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Apartheid vert et colonialisme vert

Publié le 02/07/2024
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>>> Ne pas confondre avec : apartheid

Les notions d’apartheid vert et de colonialisme vert désignent toutes les deux l’utilisation d’un argumentaire écologique pour servir les desseins d’un pouvoir dominant sur une population dominée.

L’apartheid vert « implique la sanctuarisation de grands espaces "naturels" à des fins de protection de l'environnement en mettant préalablement à l'écart les populations autochtones qui s'y étaient établies. Certains motifs de préservation d'un patrimoine naturel, potentiellement riche mais en voie de dégradation, se sont rapidement associés avec d'autres motivations comme l'appropriation de vastes espaces récréatifs pour les populations urbaines blanches au cœur des zones historiquement tribales. » (Guyot, 2006).

Le colonialisme vert (Blanc, 2020) désigne le même processus mais l’expression peut s’appliquer au-delà de l’Afrique australe ou a été forgée l’expression précédente. Les acteurs en présence ne sont alors pas nécessairement un État post-colonial mais des organisations ou des institutions internationales susceptibles de s’ingérer dans la mise en œuvre des mesures environnementales adoptées par des États post-coloniaux, notamment des ONGE mais pas uniquement. En ce sens le colonialisme vert est un néocolonialisme. La politique des parcs nationaux, établis dans une visée préservationniste, en fournit un exemple lorsqu’elle évince les populations marginalisées (notamment des ethnies minoritaires) qui non seulement voient leurs pratiques traditionnelles interdites (comme la chasse, qui devient un braconnage), mais sont plus généralement exclues de toute participation à la gouvernance des parcs.

(JBB) juin 2022


Références citées
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