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Département, préfecture (Japon)

Publié le 19/10/2017

Le Japon est divisé en 47 circonscriptions administratives appelées en français départements ou parfois préfectures. La traduction du mot japonais 都道府県 (todōfuken) fait en effet débat et les deux mots sont employés indifféremment. L'anglais utilise prefecture, peut-être pour éviter le double sens du mot department qui existe dans cette langue pour désigner une subdivision d'une administration ou un ministère. L'inspiration française qui a présidé à la création de cette circonscription pendant la période Meiji peut justifier l'utilisation du mot département en français. C'est aussi la traduction officielle du ministère des Affaires étrangères. Les départements japonais, depuis la constitution de 1946, ont un pouvoir important. Ils ont à leur tête un gouverneur élu au suffrage universel direct et une assemblée élue sur le même mode à la proportionnelle. Ils ont une grande autonomie sur le plan réglementaire en matière de politique sanitaire, d'éducation (choix des manuels), de sécurité (forces de police départementales) ou d'aménagement (délivrance des permis de construire, d'exploitation des centrales nucléaires...).

Le département est la plus grande collectivité locale de plein exercice au Japon. S'il existe des regroupements de plusieurs départements, appelés région en français, ils n'ont aucune existence administrative. Ce sont plutôt des régions traditionnelles ou de gestion qu'une maille à part entière, et les regroupements peuvent varier selon les administrations. Le projet de création d'un échelon administratif régional refait surface régulièrement depuis les années 2000.

La longévité et la stabilité des départements japonais, qui ont peu évolué depuis leur création à la fin du XIXe siècle, permettent de disposer de séries statistiques continues et régulières sur le temps long, à une échelle de maillage administratif qui est relativement fine. Cette ancienneté explique également l'attachement culturel très fort des Japonais à leurs départements, d'autant que beaucoup d'entre eux ont repris le découpage des fiefs antérieurs à la période Meiji (Pelletier, 2012). 

L'île d'Hokkadô, à la fois île, département et région, est le département le moins densément peuplé (65 habitants par km²), tandis que le département de Tokyo, qui comprend le centre de l'agglomération du même nom, est le plus densément peuplé (6 364 habitants par km²).

Vingt villes se sont vues attribuer par ordonnance gouvernementale une partie des compétences gouvernementales (Seirei shitei toshi mis en place en 1956), à l'instar des transferts qui ont lieu pour des métropoles comme Lyon en France.

Pour compléter
  • Philippe Pelletier. Atlas du Japon : Après Fukushima, une société fragilisée, cartographie de Carine Fournier, Autrement, 2012 (2008 pour la 1e éd.)
  • Raphaël Languillon-Aussel et Nathalie Reveyaz, « Le Japon : les fragilités d'une puissance », Cadrage scientifique et pédagogique du dossier, Géoconfluences, 2017.

 

(JBB) octobre 2017 ; Merci à Rémi Scoccimarro.