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articles scientifiques
Darfour : impacts ethniques et territoriaux
d'une guerre civile en Afrique
(Marc Lavergne)
Darfour
: impacts ethniques et territoriaux d'une guerre
civile en Afrique
(Marc Lavergne)
La crise du Darfour a été l’occasion
pour le gouvernement de Khartoum de franchir une
nouvelle fois les limites de l’horreur,
en massacrant et en faisant massacrer une population
civile désarmée et en la transplantant
de force loin de ses foyers. Depuis début
2003, cette succession ininterrompue d’atrocités,
sous le regard agacé et embarrassé,
mais impavide, de la communauté internationale,
le temps est venu de se demander non pas comment
partager les responsabilités, mais plutôt
comment les leviers de l’ethnicité
peuvent être si aisément mobilisés
au service d’une politique dévastatrice
pour les sociétés qui en sont les
actrices ou les victimes. La question de l’ethnogénèse
est étroitement liée aux conditions
de vie et aux types d’activités pratiquées
par les populations rurales de la bande sahélienne.
Le Darfour,
une entité forgée par l’histoire
L’affirmation
d’une région appelée Darfour
doit peu aux conditions naturelles, climatiques
ou afro-pastorales, et au socle démographique
ou ethnique régional.
À mi-chemin entre la vallée du Nil
et le bassin du lac Tchad, le Darfour est un pôle
d’équilibre, point d’arrivée
et de départ des caravanes sur un axe trans-saharien
qui a relié, durant des siècles,
la basse vallée du Nil et l’Afrique
Noire, en direction du bassin du lac Tchad et
du bassin du Congo, mais aussi vers Sennar et
l’Abyssinie lorsque les voies de la vallée
du Nil et de la mer Rouge étaient coupées.
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Cette situation à l’échelle
continentale, l’existence de relais
oasiens sur la route des Quarante jours
("darb el-Arbaïn") entre
la région d’Assiout, de Dongola
et le poste de Kobbé au nord de la
province, ont permis l’affirmation
de pouvoirs centralisés, reposant
sur le prélèvement de taxes
et l’engagement des élites
dans le commerce caravanier : commerce des
esclaves, des produits de l’élevage
et de la cueillette à l’exportation,
produits manufacturés à l’importation
et à la réexportation vers
le Bornou et le Kanem) [1].
La population du Darfour n’a pratiquement
pas bénéficié de la
prospérité engendrée
par ces courants d’échanges.
Elle a au contraire été
souvent victime des conflits engendrés
par ce mode de production fondé sur
la prédation des esclaves et des
ressources du milieu. Aucune civilisation
urbaine ne s’est développée
en dépit des contacts réguliers
avec les centres de civilisation de l’Égypte
et du golfe du Bénin, et les anciennes
cités caravanières sont aujourd’hui
tombées en poussière sans
laisser de traces. Sur le plan des idées,
de la même manière, aucune
trace d’enrichissement culturel ne
peut être décelé dans
les modes de vie, dans les pratiques linguistiques
ou dans les productions culturelles. La
preuve en est le maintien de langues vernaculaires
qui n’ont pas régressé
jusqu’à ce jour parmi les populations
de souche africaine, pourtant islamisées
de longue date. |
Soudan
: localisations
(cliquer
pour agrandir)
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Si cette présentation
semble privilégier les facteurs historiques
liés au commerce à longue distance
dans l’affirmation d’une personnalité
darfourienne, il ne faut pas pour autant négliger
les "acteurs muets" de cette histoire,
c’est-à-dire la population rurale,
qui était intégrée de façon
marginale dans cette structure politique et économique.
Le Darfour,
une région du Sahel en proie à la
désertification
Le Darfour est
en proie à un processus général
de désertification qui s’amplifie
depuis le début des années 1970.
Ce processus peut avoir un lien éventuel
avec les évolutions climatiques globales
mais leur impact est impossible de mesurer. Par
contre, les causes anthropiques de désertification
sont, elles, clairement établies. Elles
relèvent de la conjonction de deux facteurs
: la croissance démographique en milieu
rural d’une part et l’absence de politiques
d’équipement, de développement
et de diversification économique de l’autre.
La pax britannica, à partir
de 1916, avait favorisé une croissance
rapide de la population (estimée
à 300 000 habitants au début du
XXe siècle) et le Darfour n’a pas
connu la résistance à la colonisation
britannique menée par les Nouba ou les
peuples du Sud Soudan jusque dans les années
1930. Au contraire, la pacification a fait descendre
les Four [2] des endroits les plus élevés
et les plus reculés du jebel Marra vers
les plateaux environnants, plus faciles à
cultiver et plus productifs. La population a donc
décuplé en moins d’un siècle,
pour atteindre 3,1 millions d’habitants
en 1983 et 6 millions aujourd’hui [3]. Pour
autant, les Britanniques ont concentré
leurs efforts sur la Mésopotamie soudanaise,
entre Nil Bleu et Nil Blanc. Le projet de la Gézira,
plus grande ferme à coton du monde, devait
alimenter les usines du Lancashire et financer
l’entretien de l’administration coloniale.
