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La mondialisation par le bas à partir d'un article de presse d'Olivier Pliez

Publié le 10/04/2018

Un entretien d'avril 2018 d’Olivier Pliez, qui a écrit avec Armelle Choplin un article sur les échanges transsahariens dans Géoconfluences en 2013, fait le point dans Libération sur la « mondialisation par le bas », c’est-à-dire par le commerce à bas prix de petits objets.

Renverser le regard sur la mondialisation :
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« Certes, la mondialisation est avant tout un rapport de dominant-dominé, avec des riches qui exploitent des pauvres, des Nord qui profitent des Sud. Mais ces espaces pauvres et dominés intéressent le marché car ce sont des lieux de consommation - je pense à des produits neufs mais aussi, par exemple, aux voitures de seconde main en provenance d’Europe - et parfois même des lieux de production d’objets que l’on ne trouve pas ailleurs. Nous essayons donc de montrer comment des marchands, des fabricants, qui ne sont pas les plus armés face à la mondialisation, arrivent tout de même à tirer parti de ces réseaux d’échanges. »

Olivier Pliez, Libération, 6 avril 2018.

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L’article évoque le basculement oriental des places marchandes du commerce à bas prix, que nous avons tenté de schématiser :

Mondialisation par le bas Olivier Pliez  
Les raisons du succès commercial mondial de Yiwu :
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« À la fin des années 90, Yiwu a fait le choix d’installer des magasins ouverts toute l’année, alors que ses concurrentes chinoises proposaient des foires ouvertes dans un temps limité, ce qui était plus contraignant pour les acheteurs. De plus, elle permet l’exportation sur de petits volumes – l’équivalent d’un demi-conteneur –, ce qui attire des marchands moins fortunés. Et puis, Yiwu a aussi élargi ses gammes de produits, en continuant à vendre du bas de gamme, mais en ajoutant des éléments de meilleure qualité, toujours dans le domaine du vêtement, des jouets, du papier. Il y a quelques années, on y trouvait jusqu’à 90 % de produits de contrefaçon. Ce n’est plus le cas. Cela permet d’atteindre de nouveaux marchés de consommation, jusque dans les pays du Nord ! […]
Quand les contraintes de circulation s’accroissent, le commerce ne s’arrête pas, il se reporte. C’est bien ce qu’ont compris les Chinois en créant Yiwu et en y garantissant un bon accueil des marchands maghrébins, et plus largement, arabes. »

Olivier Pliez, Libération, 6 avril 2018.

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En résumé

Au-delà, ou plutôt en complément d’une mondialisation par le haut, celle des jets privés et des villes mondiales, se tisse une mondialisation par le bas, s’appuyant sur des réseaux commerciaux mondialisés qui font circuler en grand nombre des produits à bas prix. Depuis les années 1990, les commerçants maghrébins et arabes jouent un rôle central dans ce commerce qui fournit aux régions situées hors des grands pôles économiques de très importantes quantités d’objets : souvenirs, vêtements, bijoux, décoration, électronique, etc. En un peu plus d’une décennie, la ville de Yiwu, à 200 km de Shanghai, est devenue la plaque tournante de ce marché mondial.

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