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Océans et mondialisation

Les marines nationales, définitions et redéfinitions de leurs missions dans le monde, après la Guerre froide

Publié le 05/07/2014
Auteur(s) : Éric Frécon, enseignant-chercheur, École navale

« Montre-moi ta mer et je te dirai qui tu es ». Depuis les disputes juridiques entre le Hollandais Grotius (1583-1645) et l’Anglais Selden (1584-1654) sur le statut des approches littorales – dédiées à la libre-navigation pour le premier et sous la souveraineté des États côtiers pour le second –, la mer incarne le tiraillement entre une vision libérale et une vision réaliste de la scène internationale. Faut-il la considérer comme vecteur d’échanges et de liens ou plutôt comme objet de convoitises et de richesses nationales ? La Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), signée à Montego Bay en 1982 et entrée en vigueur en 1994 après de longues négociations, symbolise ce tiraillement : elle est un compromis entre les tenants de la libre-navigation et les défenseurs des souverainetés littorales. Aujourd’hui, les libéraux voient dans les mers et océans le support d’un monde fluide et mondialisé. La menace ne viendrait plus uniquement des États mais aussi des catastrophes naturelles et des nouveaux brigands ou pirates qui perturbent les échanges commerciaux. Mais pour les réalistes, l’ennemi peut encore être l’État voisin et ses agents qui viennent piller les ressources naturelles : halieutiques ou énergétiques.
Illustration de cette ambivalence, les marines nationales balancent entre deux modèles mis en lumière par Geoffrey Till (2013) dans son ouvrage de référence sur le Seapower. Le professeur émérite de King’s College distingue les marines modernes et post-modernes. Selon sa grille d’analyse, les secondes répondent davantage aux « nouvelles menaces post-Guerre froide ». Dans ce cadre, lutte contre la piraterie et aide humanitaire apparaissent au premier rang des missions confiées aux marins ; la coopération ainsi que la mutualisation des moyens demeurent en l’espèce les maîtres-mots et les côtes deviennent leur champ d’action privilégié. A l’inverse, les marines modernes sont encore habitées de visées océaniques. Elles doivent offrir tout le panel des bâtiments afin de faire face à toutes les menaces, étatiques ou pas. Dans ce cas, chaque État peut être considéré comme un rival.
Certes, la tendance est aujourd’hui à célébrer la mondialisation et avec elle, la maritimisation des échanges. Mais au regard de l’actualité en Crimée, de l’attention portée autour de la base de Sébastopol et de la chasse actuelle aux bases navales – formelles ou pas – de la part des Russes (en Asie et en Amérique latine), des Américains (suite au « rééquilibrage » en Asie), voire des Chinois, faut-il définitivement tourner la page du réalisme océanique ? En opposition à l’interdépendance et aux coopérations souvent mises en avant, ne faut-il pas rappeler que les tensions inter-étatiques prennent, elles aussi, la mer ? Le fait que les budgets des marines soient les moins touchés par les baisses de moyens alloués aux armées aurait tendance à appuyer cette hypothèse. En témoignent les choix du Pentagone de maintenir une flotte de 11 porte-avions malgré la réduction du budget de la Défense de 75 milliards de dollars en 2014 et 2015.

Les principales flottes militaires

source : Flottes de combat 2012

Dans ce contexte à la fois maritime et post-Guerre froide, quels paraissent être le poids et les (nouveaux) rôles des marines aussi bien des grandes puissances que des États émergents : confirment-elles ou non la vision libérale d’un monde globalisé et interdépendant ? Si tel semble être le cas au premier abord, il faudra lucidement souligner les ressorts réalistes des démarches a priori post-modernes avant de confirmer cette tendance par le souci indépassable de la protection de la souveraineté, en l’occurrence côtière [1].


1. Des marines dynamisées par les défis post-Guerre froide des relations internationales

Si les catastrophes naturelles et les trafics divers n’ont jamais cessé, la piraterie signe son retour depuis la fin de la Guerre froide : après avoir frappé l’Asie orientale puis la Somalie, elle est de nouveau très présente en Asie du Sud-Est. Avec 106 attaques recensées, contre 15 en 2009, l’Indonésie est redevenue en 2013 le pays le plus touché par les abordages (effectifs ou tentés), devant le Nigéria ciblé à 31 reprises, contre 29 en 2009 d’après le Bureau maritime international (BMI). En Somalie et dans le golfe d’Aden, au contraire, 13 bateaux ont été attaqués contre 197 quatre ans plus tôt. Aux 14 décès dus aux pirates en 2011-2012, s’ajoutent tous les marins pris en otages : 585 en 2011 et 802 en 2012 dans le monde. Pour les armateurs, le risque est de voir certaines zones classées « risque de guerre », ce qui augmenterait les coûts de défense et les primes d’assurance.

