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Lahar

Publié le 28/08/2019

Les lahars, nom masculin d'origine indonésienne, sont des coulées torrentielles prenant la forme d'une boue très concentrée, composée d'un peu d'eau et de beaucoup de débris volcaniques de toutes tailles, y compris des blocs rocheux de plus d'un mètre de diamètre. Ils circulent le long des rivières sur les édifices volcaniques, à des vitesses pouvant atteindre plusieurs dizaines de km/h pour les plus massifs d'entre eux. Ils peuvent survenir pendant une éruption : dans ce cas, l'eau qui entraîne le lahar est généralement issue de la fusion d'un éventuel glacier sommital (volcans des cordillères américaines) ou de la vidange d'un lac de cratère. Cependant, les lahars peuvent également se déclencher pendant plusieurs années après une éruption, à condition que les pentes du volcan soient recouvertes de cendres (fragments éruptifs inférieurs à 2 mm de diamètre) aisément entraînées par des pluies fréquentes et abondantes. C'est typiquement le cas des volcans de subduction de la zone intertropicale (Andes, Indonésie, Philippines), dont les éruptions explosives laissent des dépôts fins que les pluies saisonnières peuvent remobiliser chaque année. 

Il n’est pas rare d’y voir des blocs décimétriques voire métriques portés par le flux devenir des bolides capables de détruire les barrages et les ponts, mais aussi de raser des maisons lorsque l’écoulement déborde. Ce sont d’ailleurs souvent les lahars qui sont responsables des plus grandes catastrophes volcaniques : en 1985, 25 000 habitants de la ville d’Armero furent ensevelis par un gigantesque lahar du Nevado del Ruiz en Colombie, produit par la fusion d’une partie du glacier sommital du volcan (Voight et al., 2000). Aux Philippines, les lahars du Pinatubo, qui se sont produits pendant près de dix ans tant le volume de matériel laissé par l’éruption de 1991 était abondant et était facilement remobilisable par les pluies de mousson et par les typhons, ont fait près d’un millier de victimes et affecté des centaines de milliers de familles dont plus de 40 000 durent être relogées (Gaillard et al., 1998). En Indonésie, les lahars du volcan Kelut situé à l’est de l’île de Java ont été notamment responsables de la destruction d’une partie de la ville de Blitar en 1919 (Thouret et al., 1998).  Cet aléa est ainsi un important facteur de risque pour les populations vivant autour des volcans en raison de sa rapidité, de forte diffusion le long du réseau hydrographique et de sa capacité de destruction, mais un système de prévention adéquat peut en réduire la dangerosité en limitant l'exposition des populations. 

Édouard de Bélizal, août 2019.

Pour compléter
  • Édouard de Bélizal, « Le volcan Merapi (Indonésie) : espaces et temporalités du risque sur un volcan indonésien singulier », Géoconfluences, à paraître.