La population du Darfour fut recrutée massivement
pour ramasser le coton, lors de migrations saisonnières,
ce qui lui permettait de gagner de quoi payer
l’impôt et de subsister le reste de
l’année. Dans le même temps,
le rôle du Darfour comme porte du désert
et port du commerce trans-saharien entre l’Égypte
et l’Afrique noire, avait cessé à
la fin du XIXe siècle, avec l’ouverture
de voies maritimes directes et d’une ligne
de chemin de fer sur l’axe de la vallée
du Nil.
La ferme de la Gézira est entrée
en crise dès les années 1970 et
les paysans ont abandonné la culture du
coton pour d’autres, plus rentables
et plus aisément commercialisables sur
le marché mondial (céréales
et protéagineux). L’appel à
la main d’œuvre du Darfour a donc cessé,
concurrencée de plus par l’arrivée
de déplacés du Sud Soudan chassés
par la guerre civile et travaillant dans des conditions
proches de l’esclavage. Les paysans du Darfour
ont alors dû augmenter les surfaces cultivées,
en réduisant les jachères pourtant
indispensables à la reproduction de la
fertilité sur des terres pauvres, et en
étendant la zone cultivée bien au-delà
des limites pluviométriques traditionnelles.
Compte tenu de la grande variabilité des
pluies d’une année sur l’autre
et d’un endroit à l’autre,
les paysans ont multiplié les champs épars,
pour avoir l’assurance d’au moins
une bonne récolte sur l’ensemble
des lopins défrichés et ensemencés
par leurs épouses. Ils ont également
multiplié les cultures de fonds et des
berges des wadis [4]. Cette extension s’est
faite au détriment des éleveurs
nomades, privés de leurs pâturages
et de leurs passages par les cultures, et de l’accès
aux points d’eau des wadis. Les incidents
entre tribus voisines se sont alors multipliés
et les paysans, pour écarter les incursions
des pasteurs, mettent le feu aux pâturages
qui entourent leurs villages, dans une tactique
de terre brûlée rappelant celle des
campagnes russes.
Les éleveurs ont eux aussi adopté
des stratégies pour faire face à
la dégradation de leurs conditions de vie.
Ils ont laissé proliférer
leurs troupeaux pour faire face aux sécheresses,
exerçant ainsi une pression croissante
sur des ressources en pâturage et en eau.
Ils y ont été encouragés
par une aide étrangère irresponsable
qui, en créant des forages en des lieux
excentrés a favorisé le séjour
sur place de larges troupeaux, bien au-delà
des dates traditionnellement admises. Des auréoles
de désertification en ont résulté.
Les éleveurs nomades, transformés
en milices tribales, se livrent aujourd’hui
à une dévastation systématique
des forêts de haraz (Acacia albide)
et de heglig (Balanites segyptiaca) du
Sud Darfour, brûlant les troncs d’arbres
vénérables pour en arracher les
hautes branches et les donner en pâture
à leurs animaux, comme on peut le constater
le long de la route d’El-Geneina à
Zelingei. On peut interpréter cette dévastation
comme la volonté de modifier l’environnement,
d’éliminer des obstacles à
l’activité pastorale, d’éradiquer
symboliquement la mémoire de sédentaires
attachés à ces forêts dont
ils tiraient une part importante de leurs ressources.
Pour le gouvernement, cette déforestation
offre l’avantage d’éliminer
un abri potentiel de groupes rebelles. Il est
par ailleurs devenu spectacle courant de voir
les chameaux paître, sous la garde de petits
garçons, les hautes tiges des champs de
mil prêts d’être récoltés,
ou dévaster les vergers de manguiers et
d’agrumes au bord des villages désertés.
La déstabilisation des équilibres
tribaux a été aggravée par
les effets des crises agro-climatiques.
Des groupes, naguère semi-nomades, comme
les Zaghawa, se sont tournés vers le grand
nomadisme qui leur donnait plus de mobilité,
tandis que des communautés paysannes développaient
leur propre cheptel sédentaire ou semi-nomade.
Les premiers entraient de ce fait en concurrence
avec les nomades chameliers voisins, et les seconds
avec les éleveurs qui fréquentaient
les abords de leurs villages.
Ces conflits locaux ont été
instrumentalisés par l’État. À
l'origine, ils ne présentait aucun caractère
ethnique et auraient pu être résolus,
au cas par cas, par le biais des conseils tribaux,
sur le mode traditionnel de compensation pour
les bêtes volées, les récoltes
détruites et les hommes tués. Mais
l’État soudanais a aboli les pouvoirs locaux
dès 1970, pour, dans un second temps (1983)
établir une autonomie régionale
dépourvue de moyens, avant d’en venir,
sous le régime islamiste actuel, à
prendre fait et cause pour les "arabes"
contre les "non-arabes", c’est-à-dire,
dans la plupart des cas, pour les nomades contre
les sédentaires. Cette politique a rencontré
beaucoup de résistances auprès des
chefs tribaux traditionnels dont la légitimité
s'est trouvée mise en cause.