La piraterie maritime dans le monde en 2013

Source : Bureau maritime international

Attaques de pirates tentées et effectives
  2003 2005 2007 2009 2010 2011 2012 2013

Total mondial

445 276 263 410 445 439 297 264

Somalie et golfe d'Aden

21 45 44 196 192 197 62 13

Indonésie

151 98 53 15 40 46 81 106

Détroit de Malacca

28 38 7 2 2 1 2 1

Détroit de Singapour

2 8 3 9 2 11 6 9

Nigeria

39 16 42 29 19 10 27 31

Source : Bureau maritime international

Afin de faire face, le droit international sait offrir les outils nécessaires à la lutte internationale contre ce fléau – sans oublier les autres tels la contrebande, le terrorisme maritime et la pollution (dégazage, marée noire). Outre l’article 105 de la CNUDM qui accorde sous certaines conditions une compétence universelle en haute mer pour l’interpellation des pirates, des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies ont été adoptées pour augmenter la marge de manœuvre des marines : résolutions 1814, 1816 et 1851 en 2008 à propos de la Somalie et résolution 2018 en 2011 à propos du golfe de Guinée. Quant au droit communautaire (européen), dans le cadre de la Politique de défense et de sécurité commune (PDSC), il a permis le déploiement d’une force navale européenne aux trousses des pirates somaliens.
Cette double tendance – montée des menaces et hausse de la coopération – se retrouve ainsi dans divers domaines.


1.1. Lutte contre la piraterie

C’est de plus en plus par ce biais que les marines veulent signaler leur raison d’être, au moins aux yeux du grand public. Les déploiements de force sont multiples. Tout a commencé dans le détroit de Malacca. A défaut d’initiatives régionales ou sous la pression d’une possible intervention américaine en 2004, les États riverains ont d’abord mis en place des patrouilles navales, puis aériennes en 2005 avant d’avancer dans le partage d’information en 2006. En point d’orgue, une organisation régionale rassemblant police maritime et garde-côtes a été créée en 2006 dans le cadre de l’accord de coopération régionale pour combattre la piraterie et le banditisme maritime (Regional Cooperation Agreement on Combating Piracy And Armed Robbery against Ships in Asia – ReCAAP). A suivi en 2009 l’Information Fusion Centre (IFC), basé à Singapour et animé par des officiers de liaison d’États partenaires.

Piraterie maritime dans le détroit de Malacca

Des pirates en stand by, entre deux attaques, se livrent à une reconstitution dans le détroit de Malacca, en 2009. La piraterie et le banditisme maritime incarnent les nouvelles menaces auxquelles doivent faire face les marines contemporaines.

La lutte anti-piraterie en Asie du Sud-Est

Source : É. Frécon, 2011
Plusieurs formes de coopération internationale ont été mises en place depuis 2004 dans le but de lutter contre la piraterie et le banditisme maritime.

Se gargarisant de leur succès – temporaire – dans le détroit de Malacca, les Asiatiques ont proposé leurs services et modèle aux Africains de l’Est. Ceux-ci ont tenté de s’organiser dans le cadre du Code de conduite de Djibouti en 2009. Mais c’est surtout l’Union européenne, plus que l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) via son opération Ocean Shield, qui a sonné la chasse aux pirates. En 2008, ses forces navales (EU NAVFOR) ont lancé leur première opération (Atalanta), renouvelée depuis. Les Américains n’ont pas été en reste en initiant leur Combined Task Force (CTF) 151 auxquels se sont joints plusieurs marines. Singapour - encore elle - a ainsi commandé, à déjà trois reprises, cette coalition anti-pirate. Enfin, d’autres États ne veulent pas demeurer à l’écart de ce déploiement de bonne volonté – et de forces. Chine, Inde, Iran et Russie, parmi d’autres, traquent aussi les pirates, d’ailleurs de moins en moins nombreux : quatre incidents ont été rapportés lors du premier trimestre 2014 au large de la Somalie et du golfe d’Aden selon le BMI. Tous essayent de coordonner leurs actions dans le cadre du SHADE (Shared Awareness and Deconfliction).

Dans le golfe de Guinée, la coopération est embryonnaire. Certes, le Centre régional de la sécurité maritime de l’Afrique centrale (CRESMAC) à l’ouest, a été inauguré par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en février 2014 [2] mais on attend que l’Afrique occidentale prenne le relais via la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour l’heure, sur le même modèle que le projet CRIMARIO (Critical Maritime Routes in the Indian Ocean) dans l’océan Indien, CRIMGO (Critical Maritime Routes in the Gulf of Guinea) s’organise dans le golfe de Guinée, toujours sous l’impulsion de Bruxelles.
 

