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Michel Rochefort (1927-2015) : De l'Alsace au Brésil, parcours d'un géographe humaniste

Publié le 16/01/2003
Auteur(s) : Michel Rochefort, Professeur de géographie - Université Paris I Panthéon-Sorbonne
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NB. Le contenu de cet article donne des informations disponibles au moment de sa publication en 2003.

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Compte-rendu d'une intervention du 16 janvier 2003, dans laquelle le spécialiste de la géographie urbaine revient sur son parcours.

Citer cet article

16 janvier 2003

Introduction de Myriam Houssay-Holzschuch

Myriam Houssay-Holzschuch remercie le public présent ainsi que Michel Rochefort d’avoir accepté l’invitation au cycle « remue-méninges ».

Michel Rochefort est un géographe de premier plan, tant par ses recherches sur l’Alsace, le terrain de sa thèse, ou les Pays en Voie de Développement (comme le Brésil, l’Inde, le Maghreb, l’Afrique noire) où il s’intéresse particulièrement aux structures sociales et à leur formes d’organisation spatiale, que par son action : il a exercé de nombreuses responsabilités à l’Université, au CNU, au CNRS, à l’ORSTOM, au Ministère de la Recherche ; il a également participé à l’aventure de la DATAR et a joué un rôle de premier plan dans la réflexion et la mise en œuvre des métropoles d’équilibre.

 


Intervention de Michel Rochefort

Michel Rochefort se plie à l’exercice imposé pour ce cycle de conférences : retracer un parcours et lui donner un aspect concret. Il commence son exposé par une anecdote : lors de sa soutenance de thèse qui portait sur l’organisation urbaine de l’Alsace, il considère les villes comme des pôles et considère leur réseau comme une charpente. Un des membres de son jury a réduit sa thèse à un squelette ! Il y avait pourtant de la chair autour de ces squelettes… Il n’empêche, ses sujets de recherche peuvent l’amener à des dérives fonctionnelles et fonctionnalistes. Se demander si Michel Rochefort est un géographe humaniste est donc une question pertinente pour envisager son parcours !

Dans la première phase de sa carrière, de 1951 à 1958, il s’intéresse à l’organisation urbaine de l’Alsace (on ne parle pas encore de réseaux), où, jeune agrégé, il est professeur au lycée puis assistant à l’Université. Pierre George lui suggère d’étudier toutes les villes et leurs relations et à les envisager d’un nouveau point de vue, cette fois à l’échelle de la région. Pour entamer sa recherche, il dispose de deux piliers : tout d’abord, les travaux empiriques de Chabot sur les zones d’influence des villes : elles sont un centre pour leur zone d’influence et on ne peut les en séparer. Mais aussi la théorie des places centrales élaborées par Christaller.

Pour étudier les relations entre les villes, il se tourne vers le tertiaire qui permet justement de délimiter les zones d’influences de la ville. Il se heurte au problème de la statistique qui ne lui permet pas d’obtenir ce qu’il cherche. Il établit donc une typologie des services tertiaires dans laquelle il distingue les services aux particuliers (commerce, banque, secteur de la santé…) et ceux destinés aux entreprises, c’est-à-dire les fonctions de commandement ou d’aide à la décision. Il définit ensuite des indicateurs, des services qui par leur absence ou leur présence permettrait de délimiter les zones d’influence des villes. En compulsant les annuaires, il analyse la répartition de ces services. Il diffuse ensuite largement, grâce aux 952 instituteurs de la région un questionnaire dont le but est de mettre en évidence les services utilisés et leur localisation : où achetez-vous tel ou tel produit ? Où allez-vous chez le médecin ?... Il éprouve en fait la fragilité de ses méthodes.

Il classe ensuite les résultats obtenus pour les centres tertiaires. Il distingue plusieurs centres, selon le niveau de rareté des services (tel service que l’on ne retrouve pas ailleurs) ou le rôle que jouent les services dans les activités de commandement. Il parle alors de « hiérarchie urbaine » et décrit un réseau de centres tertiaires hiérarchisés en Alsace. A posteriori, il critique cette perspective caractérisée par un usage abusif du concept de hiérarchie : il ne s’agit pas d’une hiérarchie du commandement, mais au contraire d’une imbrication des zones d’influence. Tel service est présent dans une ville A et pas dans une ville B, cela ne veut pas dire que A commande B mais que, pour ce service, A est mieux équipée que B.

