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Géographie de la pauvreté en France, INSEE

Publié le 02/06/2015
Le n° 1552 d’INSEE Première paru le 2 juin 2015 est intitulé : « Une pauvreté très présente dans les villes-centres des grands pôles urbains ».

Il étudie la pauvreté monétaire définie selon des conventions européennes : le niveau de vie d’une personne ou d'un ménage est considéré comme pauvre quand il est inférieur au seuil de pauvreté, fixé à 60 % du niveau de vie médian, soit en France métropolitaine, 11 871 euros annuels en 2012, ou près de 990 euros par mois.

La répartition des populations pauvres est étudiée à plusieurs échelles, y compris l’échelle communale, pour la première fois grâce au Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) disponible à partir des données 2012 :

  • à l’échelle nationale : en France métropolitaine, en 2012, le taux de pauvreté est le plus élevé dans les régions Corse, Languedoc-Roussillon et Nord - Pas-de-Calais (autour de 20 %), et dans le département de Seine-Saint-Denis (27 %).
  • à l’échelle des aires urbaines : le taux de pauvreté est le plus important dans les villes-centres des grandes aires urbaines (20 %), où la pauvreté touche particulièrement les familles monoparentales, les familles nombreuses et les ménages jeunes. La pauvreté est élevée aussi dans les communes isolées hors de l'influence des villes (17 % en moyenne). C’est dans les couronnes des grands pôles urbains que le niveau de vie médian est le plus élevé, à l’exception des grandes aires urbaines, dont Paris et Lyon où beaucoup de ménages très aisés résident dans la ville-centre.
  • à l’échelle régionale et départementale, les plus fortes disparités de niveau de vie sont relevées à Paris, dans les Hauts-de-Seine et en Haute-Savoie.

On trouve dans l’article des tableaux, une carte du taux de pauvreté à l’échelle communale et une carte des niveaux de vie médians à l’échelle communale. Un glossaire des termes utilisés est également disponible.
http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1552

Cette étude confirme les données publiées par l’INSEE dans son Portrait social de la France 2014. Voir la Veille de Géoconfluences du 19 novembre 2014
http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/portrait-social-de-la-france-2014-insee

Le constat vient ainsi à rebours des thèses de Christophe Guilluy, développées dans  son ouvrage La France périphérique. Voir la Veille de Géoconfluences, "La France périphérique, débat autour d’un livre", 2 octobre 2014. http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/la-france-peripherique-debat-autour-d2019un-livre

À l'étude nationale viennent s'ajouter des études régionales pour chacune des 22 régions actuelles

http://www.insee.fr/fr/service/default.asp?page=agendas/dossiers_actualite/pauvrete-inegalite-filosofi-juin-2015.htm
 

Par ailleurs, l’OCDE a rappelé dans un rapport rendu public le 21 mai 2015 que les écarts entre les plus riches et les plus pauvres ont bondi en trente ans, atteignant un niveau record au sein de l’OCDE.

 « Dans les 34 pays de la zone OCDE, les 10 % les plus riches de la population ont un revenu 9,6 fois supérieur à celui des 10 % les plus pauvres. Cet écart était de 7,1 fois dans les années 1980 et de 9,1 fois dans les années 2000 ». La France se situe dans cette moyenne, mais avec cette particularité d’avoir vu les inégalités s’accélérer fortement depuis 2007.

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