localiser, sur de grands espaces,
des aquifères alluviaux invisibles par
simple prospection de surface(© RTF 2004)
Les résultats
Ainsi, le camp de Gaga, le long du wadi Dalal,
à environ 60 km à l'est d'Abéché,
a été recommandé par RTF
pour ses caractéristiques exceptionnelles
uniquement détectées par ces méthodes
indirectes. Il recèle un réservoir
alluvial épais de près de 20 m,
constitué de graviers siliceux d’excellente
conductivité. En mars 2005, les forages
d'eau d'Oxfam, partenaire de l'UNHCR, ont confirmé
ce pronostic et le site peut désormais
accueillir 30 000 réfugiés
qui recevront comme prévu 15 litres d’eau
par jour et par personne durant toute l’année.
Le
site de Gaga le long du wadi Dalal
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La mobilisation croisée de l'exploration
géologique et de l'analyse géospatiale
a réduit significativement les risques
et les coûts de la recherche d'eau en limitant
le nombre de sites à explorer à
ceux dotés d'un fort potentiel. Dans la
zone explorée par RTF, le taux de succès
des forages a doublé, passant de 42% à
89%.
Cette expérience montre comment les technologies
géospatiales permettent d'accompagner des
opérations humanitaires dans des régions
arides ou semi-arides.
Des ressources pour
compléter
- Dans ce dossier, un article de Marc Lavergne
:
Darfour, impacts ethniques et territoriaux d'une
guerre civile en Afrique
- Radar Technologies France (RTF) :
www.radar-technologies.com
Cette page résulte de l'adaptation du document
suivant :
www.radar-technologies.com/_docs/plessis.pdf
- L'Agence des Nations unies pour les réfugiés
(UNHCR / UN Refugee Agency) :
www.unhcr.fr/cgi-bin/texis/vtx/home
- Bureau pour la coordination des Affaires humanitaires
(IRIN) -
www.irinnews.org/FrenchFP.asp
- Irin news - "Chad-Sudan : Twelfth
Camp opened for Darfur refugees" (UNOCHA,
4 mai 2005) :
www.irinnews.org/report.asp?ReportID=46946&SelectRegion=West_Africa
- EurekAlert! service en ligne de American
Association for the Advancement of Science
(AAAS) - "Les satellites guident les personnels
humanitaires pour le forage des puits destinés
aux réfugiés africains" :
www.eurekalert.org/staticrel.php?view=esasga090704fr
- Oxfam International :
www.oxfam.org/fr
Avec l'aimable
collaboration d'Alain Gachet,
directeur de la société Radar Technologies
France (RTF),
adaptation et traduction, Sylviane Tabarly,
Pour Géoconfluences, le 19 janvier 2006
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| Mise
à jour : 19-01-2006
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