1.2. Lutte contre les trafics

Si la lutte contre la piraterie apparaît telle la face émergée de l’iceberg sécuritaire, les marines du monde restent mobilisées contre divers trafics. Ainsi en est-il de la lutte contre l’immigration clandestine non seulement en Méditerranée mais aussi au large de l’Afrique dans le cadre de FRONTEX (European Agency for the Management of Operational Cooperation at the External Borders of the Member States of the European Union), officiellement mise en place en 2004. L’OTAN, quant à elle, veille contre le trafic d’armes en mer Méditerranée par le biais de l’opération Active Endevour depuis le 11 septembre 2001. Enfin, les marines – côté français – mais aussi les garde-côtes et polices maritimes chassent les trafiquants de drogue dans la « méditerranée » [3] caraïbe au gré des opérations NARCOPS. Comme dans le cadre de la piraterie avec la loi du 5 janvier 2011, la législation française s’adapte aux exigences de la lutte contre le narcotrafic en dotant les commandants de bord ou de bâtiments de la Marine nationale des compétences d’officiers de police judiciaire. Surtout, les pays riverains coopèrent sous l’égide du Joint Interagency Task Force-South (JIATF-S), basé en Floride, pour faciliter les poursuites transfrontalières dans cette région particulièrement morcelée.

Immigration clandestine en Indonésie

Des immigrés clandestins embarquent à la nuit tombée depuis une île indonésienne de l’archipel des Riau, avant de rejoindre la Malaisie. Le coût de la traversée : un salaire minimum mensuel local, soit environ 50 euros (en 2007).

Narcotrafic en Équateur

Un sous-marin de trafiquants de drogue repéré en Équateur en 2010. Les trafics illicites défient les marines, dès lors confrontées à des missions non plus seulement militaires mais aussi de police.

1.3. Aide humanitaire

A l’heure des nouveaux médias, des chaînes d’information continue et de l’explosion du tourisme, impossible de ne pas s’émouvoir des drames humanitaires, même lointains. Aussi est-ce – entre autres – pour cette raison que sont apparus de nouveaux types de navires – comme les bâtiments de projection et de commandement (BPC) – de la classe Mistral. La France en dispose de quatre et a maintenu ses ventes de deux unités à la Russie, malgré la crise ukrainienne. Ces impressionnants bâtiments polyvalents peuvent porter assistance aux populations civiles en se transformant en hôpital de campagne s’il le faut.

Lors du tsunami de 2004 au large de Sumatra, Américains mais aussi Français se sont rapidement positionnés sur place. Il s’agissait du plus important déploiement naval depuis la fin de la guerre du Vietnam.

Bâtiment de projection et de commandement

Le BPC Dixmude (L9015) dans la baie de Jounieh au Liban en 2012. Le BPC est à la fois un centre de commandement, un porte-hélicoptères, un transport de troupes et de matériels d'assaut amphibie, un hôpital embarqué  et un bâtiment apte à toutes opérations humanitaires d’envergure.
Visite immersive dans un BPC sur le site de la Marine nationale (nouvelle fenêtre).

1.4. Lutte contre le terrorisme

Parmi les menaces post-Guerre froide, le terrorisme reste l'une des plus redoutées. Sa variante maritime n’a guère connu de prolongements depuis les prises d’otages de l’Achille Lauro (1985) et du City of Poros (1988). Après les attentats du 11 septembre 2001, il a été évoqué différents scénarios par les tenants de la guerre contre le terrorisme : chimiquiers transformés en bombe flottante, échouages volontaires, attaque contre des bâtiments militaires en escale, etc. Parmi les personnages œuvrant dans l’entourage de Ben Laden et d'Al-Qaïda, Al Nashiri aurait été en charge du volet maritime du Jihad armé mondial ; à bientôt cinquante ans, il est aujourd’hui l’un des seize prisonniers les plus sensibles de Guantanamo.
En réponse à cette menace en mer, les États-Unis ont lancé la CTF 150 au large de la péninsule arabique et des alertes ont été épisodiquement lancées, comme celle depuis l’IFC en mars 2010. En France, des exercices annuels se tiennent sur le thème de l’anti-terrorisme, associant commandos de la Marine et GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale), alternativement au large de la Méditerranée (exercice Esterel) ou de la Bretagne (exercice Armor).

Toutes ces initiatives sur les différents fronts sécuritaires séduisent et rassurent aussi bien les médias que l’opinion publique. Toutefois, leur succès se révèle très relatif. Les pirates se déplacent au gré des patrouilles : du détroit de Malacca à celui de Singapour, du Nigéria au Bénin ou au Togo, du golfe d’Aden à l’océan Indien. Les racines socio-économiques du fléau demeurent dans la plupart des cas, malgré les efforts européens en Somalie. Par ailleurs, à Mumbai, en novembre 2008, les terroristes ont rappelé au monde qu’ils pouvaient avoir le pied marin en venant depuis la côte pour attaquer les plus emblématiques bâtiments de la ville.