Son réseau urbain est technique, mais il n’a pas de vision globale. Il cherche donc à le replacer dans l’organisation territoriale de la région. Pour comprendre l’organisation urbaine de la région, il faut convoquer l’histoire. Les relations urbaines commencent avec l’apparition de la bourgeoisie à la fin de l’Ancien régime. Leur âge d’or se situe dans la deuxième XIXème siècle. La première concentration permet à quelques villes de se poser en levier de commandement. C’est à cette époque que le réseau alsacien, caractérisé par l’opposition de Strasbourg et de Colmar/Mulhouse, apparaît. Entre les deux guerres, la notion se fortifie. L’essentiel de la vie économique et sociale de la région dépendent de ces pôles locaux qui concentrent l’essentiel des capitaux et des fonctions de commandement. Après la seconde guerre, les mouvements de concentration s’amplifient au profit de Paris (banques, sièges sociaux des entreprises…). Les anciens centres de commandement deviennent des rouages d’un réseau qui se comprend maintenant au niveau national. Contrairement à ce qu’on lui a reproché lors de sa soutenance, il n’a pas oublié les hommes, mais il les a envisagés uniquement dans leur capacité à consommer et à s’investir dans des relations. 

La dérive « technostructurelle » survient en 1962 alors qu’il est nommé à la tête du Centre d’Etude pour l’Aménagement du Territoire au sein de la Commission Nationale d’Aménagement du Territoire. Ses travaux, qu’il mène désormais au niveau national, ont pour but l’élaboration d’un volet « aménagement de l’armature urbaine » dans le cadre du cinquième plan d’aménagement du territoire de la France. La géographie française de l’époque est marquée par le poids écrasant de Paris, comme l’a décrit Jean-François Gravier en 1947 dans Paris et le désert français. À grand renfort de statistiques, Michel Rochefort et son équipe mettent en évidence cette macrocéphalie qui n’est pas compensée par les centres régionaux, trop nombreux (environ 250) et trop petits. Ils imaginent alors les métropoles d’équilibre, centres régionaux bien équipés, qui compenseraient l’influence de Paris. Ces dispositions sont votées dans le cinquième plan, et la DATAR est chargée de le mettre en place. Mais la crise de 1974 vient interrompre ce processus : en effet, la crise oblige à éteindre le feu là où il y a des tensions sociales. C’est ce que Guichard a appelé la « fonction canadair de la DATAR ». Au cours de cette période, il est tombé dans les travers d’une géographie non humaniste.

Dans le même temps, il découvre les Pays en Voie de Développement. Il se rend pour la première fois au Brésil en 1956 et y retourne plus longuement en 1960.1967 constitue un tournant : c’est à cette date qu’il est démis de ses fonctions au Centre d’Etude de l’Aménagement du Territoire et qu’il prend la tête de la section d’économie démographique de l’ORSTOM. Il voyage beaucoup et découvre l’Afrique noire, le Maghreb et l’Inde. Ses nouveaux terrains l’amènent à faire une géographie plus proche des réalités humaines. Il découvre alors la pauvreté, surtout dans les villes. Il commence à analyser les effets en ville de la pauvreté du plus grand nombre. Son bagage intellectuel pour aborder ces problématiques est réduit : la géographie tropicale qui n’envisage pas les structures des sociétés ; mais aussi la lecture de L’Impérialisme, stade ultime du capitalisme. Aucune de ces sources ne donne toutes les clés nécessaires. Par ailleurs, il entame une autocritique de ses travaux antérieurs, suggérée par la pauvreté qu’il découvre à cette époque. Il remet en cause la notion de réseau urbain régional dans la mesure où la typologie des services qu’il avait établie ne s’applique plus. Il existe une véritable spécificité des réseaux urbains dans les PVD. En effet, différencier les services aux particuliers ou aux entreprises n’est pas pertinent dans les PVD. Il faut plutôt distinguer les services payants, à l’usage de la classe moyenne ou supérieure qui ont les moyens (médecine libérale, enseignement privé, commerce…), des services gratuits destinés à ceux qui n’ont pas les moyens. Ce n’est pas la rareté du service qui est décisive, mais son prix. En outre, la notion de centre régional ne s’applique pas aux PVD : la capacité de consommation n’est pas suffisante : les services se concentrent donc dans la capitale, à l’usage des populations riches. Il n’y a pas de hiérarchie et pas de zone d’influence des centres locaux. Enfin, autre particularité des PVD, la ville principale est souvent un port, héritage de la période coloniale et de l’économie de traite. Le réseau urbain est donc excentré, et tourné vers la mer. L’époque actuelle, celle de la mondialisation, voit la croissance sans précédent de ces pôles portuaires, devenus de vrais mégalopoles. Cela soulève des questions épineuses : faut-il laisser ces villes connaître une croissance démographique sans précédent, ou faut-il chercher au contraire à l’endiguer ? Fallait-il créer Brasilia ? Dodoma ? Yamoussoukro ?