L'impact des
crises du monde rural et du conflit du Darfour
sur les centres urbains
Le Darfour compte
trois centres urbains d’envergure, les capitales
régionales d’El-Facher, El-Geneina
et Nyala, et quelques autres localités,
centres administratifs et marchés qui se
détachent de leur environnement rural et
dans une certaine mesure, tribal. Les crises du
monde rural livré à l’insécurité
depuis vingt ans ont gonflé la population
de ces centres, hâvres de paix relatifs
et seuls lieux disposant d’emplois de substitution
à l’agriculture et à l’élevage.
Des trois capitales, c’est aujourd’hui
Nyala qui s’est imposée comme la
plus dynamique et la mieux équipée,
au détriment d’El-Geneina, promue
à la tête d’une région
du Darfour-Ouest créée tardivement
et d’El-Facher, la capitale historique,
victime de la désertification de son environnement.
D'une manière générale, ces
villes sont affectées par les crises du
monde rural et du Darfour (afflux de réfugiés,
impact de la présence des ONG, etc.) mais
les impacts y sont différents.
Nyala, est un centre stratégique
et logistique, porte d'accès du Darfour.
Dépassant aujourd’hui 250 000 habitants
(contre 63 000 en 1973 et 114 000 en 1983), Nyala
bénéficie de sa situation méridionale,
mieux arrosée et dotée d’un
potentiel agricole varié : bétail
exporté vers Khartoum et les marchés
du Golfe, production céréalière
importante grâce, en partie, à de
vastes fermes mécanisées. Nyala
est également la porte du jebel Marra,
potentiellement riche en tabac, en fruits et en
légumes.
D'abord terminus du chemin de fer construit depuis
El-Obeid en 1961 (aujourd’hui, la gare a
presque cessé toute activité), la
ville bénéficie de liaisons facilitées
par la route goudronnée, plus ou moins
dégradée, qui la relie depuis les
années 1980 à Zélingei. Porte
d’accès terrestre privilégiée
au Darfour, elle connaît une activité
intense, autour de son marché animé
par les commerçants jallaba [5]
et les camionneurs qui desservent toute la région.
Son aéroport, doté d'une piste goudronnée,
est desservi plusieurs fois par jour depuis Khartoum
par des compagnies privées qui ont proliféré
depuis la crise humanitaire, et par les avions
de l’ONU et de quelques ONG fortunées.
C'est le principal centre de refueling
(réapprovisionnement en combustible) avec
El-Obeid.
Abritant aujourd’hui plus de 50 ONG internationales
et diverses agences de l’ONU, la ville connaît
une prospérité sans précédent.
Le loyer des maisons et des villas a explosé,
de même que le prix des denrées et
du carburant, ce qui profite aux propriétaires
et aux commerçants qui ont partie liée
avec les forces de sécurité et les
représentants du régime.
Mais pour la majorité de la population,
la vie est devenue très difficile. Des
centaines de milliers de déplacés,
fuyant leurs villages dévastés ou
contrôlés par les milices tribales,
sont venus chercher refuge à Nyala ou dans
les camps situés à proximité.
Devant l’abondance de l’offre, le
prix de la main d’œuvre a chuté,
tandis que la demande en nourriture et en eau
potable a été multipliée
par 2 ou 3. C’est pour parer, à leur
façon, à cette situation que les
autorités ont procédé manu
militari à l’évacuation
de camps de déplacés comme celui
d’El-Guir, en novembre 2004, entraînant
une protestation indignée (mais vaine)
de la communauté internationale. Les camps
de Kalma (100 000 habitants), d’El’Atash
("la soif"), etc. hébergent une
population supérieure à celle de
la ville elle-même. On peut se demander
quel avenir est réservé à
ces déplacés, harcelés par
les autorités, et sans perspective autre
que l’asservissement [6].
El-Geneina est une ville otage du conflit
du Darfour. De 39 000 habitants en 1973,
56 000 en 1983, elle en comporte 80 000 aujourd’hui.
C'est un bout du monde : la ville a encore des
allures de Far-West, avec des rues ensablées,
où les 4x4 des ONG, oriflamme au vent,
soulèvent des trombes de poussière,
croisant les "technicals" gris-bleu
de la police ou des FDP [7], avec leurs miliciens
en uniforme de camouflage, debouts sur la plate-forme.
Ici, pas de buildings neufs ni de magasins illuminés
comme à Nyala. L’urbanisme, légué
par les Britanniques et les premiers gouvernements
du Soudan indépendant est délabré.
L’aérodrome, lieu de rencontre des
"humanitaires" de tout poil, n’a
qu’une piste en terre compactée.
De larges rues, quelques arbres dépouillés
par les animaux errants, des wadis et des fossés
encombrés de carcasses rouillées
et d’amoncellements d’ordure. À
la différence de Nyala, les campagnes alentours
ont été dévastées
par les opérations des janjawids [8] et
les incursions des rebelles venus du Tchad. L’économie
de la ville est réduite à néant
et le marché, qui servait de lieu d’approvisionnement
aux nomades et aux villageois, est déserté.