Quant aux trafics et à l'immigration clandestine par la mer, ils perdurent comme en témoignent les drames à répétition au large de Lampedusa. Surtout, on va le voir, les menaces sont parfois relatives et les outils des marines souvent limités. À croire que la priorité serait en réalité ailleurs : dans la sauvegarde des intérêts nationaux et non dans la protection des biens « communs ».

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2. Les desseins cachés des opérations post-modernes : vers un discret retour du réalisme

Complément 1 : Évolution de la doctrine stratégique : quelques repères

La maritimisation couplée aux contraintes budgétaires a signé la victoire du juriste Julian Corbett (1854-1922) sur l’amiral Alfred Mahan (1840-1914). L’important pour les États n’est plus de vaincre son ennemi dans une bataille décisive pour la maîtrise totale des océans mais de contrôler les points de passage, notamment les détroits. À cette fin, la lutte contre les menaces susmentionnées constitue d’intéressantes opportunités pour se positionner le long de ces côtes qui deviennent, de façon générale, bien plus stratégiques que la haute mer ; il n’est qu’à voir les efforts conduits en particulier par les marines émergentes pour acquérir en priorité des patrouilleurs légers et rapides. Plus généralement, tous les efforts de patrouilles coordonnées – et non conjointes [4] – ainsi que les opérations multinationales s’inscrivent dans un cadre plus large de la diplomatie navale. Celle-ci a été remise en lumière par Hervé Coutau-Bégarie (1956-2012), en tant qu’élément central de la Defence Diplomacy (diplomatie de défense). Ce concept de plus en plus en vogue inclut toutes les actions à portée diplomatique menées avec des équipements militaires. De la sorte, il s’agit pour les États d’œuvrer indirectement, sans mener de combats frontaux, pour satisfaire leurs propres intérêts en contrôlant autant que possible les points de passage stratégiques, à commencer par les détroits ou « méditerranées » aussi bien euro-arabe que caraïbe ou est-asiatique.

Le canal de Panama

Transit du Kentuckian dans le canal de Panama, peu après son ouverture en 1914. Un siècle plus tard, des travaux d’élargissement permettent d’accueillir des navires de plus en plus imposants. Si les États-Unis ont quitté le Panama en 1999, la Chine prépare le creusement d’un canal plus au nord, au Nicaragua ; les grandes puissances ont toujours été soucieuses du contrôle des points de passage.

2.1. Le levier pirate pour surveiller et s'entraîner

Le banditisme maritime et la piraterie constituent une menace véritable mais peut-être inversement proportionnelle aux moyens déployés. Rapporté au trafic maritime – environ 20 000 bateaux par an dans le golfe d’Aden, sans doute quatre fois plus dans le détroit de Malacca –, le nombre d’attaques en ces lieux parait dérisoire. La (mal)chance de devenir une cible de ces malfrats est de l’ordre du millième. De même, on a regretté deux décès suite à des abordages en 2013, mais ce chiffre  demeure très inférieur au nombre annuel de marins pêcheurs disparus dans l’exercice de leur activité [5]. Le zèle déployé doit être sans doute être expliqué par d’autres éléments.
Outre les Chinois qui ont trouvé au large de la Corne de l’Afrique un terrain d’entraînement en haute mer, loin de leurs bases navales, les Américains ont accompagné leurs initiatives anti-pirates d’une part, de dons de radars en Indonésie (Integrated Maritime Surveillance System) pour une valeur de 57 millions de dollars, et d’autre part, de l’offre de patrouilleurs à la police maritime indonésienne, de programmes d’entraînements et – surtout ? – de partage de renseignement. Lancée dans le détroit de Malacca par l’ICITAP (International Criminal Investigative Training Assistance Program), cette dernière démarche a été reprise à la sortie du détroit de Makassar, non loin du verrou de Balabac, à l’extrême sud-ouest des Philippines, principal sas de sortie des sous-marins chinois, depuis leur base d’Hainan (cf. infra). Dans le golfe de Guinée, la France a désormais positionné en permanence sa mission Corymbe qui veille indirectement sur la piraterie… et pas seulement. Même Singapour, en prenant à trois reprises le commandement de la CTF 151, avait sans doute à l’esprit, certes la lutte contre la piraterie, mais aussi la recherche d’un statut de puissance émergente.
 

2.2. La lutte contre les trafics en guise d’érection des forteresses nationales
Le combat contre les trafiquants illustre plus que tout, en mer, le schéma entre Empire et nouveaux barbares tel que présenté par Jean-Christophe Rufin à la sortie de la Guerre froide. Pour les États, la priorité est de se prémunir de l’arrivée de clandestins ou de produits de contrebande. Aussi n’est-ce pas un hasard si la Marine nationale a développé le concept de sauvegarde maritime dans les années 2000 afin d’élargir son spectre d’activité autrefois ciblé sur les seules menaces étatiques. Dans cet esprit, « la chaîne des 59 sémaphores a repris une place importante dans le dispositif de surveillance des côtes pour assurer une veille littorale permanente » [6]. L’échouage de l’East Sea, un navire chargé de 908 réfugiés kurdes, en 2001 dans le Var, a souligné avec insistance l’urgence de la situation.

