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Peak oil, pic de Hubbert

Publié le 11/03/2013

Les chiffres des réserves réelles des différents pays producteurs d'hydrocarbures sont difficiles à établir car certains ne prennent en compte que les réserves prouvées alors que d'autres comptabilisent aussi les réserves probables ou possibles. Certains États ou certaines compagnies sur-estiment ou sous-estiment leurs réserves pour des raisons géostratégiques, ou organisent le secret sur ces questions.
Ces précautions étant, si l'on se réfère une des publications majeure dans le domaine, la BP Statistical Review, l'évaluation des réserves prouvées mondiales serait de 1 200 milliards de barils, correspondant à 41 années de consommation actuelle. Les autres organismes collecteurs de données les situent entre 1 050 et près de 1 260 milliards de barils suivant la prise en compte ou non des réserves d'huiles extra lourdes canadiennes. Ces chiffres, qui ne représentent que les volumes contenus dans les gisements découverts ou en cours de production, pourraient augmenter grâce à la mise en développement des futures découvertes et des innovations technologiques. Mais, quoiqu'il en soit, le renouvellement des réserves n'est plus assuré depuis les années 1980 : les pétroliers extraient davantage d'hydrocarbures qu'ils n'en découvrent, ce qui sous entend l'arrivée inéluctable d'un déclin de la production. Ce point d'infléchissement ou "pic" de la production, c'est le "peak oil" ou pic de Hubbert du nom du géologue américain qui, dans les années 1950, en a théorisé l'existence.
La date du "pic" ne fait pas non plus l'unanimité. Elle est prévue entre 2010 et 2020 par les membres du club de l'Association for the study of Peak Oil and Gas (ASPO), au plus tôt pour 2024 par l'United Sates Geological Survey (USGS). Pour Yves Mathieu de l'Institut français du pétrole, il y aurait plutôt un plateau de production survenant entre 2010 et 2028 au plus tard, avant le déclin géologique. À partir de là les hydrocarbures proviendraient essentiellement des pétroles de haute technologie, dits non conventionnels, nécessitant d'importants investissements. Par ailleurs, un premier déclin de production, lié au manque d'investissements et d'équipements au cours des années 1990 et 2000, pourrait se produire entre 2006 et 2009.
La situation est un peu différente pour le gaz dont la demande mondiale croit rapidement mais qui offre davantage de perspectives prometteuses en exploration, repoussant le déclin de sa production au delà de 2035 ou 2050.