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Océans et mondialisation

Visiter un aquarium marin

Publié le 07/07/2014
Auteur(s) : Marie-Christine Doceul, responsable éditoriale, ENS LYON / DGESCO

Visiter un aquarium n'est pas en France une habitude aussi forte qu'aux États-Unis ou au Japon, par exemple. La visite d’un aquarium est rarement suivie d’une autre, sur la base de la croyance que tous les aquariums se ressemblent. Environ 40 aquariums marins ou partiellement marins sont ouverts au public en France. Leur fréquentation, marquée par une forte saisonnalité (juin à août), ne dépasse pas le million de visiteurs par an et par site, à l’exception très particulière du Marineland d’Antibes qui est d’abord un parc d’attractions avant d’être un aquarium.
Les trois quarts des aquariums marins se situent le long des côtes métropolitaines et ultramarines. La carte de localisation fait apparaître des concentrations sur le littoral breton et le littoral languedocien, mais aussi une rareté sur le littoral aquitain et corse. A l’intérieur du territoire, les métropoles de Paris et de Lyon possèdent des aquariums marins, alors que la ville de Marseille en est dépourvue malgré sa situation littorale, mais un aquarium géant sur le modèle de Gênes ou de Barcelone est au stade de projet depuis 2013.

Localisation et fréquentation des aquariums marins en France


Aquarium et mission pédagogique

Le rôle d'un aquarium est non seulement de présenter des espèces marines aux visiteurs, mais aussi d'être un lieu de médiation entre la science et le grand public.Ils affichent un souci d'éducation à la gestion des ressources vivantes de la mer et à ce titre, proposent tous un accueil des élèves, mais leurs actions pédagogiques sont plus ou moins solides.

  • Les aquariums les plus anciens : Concarneau (1859), Arcachon (1866), Banyuls-sur-Mer (1882), Monaco (1910), Porte Dorée (1931), Biarritz (1933), Roscoff (1952) ont été créés par des institutions à vocation scientifique et pédagogique : stations biologiques, Universités, Ministère de la Culture, Museum d'histoire naturelle. Beaucoup continuent à travailler de conserve avec des instituts de recherche, c'est le cas en particuler du Musée océanographique de Monaco. L’accueil du public et en particulier du public scolaire y est une mission d’origine.
  • Les grands aquariums plus récents, souvent d’initiative privée, ont des logiques d’abord commerciales parfois lisibles dans leur nom, ainsi l’Aquashow d’Audierne. Certains appartiennent à des entreprises de loisirs comme l’Aquarium de Lyon racheté par le groupe espagnol Aspro-Ocio qui possède aquariums et parcs de loisirs dans plusieurs pays européens. La mission d'éducation y est secondaire par rapport à la marchandisation du vivant des mers du monde.
L'aquarium de Lyon, une offre ludique d'un groupe de loisirs
Un aquarium du groupe Aspro

Dans le hall d'entrée, il est fait référence à la chaîne de parcs aquatiques de loisirs du groupe espagnol en Europe.

Une approche pseudo-géographique

La carte ne saurait masquer que l'approche est émotionnelle et sensorielle avec la fosse aux requins et le bassin tactile de la salle des 5 sens.

  • Les centres de découverte de la mer de Brest (Océanopolis, 1990), de Boulogne (Nausicaa - Centre National de la Mer, 1991), de Cherbourg (La Cité de la Mer, 2002) sont des sociétés d’économie mixte qui ont  bénéficié d'aides très importantes des collectivités nationales, territoriales et/ou européennes dans le cadre des politiques d'aménagement du territoire pour compenser les difficultés des activités maritimes portuaires, halieutiques ou de construction navale de ces régions. Ainsi, l’extension d’Océanopolis en 2000 a été financée entièrement par des fonds publics : FEDER, FNADT, fonds des ministères de la Recherche, du Tourisme et de la Culture, Région Bretagne, Conseil Général du Finistère et Brest métropole océane qui en a la propriété. Ces centres de culture scientifique et technique ont des missions à la fois scientifique, pédagogique et ludique.

L’aquarium comme ressource pédagogique

Les scolaires représentent 15 à 20 % du nombre de visiteurs annuels (Girault, 2000), avec un pic au mois de juin lié aux excursions de fin d’année scolaire.
La nature de la découverte du milieu marin offerte aux élèves par les aquariums a évolué en même temps que la muséographie : les premiers aquariums proposaient une fenêtre ouverte sur la diversité du monde pour des jeunes qui ne voyageaient pas et n’avaient pas accès à la télévision. Par la suite, les grands aquariums ont permis une vision plus globale du visiteur qui se retrouve parfois complètement entouré d'eau comme s'il était au fond de la mer : la découverte passe par une nouvelle expérience visuelle. Enfin, les aquariums de troisième génération font appel à tous les sens. En tentant d’impliquer les visiteurs dans l'exploration physique des biotopes (utilisation de sons et lumières, bassins tactiles où l'on peut plonger le bras…), ils visent à créer des émotions qui sont supposées permettre un transfert de connaissances, une modification des croyances et une prise de conscience environnementale (Estebanez, 2014).

L’ambition pédagogique des aquariums peut se traduire par
- des espaces pédagogiques réels : salles, visites guidées, fiches pédagogiques, mallette pédagogique,
- des espaces pédagogiques virtuels : dossiers pédagogiques en ligne
- des programmes de découverte hors aquarium, ex : les parcours du littoral à Dieppe.
Un exemple d’espace pédagogique particulièrement riche est proposé par Nausicaa (Boulogne-sur-Mer) grâce à un accord-cadre de coopération avec le Ministère de l'Education Nationale. Le site propose donc un grand nombre de ressources éducatives pour construire un projet pédagogique sur les mers et océans et aussi pour visiter l’aquarium de Nausicaa avec sa classe.

Complément : les aquariums marins français et leurs ressources éducatives


Les sujets d’étude géographiques sont nombreux. En voici quelques exemples :


La visite d’un aquarium se prête particulièrement à un regard pluridisciplinaire qui répond aux programmes scolaires dans le cadre de l'Éducation au Développement Durable. Un exemple en est donné par Nausicaa dans le projet La mer en direct.


Pour compléter :

 

Proposition, réalisation : Marie-Christine Doceul, ENS-DGESCO

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