La présence de multiples ONG et de camps
de déplacés en périphérie
ne compense pas ce déclin, d’autant
que la frontière avec le Tchad voisin est
fermée.
Le camp de Riyadh, 20 000 habitants recensés
officiellement, en compterait moins en réalité
: une partie des huttes de branchage seraient
construites par des déplacés installés
en ville, qui ont besoin d’un abri symbolique
pour percevoir les rations du PAM [9]. Mais à
l’inverse, d’autres déplacés
se plaignent de ne rien recevoir : toutes sortes
de trafics se jouent entre distributeurs, commerçants,
chefs tribaux, sur le dos des plus vulnérables,
femmes âgées, mères avec des
enfants en bas âge. Sans compter les stratégies
de ceux qui se prêtent les enfants pour
obtenir plus de rations [10].
La ville est le centre opérationnel des
janjawids du Darfour occidental. Ils viennent
y recevoir armes, équipement et instructions
concernant les opérations à mener.
Derrière l’apparence bon enfant qui
règne dans la journée, El-Geneina
et les camps de déplacés sont sous
la coupe des forces de sécurité,
des FDP et des janjawids, qui se déchaînent
impunément la nuit, semant la terreur dans
les camps.
La ville d’El-Facher est sur le
front de la désertification. Capitale
historique du sultanat du Darfour, aujourd’hui
chef-lieu du Darfour-Nord, est passée de
26 000 habitants en 1956, 55 000 en 1973, 85 000
en 1983, à plus de 200 000 aujourd’hui.
Mais, comme Khartoum ou El-Obeid, elle se trouve
sur le front de la désertification, ce
qui explique que, même si elle draine encore
une population rurale en désarroi, elle
n’est plus en mesure de lui fournir de moyens
d’existence. Située dans une région
qui ne reçoit que 200 mm d’eau par
an en moyenne, elle est victime, depuis plusieurs
décennies, d’une désertisation
accentuée, provoquée à la
fois par la culture inconsidérée
du mil, par le surpâturage et par la coupe
de la végétation arborée
pour les besoins urbains. La région d‘El-Facher
apparaît, vue d’avion comme totalement
dénudée, à l’exception
du large bassin à fond argileux du wadi
el-Ku qui passe immédiatement à
l’est de la ville. L’eau manque en
saison sèche, le réservoir du Golo
étant sujet à l’envasement
(l’aquifère profond est cependant
exploité à Sag el-Naam, à
40 km au sud de la ville), tandis que le
mil doit être importé en période
de soudure à grands frais. Une grande partie
de la population souffre de sous-alimentation.
Cet isolement et cette paupérisation expliquent
pourquoi la ville a été la première
cible des attaques de la Sudan Liberation
Army (SLA) [11]. L'armée, qui en a
fait sa base d’opérations pour le
Nord-Darfour et un centre de pilotage des milices
janjawids, en parallèle avec l’activité
humanitaire, lui a rendu une certaine activité.
Nature des actions
humanitaires au Darfour : l'exemple d'ONG
françaises
Dix ONG françaises
mènent des programmes d’urgence
au Darfour, principalement en matière
de santé, eau et assainissement,
et sécurité alimentaire.
- Médecins
Sans Frontières France (MSF-F)
gère, dans le camp de Mornei (Ouest
Darfour) un dispensaire et un centre de
nutrition thérapeutique. À
El-Geneina, elle réhabilite le
bloc chirurgical de l’hôpital
et apporte une assistance médicale
et nutritionnelle. À Nyala, elle
distribue des biens alimentaires et non-alimentaires.
- Médecins
du Monde France (MDM) met en œuvre
un programme d’action médicale
et nutritionnelle dans le camp de déplacés
de Kalma.
- Action Contre
la Faim (ACF) dispose de 5 centres
de nutrition et de soins à Kabkabiya
et dans le camp d’Abou Chok (Nord
Darfour). Au Sud Darfour (Nyala, Kass
et dans le camp de Kalma), elle gère
des centres de nutrition et de soins ainsi
qu’un programme de sécurité
alimentaire (distribution de semences
et d’outils), et fore des puits.
- Triangle Génération
Humanitaire (TGH) se charge de
l’approvisionnement en eau du camp
de Riyad (Al-Geneina, Ouest Darfour) et
gère à Bindisi un programme
de réhabilitation des structures
sanitaires du camp, de distribution de
bâches, et de sécurité
alimentaire (semences).
- Enfants du
Monde-Droits de l’Homme (EM-DH)
anime, dans le camp d’Abou Chok
(Nord Darfour), un programme de formation
d’enseignants et de travailleurs
sociaux et des activités d’éveil
ou psycho-sociales pour les enfants de
4 à 16 ans.
- Solidarités
conduit un programme de forage et de réhabilitation
de pompes à eau et de puits dans
le Sud Darfour, et distribue des produits
de première nécessité
dans deux zones distinctes, l’une
à Niertiti, sous contrôle
gouvernemental, l’autre à
Muhajaria, en zone rebelle (MLS) .
