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G2

Publié le 26/02/2013

Forgée en 2007 par Niall Ferguson, historien à Harvard, sous le terme de "Chimerica", l'idée d'un tandem sino-américain a ensuite été désigné par l'acronyme G2, sorte de condominium sino-américain sur le monde qui s'articulerait autour des deux puissances. Selon les calculs de N. Ferguson, les deux économies conjuguées ont participé pour 40% à la croissance mondiale entre 1998 et 2007. De fait, les économies des deux pays sont fortement imbriquées, alliance du plus gros débiteur mondial et de son principal débiteur. La Chine détient 800 milliards de dollars de bons du Trésor américain et le salut des exportations chinoises dépend encore pour beaucoup du marché américain.
Mais, si leurs intérêts vitaux peuvent être liés, ils sont aussi antagonistes. Sur la question environnementale et climatique par exemple, les Chinois refusent d'entraver leur rattrapage économique et reprochent aux Américains leurs efforts insuffisants de réduction d'émissions de CO2. De leur côté, ces derniers veulent pouvoir vérifier que Pékin respectera ses engagements, ce qui est vécu comme une atteinte inacceptable à la souveraineté chinoise.
En fait, le concept de G2, soutenu "par ceux qui, aux Etats-Unis, essentiellement en opposition aux tenants néo-conservateurs de la 'menace chinoise' sont favorables à une stratégie de coopération avec Pékin" selon les propos de Valérie Niquet du centre Asie de l'Ifri, n'implique en aucune manière l'idée d'une cogestion du monde par les deux grandes puissances.
Le concept de G2 supposerait aussi un poids équivalent des deux puissances dans les affaires du monde. Or, la Chine n'est pas encore devenue une super-puissance, même si elle l'ambitionne, elle n'a pas encore les capacités de projection militaire ni l'influence mondiale qu'ont les États-Unis dans bien des domaines. En attendant, la diplomatie chinoise préfère jouer, officiellement, la carte de la multipolarité et de la multilatéralité qui lui permet de mieux servir ses intérêts en fonction des circonstances et de ses besoins.

Mise à jour :  janvier 2010