Les 59 sémaphores du territoire métropolitain

Source : Marine nationale

À ces missions de police des mers doivent s’ajouter la lutte contre les dégazages illégaux ainsi que les rejets à la mer de déchets toxiques. À nouveau, bien qu’il s’agisse d’une menace transnationale, d’un « bien commun de l’humanité » (la mer) à préserver et d’un symbole de l’interdépendance issue de la mondialisation, au même titre que le réchauffement climatique, la question prend une toute autre ampleur au large des côtes nationales, par exemple dans le cas de l’Erika en 1999 et du Prestige en 2002. La situation au large de la Somalie, où des déchets auraient été versés en mer, fit l’objet d’une moindre préoccupation internationale, tandis qu’en France, la législation a su s’adapter en désignant un juge spécialiste de ces questions au sein de la section économique et sociale du pôle économique et financier du Tribunal de grande instance de Paris. De plus, il a été mis en place par décret une Zone de protection écologique (ZPE), en 2004, en mer Méditerranée. Comme pour la piraterie, derrière d’apparentes solidarités et coopérations contre des menaces jugées communes, surgissent des priorités nationales.
 

2.3. La possible instrumentalisation de la menace terroriste

La lutte contre le terrorisme peut devenir la condition sine qua non de la survie de l’État. Il ne s’agit plus de coopérer afin de pourchasser des anarcho-nihilistes d’un nouveau genre mais de défendre le territoire. Ce fut le cas pour le Sri Lanka qui a dû faire face à de violentes attaques navales de la part des Tigres tamouls du LTTE (Liberation Tigers of Tamil Eelam ou Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul) qui luttaient pour l’autonomie, voire l’indépendance, de la minorité tamoule. Il a finalement fallu attendre une stratégie de contre-insurrection de la part du gouvernement de Colombo pour couper les SeaTigers tamouls de leurs bases arrière et stopper les attaques-suicides ou en essaim dont ils s’étaient fait la spécialité.
En parallèle, il arrive que des menaces terroristes soient montées de toutes pièces pour offrir des prétextes de choix en vue d’interventions à l’étranger. En 2004, les Américains ont ainsi songé envoyer des marines dans le détroit de Malacca. Cette proposition de l’amiral Fargo était relayée à Singapour par des chercheurs qui anticipaient sur une hypothétique collusion entre pirates et terroristes ; c’était alors l’heure de la guerre contre le terrorisme. En mars 2010, une nouvelle alerte contre le terrorisme fut émise par Singapour, sans qu’encore aucune suite ne lui soit donnée, du fait de l’incongruité de la menace (cf. supra).
Au lieu de déployer des bâtiments, des hommes en armes ou du matériel, il reste possible pour les marines d’envoyer des officiers de liaison. Les grandes puissances navales sont ainsi représentées au sein de l’Information Fusion Centre à Singapour. Cette structure en charge de la sécurité et de la sûreté aux abords de l’océan Indien et des détroits malais pourrait bientôt être répliquée sur d’autres zones du globe.
 

2.4. Le cas des opérations humanitaires pour montrer le pavillon

Plus que la lutte contre la piraterie, les trafics ou le terrorisme, l’opération humanitaire est censée promouvoir l’idée d’un ordre libéral dans lequel, n’en déplaise à Thomas Hobbes, l’homme ne serait pas un loup pour l’homme. Pourtant, même ces opérations peuvent être intéressées. Il peut tout d’abord s’agir de protéger en priorité ses ressortissants, au-delà du drame qui se noue pour les populations locales. C’est ainsi que les Britanniques avaient déployé huit navires au large de la Sierra Leone en 2000 dans le cadre de l’opération Pallister tandis que l’Australie s’était mobilisée au large du Timor oriental en 2006. Les marines deviennent ainsi les garantes de la sécurité des ressortissants en outre-mer. L’enjeu est de taille et devient avant tout national. On comptait deux millions de Français vivant en-dehors du territoire national en 2013.

Outre ces légitimes préoccupations, l’offre humanitaire peut rapidement se transformer en signal diplomatique. Ainsi en a-t-il été lorsque la Chine n’a envoyé aux Philippines, suite au typhon Haiyan en 2013, qu’un soutien inférieur à celui de la société Ikea ; objet d'indignation, l’aide fut ensuite réévaluée. En dehors de ces crises et tensions, l’action humanitaire peut user de ressorts plus positifs pour correspondre aux intérêts nationaux. C’est ainsi que la Chine et les États-Unis disposent de navires-hôpitaux. Peints en blanc, avec une immense croix rouge, ils multiplient les escales pour proposer des campagnes de vaccination, des opérations de reconstruction, etc. On touche en l’espèce au cœur de la diplomatie navale. Washington l’a compris en multipliant les opérations de ce type, souvent annuelles : Pacific Partnerships depuis 2006 et Africa Partnerships Station depuis 2007. En Chine, c’est au Peace Arch que reviennent ces missions de promotion de la générosité chinoise.
L'US Pacific Partnership

Le navire-hôpital américain USNS Mercy en escale au Timor oriental, en 2008, dans le cadre de la mission annuelle Pacific Partnership : un exemple de la diplomatie de défense des États-Unis.

