| Situation
générale des PNR
S'il est
un critère d'hétérogénéité
des 27 parcs existants, c'est bien celui
de la forêt (doc. 1 : graphique
ci-contre). Qu'y
a-t-il de commun entre un territoire couvert
à 76% par la forêt (PNR des
Landes de Gascogne) et un autre sans le
moindre boisement (PNR de Camargue) ? Entre
un territoire où 100% de la propriété
forestière est privée (PNR
de Brière) et un autre où
elle est à 98,5% publique (PNR du
Queyras).
Il n'y a pas de modèle forestier
pour les territoires des PNR. D'où
la principale raison de la diversité
des actions entreprises (ou programmées)
par les PNR vis à vis des espaces
boisés, des milieux qu'ils renferment
ainsi que des pratiques et usages auxquels
ils donnent lieu.
Au cœur
du Bassin parisien
Le "manteau
vert" du pourtour parisien est constitué
de massifs forestiers très divers.
Les plus réputés sont vastes,
appartiennent souvent à l'État
. Mais d'autres massifs participent à
ce boisement régional, plus discrets,
plus petits, lambeaux d'anciennes forêts
plus étendues ou, au contraire, apparitions
récentes résultant des mutations
de l'agriculture : boisements linéaires
soulignant la topographie, ilôts boisés
parsemant les terres de grande culture.
Ils donnent parfois l'impression d'être
mal gérés (ou pas gérés
du tout) et peu fréquentés
par des populations non-riveraines.
Dans ce contexte, la forêt dans le
Vexin français et le Pays de Thelle,
une "petite région IFN",
est, elle aussi, plurielle. Sur les 162.700
ha du Vexin Français et du Pays de
Thelle, 27.400 sont boisés (16,8%).
Ce boisement est éclaté en
77.800 parcelles appartenant à 17.300
propriétaires (16.600 particuliers,
170 collectivités publiques, 540
personnes morales de droit privé).
Lorsque la propriété foncière
est émiettée ainsi en une
myriade de petits propriétaires privés,
comment les mobiliser pour qu'ils coordonnent
leurs décisions, qu'ils s'organisent
collectivement ? Le CRPF (Centre régional
de la propriété foncière)
ne s'adresse, du fait de ses statuts, qu'aux
propriétaires de plus de 4 ha. Le
témoignage, recueilli par A. Da Lage
auprès d'un conseiller forestier
de Chambre d'Agriculture, faisait état
de ces difficultés : des séances
d'information et de formation destinées
aux propriétaires d'au moins 1 ha
(seuil très bas) ne rassemblaient
que 2 à 3% des personnes invitées
! Nombre de ces petits propriétaires
résistent à toute idée
de regroupement ou remembrement : il faut
prendre en considération l'attachement
affectif des gens à leurs parcelles
forestières ... même s'ils
ignorent où est située leur
forêt !
Par ailleurs, certaines difficultés
peuvent provenir de la coexistence, au sein
d'un PNR tel que celui du Vexin Français,
de contradictions entre les différentes
catégories d'acteurs impliqués
tels que les agriculteurs et les forestiers.
(Témoignage, doc. 2)
D'après la
thèse d'Antoine Da Lage - "Regards
sur la forêt dans le Vexin Français
et le Pays de Thelle : espaces, milieux
et empreintes de l'action humaine"
- Université de Paris X - Direction
Bernard Bomer - décembre 1995
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1 - La grande
hétérogénéité
des territoires des PNR en matière
de couverture forestière et de
statut foncier de la forêt
AMR : Armorique
; BDV : Ballons des Vosges ; BRE : Brenne
; BRI : Brière ; BRO : Brotonne
; CMG : Camargue ; FOR : Forêt d'Orient
; HJR : Haut-Jura - HLG : Haut-Languedoc
; HVC : Haute Vallée de Chevreuse
; LDG : Landes de Gascogne ; LFR : Livradois
- Forez ; LOR : Lorraine ; LUB : Lubéron
; MCB : Marais du Cotentin et du Bessin
; MDR : Montagne de Reims ; MRT : Martinique
; MRV : Morvan ; NMN : Normandie - Maine
; NPC : Nord - Pas de Calais ; PIL : Pilat
; QRS : Queyras ; VDN : Vosges du Nord
; VRC : Vercors
Données non disponibles : Corse,
Marais Poitevin, Volcans d'Auvergne.
2
- Agriculteurs et forestiers acteurs du
PNR du Vexin Français : des divergences
"Traditionnellement
l'agriculteur est anti-forestier : d'abord
ce sont deux approches de la nature différentes
(l'un se réfère au cycle
annuel, l'autre travaille sur les temps
longs) ; ensuite la forêt est perçue
comme une nuisance : les accrues sont
à contenir, le gibier est prédateur
des cultures, les lisières apportent
de l'ombrage, gênent par leurs racines,
ou apportent des maladies cryptogamiques
aux cultures. Il y a de fortes chances
que 9 agriculteurs sur 10 refusent le
projet de PNR (du Vexin Français)
de recréer des boqueteaux sur le
plateau. Quant au projet de haies brise-vent,
il y aura très peu de répondant
: la région n'est pas très
venteuse. Ce qui pourrait faire argument,
c'est l'aspect cynégétique,
car ces haies ou ces boqueteaux permettront
un enrichissement et une diversification
du gibier".
Témoignage d'Etienne de Magnitot,
maire de Saint Gervais (Val d'Oise) et
Président du syndicat des propriétaires
forestiers sylviculteurs du Val d'Oise
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