- Aide Médicale
Internationale (AMI) met en œuvre
un programme d’amélioration
de l’accès aux soins des
populations résidentes et déplacées
de certaines zones rurales du Sud Darfour
(soins et prévention des maladies
épidémiques).
- Le Comité
d’aide médicale (CAM)
mène un projet dans l’Ouest
Darfour comportant deux volets :
eau et santé (construction et réhabilitation
de puits et de dispensaires ruraux et
création d’une clinique mobile).
- Acted
réhabilite des routes et construit
des ponts dans l’Ouest Darfour.
Source : Ministère des Affaires
étrangères - Crises et conflits,
le Darfour :
www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/crises-conflits_1050/darfour_1091
/france-darfour_4193/ong-francaises_20760.html
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Le rôle
et l’importance des villes petites et moyennes
ont également été redistribués
par la situation d’insécurité
qui prévaut dans la région depuis
une quinzaine d’années. Certaines
d’entre elles sont des garnisons et ont
dû accueillir des populations fuyant la
famine ou les combats, tandis que d’autres,
trop exposées, ont été vidées
de leur population civile. Des concentrations
de populations déplacées, à
l’écart des villes, devraient donner
naissance à des centres urbains durables.
Les villes qui ont été vidées
de leur population civile sont celles qui ont
été directement touchées
par les combats. C’est le cas des villes-frontières
du Tchad, naguère actifs centres commerçants,
comme Tiné ou Kolbous (40 000 habitants
hier, guère plus de 4 000 aujourd’hui).
Dans ces villes, occupées épisodiquement
par les forces tchadiennes au cours des deux dernières
années, ne subsistent guère qu’une
population fantôme et une garnison militaire.
Désertées, leur population s'est
dispersée dans les campagnes alentour ou
a traversé la frontière pour se
réfugier au Tchad, elles sont ignorées
par les organisations humanitaires. Dépourvues
de ressources, à l’écart des
grands axes, on peut se demander quel avenir leur
sera réservé.
Une reconfiguration du réseau urbain est
à attendre de l’enracinement des
grands camps de déplacés à
l’écart des centres urbains. Un embryon
de vie urbaine est en train de naître dans
des camps comme Mornay (80 000 habitants), Kerenik,
surgis au pied d’une montagne ou autour
de simples villages. Ces vastes agglomérations
temporaires ont été dotées,
dans certains cas, de réseaux modernes
d’adduction d’eau pure à partir
de forages dans les wadis proches, d’hôpitaux
de qualité gérés par les
ONG. Celles-ci assurent en outre, par leur simple
présence, un semblant de sécurité
face aux forces armées, à la police
et aux janjawids qui rôdent à proximité
et tentent de s’infiltrer la nuit. La population
y survit dans un premier temps de l’aide
alimentaire, des biens qu’elle a pu sauver
et de la collecte de bois de feu et d’herbes
de vannerie par les femmes. Il en résulte
une vaste auréole de désertification,
de 10 km de rayon environ autour de Mornay.
Cette description de l’évolution
des centres urbains du Darfour, sous l’effet
de la dégradation du milieu et de la sécurité,
montre combien les conditions de vie et les activités
de la population sont durablement bouleversées.
Ethnicité
et tribalisme, des notions bouleversées
par la guerre [12]
Le Darfour
est une mosaïque de groupes ethniques qui
constituent rarement, comme c’est le cas
pour les Four, un bloc compact. En outre ces groupes
ne sont pas étrangers les uns aux autres.
Par exemple, les Rizeigat sont une confédération
de groupes nomades arabisés qui reconnaissent
un ancêtre commun, mais qui peuvent avoir
des relations conflictuelles entre eux, lorsque
les besoins des troupeaux en pâturage et
en eau sont en jeu. Souvent, en vertu des relations
étroites qui s’établissent
entre les économies concurrentes, mais
aussi complémentaires, des groupes nomades
et sédentaires, on peut distinguer des
binômes de groupes nomades/sédentaires,
fondés sur des relations privilégiées
qui peuvent être tantôt pacifiques,
tantôt hostiles : c’est le cas des
paysans Berti et des Arabes Zeyadeya [13].
Cela indique que la carte ethnique du Darfour
a considérablement évolué
dans le temps, et que les événements
qui se déroulent sous nos yeux ne sont
que la poursuite, avec une ampleur inconnue jusqu’ici,
et selon un mécanisme planifié,
de mouvements tantôt forcés, tantôt
volontaires, de déplacements et de mutations
des modes de vie et des rattachements.
Les
destructions de villages
et les dommages attestés
Légende

*IDP
: Internally displaced persons (personnes
déplacées de l'intérieur
Note : les toponymes des documents
ne sont que partiellement francisés.
