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Gaz naturel : quels approvisionnements pour l’Europe ?

Publié le 31/03/2014

Sur fond de crise internationale entre la Russie et l’Ukraine, comment se présentent aujourd’hui les enjeux du ravitaillement des pays membres de l’Union européenne (UE) en gaz naturel ?  Parallèlement, de quelle manière la question gazière peut-elle peser sur les relations actuelles entre l’UE et la Russie ?
D’après les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie, la demande de gaz dans l’UE devrait croître pour atteindre un volume de 622 milliards de mètres cubes d’ici à 2030. En effet les obligations environnementales contribuent à en faire une énergie intéressante en termes de rejets de GES notamment et, avec l’épuisement des gisements gaziers de mer du Nord, la dépendance de l’Europe pourrait atteindre 80% en 2030.


1. Documents généraux, connaissance des énergies

- Transport du gaz, http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/transport-du-gaz
- Gaz naturel liquéfié (GNL), http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/gaz-naturel-liquefie-gnl

De nombreux graphiques et cartes, par exemple sur les infrastructures, http://www.gasinfocus.com/category/infrastructures-fr/

  • IFP Energies nouvelles - Quel avenir pour le gaz naturel ?

Les experts prévoient une forte croissance de la demande et de la production de gaz naturel dans le futur. Les ressources de gaz naturel sont abondantes et représentent plus de deux siècles de consommation. La valorisation et la mise à disposition de ces ressources dans des conditions compétitives et durables est la clé du développement futur de cette énergie. Même s'il n'a pas de marché captif et ne peut prétendre se substituer massivement au pétrole, en particulier dans les transports, le gaz naturel va jouer un rôle important dans le mix énergétique de demain. http://www.ifpenergiesnouvelles.fr/espace-decouverte/les-grands-debats/quel-avenir-pour-le-gaz-naturel
- Tendances de l'industrie gazière (PDF - 390 Ko ). Panorama 2013.
http://www.ifpenergiesnouvelles.fr/content/download/73056/1543760/version/4/file/01-VF-Panorama-2013-Tendances-a-court-terme-de-l-industrie-gaziere.pdf


2. Les approvisionnements européens en gaz naturel : situations, données

Aujourd’hui (données 2011), l’UE est largement dépendante du gaz russe qui représente près de 25% de ses importations, devant celles de la Norvège, de l’Algérie et du Qatar. Mais les situations sont variées au sein de l’UE, tous les pays n’étant pas aussi dépendants vis-à-vis de la Russie du point de vue de leurs approvisionnements gaziers. La France a diversifié ses approvisionnements en ne privilégiant aucun pays fournisseur (environ 15% de gaz russe) et en développant sa filière de Gaz naturel liquéfié (GNL) importé par voie maritime. Par contre, l’Allemagne importe 40% de sa consommation de gaz depuis la Russie, l’Autriche 65% et les pays de l’ex-URSS sont fortement dépendants (58% en Pologne, la totalité pour la République Tchèque et la Slovaquie, ainsi que les Pays Baltes) de cette dernière.
L’Europe s’efforce donc de diversifier ses approvisionnements, que ce soit par voie terrestre et/ou sous-marine (gazoduc)  ou par voie maritime (GNL).

- Maps and Data, http://www.gie.eu.com/index.php/maps-data

  • Sénat - L'Union européenne et la Russie après Vilnius – Rapport d'information de MM. Simon Sutour et Jean Bizet, au nom de la Commission des affaires européennes, déposé le 17 décembre 2013.

- Le paradoxe énergétique russe, http://www.senat.fr/rap/r13-237/r13-237_mono.html#toc68

- Commission européenne. 2011 Energy infrastructure. Priorities for 2020 and beyond ─ A Blueprint for an integrated European energy network. http://ec.europa.eu/energy/publications/doc/2011_energy_infrastructure_en.pdf


