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Colonialisme

Publié le 11/01/2013

« En France, les quatre années de l'occupation allemande sont encore très présentes dans les mémoires. Nous, nous avons subi un siècle de colonisation et le silence pèse encore »... ainsi s'exprime le romancier ivoirien Ahmadou Kourouma. Cette quête de mémoire pèse encore et est un enjeu dans les relations internationales. On peut y voir les racines de certaines situations de violence à travers le continent.

Les mécanismes économiques du système colonial sont bien connus : les colonies devaient fournir des matières premières aux métropoles qui, en retour, y déversaient, à l'abri de barrières douanières, les surplus de leur production manufacturière. Sur le plan humain et politique, le colonialisme reposait sur un racisme institutionnalisé selon lequel l'humanité serait divisée en groupes de valeur inégale, et ce même dans les colonies des régions arctiques (Groenland danois, Sibérie russe).

De nos jours, l'économie africaine hérite encore pour une large part de ce système caractérisé par la dépendance vis-à-vis des capitaux, des technologies, des marchés extérieurs. Ses taux de dépendance envers l’exportation de produits primaires sont très élevés. Ces schémas n’ont pas fondamentalement changé et ils entretiennent frustrations et rancœur. Le manque d’autonomie et d’initiative locale dans des systèmes productifs dont les décisions essentielles sont prises à l’extérieur est une donnée structurelle du mal-développement africain.

Les recettes tirées des produits du sous-sol ont partout créé l’illusion du développement. Mais les termes de l'échange (différence entre le prix des importations et celui des exportations) n'ont cessé de se dégrader en défaveur de l'Afrique subsaharienne dont la part dans le commerce mondial a chuté de 6 % en 1980 à 0,68 % en 2004.

Au demeurant, plus d'un demi-siècle après la vague des indépendances de 1960, les impasses du développement africain ne peuvent être toutes imputées exclusivement au colonialisme et au néo-colonialisme. Quelques comparaisons internationales, avec de nombreux pays d'Asie par exemple, suffisent à discréditer cette approche. Beaucoup s'accordent pour tenter d'analyser avec lucidité les causes endogènes des "malheurs" africains afin de parvenir à mieux les surmonter.

Longtemps envisagé comme un rapport entre des espaces (relation de domination d'un État sur un autre), le colonialisme est aujourd'hui de plus en plus considéré sous l'angle des rapports entre les individus entre eux à l'intérieur d'une société. Le « colonisé », aujourd'hui, n'est plus l'habitant d'une colonie, mais la personne assignée à une position dominée en raison de son appartenance ethnique, raciale ou religieuse.

(Coll.) mises à jour : octobre 2016, juin 2020.