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Ainsi les Zaghawa, grands
nomades chameliers à l’origine,
dont le dar [14] est à
cheval sur le Nord Darfour et le Tchad voisin,
sont aujourd’hui dispersés en groupes
installés sur les flancs orientaux
et méridionaux du jebel Marra. Après
avoir perdu leurs troupeaux lors de la sécheresse
de 1984-1985, beaucoup se sont lancés
dans le petit commerce itinérant où
ils ont fort bien réussi, en évinçant
les commerçants jallaba, de village en
village et de campement en campement, et, de
là, en s'emparant des souks de tout le
Soudan central, jusqu’à Omdourman.
Ils y règnent sur le fameux souk Libya,
vaste caravansérail aux portes du désert,
alimenté par les marchandises introduites
en contrebande depuis la Libye. Leurs réseaux
d’approvisionnement, à partir de
la Libye et du golfe du Bénin, ont ainsi
détrôné les réseaux
des jallaba qui émanaient d’Égypte
depuis le XIXe siècle.
Ce déplacement des axes d’approvisionnement
au cours des années 1980 et 1990 ne sont
pas dûs seulement aux qualités
respectives des groupes en concurrence. Ils
s’expliquent aussi par des considérations
géopolitiques. L'ascension des Zaghawa
n’a pu qu’être confortée
par l’accession, en 1991, de l’un
des leurs, Idriss Déby, au pouvoir à
N'Djamena, avec le soutien du gouvernement islamiste
de Khartoum. Les Zaghawa soudanais ne sont d’ailleurs
pas restés étrangers à
cette épopée, de nombreux agents
s’installant dans la capitale tchadienne
pour y fournir la garde rapprochée et
les services de sécurité du nouveau
président.
Capacité financière et poids politique
ont donc poussé les Zaghawa à
saisir l’occasion des négociations
de paix entre le gouvernement de Khartoum et
le mouvement rebelle du Sud Soudan (SPLA), engagées
au Kenya en juillet 2002, pour se faire entendre.
Naguère proches, par le mode de vie et
les valeurs qui y sont liées, de leurs
voisins nomades chameliers Rizeigat ou Kababich,
les Zaghawa se sont ainsi rapprochés
des deux autres grands peuples de la région,
les Four et les Masalit, comme eux de souche
non-arabe, qui nourrissent des griefs similaires
à l’égard du pouvoir central
accusé de favoriser les intérêts
des groupes nomades d’origine arabe.
Les Four, eux aussi sous l’influence
de leurs intellectuels et de leurs leaders politiques,
ont pris conscience de leur force et de leurs
droits dans un cadre soudanais rénové.
Depuis les années 1980, les paysans four
s’étaient lancés dans la
diversification et l’intensification de
leurs productions agricoles (cultures de wadis,
production d’agrumes à destination
des marchés urbains du Soudan central,
culture et manufacture du tabac), en dépit
de l’absence d’intérêt
du gouvernement central et de l’inefficacité
des programmes de développement impulsés
par l'Union européenne.
Ces efforts de développement ont été
minés par la volonté gouvernementale
de donner la haute main sur la région
aux groupes nomades arabisés. Premières
victimes des attaques des tribus nomades, les
jeunes four furent parmi les premiers villageois
à gagner le maquis, bénéficiant
de l’avantage de l’homogénéité
de leur peuplement et de leur connaissance du
terrain accidenté des contreforts du
jebel Marra. Ils bénéficièrent
également, à la différence
des Zaghawa, de l’existence d’une
communauté importante de cadres et d’intellectuels
disséminés à Khartoum,
dans l’ensemble du Soudan et à
l’étranger.
La révolte des Masalit et
leur participation à la rébellion
armée du SLA [11] ont également
pour origine les nombreux conflits des années
1980 et 1990 lorsque leurs villages ont été
pillés et dévastés par
leurs voisins arabes, avec le soutien tacite
des autorités. L’histoire des années
1990 est celle d’une longue série
de massacres et de conflits pour le bétail
et les terres entre les Masalit et les tribus
arabes qui se sont installées dans leur
dar, comme les Beni Hussein ou différentes
sections des Rizeigat.
Il s’agit d’une recomposition
profonde des clivages et des modes d’articulation
de la société du Darfour.
Ces trois peuples non-arabes, socle de l’insurrection
contre le pouvoir central, ne sont que des exemples.
Mais les autres peuples non-arabes, dans leur
grande majorité, se sont vus imposer
le même choix par la politique de Khartoum.
Les Berti, agriculteurs installés sur
les plateaux qui portent leur nom, au nord,
les Birgid, qui occupent la steppe de l’est,
ou les Daju, sont tous engagés dans cette
lutte pour la survie en tant que peuples [15].
Conclusion
L’ethnogénèse
et le fonctionnement du système ethnique
de la région sont éminemment
complexes et ne peuvent être réduits
à une opposition entre Arabes et non-Arabes
(a fortiori Arabes et Africains) ou entre nomades
et sédentaires. À partir des apports
encore à venir par les linguistes (qui
se sont surtout intéressés à
ce jour aux relations entre certaines langues
du Darfour et de la Nubie nilotique), des historiens
qui peuvent s’appuyer sur l’archéologie,
sur les traditions orales et sur quelques écrits
qui restent à exploiter, et des anthropologues,
les géographes ont un rôle à
jouer pour expliquer les conflits en cours, car
il s’agit, tant à l’échelle
locale et régionale, de conflits ayant
pour objet l’appropriation et le contrôle
de territoires en vue du développement
économique et social et de l’obtention
d’une place reconnue au sein d’un
ensemble plus vaste qui est celui du Soudan dans
son ensemble, et de la configuration que pourrait
prendre ce pays, en termes politiques, sociaux
et culturels [16].