En résumé, les approches a priori post-modernes des marines nationales contre ceux qui apparaissent comme ses ennemis communs, en mer, n’éludent pas des considérations modernes, guidées uniquement par l’intérêt national. Le long de ses côtes ou plus au large, l’acteur étatique rappelle La chatte métamorphosée en femme de La Fontaine : « Qu’on lui ferme la porte au nez, / Il reviendra par les fenêtres. » Aussi la dimension réaliste des marines ne doit-elle pas être mésestimée. Au-delà de ces prétextes disponibles, de ces opportunités offertes ou de ces manœuvres détournées, c’est aussi plus directement que les marines s’invitent régulièrement sur la scène internationale pour la préservation des intérêts strictement nationaux.

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3. Le poids constant de marines multiformes pour la protection stricte de la souveraineté

Les critères de puissance ne se situent pas qu’à terre : le contrôle des voies maritimes et des ressources naturelles – dont environ 22 % seraient offshore – se révèlent cruciaux. Les câbles sous-marins, sur lesquels travaillent de plus en plus les think tanks, ne doivent pas être oubliés : c’est par ce biais que l’on a appris, fin 2013, que Singapour espionnait ses voisins malaisiens et indonésiens. De même, le relief sous-marin peut devenir un facteur de puissance. Comme la Russie le fait en mer d’Okhotsk, la Chine populaire veille par exemple sur son bastion de la mer de Chine méridionale, aux abords de sa base de Hainan, pour y envoyer ses sous-marins à travers les fosses très profondes voisines des Spratleys. C’est pour s’assurer de leurs sorties en toute discrétion, vers les océans Pacifique ou Indien, que Pékin cherche à étendre son influence autour des îles des mers de Chine du Sud ou de l’Est. A ce titre, le verrou de Balabac, entre le Sabah oriental et le sud des Philippines s’avère stratégique. Profond et situé à l’entrée du détroit de Makassar, il est amené à devenir une autoroute sous-marine, une fois que le détroit de Malacca sera saturé et surtout, que tous les sous-marins de la région seront opérationnels.
Le relief sous-marin en Asie du Sud-Est : des enjeux stratégiques

Source : Flottes de combat 2012

Pour maîtriser ces enjeux par le biais de leurs marines, les États peuvent s’appuyer sur la Convention de Montego Bay ; bien que laissant des portes ouvertes pour des passages a priori « en transit » ou « inoffensif » au plus près des côtes, la plupart des articles se veulent protecteurs des États riverains. Or, parfois, l’ambigüité prévaut. Le cas le plus symptomatique demeure celui des ZEE (Zones économiques exclusives), régies en partie par un article 58 particulièrement flou. Alors la mer pourrait-elle (re)devenir le terrain d’affrontement des marines ? Sans doute, la loi du plus fort pourrait à nouveau s’y imposer. Pyongyang l'a bien compris en torpillant la corvette sud-coréenne Cheonan en 2010 et en tirant depuis la côte contre un autre bâtiment sud-coréen en mai 2014. Il faut dire que, loin des côtes, comme le rappelle l’amiral Vichot, médias et civils se font plus rares. Les marges de manœuvre y sont-elles alors plus grandes pour les marines ?

Complément 2 : la ZEE et les droits des États
3.1. Protection du territoire : dénis d’accès en cascade

En fonction de leurs moyens et objectifs, les marines peuvent opter :
- soit pour des stratégies de projection afin d'aller veiller aux intérêts lointains et issus de l’interdépendance complexe post-Guerre froide : protection des ressortissants à l'étranger, libre-circulation du commerce maritime, prises de renseignements en territoire ennemi par des forces spéciales amenées par sous-marins, exfiltrations par la mer confiées à des commandos, etc.
- soit pour une stratégie de déni d’accès (sea denial), fondée sur la protection ou la contestation.
Si la première est l’apanage des grandes puissances anciennement coloniales, cette dernière option du déni d’accès est particulièrement en vogue chez les marines émergentes et dans les États nouvellement indépendants. C’est par exemple le cas des Iraniens qui veillent sur le golfe Arabo-persique à l’aide de bâtiments légers et de sous-marins capables de plonger à faible profondeur. Début 2012, Téhéran avait alimenté la psychose d’une fermeture du détroit d’Ormuz. Si celle-ci est techniquement envisageable, elle ne serait pas soutenable sur la durée.
Il en va de même en mer de Chine méridionale, où la Chine a fait le choix du déni d’accès, obligeant les États-Unis à adapter leur doctrine militaire. En réaction, les États riverains emboîtent le pas. S’appuyant sur les théories de la guerre navale dans des eaux resserrées, ils s’appuient sur des batteries de missiles côtières, des bâtiments légers et rapides fabriqués par l’industrie locale, des mines et des sous-marins – de plus en plus nombreux pour contrer un éventuel déploiement chinois.
 

