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Ingérence et sécurité

Publié le 11/01/2013
De nos jours, environ 70% des décisions de l’ONU et du Conseil de Sécurité concernent directement le continent africain, ce qui reflète le haut degré de conflictualité qui y règne encore et la nécessaire mobilisation de la communauté internationale.
Les opérations internationales de maintien de la paix en Afrique sont actuellement au nombre de sept. Il s'agit, par exemple, de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc), etc.. Il faut y ajouter la Force multinationale en Centrafrique (Fomuc), dirigée par la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (Cemac), depuis 2002.
La Monuc, par exemple, créée en 1999, fut constamment renforcée par la suite. Pour accompagner le processus de normalisation en cours en République démocratique du Congo (l'accord de Pretoria de 2002 prévoit le déroulement d'un cycle d'élections qui doit s'achever en juin 2006), les Nations unies ont déployé au Congo leur plus importante mission de maintien de la paix dans le monde à ce jour, avec un effectif de 18 600 soldats (casques bleus) et policiers (dont 4 800 en Ituri), un budget annuel d'1 milliard d'USD. Elle est chargée de faire respecter le cessez-le-feu entre la RDC, ses alliés (Angola, Namibie et Zimbabwe) et les États qui soutiennent la rébellion en RDC (Ouganda, Rwanda).
Certes, on peut sans doute déplorer que l’ingérence dans les affaires intérieures d’un État soit toujours l’expression des intérêts et des droits des plus forts. Mais ce ne sont pas les populations civiles victimes d'exactions de toute sorte qui s’en plaindront.

Et il semble que des progrès soient en cours en Afrique. De nombreux conflits se sont éteints ces dernières années ou sont en voie de l’être. Parfois par suite de l’élimination physique ou de l'éviction d’un protagoniste (Joseph Savimbi en Angola, John Taylor au Liberia), de plus en plus, par le biais de coalitions militaires avec mandat des Nations unies. Le Sommet du 60e anniversaire de l’ONU (septembre 2005) a pris la décision d’établir une Commission de consolidation de la paix pour tenter d’empêcher des pays sortant d’un conflit de replonger dans la guerre et a pris l'engagement d'assumer la responsabilité et le devoir de protéger les populations d'un État qui n'en a plus lui-même les capacités.
De leur côté, les organisations régionales africaines, comme l'UA et le Nepad qui lui est associé, s'efforcent d'œuvrer en faveur de la pacification du continent.

- Voir les articles du dossier  Afrique subsaharienne, territoires et conflits  (Eric Bordessoule, Luc Cambrézy et Marc Lavergne) et de Christian Bouquet, "La crise ivoirienne par les cartes"
- La Documentation fr
ançaise : carte des opérations de la paix en 2011