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OGM (Organismes génétiquement modifiés)

Publié le 26/02/2013

Le marché agroalimentaire mondial et les différentes associations et ONG impliquées dans les débats sur les cultures transgéniques se montrent attentifs aux évolutions récentes des pratiques et des politiques brésiliennes en la matière. Dans un premier temps, le Brésil était resté fermé aux cultures d'OGM alors que son voisin et partenaire au sein du Mercosur, l'Argentine, s'y consacrait ouvertement. Aussi, un trafic de semences transgéniques avec l'Argentine s'était organisé dans le sud du Brésil, prenant des proportions importantes et créant une situation de fait difficile à ignorer.
Le premier gouvernement Lula, avalisant la situation, a vite autorisé la commercialisation du soja transgénique brésilien. En 2003, il s’agissait de "mesures provisoires" pour autoriser d’une part "la vente du soja génétiquement modifié de la récolte 2002-2003 planté massivement – et illégalement – par des milliers de paysans à partir de semences importées d’Argentine". C'est en 2005 que la Commission technique nationale de biosécurité (CTNBio) a autorisé la culture du soja transgénique au Brésil. Sur la base de cet avis, le président Lula, a signé une loi sur la biosécurité, facilitant la production légale d’OGM sans que les producteurs aient à requérir une étude d’impact environnemental ou sanitaire.
Depuis, les autorisations de mise en culture de végétaux transgéniques se multiplient : après le soja, le maïs, le coton, etc. La récolte 2005-2006 de soja était déjà à presque 50% d'origine transgénique. Selon le rapport annuel 2005 de l'International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA), le Brésil occupait la troisième position mondiale dans la culture de plantes génétiquement modifiées.
Cependant, les lois du marché pèsent aussi en faveur du maintien de filières sans OGM, notamment en direction du marché agroalimentaire européen dont les consommateurs boudent très largement les produits transgéniques. Ainsi, en août 2008, plusieurs producteurs de céréales et de semences, des coopératives, des entreprises de transport et de stockage, des services de certification et des laboratoires de recherche ont fondé l’Association brésilienne des producteurs de céréales sans OGM (l'Abrange). L'Association, constate que le Brésil fournit aux pays de l’UE l’essentiel de leur soja et estime la demande européenne de soja et d’aliments non-OGM à environ 20% des importations totales du bloc. C'est le Mato Grosso qui s'est largement engagé dans cette voie en ne produisant que du soja non transgénique, contrairement à ses concurrents du Rio Grande do Sul et d'Argentine.