3.  Approvisionnements par voie terrestre et/ou sous-marine : quels corridors, quelles voies ?  

Historiquement, le gaz russe arrivait en Europe par des gazoducs traversant l’Ukraine et la Biélorussie. A elle seule, l’Ukraine avait assuré jusqu’à 90% du transit du gaz russe vers l’Europe; aujourd’hui, elle en voit encore passer environ 60%. Mais dans le contexte de crises successives entre la Russie et l’Ukraine, de nouveaux projets d’infrastructures contournant l’Ukraine ont vu le jour, à l’initiative de Gazprom pour les plus importants.
Après le déploiement du gazoduc Nord Stream, inauguré en 2011, reliant directement la Russie à l’Allemagne à travers la mer Baltique, Bruxelles a envisagé une solution alternative par le sud, le projet Nabucco, indépendant de Gazprom. Mais le projet South Stream, lancé en 2012, soutenu par Moscou et porté notamment par Gazprom, a pris de l’avance sur Nabucco qui est à l’arrêt. South Stream doit relier, d’ici 2015, les gisements gaziers russes à la Bulgarie, puis à l’Europe occidentale via la Serbie, la Hongrie et la Slovénie.
Enfin, dernier venu pour l’alimentation par gazoduc de l’Europe, celui du Trans-Adriatic Pipeline (TAP) qui doit permettre l’acheminement de la production du gisement gazier géant de Shah Deniz, dans les eaux azerbaïdjanaises de la Caspienne. Cette voie transadriatique transportera le gaz de la frontière turque jusqu’à la botte de l’Italie en passant par la Grèce et l’Albanie. Par ailleurs ce TAP n’est qu’une partie d’un projet plus global de nouveau corridor de transport de gaz de la mer Caspienne vers l'Europe. Il a bénéficié du soutien des Etats-Unis et de l'UE qui y voient l’intérêt majeur de réduire la dépendance de l'Europe au gaz russe.
Le projet Nabucco, semble donc être définitivement abandonné.  Quant à l’Ukraine, son rôle stratégique dans le transit du gaz russe s’affaiblit rapidement.

Présentation des ressources par ordre chronologique :

 
4. Transport du gaz naturel liquéfié : voies maritimes et terminaux méthaniers

Le GNL, transportable par voie maritime, permet de connecter des zones d’importation et d’exportation éloignées. Or, les zones de production se sont récemment diversifiées. Ainsi, fin 2009, les Etats-Unis sont devenus le premier producteur mondial de gaz naturel devant la Russie et les gaz dits « non conventionnels » (gaz de schiste, gaz de réservoir compact et gaz de houille) devraient y représenter 64 % de la production de gaz naturel en 2020 contre 42 % en 2007. Ainsi, la diversification des zones de production gazière incite à développer les filières de transport basées sur le GNL.

  • Le Monde Idées - L'UE, la Russie et la carte énergétique, C. Guilhem, J. Leininger et R. Xenidis (étudiants à l’IEP de Lille), 15 déc. 2011

Le GNL apparaît aujourd'hui comme un enjeu majeur pour la diversification des approvisionnements énergétiques européens. La conquête par le GNL se fera progressivement. Aujourd'hui seuls six pays de l'UE, Espagne en tête, sont dotés de terminaux méthaniers et d'usines de regazéification. Ces infrastructures, très coûteuses, nécessitent l'utilisation de technologies complexes. Malgré ces contraintes, le GNL représente une solution d'avenir. http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/15/l-ue-la-russie-et-la-carte-energetique_1618259_3232.html

  • L'Usine Nouvelle - Le plus grand terminal méthanier, F. Dudzinski, 6 fév. 2014.

À Dunkerque, le deuxième plus grand chantier industriel de France, après celui de l’EPR de Flamanville, mobilise 1 200 salariés et génère plus de 1 milliard d’euros d’investissements directs. Les trois réservoirs en construction vont stocker 190 000 m3 de GNL chacun. Le terminal pourra accueillir les plus grands méthaniers du monde. Le site nordiste sera le plus grand terminal méthanier de France, devant celui de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique) et les deux de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). http://www.usinenouvelle.com/article/le-plus-grand-terminal-methanier.N237335

  • Energies & Environnement, magazine publié par Sia Partners

- rubrique gaz naturel,  http://energie.sia-partners.com/category/gaz-naturel/
- Quel avenir pour la filière stratégique du GNL ?, janv. 2011, http://energie.sia-partners.com/20110120/quel-avenir-pour-la-filiere-strategique-du-gnl/

 

Pour rappel, dans Géoconfluences,

Union européenne – Russie : des "politiques de voisinage" de l'énergie, Julien Vercueil, Université de Lyon, Centre d'Étude des modes d'industrialisation (CEMI/EHESS), 2007, http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/etpays/Europe/EurScient7.htm

 

Sélection et synthèse : Sylviane Tabarly, pour Géoconfluences

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