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Perceptions et représentations de la forêt en environnement périurbain. L'exemple de la périphérie parisienne. / La création d'un PNR : les étapes et processus de la décision

Publié le 20/02/2003
Antoine Da Lage


Perceptions et représentations de la forêt en environnement périurbain
L'exemple de la périphérie parisienne. (Antoine Da Lage)

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Les représentations collectives : la forêt "poumon vert" ou "manteau vert" ?

"Poumon vert" de la grande ville, cette métaphore anatomique couramment employée à propos des vastes ensembles forestiers intertropicaux, est-elle, là aussi, une formule-choc passe-partout et abusive ? Les boisements ont-ils le rôle à la fois épurateur et régénérateur de l'air qu'on leur accorde couramment ?

L'image du "poumon vert" est donc généralement plutôt porteuse de connotations positives, mais elle n'est pas forcément pertinente. On peut lui préférer celle, proposée par Luc Abbadie et Michel Beaudouin, de "manteau vert" qui renvoie plutôt à une idée de protection nécessaire au bien-être des hommes.

De nouveaux regards sur la forêt


A partir du milieu du XIXe siècle les massifs forestiers situés en région périurbaine sont progressivement devenus vénérés et "sanctuarisés". De nos jours, pour le citadin, la forêt est une représentation proche et visible de la nature. Elle crée aussi un lien avec l'histoire, le passé et correspond à un certain désir de l'immuable. Aussi, tel Idefix qui souffre de voir arracher le moindre arbre, le citadin ne supporte pas les atteintes à l'intégrité de la forêt : coupures béantes des passages d'autoroutes, de lignes TGV, de lignes EDF ; grignotage des lisières par des lotissements ou résidences "l'Orée du bois".

En fait, en Vexin Français et en Pays de Thelle comme ailleurs (et peut-être plus qu'ailleurs, du fait de la situation périurbaine de la région étudiée), les regards sur la forêt ont changé avec l'évolution des modes de vie : il est peut-être trivial de l'énoncer mais une population française désormais citadine à 80% ne peut voir la forêt, la visiter, la parcourir, la décrire, l'imaginer comme elle le faisait au début du siècle. Les nouvelles images de la forêt correspondent aux fonctions qui lui sont attribuées : la trilogie "production - protection - récréation" qui se complexifie. Aujourd'hui on parle de protéger certains types de boisements pour protéger les paysages ou la biodiversité. La fonction récréative ne concerne plus seulement la chasse, la promenade, la cueillette et le ramassage des fleurs, fruits et champignons, mais aussi la pratique de sports tels que le VTT, le jogging, ou autre "moto verte". Quant à la production, si elle a conservé l'image d'une activité noble, elle est aussi porteuse désormais de connotations négatives : polémiques sur l'industrie papetière, condamnation de l'enrésinement ou la populiculture, etc.



D'après la thèse d'Antoine Da Lage - "Regards sur la forêt dans le Vexin Français et le Pays de Thelle : espaces, milieux et empreintes de l'action humaine" - Université de Paris X - Direction Bernard Bomer - décembre 1995

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1 - Une organisation concentrique des espaces verts des huit régions du "Grand Bassin Parisien"

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D'après un document Datar - 1994


2 - La forêt est-elle un "poumon vert" ?
Des éléments de réponse scientifique sur Planet-Terre

L'expression "poumon vert" repose littéralement sur un contre-sens. En effet, la respiration, dans le monde animal comme végétal, consiste à absorber l'oxygène de l'air pour y rejeter du dioxyde de carbone : l'inverse donc de ce que l'on croit suggérer par cette métaphore.

Présenté sur le site "Planet-Terre", le point de vue de Marc-André SELOSSE, Ingénieur du Génie Rural, des Eaux et des Forêts et de Pierre THOMAS, Professeur à l'École Normale Supérieure de Lyon.

En conclusion : "Une forêt à l'équilibre, c'est-à-dire dont la biomasse ne croit pas, où il y a autant d'arbres qui naissent et poussent que d'arbres qui meurent (c'est-à-dire une forêt naturelle non exploitée) ne libère donc pas de dioxygène."

Le bilan annuel d'une forêt mature en terme d'absorption de CO2 est très faible car la fixation de CO2 par photosynthèse est compensée par les rejets de CO2 dus aux processus de respiration et décomposition de la matière organique (micro-organismes, champignons, insectes…).
C'est pendant la phase de croissance qu'une forêt reconstitue son stock de biomasse. Grâce à la photosynthèse, elle fonctionne alors comme une véritable "pompe à CO2" (certains parlent de "puits de carbone") qui stocke dans le bois et les sols le CO2 atmosphérique. La reforestation permet d'installer de nouvelles forêts qui vont activement fixer du CO2 pendant leur croissance. Selon la disponibilité des terres aptes aux boisements, l'homme peut ainsi créer de nouveaux "puits de carbone" et agir concrètement pour réduire significativement le taux de CO2 dans l'atmosphère.


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La création d'un PNR : les étapes et processus de la décision

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Des PNR : où et comment ?

L'existence d'un PNR, au titre des divers textes réglementaires, est conditionnée par l'adoption d'une "charte", document de référence définissant contours, objectifs et moyens du parc ; un plan localisant "différentes zones" et établissant leur "vocation" fait partie intégrante de cette charte.

D'un décret à l'autre, la responsabilité de l'initiative de création d'un PNR ou de rédaction de sa charte a été dévolue à diverses instances, au gré des grands bouleversements qu'a connus en un quart de siècle l'administration territoriale de la République : régionalisation en 1972, décentralisation en 1982-83.

A partir des lois de décentralisation, le processus de création d'un PNR doit être enclenché, pour un "périmètre d'étude" déterminé, par une "délibération motivée du conseil régional" prescrivant l'élaboration de la charte. Cette rédaction de la charte s'effectue sous la responsabilité de la région, non seulement en association avec les collectivités locales ou territoriales, mais aussi en partenariat avec d'autres organismes. Cette délibération est transmise au préfet de région qui, aussitôt, "définit avec le président du conseil régional les modalités d'association de l'État " à l'élaboration de la charte. Le représentant de l'État transmet au président de l'exécutif régional "son avis motivé sur l'opportunité du projet".

La charte, qui doit s'appuyer sur "un inventaire du patrimoine et (...) une analyse de la situation culturelle, sociale et économique du territoire, en fonction des enjeux en présence", est communiquée "pour accord, aux départements et aux communes territorialement concernés ainsi qu'aux groupements de ces dernières" par la région. Après quoi, "le conseil régional approuve le projet au vu des accords recueillis". Puis, "le projet de charte approuvé, accompagné des accords des collectivités territoriales, est transmis par le préfet de région, avec son avis motivé, au ministre chargé de l'environnement". D'autres ministères sont alors consultés pour avis, de même que la Fédération des Parcs naturels de France et que le Conseil National de la Protection de la Nature. C'est alors qu'un arrêté du ministère de l'environnement peut donner le label PNR. La durée du classement est de 10 ans. Il peut être reconduit à l'issue d'une nouvelle procédure.

Vingt-sept PNR en 25 ans : une série de créations en trois phases, au gré des évolutions du contexte institutionnel français.



1967 - 1994 : au gré des modifications réglementaires, quatre circuits institutionnels différents conduisant à la création d'un Parc Naturel Régional (PNR)


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Mise à jour :   20-02-2003

 


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