3.2. Protection des ressources : patrouilles tous azimuts
Les défis posés aux intérêts nationaux étant multiformes, les marines ont le devoir de lutter elles-mêmes contre les acteurs non-étatiques malveillants. Le déni d’accès doit donc parfois s’entendre au sens large et pas uniquement contre des États. Outre les équipes de protection embarquées de la Marine qui sont postées sur les thoniers français en océan Indien afin de dissuader les pirates, c’est aussi à la Marine nationale que revient plus largement la protection des zones de pêche. Sur la deuxième zone économique exclusive du monde, avec un nombre limité de frégates, la tâche devient de plus en plus compliquée pour la France. Malgré tout, en septembre 2013, le Nivôse a par exemple intercepté deux bâtiments dans la ZEE d’Europa, une des îles éparses françaises du canal du Mozambique : l’un, singapourien, recherchait du pétrole, tandis que l’autre, norvégien, était en train de l’escorter.
Parc éolien en mer du Nord

Éoliennes de 184 mètres de haut (ailes incluses) au large de la Belgique, en Mer du Nord. Les marines sont en charge de la défense des ressources au large des côtes : ressources halieutiques, ressources en hydrocarbures et énergies renouvelables.

3.3. Protection des intérêts vitaux : indémodable dissuasion nucléaire

La question du déni d’accès des zones de pêche et des ZEE rappelle celle du nucléaire. A l’heure des disputes territoriales, sans qu’elles soient vitales, et des protections des ressources énergétiques ou halieutiques, quelle est la place de la dissuasion dans le contexte post-Guerre froide en général et en mer en particulier ? La France maintient sa dissuasion en s’appuyant essentiellement sur ses quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). Des patrouilles sont assurées en continu depuis 1972. L’investissement n’est pas négligeable, en termes de budget autant que de ressources humaines : les femmes sont d’ailleurs à présent autorisées à participer à des missions pour compléter les équipages. Certes, Paris trouve ainsi en mer un tremplin vers le statut de grande puissance, en étant la seule avec Washington à maîtriser de manière fiable l’ensemble de la technologie des SNLE. Mais n’est-ce pas au détriment d’autres enjeux plus immédiats bien que moins impactants, comme la pêche illégale ?

Sous-marin nucléaire d'attaque français

Le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Rubis, en 2005. Ces sous-marins sont souvent en charge des missions les plus délicates et les plus secrètes, souvent derrière les lignes ennemies. Au contraire, les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) évitent l’accrochage et privilégient la discrétion, loin des zones sensibles, pour porter le feu nucléaire en toute sécurité.

En attendant, Chine, Inde et France travaillent sur leurs missiles à longue portée, afin de ne plus dépendre des distances. L’Inde, par exemple, aurait encore du mal à toucher les zones industrielles et de peuplement chinois, à l’est du pays. Avec son prochain sous-marin, elle le pourrait davantage.
Pour répondre à ces menaces venues du fond des mers, la lutte anti-sous-marine se développe, en particulier le marché du sonar. De même, on a vu un bâtiment américain se déployer en Méditerranée en février 2014 afin de contribuer à la mise en place du bouclier anti-missile.


3.4. Les nouveaux agents étatiques
Ainsi les marines participent-elles au grand jeu nucléaire en plus du simple déni d’accès. En outre, des forces de l'ordre non-militaires tentent de s’adapter aux « nouvelles menaces » pour satisfaire aux nouveaux critères de puissance. À l’opposé du jeu nucléaire, des agents administratifs suppléent parfois les marines nationales ou apportent leur concours. Ce peut être le cas des autres administrations françaises – douanes, affaires maritimes, etc. – dans le cadre de l’Action de l’État en mer (AEM). De même, la Chine envoie souvent des bateaux non-militaires en mer de Chine méridionale afin d’y affirmer sa souveraineté : ce fut à nouveau le cas, le 3 juin 2014, lorsque des garde-côtes chinois ont arrosé au canon à eau – et endommagé – un navire vietnamien dans des eaux contestées. Les missions des navires scientifiques chinois qui visitent les eaux glacées de l’Arctique ou de l’Antarctique pourraient s’inscrire à leur tour dans cette diplomatie navale qualifiée de coercitive par Geoffrey Till.
Chine et océan Arctique

Mission scientifique chinoise Chinare, dans l’océan Arctique, durant l’été 2010. La Chine porte une grande attention à cette zone, possible voie maritime à long terme. En mai 2013, la Chine a obtenu le statut d’observateur au Conseil de l’Arctique. Ce Conseil compte à présent huit membres, les États riverains, ainsi que quatorze observateurs, dont la France.