Ces interrogations légitiment ses nouveaux thèmes de recherche : il s’intéresse donc à la pauvreté dans la ville et dans les espaces périurbains. En 1981 est créée une Commission pour la Recherche Urbaine dans les Pays en Voie de Développement. Michel Rochefort en est le responsable jusqu’en 1986. De nombreux programmes de recherche sont lancés et des ouvrages sont publiés. Deux thèmes sont mis en avant : le logement des pauvres et le secteur informel. Etudier le logement des pauvres permet d’analyser les réponses des pauvres aux problèmes de l’habitat : bidonville, autoconstruction, ainsi que les formes de ségrégation secondaire. Le secteur informel, étudié par Milton Santos dans Les deux circuits de l’économie urbaine (1972), a d’abord été envisagé de manière systématique comme un schéma de domination. Les travailleurs du système informel constituent une armée industrielle de réserve permettant au capitalisme de bénéficier d’une offre de travail supérieure à ses besoins, ce qui lui garantit les coûts les plus bas. C’est partiellement vrai, mais le secteur informel est infiniment plus complexe.

Pour le logement des pauvres comme pour l’économie souterraine on retrouve un point commun : l’illégalité tolérée. La ville fonctionne sur deux registres dans l’économie (formel/informel) et dans l’urbanisme (ville légale/ville illégale). Cette tolérance s’explique par la peur des autorités d’aviver des tensions sociales. De cette opposition sortent deux éléments : le soucis du pouvoir légal face à l’illégalité urbaine, ainsi que la politisation et la prise de conscience des populations pauvres qui, de plus en plus, votent en fonction des contenus présentés. L’élection de Lula l’automne dernier au Brésil a bien montré le lien qui pouvait se créer entre un homme et son discours (et non son parti) et le peuple.

Aujourd’hui, il s’interroge sur le défi urbain de la dichotomie urbaine et sur les affrontements urbains latents qu’elle suscite. On aboutit à des formes de nouvelles citadinités : les deux catégories de la population doivent apprendre à se supporter, à accepter que certains soient plus pauvres et d’autres plus riches ; c’est l’apprentissage du compromis.

L’un des thèmes à la mode de par le monde est la gestion urbaine participative qui a précisément vu le jour au Brésil à Porto Alegre. Cet idéal politique est promu par la Banque Mondiale. C’est la bonne gouvernance dont le but est d’atténuer les tensions sociales en organisant la participation de la population à la gestion municipale. C’est la condition nécessaire pour obtenir des prêts. Cette conception de la politique locale relève de l’utopie voire de la blague. La gestion participative ce n’est pas que ça. Fondamentalement, cela conduit à une prise de conscience de la nécessité d’un compromis. C’est ce qui a été fait à Porto Alegre : cela permet de rétablir un dialogue entre les catégories sociales. On essaie de généraliser l’expérience avec plus ou moins de succès comme au Caire ou à Tunis (récupération par le parti officiel).

Les préoccupations récentes de Michel Rochefort en font un géographe humaniste, socialement engagé.

 


Questions
  • Un élève revient sur l’expérience de Porto Alegre. Quels sont les obstacles ? Est-ce que cela s’est doublé d’une éducation politique ?

— Michel Rochefort revient sur la démocratie participative et ses limites. Comment fonctionne la démocratie participative ? La ville est divisée en unités ; dans chacune, des forums réunissent tous les habitants qui le veulent. Ces forums élisent des représentants chargés de défendre les revendications de l’unité. Tous les représentants se réunissent au sein d’un conseil de la gestion participative, doté d’un budget, qui joue à la fois un rôle délibératif et consultatif. Cela fonctionne. Cependant il existe quelques grains de sable. Tout d’abord, la démocratie participative n’est pas inscrite dans les textes : elle se pratique à Porto Alegre depuis 12 ans, date à laquelle le Parti des Travailleurs (PT) a remporté les élections municipales. Si le PT perd les prochaines élections, il y a fort à parier que cette expérience politique ne soit pas reconduite par la nouvelle municipalité. Par ailleurs, ces forums ont permis la politisation des populations pauvres, mais ont exclu les plus pauvres qui n’osent pas y participer (stigmates de la pauvreté). Comme l’essentiel des crédits sont investis dans l’équipement des quartiers les plus pauvres. Les classes moyennes et riches se désintéressent donc de ces processus de décision dont ils se sentent exclus. Cela augmente donc le fossé entre les catégories sociales. L’élection de Lula va peut-être changer ces mentalités et imposer le compromis nécessaire. A Sao Paulo, l’expérience n’a pas très bien marché : le PT a gagné la ville il y a douze ans et l’a perdue quatre ans plus tard. La gestion participative a été abandonnée. Le retour du PT au pouvoir va peut-être changer les choses. Cela dépend aussi largement de la prise de conscience des populations pauvres.