Notes
[1] a) Abder Rahman El Rasheed, Fatima (1988),
Marchands, marchés et commerce à
longue distance dans la province du Nord-Darfur
: une étude des stratégies de commercialisation
(Soudan), doctorat de sociologie, Lille.
b) Browne, William George (2002), Nouveau voyage
dans la Haute et la Basse Égypte, la Syrie et
le Darfour, édition originale Londres 1799,
trad. française J. Castéra, Paris,
1800, réédition in Folio, collection
Itinera.
[2] Les Four sont peuple africain, islamisé
de longue date. Traditionnellement, ils sont pour
l’essentiel des cultivateurs s’adonnant
également à l’élevage.
Ils occupent une place pivot sur les versants
du jebel Marra et par rapport aux peuples qui
les entourent. La suprématie historique
du sultanat four a reposé sur sa capacité
à exploiter à son profit les positions
périphériques des autres peuples,
en un jeu de balancier mobilisant les peuples
du nord (Zaghawa, Berti, pasteurs ou agriculteurs
de souche africaine), contre ceux du sud, où
dominent les peuples nomades arabisés Baggara,
comme les Taaisha, Rizeigat, etc.
[3] Marc Lavergne :
- 1988 : Villes et régions au Soudan ou
les difficultés de l'intégration
nationale, Cahiers d'URBAMA n°1, pages 25-44
;
- 1987 : Exode rural et croissance urbaine au
Soudan, Bulletin du CEDEJ, n°22, 1987-2, pages
123-138 ;
[4] Wadis : cours d'eau intermittents, qui ne
sont alimentés que durant la saison des
pluies, l’eau s’infiltrant dans les
sédiments accumulés dans leur lit.
[5] Les commerçants jallaba sont des arabes
issus des communautés nubiennes du Nord
(Dongola, Wadi Halfa), connectés avec l'Égypte,
et disséminés à travers l'ensemble
du pays.
[6] On pourra consulter, en complément,
l'article de
Luc Cambrézy consacré aux camps
de régugiés du Kenya
[7] FDP : Forces de défense populaire,
formation paramilitaire gouvernementale destinée
à incorporer certaines milices telles que
les Janjawid.
[8] Janjawids : miliciens soudanais à la
solde de l'armée soudanaise, issus des
ethnies arabes qui ont engagé, à
partir de 2001, un "nettoyage ethnique"
du Darfour avec l'appui des forces armées
de Khartoum. Le tristement célèbre
Mousa Hilal, repris de justice et criminel de
guerre, a été intronisé chef
des milices par le gouvernement soudanais.
[9] PAM : Programme alimentaire mondial ou World
Food Program (WFP)
[10] Ces trafics ne sont pourtant pas très
nocifs et permettent de répondre à
des besoins que les humanitaires sont incapables
d’évaluer avec précision,
comme par exemple de revendre des rations de farine
pour acheter un peu d’huile ou de sauce
tomate. Mais ils préoccupent beaucoup les
humanitaires, qui ne sont pourtant pas avares
de gaspillages autrement plus conséquents.
[11] Sudan Liberation Army (SLA) : Armée
de libération du Soudan, ex- Front de libération
du Darfour (FLD)
[12] Sur les notions d’ethnie et de tribu,
voir la mise au point de Maurice Godelier, in
"Tribus et pouvoirs en terre d’Islam",
H.Dawood dir., Armand Colin, 2004.
[13] Informations recueillies lors d’une
conférence donnée par Jérôme
Tubiana, le 6 décembre 2004. cf. Tubiana,
Jérôme (2005), Le Darfour, un conflit
identitaire ? Eléments de compréhension
ethnologique, rapport de mission au Darfour, Action
Contre la Faim, 45 pages, dactylographié.
[14] Le dar (pl. diyar), est un territoire affecté
officiellement à un groupe ethnique ou
tribal dont il porte le nom, ce qui lui attribue,
non pas l’exclusivité du peuplement
ou de l’usage des ressources, mais un pouvoir
administratif et un pouvoir d’organisation
et de gestion. Les autorités tribales,
représentées par la pyramide des
cheikhs de village, des nazirs et des sultans,
n’ont certes plus de pouvoirs officiels,
mais elles continuent d’exercer une influence
officieuse et reconnue par les autorités
au sein de ces espaces.
[] FLD : Front de libération du Darfour,
mouvement de résistance à l'armée
soudanaise et aux milices janjawids dirigé
par un avocat, Mohamed Nour.
