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Liturgie

Publié le 03/06/2016

La liturgie désigne le culte public rendu à Dieu par l’assemblée des fidèles. On la distingue habituellement des actes de piété individuelle des fidèles, comme la récitation du chapelet. La liturgie chrétienne se compose de l'ensemble des lectures, prières et rites constitutifs du culte chrétien, mis en œuvre au cours d'une célébration religieuse organisée par l'Église. Les deux principaux rameaux historiques de la liturgie chrétienne sont ceux de l’Orient et de l’Occident. En Occident, la liturgie romaine est, dans le temps long, de langue latine, depuis les derniers siècles de l’Empire romain, alors qu’en Orient, la liturgie a été traditionnellement de langue grecque, encore pratiquée, mais aussi plus diversifiée et ouverte tôt à d’autres langues, dont le slavon en Russie. Depuis la Réforme, le protestantisme fait beaucoup moins usage du terme de liturgie, qu’il associe très peu à des rites mais surtout aux textes (prières et chants) utilisés dans la célébration, même s’il faut ici opérer des nuances, notamment pour le luthéranisme classique et l’anglicanisme, plus proches des conceptions catholiques dans la forme.

La liturgie romaine préconciliaire est celle qui était pratiquée de façon quasi-générale dans le monde catholique jusqu’à la fin du concile Vatican II (1962-1965). On parle aussi de rite de saint Pie V ou messe tridentine, pour désigner cette forme de célébration eucharistique dont les origines remontent à l’Antiquité chrétienne latine mais qui a évolué au cours du Moyen Age et qui a été codifiée à la suite du Concile de Trente (en 1570). Par rapport à la liturgie réformée dans les années 1960, ses caractères majeurs sont  : célébration en latin, le prêtre et les fidèles orientés dans le même sens, face à l’autel (comme dans la plupart des liturgies orientales) et récitation à voix basse par le prêtre de la prière eucharistique (ce qui est a été une particularité historique de l’Occident).
Suite au Concile Vatican II (1962-1965), le pape Paul VI a introduit une réforme liturgique qui comporte de nombreux aspects. Les plus marquants sont la célébration face au peuple et une plus large place accordée à la langue du pays, pour favoriser ce que le concile a défini comme la « participation active » des fidèles. Dès les premières années de la réforme liturgique, l’usage de la langue usuelle a été généralisé mais le latin n’a pas été entièrement éliminé et il réapparaît partiellement ces dernières années, notamment à l’occasion de pèlerinages. Dans le cadre de cette réforme, un nouveau missel romain a été publié en 1969, avec une refonte profonde également des textes, notamment de la succession des lectures bibliques, et avec une multiplication des prières eucharistiques, désormais lues à haute voix par le célébrant. L'organisation spatiale de l'église a été alors transformée, avec une ouverture complète de l’espace du chœur sur la nef et l’implantation de l’autel face à l’assemblée. Les églises nouvelles mais aussi les églises anciennes, pratiquement toutes remodelées intérieurement, portent maintenant les marques de cette nouvelle organisation spatiale, liée à la célébration face au peuple dont la généralisation est d'autant plus remarquable qu'elle a été moins strictement imposée par Rome que promue et facilitée, depuis l'instruction Inter Oecumenici (n° 91) de 1964, reprise dans les normes actuelles de la liturgie postconciliaire (Présentation générale du missel romain, n° 299).
Toutefois, à la suite d’autorisations partielles sous le pontificat de Jean-Paul II (en 1984 et 1988), le pape Benoît XVI a libéralisé la messe de saint Pie V en 2007, c'est-à-dire qu'il donne l'autorisation de célébrer la messe selon l'ancien rite préconciliaire (selon l’édition de 1962 du missel romain) désormais normalisé sous le nom de  « forme extraordinaire du rite romain ».
 

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