En sus, parce que les enjeux sont de plus en plus économiques, les marines se retrouvent souvent à travailler de conserve avec les industriels, en mer comme à terre, et avec les attachés de défense par exemple. On les retrouve dans les grands salons annuels comme celui de l’IMDEX (International Maritime Defence Exhibition) à Singapour ou du NAVDEX (Naval Defence Exhibition) aux Émirats arabes unis. En plus de la protection des approches maritimes et des recherches scientifiques, la promotion du savoir-faire industriel ne peut être négligée. Enfin, les missions des bâtiments-écoles participent de cette Defence Diplomacy. Bien que sur un autre mode que celui conventionnel ou nucléaire, il s’agit à nouveau d’œuvrer pour le pays.


Conclusion

Surfant sur la vague de la mondialisation et de la maritimisation des échanges, les marines nationales pèsent sur les relations internationales, par le biais de bâtiments, d’officiers de liaisons, d’attachés de défense, d’industriels et de partenaires : douaniers ou garde-côtes. Si elles semblaient au premier abord incarner une lecture du monde chère aux libéraux, elles sont renvoyées de plus en plus aux mains des réalistes par les impératifs de souveraineté nationale. En conséquence, aux marines limitées en bâtiments mais privilégiant leurs équipements à bord ou certaines spécialisations, les dirigeants préfèrent encore les forces navales composées de nombreuses et diverses unités, quitte à ce que celles-ci soient moins sophistiquées.
Néanmoins, peu à peu et en guise de synthèse, ne se profile-t-il pas un défi organisationnel des marines, outil militaire employé dans des opérations de police ? La France aurait-elle trouvé la solution à travers l’Action de l’État en mer qui recouvre toutes les forces impliquées dans le maintien de l’ordre public en mer, dont des officiers de la Marine également capables de jouer les officiers de police judiciaire ? Toutes les marines pourront-elles couvrir ce très large spectre de missions, du policier au militaire ? En parallèle, les marines risquent-elles de se faire dépasser par d’autres acteurs, telles les sociétés de sécurité privées, déjà très actives au large de la Somalie, en attendant que le législateur français encadre davantage leurs activités en 2014 ?
Une certitude demeure : la nécessité de fixer la ligne bleue, non plus celle des Vosges mais des océans. Ce monde dit du silence nous envoie des messages à propos de la scène internationale post-Guerre froide. Il mérite une attention soutenue.

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Notes

[1] Ces propos n’engagent que leur auteur.

[2] Les armateurs espéraient que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) suive le mouvement pour faire de même en Afrique occidentale.

[3] Sur le concept de « méditerranée », voire notamment les travaux de Fernand Braudel, Yves Lacoste et Denys Lombard ainsi que : Gipouloux, F., 2009. La Méditerranée asiatique. Villes portuaires et réseaux marchands en Chine, au Japon et en Asie du Sud-Est, XVIe-XXIe siècle. Paris, CNRS éditions, 480 p.

[4] Les premières s’effectuent chacun chez soi mais en liaison avec les voisins, tandis que les secondes se font de concert, à travers les frontières.

[5] Environ 70 au début des années 2000 ; Duchenet, B. 2002. « Réalité de la menace et perspectives de lutte ». Bulletin d’études maritimes, 24 (p. 60-62).

[6] Boyer, A., Branger, J.-G., 2005. L’Action de l’État en mer, Rapport d’information fait au nom de la commission des affaires étrangères. Paris, Sénat, n° 418, 48 p.


 

Ressources bibliographiques :

Ouvrages de référence :
  • Coutau-Bégarie, H., 2010. Le meilleur des ambassadeurs – Théorie et pratique de la diplomatie navale. Paris, Economica, 384 p.
  • Lorgeoux, J., Trillard, A., 2012. Maritimisation : la France face à la nouvelle géopolitique des océans, Rapport d’information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Paris, Sénat, n° 674, 226 p.
  • Till, G., 2013 (3e édition). Seapower : A Guide for the Twenty-First Century. Londres, Routledge, 432 p.
Pour aller plus loin :

 

Sitographie :

 

Êric FRÊCON,
Enseignant-chercheur, École navale

conception et réalisation de la page web : Marie-Christine Doceul,

réalisation cartographique : Hervé Tronchère

pour Géoconfluences, le 30 juin 2014

Pour citer cet article :

Éric Frécon, « Les marines nationales, définitions et redéfinitions de leurs missions dans le monde, après la Guerre froide  », Géoconfluences, 2014, mis en ligne le 7 juillet 2014
URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/oceans-et-mondialisation/articles-scientifiques/les-marines-nationales

 

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