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Barcelone (processus de) et partenariat euro-méditerranéen (PEM)

Publié le 15/02/2013

La Conférence de Barcelone (1995), organisée par la présidence tournante de l’UE détenue alors par l’Espagne, a réuni pour la première fois les ministres des affaires étrangères des États membres de l’Union et leurs collègues des pays riverains de la Méditerranée : l’Algérie, Chypre, l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, Malte, le Maroc, la Syrie, la Tunisie, la Turquie, l’Autorité palestinienne, et, en qualité d’observateur, la Mauritanie. Une déclaration finale a fondé le Processus de Barcelone, nom couramment donné au Partenariat euro-méditerranéen (PEM) également appelé Euromed. Ses objectifs et ses modalités s’articulent autour de trois volets : coopération politique et de sécurité, coopération économique et financière, coopération culturelle et sociale. L’objectif final est de créer une "zone de prospérité partagée" dans une Zone de libre-échange euro-méditerranéenne (ZLEM) engagée à partir de 2010.

L’instrument financier de cette politique euro-méditerranéenne est le programme MEDA, remplacé en 1999 par le programme MEDA II. Entre 1995 et 2001, MEDA a engagé plus de 5 071 milliards d'euros. L'autre principale source de financement est la Banque européenne d'investissement (BEI), qui, depuis 1995, a prêté 7 424 milliards d'euros pour le développement d'activités chez les partenaires euro-méditerranéens.

Le processus de Barcelone répondait à "l’impérieuse nécessité" d’associer les pays du Sud de la Méditerranée à la construction européenne et il a le mérite d’exister. Mais il comporte des fragilités et des insuffisances : excluant de son champ deux dossiers majeurs, l’agriculture et les flux de population, il institue un "échange inégal" ; souple et non contraignant il est, en conséquence, d'une efficacité limitée.
Ce processus aurait pu contribuer à infléchir le cours des évolutions politico–militaires, économiques, sociales et environnementales de la Méditerranée. Le scénario idéal du partenariat consistant à enclencher une dynamique vertueuse comparable à celle observée en Europe centrale et orientale, l'ouverture commerciale appelant des réformes institutionnelles d'accompagnement bénéfiques au développement global.
Mais, plus de dix ans après le lancement de ce partenariat, les derniers rapports de la Banque mondiale sur le développement du monde arabe ou les diverses études européennes font un bilan mitigé des progrès de la région. Sur le plan économique, l'aide européenne n'a pas permis le décollage attendu : les revenus par tête au sud et au nord de la Méditerranée ont continué à diverger au lieu de se rapprocher. Sur le plan politique, les perspectives de paix au Proche-Orient ont été déçues et la démocratie n'a pas connu les avancées espérées. Est-ce du fait de la priorité donnée aux questions sécuritaires et migratoires ? Ou parce que d'autres partenaires ont davantage intéressé les pays du Sud méditerranéen ?
Ce processus est en panne, une nouvelle Union pour la Méditerranée (UPM), initiée lors du sommet de Paris, sous la présidence française de l'UE, en juillet 2008, s'efforce de le revitaliser dans une période de sérieuses difficultés économiques qui vont certainement réduire les "marges de manœuvre"

Voir aussi :
- Un dossier de la Documentation française : "Union européenne et Méditerranée". Dix ans après le lancement d’une nouvelle politique méditerranéenne de l’Union européenne, où en est-on du partenariat euro-méditerranéen ? (mise à jour nov. 2008) : www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/europe-mediterranee/index.shtml
- le PNUD a publié (en anglais et en arabe) des Rapports sur le développement humain dans le monde arabe : www.arab-hdr.org
- Le partenariat euro-méditerranéen sur le site de la Commission > Relations extérieures : http://www.eeas.europa.eu/euromed/index_fr.htm