[15] La diversité ethnique du Darfour n’a
jusqu’ici que peu attiré l’attention
des historiens et des ethnologues. Ce qui laisse
cours aujourd’hui à des analyses
médiatiques de type essentialiste, pourtant
battues en brèche par les courants contemporains
de l’anthropologie et de l’histoire
africaine, qui mettent en avant l’importance
primordiale des liens tissés entre les
communautés et la grande fluidité
de ceux-ci, en fonction des conditions historiques
et au gré des circonstances.
[16] Le bilan, approximatif et provisoire, du
conflit du Darfour depuis le début de la
guerre civile, en 2005, est le suivant : 70 000
personnes tuées ; 1,65 million déplacées
; 200 000 réfugiées au Tchad.
Des ressources
Experts, universitaires, chercheurs
- Un article sur Géoconfluences :
Places marchandes, places migrantes dans l'espace
saharo-sahélien
- Pour ce dossier,
> une contribution de
Luc Cambrézy consacré aux camps
de régugiés du Kenya
>
L'approvisionnement en eau potable des populations
soudanaises du Darfour réfugiées
dans l'est du Tchad : l'apport des images
satellite radar
- Marc Lavergne au Festival international de St
Dié 2004 - "Soudan : affamer ou nourrir,
les deux faces de l'arme alimentaire" :
http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2004/index.htm
- "Le conflit du Darfour n'est pas racial"
Marc Lavergne, spécialiste du Soudan au
CNRS, revient sur les origines du conflit, vendredi
16 juillet 2004, par Saïd Aït-Hatrit
:
www.afrik.com/article7464.html
- Divers textes de Marc Lavergne sur Géotropiques
- Darfour : le conflit des damnés de
la terre :
www.geotropiques.net/textes.php
- La revue Politique africaine, revue
pluridisciplinaire d’analyse du politique
en Afrique publiée par les éditions
Karthala -
www.politique-africaine.com
- voir l'article de Roland Marchal - Le
conflit au Darfour, point aveugle des négociations
Nord-Sud au Soudan :
www.politique-africaine.com/numeros/pdf/conjonctures/95125.pdf
L'humanitaire (institutionnel et ONG)
- Des documents sur Reliefweb, site de l'Agence
des Nations unies pour les Affaires humanitaires
:
> Darfur Humanitarian Information Centre :
Maps
www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/SKAR-64GC2U?OpenDocument&rc=1
> Sudan (Darfur) - Chad Border Region :
Confirmed damaged and destroyed villages,
juin 2004
www.reliefweb.int/rw/RWB.NSF/db900LargeMaps/SKAR-64GC2K?OpenDocument&rc=1
> Sudan - Destroyed village near Shataya,
mai 2004
www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/SKAR-64GC2V?OpenDocument&rc=1
-
Par les Réseaux d'information régionaux
intégrés (IRIN), rattaché
au bureau de l'ONU pour la Coordination des affaires
humanitaires (OCHA) - lorsqu'un pays est frappé
par une crise ou une catastrophe, ce sont les
réseaux de communication qui sont les premiers
touchés. Les sources fiables d'information
se tarissent, les institutions gouvernementales
s'effondrent et les images diffusées par
les médias ne reflètent pas toujours
l'ensemble des événements. Il est
impossible de mettre en place des réponses
efficaces sans information précise et régulière
sur la destruction des routes, le bombardement
des aéroports, les mines antipersonnel,
l'insalubrité des eaux, les épidémies,
les troubles civils ou encore les incidents de
violence. Des êtres humains meurent et des
ressources sont dilapidées - Les IrinNews
sur l'Afrique, en français :
www.irinnews.org/Frenchfp.asp
- Dossier du Humanitarian Information Center
for Darfur :
www.humanitarianinfo.org/darfur/mapcentre/index.asp
- Le Darfour sur AlertNet, site d'actions
et d'urgences humanitaires de la fondation Reuters
:
www.alertnet.org/thenews/emergency/SD_DAR.htm
- L'action humanitaire de l'Union européenne
(ECHO) :
http://europa.eu.int/comm/echo/field/sudan/darfur/index_fr.htm
Autre, divers géopolitique
- La Mission de l'Union africaine au Darfour (MUAS
ou AMIS), présentée par OperationsPaix.net,
une initiative du Réseau francophone de
recherche sur les opérations de paix :
www.operationspaix.net/-MIAS-
- L'Union africaine et le conflit au Darfour
:
www.africa-union.org/DARFUR/homedar.htm
- International Crisis Group, ONG spécialisée
dans la prévention et la résolution
des conflits :
www.crisisgroup.org/home/index.cfm?l=2
> Sur le Darfour :
www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=3060&l=1
- Soudan: crimes contre l'humanité au Darfour,
une chronologie :
www.rfi.fr/actufr/articles/053/article_28212.asp
Marc Lavergne,
Groupe de recherche et d'études sur la
Méditerranée et le Moyen-Orient,
Université Lyon 2,
Adaptation et compléments : Sylviane Tabarly.
Pour Géoconfluences le 16 janvier 2006

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| Mise
à jour : 16-01-2006
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