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Mobilités et migrations intra-africaines

Publié le 23/01/2018

La majorité des migrants internationaux africains changent de pays sans sortir du continent. D'après un volet récent de l'émission « Le Dessous des cartes », 13,4 % des 32 millions de migrants comptabilisés dans le monde sont africains, et une majorité d'entre eux reste en Afrique. L'Afrique du Sud est le pays d'Afrique qui compte le plus d'immigrés : 3,15 millions venus principalement des pays voisins. Le documentaire rappelle aussi que la xénophobie est présente dans les pays d'accueil comme l'Afrique du Sud ou la Côte d'Ivoire. Les migrations économiques ne doivent pas faire oublier les réfugiés et les déplacés qui sont plus nombreux en Afrique qu'en Syrie et en Irak réunis. La convention de Kampala de 2008 vise à mieux accueillir ces déplacés mais plusieurs pays ne l'ont pas encore ratifiée. L'émission défend aussi l'usage du mot « rémitance » en français pour parler des remises ou transferts d'argent des émigrés à leurs proches restés dans leur pays d'origine.


Voir aussi : 

  • Nathalie Bougnoux et Rohen d’Aiglepierre, « Les migrations subsahariennes : déconstruisons les idées reçues », Le Monde, 15 février 2016. Voir par exemple l'idée reçue n°1 : « La migration subsaharienne est massive et principalement à destination des pays riches. » Faux, répond l'article : Les trois quarts des migrations ont lieu en Afrique.
  • Ibrahima Bayo Jr., « 80 % de la migration sur le continent est intra-africaine », La Tribune Afrique, entretien avec Sylvie Bredeloup, 17 avril 2017. L'article précise que près de la moitié des migrants africains sont des migrantes, et tous ne sont pas des travailleurs pauvres. Les profils des migrants depuis l'Afrique et à l'intérieur du continent sont très diversifiés. 
  • « Migrations : les diasporas dénoncent l’attitude des États africains », RFI, 23 novembre 2017. « Les montants envoyés par les migrants en Afrique sont colossaux. Ils ont atteint 30 milliards d'euros l'année dernière, rien que pour l'Afrique subsaharienne, selon la Banque mondiale. ». Dans un témoignage sonore (0'54), Hamedi Diarra, président du Haut Conseil des Maliens de France, rappelle : « On ne peut pas continuer, en tant que migrants, à assurer le rôle des États (dans l'aide au développement) ».

Origine des migrants présents en Côte d'Ivoire, au Kenya et en Afrique du Sud
  Origine des migrants en Côte d'Ivoire Origine des migrants au Kenya Origine des migrants en Afrique du Sud  

 

Réfugiés ou migrants, « le choix des mots est important » (UNHCR)

Synthèse : Les réfugiés sont les 21,3 millions de personnes (2015) fuyant les conflits armés ou les persécutions, protégés par le droit international, notamment la Convention de 1951. Les migrants choisissent de quitter leur pays pour améliorer leurs conditions d'existence. Le droit qui s'applique à leur situation est celui des lois nationales et internationales en matière d'immigration et non le droit d'asile, ce qui ne signifie pas que cela autorise les États à bafouer les droits de l'homme, dont la portée est universelle.

  • Alexandre Pouchard, « "Migrant" ou "réfugié" : quelles différences ? », Les Décodeurs du Monde, 26 août 2015.
  • Claire Arsenault, « Réfugiés, migrants, déplacés, de qui parle-t-on ? », RFI, 19 juin 2015. L'article définit les déplacés comme des « personnes obligées de quitter leur lieu d’origine tout en demeurant dans leur pays. ». À la date de l'article, la Syrie était le pays du monde qui en comptait le plus (7,6 millions de Syriens ont dû quitter leur lieu de vie entre le début du conflit et 2015).

 

Dans la littérature scientifique
  • Christophe Daum et Isaïe Dougnon, « Les migrations internes au continent africain », Hommes et migrations, 1279 | 2009, 6–11 [en édition ouverte]. Le texte est ancien mais certains constats sont toujours valables : « Certes, de nombreux accords sous-régionaux autorisent la libre circulation des personnes. [...] [L]es situations de crise économique exacerbent parfois la xénophobie, mais les immigrés, à la fois dans et hors la cité [...], constituent avant tout un révélateur des tensions et de l’état de la société d’installation. » (L'article fait partie d'un numéro spécial « L'Afrique en mouvement. Un autre regard ».)

 

Changer d'échelle : mobilités intérieures au Kenya
  • L'article de Luc Cambrézy « Les camps de réfugiés du Kenya : des territoires sous contrôle » paru en 2006 dans Géoconfluences est trop daté pour y trouver des informations factuelles mais le sujet dont il traite est toujours d'actualité. Ce texte permet de montrer que les migrations et les déplacements de populations doivent être considérées dans le temps long et pas seulement dans l'immédiateté de l'information. Les camps de réfugiés venus de pays voisins sont toujours une réalité au Kenya en 2018.
  • Jean-Baptiste Lanne, dans son « Portrait d’une ville par ceux qui la veillent. Les citadinités des gardiens de sécurité dans la grande métropole africaine (Nairobi, Kenya) » (janvier 2017), étudie les mobilités à l'intérieur du Kenya. Il montre comment les Kenyans ruraux cherchent des opportunités professionnelles à la ville, d'autant que Nairobi est une métropole africaine de premier plan. Le budget des migrants, leurs trajets quotidiens, leur vie au travail, sont analysés par l'auteur, qui montre aussi que l'exode rural n'est pas à sens unique car il y a des retours et des circulations.

 

Sitographie
 

 

 

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