  • Michel Rochefort est interrogé sur la réforme agraire du Brésil dans les années 1984, 85. 

— Il s’agit d’un vrai problème : l’agriculture moderne (qui nécessite peu de main d’œuvre) côtoie l’agriculture archaïque. Le secteur souffre donc d’un sous emploi chronique. En 1964, la réforme agraire lancée par les autorités a déclenchée un coup d’État militaire et la mise en place d’une dictature de 20 ans. C’est un sujet sensible. En 1984, la démocratie est rétablie et un ministère de la réforme agraire voit le jour. On n’assiste pas vraiment à une réforme agraire mais à des tentatives réformistes : on ne prend pas le risque de démanteler les latifundia. On se contente de taxer les grandes propriétés mal exploitées. Le but est de diminuer la superficie des grands domaines et de la répartir aux petits exploitants. Michel Rochefort revient sur le mouvement révolutionnaire des paysans sans terre. Au début de leur existence, ils ont été combattus, même sous la démocratie. Aujourd’hui, ils gèrent (administration, soins, école…) certains espaces, de manière illégale mais tolérée. Ce mouvement constitue une importante école de politisation.

  • Une élève pose la question de la coexistence des deux villes (légale/illégale) : va-t-on vers des lieux de mixité ou de fragmentation de la ville ? 

— Malgré l’aggravation des inégalités sociales, il y a une diminution des oppositions spatiales (amélioration des quartiers pauvres, diminution de la qualité de vie des quartiers des classes moyennes). Certains phénomènes aggravent la fragmentation de l’espace : la ghettoïsation des riches (qui se protègent de la violence en s’enfermant dans des quartiers fortifiés) et les effets secondaires de l’urbanisation des favelas : l’équipement des favelas a un coût que les plus pauvres ne peuvent s’offrir. D’autres profitent de ces aménagements pour " revendre " leur terrain et en tirer un profit. Dans un cas comme dans l’autre, ces populations les plus pauvres se réinstallent ailleurs, dans une favela encore plus éloignée : ce sont des mécanismes de ségrégation secondaire dans les quartiers pauvres.

  • Emmanuelle Bonerandi revient sur les méthodes employées par Michel Rochefort dans sa thèse. Est-ce que les données sont plus nombreuses aujourd’hui ? Plus accessibles ? 

— Aujourd’hui, on a arrive à trouver toutes sortes de statistiques ; la difficulté est d’obtenir ou de recalculer celles dont on a besoin. Les statistiques ne remplacent pas l’enquête sociale directe pour comprendre le jeu des forces sociales.

  • Myriam Houssay-Holzschuch s’interroge sur la ségrégation résidentielle : existe-t-il d’autres lieux de rencontre, hors du lieu de résidence, qui rendrait possible une intégration urbaine ? 

— Il existe bien les rêves de quartiers mixtes, réunissant riches et pauvres, expérience tentée à Porto Alegre. Cela ne marche pas : les riches ne veulent pas y habiter. Les pauvres, comme les riches, ont leur propre lieux public : on ne se rencontre qu’entre soi. Il y a une absence totale de mixité sociale. Le carnaval, au Brésil, fait figure d’exception qui confirme la règle. Le sport, comme le football, ne réunit pas mais oppose, non pas les riches ou les pauvres mais les supporters de tel ou tel club. La ghettoïsation des riches n’aide pas à la mixité sociale.

  • Une élève revient sur ces rencontres : n’existe-t-il pas des terrains où riches et pauvres se rencontrent comme les plages, ou les quartiers riches, nettoyés par des gens pauvres ? 

— À Copacabana, les riches vont le matin à la plage car les pauvres y vont l’après midi. Certaines formes d’exploitation touristique posent aussi le problème de certaines rencontres : les pauvres sont parfois exclus de l’espace touristique. Michel Rochefort n’a pas d’élément sur les employés du nettoyage urbain. Dans ce cas, la rencontre entre riches et pauvres risque plutôt d’aggraver les tensions sociales latentes.

 

Compte-rendu proposé par Yann Calbérac, 16 janvier 2003.

 

Pour citer cet article :

« De l'Alsace au Brésil, parcours d'un géographe humaniste », d'après une conférence de Michel Rochefort à l'École Normale Supérieure de Lyon, Géoconfluences, janvier 2003, republiée en avril 2018.
URL : https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/remue-meninges/michel-rochefort

 

Pour citer cet article :  

Michel Rochefort, « Michel Rochefort (1927-2015) : De l'Alsace au Brésil, parcours d'un géographe humaniste », Géoconfluences, janvier 2003.
https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/remue-meninges/michel-rochefort